Bonjour/Bonsoir! Donc voilà (plus rapidement que prévu je l'avoue! ^^) le huitième chapitre des aventures d'Analia! Comme promis, de l'action! des chevaux! de la neige! de la fondue!... ._.

J'aimerais aussi remercier chaleureusement tous ceux qui me font part de leur avis sur mon histoire! (Surtout Meredith, merci beaucoup depuis le début pour m'avoir aider à m'améliorer un peu!)

Reviewer mécontent(e):Bah et nous?! Tu nous oublie hein!

Mais non pas du tout, je vous aime aussi hein x).

Bref j'espère qu'il vous plaira! ^-^.


Chapitre VIII.

Alfsigr arpentait de long en large l'auberge de la Jument Pavoisée, tandis que Vilkas finissait sa chope de bière, les deux pieds sur la table. Ils devaient retrouver Analia et Phinis à l'auberge, suite à un petit message que la prêtresse avait reçu d'Analia quelques jours plus tôt. D'après elle, ils n'étaient plus très loin de Blancherive. L'après-midi venait juste de commencer, et l'auberge était quasiment vide. Avec un grognement, il régla son énième chope de bière à Hulda, qui lui adressa un sourire aguicheur. Elle se pencha dans un mouvement très explicite en prenant sa chope, et il fronça les sourcils ; il n'était pas habitué à ce genre de comportement. A Jorrvaskr, les femmes étaient peu nombreuses, et elles étaient plus attirées par leur chasse et par leur entraînement que par les beaux yeux d'un homme. Vilkas se tourna vers la prêtresse et eut un regard complètement désespéré. La vieille femme le regarda d'un air sévère, juste au moment où, dans une bourrasque de vent, la porte de l'auberge s'ouvrit, laissant passer deux personnes trempées par la pluie qui faisait rage dehors. Les deux silhouettes s'affalèrent autour d'une table, aussitôt rejoint par Alfsigr et par Vilkas, nettement plus réticent.

Analia retira sa capuche et secoua ses cheveux noirs trempés comme jamais. Phinis, lui, observa avec une pointe d'appréhension leurs compagnons de table. Enfin, surtout Vilkas et son énorme épée qu'il avait sur son dos.

« Vous aviez meilleure mine ma chère, la dernière fois que l'on s'est vues ! Dit Alfsigr à Analia.

- La dernière fois, je n'avais pas pris l'équivalent de 300 abreuvoirs sur la tête.. Bon, et si on en venait à notre affaire ?

- Oui, plus vite ça sera réglé, plus vite on pourra rentrer chez nous, ironisa Vilkas en esquissant un sourire moqueur.

- Je ne voudrais pas paraître impoli, commença le mage tandis qu'Analia décochait un regard noir à Vilkas. Mais cette fameuse quête, vous êtes vraiment sûrs qu'elle est faisable ?

- Ca dépend du mage, reprit Vilkas. Entrer dans le tombeau sera facile, mais faire revenir Ysgramor.. là c'est une autre paire de manches.

- Pas seulement Ysgramor, mais également toute son armée, ajouta Analia.

- Armée dont les guerriers sont enterrés un peu partout, souffla le mage. Eh bah, moi qui voulais voir du pays...

- L'important est de rassembler toutes les informations dont nous disposons, dit Alfsigr d'une voix calme. Premièrement, nous n'allons pas pouvoir ramener les 500 compagnons en entier, Phinis n'aurait pas assez de magie pour tous les réveiller, et en plus les maintenir dans notre monde. Nous allons donc commencer par ramener..

- Ysgramor ! Lança Analia joyeusement. Euh.. 'fin je veux dire.., se reprit-elle en voyant trois paires d'yeux interrogatifs braqués sur elle.

- C'est cela, Ysgraaaaaamor, reprit Vilkas d'une voix moqueuse et haut-perchée.

- Ne commencez pas vous deux, sinon le voyage sera invivable ! Prévint la prêtresse après avoir échangé un coup d'oeil atterré avec Phinis.

- Mais c'est pas moi, c'est.. ! Lancèrent en même temps les deux guerriers.

- Je vous préviens, je fais pas une excursion en forêt pour des gamins de cinq ans ! Si vous ne pouvez pas vous tenir correctement, je prendrais des sanctions, vu ?

- … Oui grand-mère Alfsigr, souffla Vilkas en se renfrognant sur sa chaise.

- Alors, après Ysgramor, qui devons-nous faire revenir sur Tamriel ? Lança Phinis en voyant la tête d'Alfsigr.

- Ses plus proches commandants. Ils sont quasiment tous enterrés avec lui, sauf son fils, Yngol.

- Pourquoi n'est-il pas avec les autres ? demanda Phinis.

- Une histoire très triste.., commença Analia. En fait,..

- En résumé son fils s'est fait buter avant lui parce qu'il a pas vu trois rochers, donc Ysgramor a construit un tertre en son honneur sur la mer des Fantômes. Quoi ?! S'écria Vilkas en voyant le regard d'Analia. Je viens de lui épargner une histoire soporifique.

- Mais c'est une histoire qui fait partie de notre Histoire ! De qui tenez-vous qu'elle est soporifique ?

- Bah, puisque c'est vous qui alliez la raconter...

- Retenez moi, je vais l'étrangler, lança Analia à la cantonade.

- Ca suffit ! Vous aurez bien assez de temps pour lui raconter durant le voyage Analia, coupa Alfsigr d'un air agacé. Revenons à nos généraux.

- Combien sont-ils exactement ? Demanda Phinis.

- Ils sont 5, si on enlève Ysgramor. Ylgar et Yngol, les deux fils d'Ysgramor..

- Subtile originalité dans les prénoms, ricana Analia.

- … Jeek de la Rivière, Roeth et Rhorlak, termina Alfsigr sans avoir entendu l'intervention.

- Donc, mis à part Yngol et son histoire passionnante, il n'y a que 5 personnes à réveiller dans le tombeau ? Ca ne devrait pas être compliqué alors !

- Oui, si on oublie tout les autres Compagnons qui sont là pour défendre leurs généraux.. renchérit Vilkas en faisant un signe à une serveuse pour avoir une chope.

- Ca va faire votre 7ème chope de bière, Vilkas, vous allez finir complètement hors d'état de nous accompagner, lança Alfsigr en regardant avec appréhension la serveuse remplir la chope.

- Un Nordique qui ne tient pas l'alcool ? Balivernes ! J'arriverais à vaincre un géant avec une centaine de bières dans le ventre ! »

La soirée se poursuivit dans la joie.. et la bonne humeur, et tandis que Alfsigr, Analia et Phinis échafaudaient des plans pour se rendre au Tombeau d'Ysgramor, Vilkas enchaînait chope sur chope pour prouver à tout le monde, mais surtout à lui-même, qu'il parviendrait à monter en selle malgré son état d'ivresse. Grâce aux livres que la prêtresse avait apporté, ils parvinrent à décider d'un itinéraire. La soirée commençait juste à tomber lorsqu'ils sortirent tous de la taverne, plus ou moins en forme. En effet, Vilkas, après avoir définitivement prouvé qu'il ne tenait pas l'alcool longtemps, s'était lamentablement effondré sur la table au milieu des livres. Alfsigr avait alors décidé de commencer directement leur voyage. Phinis s'était donc retrouvé à tenir le rôle du mage et du porteur-de-Vilkas-bourré. Il fallut l'aide d'Analia en plus pour porter et «asseoir» Vilkas dans le chariot qui allait les emmener à Fortdhiver.

Analia s'installa dans le chariot à côté de Vilkas avec une pointe d'appréhension. Ce n'était pas la puissante odeur de bière que dégageait le guerrier qui la dérangeait, c'était la perspective de se retrouver encore une fois dans un chariot en partance pour Fortdhiver. La dernière fois s'était soldé par un rêve plutôt traumatisant, et elle n'avait pas l'intention de le revoir. Elle surprit un regard compatissant d'Alfsigr et se plongea dans la contemplation du paysage au crépuscule, s'interdisant de dormir.

Tandis que Phinis et Alfsigr discutaient allègrement entre eux, Vilkas grogna dans son sommeil. Il voulut se tourner comme dans un lit mais ne parvint qu'à glisser sur le côté pour se retrouver.. la tête sur les genoux d'Analia. Elle eut un regard agacé et tenta de le remettre en position assise, mais rien à faire, il retombait toujours sur ses genoux. Elle regarda ses deux autres compagnons de route dans un signe de désespoir et vit avec surprise qu'ils essayaient de ne pas rire.

« Ce pauvre petit doit se reposer Analia, laissez lui au moins ça, sourit Alfsigr.

- Ce n'est pas un «pauvre petit», grommela-t-elle en essayant une nouvelle fois de le soulever, sans succès. »

Les nombreux essais infructueux d'Analia de remettre Vilkas sur ses pieds n'eurent qu'une conséquence : Vilkas se mit à ronfler sur ses genoux comme un chat bienheureux. Analia regarda Phinis avec un regard découragé, ne s'attirant qu'un grand sourire de la part du mage. Résignée, elle prit son mal en patience, la tête du guerrier toujours sur ses genoux. Le bruit des roues de bois sur les routes et celui de la brise brisèrent les dernières défenses d'Analia, et elle s'endormit sur le chemin traversant la châtellerie d'Estemarche.


Analia ouvrit les yeux. L'univers tout entier tournait autour d'elle, comme si elle venait de tourner sur elle-même. Elle sentit quelque chose de doux et de froid sous ses doigts, et se releva. Elle se trouvait dans un lit, dans une petite chambre au décor familier. Par réflexe, elle releva la tête et reconnut le plafond en voûte qu'elle avait si souvent regardé. La salle de repos de Sovngarde ! Elle sortit du lit et fit quelques pas, ses jambes engourdies par je-ne-sais-quelle sorcellerie. Elle entendait les bruits et les rires de la salle de banquet. Dans le couloir menant à la salle à manger, elle vit son ami Ysgramor, assis sur un banc. Lorsqu'il la vit, il sourit de toutes ses dents et se précipita vers son amie. Il la souleva dans ses bras et la fit tournoyer comme une petite fille. Puis il la reposa et la serra dans ses bras.

« Ys', tu m'étouffes là ! Dit Analia dans un murmure.

- Je savais que tu reviendrais vite, tu es la meilleure ! S'écria Ysgramor.

- Mais enfin, je n'ai pas réussi à arrêter la guerre civile, je me suis juste endormie dans un chariot !

- Dans ce cas, pourquoi est-ce que.. ? Commença le guerrier. »

Analia s'apprêta à répondre mais elle sentit la poigne d'Ysgramor s'effacer et une lumière l'aveugla soudainement, la privant du contact de son ami. Elle entendit une voix grave résonner autour d'elle, comme un immense écho. Cette voix, c'était celle de Shor, encore une fois.

« Le temps t'es compté, âme. Tu sais ce qui arrive aux âmes qui errent trop longtemps sur Nirn. Ton ami Ysgramor sera très déçu si tu ne reviens jamais à Sovngarde, lui qui était si content de te revoir si vite... »

Analia se sentit tomber dans un abîme sans fond tandis que la lumière disparaissait..


La guerrière refit surface complètement désappointée. Dehors, la neige tombait en petits flocons. Phinis était descendu de la charrette pour payer le cocher, et Alfsigr lui secouait le bras pour la réveiller. Analia mit du temps avant de réaliser que non seulement son rêve avait un étrange goût de réalité, que Vilkas était toujours endormi sur ses genoux, mais également que pendant tout le temps où elle avait dormi sa main était posée sur la tête du guerrier. Analia retira bien vite sa main, comme si ce contact l'avait brûlé. Alfsigr réprima un rire et descendit du chariot. Se maudissant elle-même, la guerrière regarda Vilkas toujours endormi et le poussa sans remords sur le fond du chariot et descendit.

Le guerrier se releva, un peu désorienté et descendit également à tâtons, l'alcool ayant eu un effet dévastateur sur ses réflexes. La nuit était tombée sur Fortdhiver et les quatre joyeux compagnons entrèrent dans la taverne, à la recherche d'une chambre. L'aubergiste leur fit savoir qu'il n'avait que deux chambres avec un seul lit. Analia et Vilkas laissèrent leur place à Alfsigr et Phinis, qui les remercièrent en leur payant le repas. L'aubergiste s'affaira un moment en cuisine tandis que les quatre compères s'attablaient, l'estomac dans les talons. Il revint bientôt avec une petite marmite pleine d'eidar fondu, des baguettes plantées dedans et un grand plat rempli de morceaux de pain. Les convives le remercièrent et s'attaquèrent sans plus tarder à la fondue. Le dîner ne fut pas sans incidents, Vilkas trouvant amusant de piquer le bout de pain de ses voisins et de couvrir son visage de fromage.. ou le visage des autres. Au bout d'un moment, Alfsigr et Phinis se retirèrent dans leurs chambres, tandis que Vilkas croquait dans une pomme en guise de dessert. Analia, la tête entre les bras, repensait à Ysgramor et à la menace de Shor.

« Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous qui avez la langue pendue, vous n'avez pas décroché un mot du repas, demanda Vilkas soudainement, la sortant de ses pensées.

- Je croyais que ça vous ferait plaisir que j'arrête de parler trente secondes, siffla Analia entre ses dents.

- Trente secondes ne sont pas une demie-heure. Quelque chose vous tracasse ?

- Rien qui vous concerne ni qui concerne la quête, répliqua Analia en le regardant de travers.

- Tant mieux. J'aurais une question pour vous, dit-il soudainement, posant sa pomme sur la table.

- Allez-y, si vous y tenez.. soupira-t-elle.

- Quand nous étions au temple de Kynareth, vous avez laissé échapper que vous aviez eu, par un moyen ou un autre, une conversation avec Ysgramor. J'aimerais savoir si cela est vraiment arrivé, et si oui, comment ça se fait que vous êtes toujours vivante? »

Analia ouvrit la bouche, ne s'attendant pas à une telle question. Elle soupira, puis, montrant discrètement l'aubergiste qui lavait son verre depuis un quart d'heure, se leva et sortit dehors, suivie par Vilkas. Ils s'assirent sur les marches de l'escalier menant à l'auberge. Le guerrier ne disait rien, il laissait Analia rassembler ses esprits. Elle se tourna vers lui, et eut un petit sourire.

« Bon.. Pour commencer, je n'ai pas rencontré Ysgramor en personne. Du moins, pas quand il était encore vivant. Je l'ai rencontré en Sovngarde. Je sais, ça commence déjà à être bizarre, mais laisse moi terminer, rajouta-t-elle précipitamment en voyant la tête de Vilkas. Je suis morte il y a quelques temps maintenant. Une histoire sordide. Et une fois en Sovngarde, j'ai fais la connaissance de ce vieil ours d'Ysgramor. Pas bavard au début. Il nous a fallu une ère entière pour apprendre à nous connaître et devenir amis. Je pensais que on allait passer l'éternité à plaisanter mais.. pour certaines raisons, j'ai du revenir sur Tamriel pour accomplir une mission, et Ysgramor était très confiant sur mes chances de réussir. Il avait tort je pense, non seulement parce que ma mission prend plus de temps que prévu, mais qu'en plus je risque de ne pas revenir en Sovngarde, et donc je ne le verrais plus et.. »

En prononçant ces mots, Analia sentit une boule se former dans sa gorge. Avant qu'elle ait pu reprendre le contrôle sur elle-même comme elle le faisait toujours, elle sentit des larmes amères rouler sur ses joues. La perspective de perdre son ami la faisait plus souffrir qu'elle ne le pensait. Elle essaya de se calmer, mais les larmes continuaient de couler. Elle se sentit affreusement honteuse de pleurer comme ça. Un long silence s'installa entre eux tandis qu'Analia tentait de calmer sa crise de larmes. Au bout d'un moment, ce silence devint insupportable. Analia commença à vouloir se lever quand Vilkas la prit par l'épaule et la serra contre lui brièvement.

« Faut pas pleurer pour ça, ma grande, dit-il doucement dans une tentative d'humour. Tout va bien se passer, on va réussir à faire votre mission et vous allez revoir votre Ysgramor. Allez venez, le froid devient vraiment insupportable dehors. »

Analia eut un pauvre sourire et hocha la tête, les yeux rouges. Vilkas aida la jeune femme à se relever et ne la lâcha pas jusqu'à ce qu'ils se retrouvent devant les chambres.

« Je suppose que vous dormez avec Phinis ? Demanda Analia en se dégageant.

- Bien sûr, j'ai hâte de voir quel volume ses ronflements peuvent atteindre, dit le guerrier en riant. Bon bah.. bonne nuit hein.

- Oui.. bonne nuit, termina-t-elle en entrant dans la chambre. »

Elle referma la porte et commença à s'installer par terre pour la nuit. Elle entendit distinctement la voix étouffée de Vilkas de l'autre côté de la cloison :

« Et ne pensez pas trop aux vieilles âmes à barbe cette nuit ! »

Analia se retint de rire par égard pour la prêtresse qui dormait juste à côté, mais un franc sourire naquit sur ses lèvres en imaginant la tête que ferait Ysgramor s'il savait qu'on le surnommait «vieille âme à barbe». Elle se tourna un bon moment par terre avant de plonger dans un sommeil sans rêves et sans Shor lui prédisant sa fin imminente.


Donc voilà ce huitième chapitre! J'espère qu'il vous a plu! Que pensez-vous de ce début de relation un peu plus amicale entre Vilkas et Analia? :P. Dites moi vos ressentis! :D