Analia et son histoire n'est pas morte Mesdames et Messieurs! Un emploi du temps surchargé, une panne d'inspiration et d'autres choses m'ont cependant éloignée de mon ordinateur pendant un certain temps! Alors voilà le chapitre 4 de notre petite Analia, en espérant qu'il vous plaise! \o/


Chapitre IV .

Analia prit une grande respiration et commença son récit, les yeux fixés sur le sol.

« Quand je suis morte, j'avais à peine 30 ans. Je m'étais enrôlée dans l'armée du haut-roi de l'époque, Volkar*, dès mon plus jeune âge. Un jour, le haut-roi apprit que plusieurs fermes des environs de Faillaise avaient été attaqués par .. quelque chose. Personne ne savait ce que c'était, si ce n'est une description presque similaire partout où ces choses avaient frappés : de grandes créatures, pâles, poussant des cris perçant les tympans. Le haut-roi dépêcha une petite cohorte de soldats pour aller voir ce qui se tramait. Nous n'étions pas plus d'une trentaine, et mon.. mari de l'époque était aussi de la partie. Lorsque nous arrivâmes sur les lieux, deux de ces créatures étaient déjà là. Elles nous attaquèrent dès qu'elles posèrent les yeux sur nous, mais nous eûmes rapidement le dessus. En les observant de plus près, notre commandant pût enfin mettre un nom sur ces choses : vampires.

Quelques gardes nous indiquèrent l'endroit où ces créatures se regroupaient, une vieille ruine naine. Plusieurs d'entre nous ne voulurent pas y poser un pied à cause des rumeurs à propos des automates dwemers toujours en activité. Le commandant les obligea à y entrer, et ce fût un carnage. Dès la deuxième salle, nous fûmes attaqués par un centurion dwemer qui crachait de la vapeur. Attirés par le bruit, le plus gros des troupes des vampires nous attaqua à leur tour. Tout notre groupe y perdit la vie, excepté quelques-uns qui s'étaient enfuis voyant notre défaite. Mon mari faisait partie de ceux-là, il m'a crié de m'enfuir en voyant le centurion marcher jusqu'à moi. Je n'ai eu que le temps de tourner la tête quand il m'a transpercée avec son bras mécanique. Juste avant de mourir, j'ai vu mon mari s'enfuir à toutes jambes, abandonnant mon cadavre à la merci des assaillants. Lorsque j'ai repris conscience, j'étais devant Tsun à Sovngarde, et je n'ai vu mon mari nulle part. J'ai hurlé pendant plusieurs heures. J'avais perdu tout ce que j'aimais, et je n'allais jamais les revoir. Maintenant, mon mari doit sûrement errer dans l'Aetherius, et moi je suis revenue ici.. »

Analia s'arrêta pour reprendre son souffle. Elle avait débité son récit d'une traite, et commençait à se demander si elle avait bien fait. En effet, Ulfric la regardait d'un air sceptique, et un sourire amusé commençait à se dessiner sur ses lèvres. Elle crût s'étrangler lorsqu'il se leva en lui disant :

« Bien. Je vois que vous avez appris votre petit texte par cœur. C'est bien, vous êtes une bonne élève.

- Que.. Quoi ?! Répliqua-t-elle pendant qu'il s'éloignait vers l'entrée de la tente.

- Vous n'êtes pas devenue sourde en quelques secondes, si ? Quelqu'un vous a payé pour me raconter des salades, et j'ai déjà laissé cette situation s'installer suffisamment longtemps. Allons, ne faîtes pas cette tête, ajouta-t-il en regardant Analia. Vous n'imaginiez pas que votre plan allait fonctionner, si ? Des ruines dwemers.. Non mais vraiment.. »

Ulfric sortit de sa tente en pouffant de rire. Analia ouvrit et referma la bouche plusieurs fois, ayant du mal à assimiler la scène qui venait de se dérouler. Elle se prit la tête entre les mains sans toutefois réussir davantage à parler. Elle se releva et entreprit de retourner à son sac de couchage à l'autre bout du camp, sous les regards insistants des autres soldats. Elle s'effondra sur son sac et entreprit de le déchiqueter pour calmer sa fureur montante.

Quelques mois plus tard..

Analia rentra la tête dans les épaules, frigorifiée. S'il y avait bien quelque chose qui avait changé en une ère, hormis la suspicion des Nordiques, c'était le temps. La guerrière avait toujours connu des hivers rigoureux, mais un hiver comme celui-là la laissait pantoise. Le froid s'insinuait à travers les vêtements qui n'offraient aucune protection.

Pour la cinquantième fois, Analia maudit sa mission et son retour à la vie. Quel besoin avait-elle de se torturer dans la neige à cinq heures du soir, gravissant une montagne dans l'obscurité ? La seule raison « valable » qui expliquait sa présence sur cette montagne, c'était un conseil. Mais pas un conseil, LE conseil, réunissant les deux camps ennemis pour aboutir à une paix plus ou moins durable. Et Ulfric étant convié, il avait obligé Analia à venir avec lui, ainsi que Galmar. Malgré la réaction d'Ulfric face à l'histoire d'Analia, il ne l'avait pas renvoyée. Les raisons en étaient passablement obscures, mais tout le monde s'accordait à dire qu'un larbin de plus ne faisait pas de mal à Ulfric.

La guerrière avala un peu de neige et se mit à tousser. Plus ils avançaient vers le Haut-Hrothgar, plus la neige tombait en tourbillons violents. Galmar se retourna vers elle en fronçant les sourcils, puis cria à Ulfric pour couvrir le bruit du vent :

« Vous devriez la monter avec vous sur votre cheval, elle ne va pas tenir avec ces bourrasques !

- Pas question ! Tu peux marcher ? Alors elle aussi ! Et je croyais qu'elle prétendait être une guerrière ? Elle pourrait donc résister face à un troll mais pas devant un peu de neige? Répondit Ulfric sans daigner se retourner. »

Galmar haussa les épaules et jeta un dernier regard à Analia, qui avançait du mieux qu'elle pouvait. Elle peinait de plus en plus à traverser les bourrasques cependant, et Galmar fût soulagé en voyant les hautes tours du monastère se profiler à l'horizon. Ulfric talonna son cheval et les deux généraux le perdirent de vue. Lorsque enfin ils arrivèrent sur le perron du Haut-Hrothgar, Ulfric était déjà entré et la délégation impériale arrivait. Analia puisa dans ses dernières forces pour foncer vers les portes et entra dans le bâtiment. Elle fût grisée par la chaleur du lieu, en total contraste avec le climat de la nuit nordique. Elle vit Ulfric se diriger vers la salle du conseil, tandis que 4 hommes en longues robes grises parlementaient avec trois guerriers, dont l'un était probablement l'Enfant de Dragon. Analia se hâta de rejoindre Ulfric dans la salle du conseil et observa avec curiosité la délégation impériale : une Haute-Elfe toisait tout le monde avec des yeux ennuyés ; une femme en armure croisait les bras en observant les Sombrages d'un air courroucé ; une jeune femme en vêtements de noble regardait l'assistance avec des yeux effrayés, qui revenaient toujours vers le seul homme de la délégation, le Général Tullius, dont le visage était lui calme et impassible. Elle fût surprise de voir que c'était elle que le général regardait, et non pas Ulfric. Le chef sombrage, justement, avait intercepté l'échange de regards et prit à part Analia, hors de la salle de réunion :

« Si je te reprends en train de faire les yeux doux à l'ennemi, je te promets que c'est la dernière fois que tu regarderas quelqu'un.

- Je ne lui faisais pas les yeux doux. Vous êtes si paranoïaque que vous vous imaginez des tas de choses, répliqua-t-elle, courroucée.

- Je ne suis pas paranoïaque, j'évite de me faire trahir par mes soldats, alors j'anticipe, gronda-t-il. Vous n'avez pas intérêt à ouvrir la bouche durant ce conseil, ne serait-ce que pour demander de l'eau.

- Je ne lui ai pas communiqué de plans ni rien, je l'ai juste regardé ! riposta la guerrière, franchement énervée à présent. Vous n'arriverez jamais à me faire taire, même sous la contrainte, espèce de ragnard arriéré! »

Ulfric leva la main pour la frapper, mais préféra lui donner un coup de genou dans le ventre pour la faire taire. Analia se plia en deux sous le coup, et Ulfric s'en retourna vers la salle. La Nordique resta un moment courbée à chercher sa respiration. Il avait osé la frapper.. La situation ne s'améliorerait jamais. Elle était trop fière et lui trop borné pour que l'un des deux admette ses torts. Elle dût attendre plusieurs minutes avant que son esprit ne se persuade de lui-même qu'elle ne devait pas le tuer sur-le-champ, puis, des éclairs dans les yeux, elle se hâta de retourner vers le conseil. Elle regarda les Grises-Barbes entrer avec l'Enfant de Dragon, et lorsque les anciens levèrent les bras, ils prirent place autour de la table. Tous, sauf bien sûr...

« J'espère que nous sommes tous venus ici dans un esprit de .., commença Arngeir.

- Non ! Beugla Ulfric. Vous nous insultez en l'amenant à cette négociation ? Celle qui fait la chasse aux disciples de Talos ?

- J'ai tout a fait le droit de participer à cette négociation. Je dois veiller à ce que rien de ce qui sera conclu ici ne viole les termes du Traité de l'Or Blanc, reprit posément l'Altmer.

- Elle fait partie de la délégation impériale. C'est pas à vous de décider qui je dois convier à ce conseil ou non ! Renchérit Tullius.

- C'est vrai Jarl Ulfric, ajouta d'une petite voix Analia. Ils n'ont fait aucun commentaire quant à la composition de notre délégation. Pourtant Vignar a remplacé leur jarl dévoué à l'Empire.

Ulfric la fusilla du regard et s'apprêta à lui faire comprendre le fond de sa pensée, lorsque Arngeir reprit d'une voix calme :

- Je vous en prie. Si nous en venons à négocier les termes de la négociation, nous n'arriverons à rien. Le moment semble opportun pour demander l'avis de l'Enfant de Dragon.

- La composition de la délégation impériale ne vous regarde en rien, Ulfric, grogna le Dovahkiin en regardant désespérément sa chope vide.

- Je n'en attendais pas moins de quelqu'un à la solde de l'Empire, ironisa le jarl en s'asseyant de mauvaise grâce.

- Pouvons-nous poursuivre ? Demanda le maître du Thu'um, un brin exaspéré.

- Un moment, maître, demanda Tullius.

- En avant... soupira Galmar, qui dit à haute voix ce qu'Analia venait de penser.

- Je tiens à dire que j'ai accepté de participer à ce conseil pour une seule raison : trouver une solution contre les dragons. Je n'ai pas le pouvoir de négocier un accord permanent, à moins qu'Ulfric soit prêt à solliciter la paix et à se soumettre à la justice impériale.

- Maître Arngeir, allez vous le laisser continuer à.., geignit Ulfric.

- Nous sommes là pour arranger une trêve temporaire qui permettra à l'Enfant de Dragon de s'occuper des dragons. Rien de plus, l'interrompit Tullius. Nous considérons qu'accepter de parler avec ces rebelles est plus que généreux, termina-t-il.

Analia retint un applaudissement. Il était le seul homme sur Nirn à avoir réussi à faire taire cet arrogant nordique. Mais elle se doutait bien qu'Ulfric ne resterait pas muet bien longtemps..

- Assez d'esbroufe, Tullius. Si vous êtes venu discuter, ne perdons pas de temps, aboya Ulfric.

- Bien, dépêchons nous d'en finir, aquiesca le général.

- Pouvons-nous continuer ? S'impatienta réellement Arngeir. »

La discussion se poursuivit, parlant de terres, de châtelleries.. Analia se tenait la tête avec sa main tellement elle avait sommeil. Ce conseil ne mènerait nulle part, tout le monde le savait. Mais il fallait sauver les apparences.. Elle avait toujours détesté ces intrigues et ces conseils interminables qui caractérisaient la politique, en Bordeciel comme en Cyrodiil, Haute-Roche ou Morrowind. Elle vit qu'Ulfric la regardait d'un air réprobateur. Eh bien oui, Monsieur le Grand Conquérant, songea-t-elle en fronçant les sourcils, vous êtes aussi ennuyeux pendant un conseil que dans votre vie toute entière. Elle bailla ostensiblement, et le maître des Grises-Barbes décida qu'il était temps de faire une pause. En effet, cela faisait plus de trois heures que les deux camps ne cédait rien, et une petite interruption s'imposait.

« Je pense messieurs que dans un tel état de surchauffe cérébrale, nous n'arriverons à rien, avança Arngeir en se levant. La séance est levée pour un quart d'heure. »

Les deux parties se détendirent graduellement, et Tullius s'autorisa même un sourire envers son légat. Analia se leva et tendit ses bras pour s'étirer. Elle partit rejoindre les Grises-Barbes dans le hall d'entrée et s'adressa à Arngeir :

« Comment avez-vous pu accepter de présider ce conseil de guerre ?

- Les Grises-Barbes ne sont pas d'un naturel guerrier effectivement, et nous ne nous mêlons pas de politique.. Mais l'Enfant de Dragon avait besoin de ce conseil de paix, et nous sommes serviteurs de l'Enfant de Dragon. Je n'aurais jamais pensé revoir Ulfric dans ces conditions.., soupira-t-il.

- Pardon ? Qu'est-ce que vous entendez par « revoir Ulfric » ?

- Suivez-moi jeune fille. »

Le maître du Thu'um se détourna et, se dirigeant vers un escalier, conduisit Analia vers le dortoir des Grises-Barbes. Il y avait les quatres lits des Maîtres actuels, mais au fond de ce long couloir se trouvait plusieurs petits lits. Arngeir s'assit sur l'un d'eux, le plus proche du mur.

« Ulfric est venu étudier avec nous l'art du Thu'um lorsqu'il était un jeune garçon. Il est resté plusieurs années ; c'est d'ailleurs à cette occasion qu'il a acquis la maîtrise des Cris. Il se destinait sans doute à devenir un Grise-Barbe, comme nous. Mais il s'est laissé bercer par la promesse d'honneur et de gloire qu'est la guerre. Il s'est enrôlé dans la Légion pour combattre lors de la Grande Guerre. Je vous avouerais qu'il m'a beaucoup déçu, le Thu'um ne doit servir qu'à prier Kynareth.

- Il n'a pas vraiment changé, sur le plan de l'honneur et de la gloire.., acquiesça Analia.

- J'ai pu le constater. Si vous voulez bien m'excuser, je dois voir quelque chose avec Maître Borri, dit Arngeir en se reculant.

- Puis-je rester un peu ici ?

- Bien sûr, mais ne touchez à rien. Et revenez à l'heure au conseil.

- Je vous remercie, maître. »

Analia regarda les pans de la robe du maître virevolter tandis qu'il s'éloignait, puis elle se retourna vers le lit. Il était petit, et les couvertures étaient mangées par les mites. La nordique s'assit sur le lit, un sourire aux lèvres. Penser qu'un homme aussi revêche et égocentrique qu'Ulfric ait pu n'être qu'un adolescent la faisait rire. Elle se pencha et sursauta lorsque son pied heurta quelque chose sous le lit. Curieuse, elle se pencha encore plus, la main tendue sous le lit et trouva un grand carnet, tout poussiéreux. Elle haussa les sourcils en caressant du plat de la main la couverture noire. En soufflant dessus, elle découvrit un symbole étrange. De plus en plus intriguée, elle prit toutes les précautions du monde et ouvrit le carnet. Sur la première page jaunie par le temps, elle déchiffra un titre, écrit à l'encre noire.

« Journal d'Ulfric Sombrage »


Voili voilà! Je vous remercie de suivre cette fic', ça me fait plaisir :3. Comme d'habitude, dîtes moi ce que vous en pensez!

A bientôt pour de nouvelles aventures d'Analia! \o/