Voilà le chapitre cinq des aventures d'Analia. Un petit chapitre de "transition" sur l'action à venir.

Hope you'll like it :3.


Chapitre V.

Analia resta un moment choquée sur les quelques mots de titre du carnet. Puis, elle prit son courage à deux mains et tourna la page. En haut de la seconde page, une date était à moitié effacée, on pouvait simplement lire l'année : 4E 170. Plus de trente ans auparavant.. Avide de connaître le contenu du journal, elle commença à lire :

« , 4E 170.

J'ai encore appris un mot de pouvoir aujourd'hui. Ca en devient presque répétitif à force : apprendre le mot, en assimiler le sens, absorber sa connaissance, l'utiliser jusqu'à ce qu'on le comprenne parfaitement. Maître Arngeir dit que j'irai loin, que ma Voix pourra bientôt servir à honorer Kynareth. Quand j'étais plus jeune j'aurais sauté de joie, mais maintenant j'ai une boule dans la gorge et je ne sais pas comment leur dire.. Si seulement il n'était pas venu !

Klimmek était monté trois jours auparavant. J'étais sur les marches en train de penser et il apportait des provisions pour les maîtres. En souriant il m'a tendu un sac plein de nourriture. Il s'apprêtait à retourner en bas lorsque je lui demandais ce qu'il se passait en bas. Depuis quelque temps, nous entendions des clameurs et des bruits de combats, et même la hauteur du Haut-Hrothgar ne pouvait atténuer ces bruits. Le vieux paysan m'a appris que les soldats étaient venus pour engager tous les jeunes hommes et femmes en âge de se battre, et que depuis tout le monde s'entraînait à se battre. Un sentiment étrange s'est emparé de moi ; je n'avais pas eu accès aux informations du monde depuis mon entrée au Haut-Hrothgar à mes 11 ans. Klimmek m'a expliqué que les Elfes étaient devenus instables envers l'Empire, et que l'empereur rassemblait ses forces de tous les côtés, au cas où. J'aurais voulu en discuter plus longtemps, mais un son de clochette m'a rappelé à mes devoirs. J'ai salué Klimmek et je suis retourné à l'intérieur. J'ai »

L'écriture était effacée par la suite, et Analia ne put rien apprendre de plus sur cette journée là. Elle tourna les pages, quasiment toutes effacées. L'humidité du Haut-Hrothgar avait réduit à néant les seuls indices sur l'ancienne vie d'Ulfric. Elle trouva finalement une page intacte et s'y plongea avec avidité.

« 17 Ondepluie, 4E 170.

Klimmek m'a proposé de m'emmener avec lui à Fort-Ivar pour apprendre à me battre et rejoindre l'armée. Depuis que maître Arngeir m'a instruit sur les combattants utilisant le Thu'um, je rêve de faire partie de ce clan si restreint. Le maître n'a pas l'air de les tenir en grande estime, mais je m'en fiche. A vrai dire, suivre la voie des Grises-Barbes ne m'intéresse plus. Je veux combattre, utiliser mes compétences pour remporter des victoires et être auréolé de gloire. Klimmek va revenir dans trois jours, il faut que je sois prêt. Je n'apprécie pas de laisser Arngeir, mais il ne me laisserait jamais aller combattre de son plein gré. »

La suite était effacée encore une fois. Analia sentit une légère frustration l'envahir. La curiosité malsaine et maladive des mortels l'avait frappée de plein fouet. Elle avait envie d'en savoir plus sur ce Nordique bourru et tête de mule que pouvait être son chef. Elle tourna encore une page, et tomba sur un dessin au charbon d'une charmante jeune fille avec un énorme cœur autour. Selon la description en dessous, c'était la Nordique idéale à marier d'un Ulfric adolescent plein d'hormones. Analia allait continuer son intrusion, mais à cet instant Ulfric fit son apparition dans le couloir. Entendant les bruits de bottes sur les pierres de la salle, Analia referma le journal et observa frénétiquement les alentours. Elle chercha un endroit où planquer son butin, et ne pensa qu'à... s'asseoir dessus. Elle se composa un sourire de circonstance et releva la tête. Ulfric marchait dans sa direction. Il ne s'arrêta même pas aux escaliers et se planta devant elle, l'air renfrogné comme toujours.

« Le conseil va recommencer. Enfin, si on peut aller ça un conseil, vu que même mes compagnons sont du côté ennemi.

- L'Empire n'est pas votre ennemi, c'est vous qui me l'avez dit il y a quelques temps, reprit Analia les sourcils froncés.

- Tous ceux qui ne sont pas de mon côté sont mes ennemis, et je les réduirais à néant. Et tu approuves donc être du côté ennemi ?

- Ni moi, ni Galmar ne sommes pour l'Empire, Jarl. Mais méfiez-vous que nous ne retournions notre veste, gronda Analia en se levant, maintenant d'une main le journal.

- Ce sont des menaces ? Rugit Ulfric en l'attrapant par le col. Non, se reprit-il en la lâchant. Pas ici, pas tout de suite. J'ai déjà fais des erreurs tout à l'heure, je n'ai pas l'intention de..

- Ulfric ? Enfin dépêchez-vous, cette mascarade ne peut se faire sans vous ! »

La voix impérieuse et moqueuse d'Elenwen rebondit sur les parois du couloir. Les traits d'Ulfric se serrèrent de plus en plus ; il souffla plusieurs fois et se détourna d'Analia, lui faisait un geste pour lui intimer de le suivre. La guerrière obtempéra, dissimulant le journal du mieux qu'elle peut. Elle retourna dans la salle de conseil et se rassit, toujours sur le journal. Elle se mit à prier tous les dieux qu'elle connaissait pour ne pas que ce journal tombe entre d'autres mains. Il était d'une importance capitale qu'elle le garde, du moins à son point de vue. Un petit chantage avec Ulfric sur ses dessins d'enfance ne ferait pas de mal, pensa-t-elle en ricanant intérieurement.

« Tu n'as pas autre chose à penser qu'à ta petite personne en faisant appel aux dieux ? Dit une voix glacée dans la tête d'Analia.

- Encore, Shor ? Pensa-t-elle. Cette fois-ci je ne serais pas ridicule !

- Vous l'êtes devant nous, âme de Sovngarde. Nous surveillons votre avancement, et vous progressez plus que lentement.

- Une guerre civile n'est pas simple à gérer, Shor ! Je n'en peux plus de vos sautes d'humeurs, je fais tout ce que je peux pour honorer ma mission et..

- En souhaitant le pire à celui dont tu dois t'occuper ? La coupa le dieu, agacé. Tu sais ce qui arrivera si tu échoues, Analia. Je ne tolérerais pas l'abandon ou la trahison.

- Je n'échouerais pas ! Gronda la Nordique en pensées, s'efforçant de serrer les lèvres.

- En es-tu sûre ? Crois-tu vraiment que cette mission est seulement faisable ? Fit Shor d'une voix soudainement devenue doucereuse.

- Vous n'auriez jamais eu l'idée de m'envoyer au casse-pipe sans raison.. Shor ! Hurla-t-elle. »

Pour toute réponse, un ricanement sonore résonna à ses oreilles, et l'esprit d'Analia reprit peu à peu conscience de ce qui l'entourait. Elle s'était semble-t-il levée et avait dû hurler plus que généreusement sur les personnes assistants au conseil. Analia sentit sa mâchoire se décrocher et commença à bafouiller. Elle s'était encore rendue ridicule ! Elle regarda l'assemblée et voyant Galmar étouffant son rire dans sa main, elle serra les lèvres. Maudissant Shor, Nirn et se maudissant elle-même, elle prit la fuite et ne s'arrêta qu'une fois en dehors du Haut-Hrothgar. Elle s'assit sur une des marches, respirant à pleins poumons l'air glacé de la montagne. Elle ne pouvait accomplir sa mission ; Ulfric la détestait et ne lui faisait pas confiance, Shor l'avait délibérément abandonnée en lui confiant cette mission dont il savait qu'elle ne réchapperait pas. Elle était condamnée à errer sur Nirn jusqu'à sa pseudo mort et finirait dans l'Aetherius, à moins que Shor ne la rappelle tout de suite pour lui épargner une vie agréable. Elle enfouit sa tête entre ses genoux quand elle sentit que quelqu'un s'asseyait à ses côtés. Elle releva la tête en priant pour ne pas voir Ulfric, et se trouva nez à nez avec une vieille femme en longue robe de prêtresse. Analia fronça les sourcils et sursauta lorsque la voix criarde de la vieille creva le silence.

« J'ai eu beaucoup de mal à te trouver, Analia. Tu n'es pas une personne casanière.

- Qui êtes-vous ? Se hérissa la jeune femme. Je ne vous connais pas, laissez-moi tranquille !

- Oh non je n'ai pas l'intention de te laisser tranquille, pas après tout le mal que je me suis donnée pour te trouver.

- Qu'est-ce que vous me voulez, à la fin ?! Dit Analia en se levant pour regarder la vieille.

- Je ne peux te l'expliquer ici. Suis-moi Analia.

La vieille prêtresse se leva et commença à redescendre le chemin de la montagne. Lorsqu'elle se rendit compte qu'Analia ne l'avait pas suivie, elle se retourna et la regarda . Analia sentit ce regard comme une inspection de son âme. La prêtresse croisa les bras et se mit à rire.

- Tu n'as pas changé en une ère, Analia. Toujours aussi méfiante.

- Quoi ?! Mais comment vous..

- Chut. Je n'ai pas beaucoup de temps. Ulfric va revenir pour vous ramener à votre conseil. J'ai tellement de choses à vous apprendre, Analia, et cela pourrait vous sauver. Mais vous devez me suivre.

- Comment je peux vous faire confiance ? Gronda Analia, que cette histoire rendait nerveuse.

Pour toute réponse, la vieille femme sortit une chaînette d'une de ses poches et la déplia. Au bout d'un entrelacement de fils d'argent, une image de Talos nimbé de flammes sur un petit médaillon captiva le regard d'Analia. Elle prit délicatement le médaillon et regarda la vieille femme sous un œil nouveau.

- Comment avez-vous eu ceci ? Demanda la jeune nordique, des trémolos dans la voix.

- Je ne peux rien vous révéler tout de suite. Soit vous me suivez, soit vous restez ici, et vos questions resteront sans réponses.

- Je viens avec vous, vieille femme. Emmenez moi avec vous !

- Très bien petite guerrière, en route. La voie est longue jusqu'à chez moi. »

La prêtresse se tourna vers le chemin et commença à marcher à travers les tourbillons neigeux. Analia resta un moment immobile puis tira l'une de ses cimeterres de son fourreau. Elle la fixa un court instant, puis la planta dans la neige, juste devant les marches de l'escalier. Puis, d'un pas rapide, elle rattrapa la vieille prêtresse, son ombre disparaissant derrière les tourbillons de neiges.

Ulfric sortit du Haut-Hrothgar après un conseil interminable. Il avait hâte de retourner à Vendeaume et Galmar partageait son avis. Et plus encore, il avait hâte de botter les fesses d'Analia hors des regards impériaux. D'ailleurs, il ne l'avait plus vue depuis qu'elle s'était enfuie après son cri ridicule. Ulfric sortit sur le perron du monastère, prêt à en découdre. Mais seul le vent était présent. Le jarl fronça les sourcils, descendit les escaliers et buta contre quelque chose. En baissant les yeux, il vit que c'était la moitié d'une lame d'épée et son pommeau enfoncés dans la neige. Il se baissa et la sortit de son fourreau de glace. En observant la lame, il reconnut le cimeterre d'Analia. Sa vue se brouilla, et son poing se referma sur la poignée. Galmar accourut derrière son chef et regarda la lame.

« Elle est partie, n'est-ce pas ?

- Exact, répondit simplement le meneur Sombrage.

- Cela ne vous affecte pas ? Elle était l'un de nos meilleurs éléments, soupira Galmar.

- Elle reviendra, Galmar, et lorsqu'elle reviendra, je me ferais une joie de lui rendre son épée.

- Quoi ? Répondit le second, désemparé.

- Oui. Je la lui rendrais, directement dans sa gorge. Je ne supporte pas les déserteurs, ajouta-t-il en décapitant une chèvre qui passait par là avec le cimeterre. »

Ulfric tendit la lame à Galmar qui s'empressa de la prendre. Oui, la guerre était déclarée, et à côté de la fureur d'Ulfric, une armée de vampires faisait pâle figure.


Voilà voilà, ce chapitre arrive un peu tard, mais j'espère qu'il vous a plu! Si vous avez des questions, des réclamations, des feuilles d'imposition.. Euh non pas ça X.X Enfin bref si vous avez quelque chose à me dire, ça se passe dans les reviews, ou les MP :).