Note de l'auteure : J'ai souvent pensé à cette histoire. Et je ne sais pas pourquoi, une conversation sur Walking Dead avec une de mes amies m'est revenue en tête. Donc voilà, je me lance, en espérant qu'elle vous plaise :)
Prologue
Je n'avais que sept ans lorsque c'est arrivé. J'étais un gamin comme les autres, enfin... Plus colérique et rebelle que la normale, mais je n'étais qu'un gosse. Ma mère, mon père et moi formions une de ses familles normales qui vivaient à Trost, se démenant pour pouvoir vivre tranquillement. J'allais à l'école, mon père au travail et ma mère restait à la maison, essayant de rendre son foyer plus chaleureux qu'il ne l'était déjà. Je souriais, riais comme un idiot, regardais les adultes se dépêcher d'aller au boulot, ne prenant pas le temps de profiter de cette chose qu'on appelle la vie.
Oui. Nous étions tous comme ça au fond. On ne profitait pas de ce que l'on avait, et maintenant, on le regrette. On avait tout, nous, stupide humanité que nous sommes. Le bonheur, chose éphémère et maintenant recherchée par beaucoup de personnes. Le bonheur ? Oui, on l'avait, mais on le gaspillait à se disputer. Maintenant, on a quoi ? L'odeur du sang dans nos narines, la folie humaine dans chaque coin de rue, l'anarchie, la guerre, les pleurs, la tristesse de perdre un être cher devant nos yeux.
Nous avons rien, plus rien. Enfin, juste la haine. Oui, je hais ce monde pourri dans lequel je vis. J'ai été plongé trop tôt dans ce monde en guerre, dans cette tuerie. Pourtant, avant, tout était si calme. Comment cela avait-il pu arriver ? Le culte pense que c'est Dieu qui est venu nous punir, d'autres pensent que ce sont les conséquences des essais militaires effectués pas loin d'ici, d'autres encore pensent à une nouvelle maladie, et moi, je pense que c'est un tout.
Peut-être Dieu est venu nous punir pour notre égoïsme permanant, peut-être que les essais militaires qui consistaient à jeter des bombes sur les îles pour les tester à libérer une sorte de molécule qui a muté puis qui s'est amusée à infecter l'humanité, ou, une maladie encore inconnue a émergé dont ne sait où. Ou tout simplement, ces êtres immondes sont le reflet de nos pêchés, de notre méchanceté, de tout ce que nous avons fait de mal. Ou tout simplement, ces monstres représentent ce que nous sommes vraiment.
-Eren.
Je tournais la tête vers la personne qui venait de prononcer mon nom. Elle se dressait devant moi, là, ses yeux amande ne dévoilant aucune émotion, comme si elle avait éradiqué toute sorte de pitié en elle. Ses cheveux noir, court, lui permettait de garder les pieds sur terre. De garder cette part d'enfant en elle qui a été brisé trop tôt. Elle vint serrer son écharpe, un cadeau que je lui avais fait, le seul souvenir de ma défunte mère. La connaissant, elle aurait approuvé mon geste. J'acquiesçai et me levais.
Une porte se dressait devant nous. Je posais ma main dessus, puis une autre apparut, je tournais la tête pour voir à qui elle appartenait, c'était Mikasa. Une troisième vint s'ajouter, je fis pareil. Je croisais ses yeux bleu océan qui malgré tous ses efforts, ne pouvaient rien cacher. Armin avait peur. Peur de ce monde. Je le comprends. j'ai peur aussi. Mais si j'ai appris quelque chose pendant ses dix dernières années, c'est que la peur peut devenir notre plus belle arme face à ces monstres.
Je ne suis pas seule, je ne serais plus jamais seul. La confiance est quelque chose de très rare, et de très manipulable. Elle n'a plus trop sa place dans ce monde. Mais quand on trouve les bonnes personnes, cette confiance nous permet de survivre, et de moins penser à cet enfer qui nous entoure. Sous un hochement collectif de notre part, on poussa la porte, armes en main. Nous n'avions pas d'arme à feu. Juste une épée, une lance, puis une batte.
Ils étaient là, ils peuplaient la pièce, mais c'était le seul endroit où l'on pourrait dormir ce soir. Armin et Mikasa allèrent sur le côté, et moi, je m'avançais, refermant la porte derrière moi.
-Aller, murmurais-je, TUONS LES TOUS !
Sous mon cri de guerre, tous les cadavres ambulants puant l'œuf pourri se dirigèrent en courant vers moi. Mon cœur battait à tout rompre. Je tenais fermement ma batte entre mes mains, et je cognais le premier, envoyant ma batte percuter sa tête, qui sous la puissance de mon coup vola. On continua comme ça pendant dix minutes. N'hésitant pas à les taper une fois à terre pour être sûr que les morts restent bien morts cette fois-ci. On souffla dès qu'aucune silhouette ne se dessinait.
On jeta les corps à travers les fenêtres. Enfin ''on''... Mikasa et moi-même. Armin était recroquevillé sur lui. On le sait mieux que quiconque, cette ville n'est pas un endroit pour des ados comme nous, mais on fait avec. C'est notre monde. Il y a une rumeur qui dit qu'au delà des frontières de Trost, le monde est en paix. Je ne sais pas si je dois y croire, mais Armin lui y croit. Alors c'est une raison suffisante pour que je me batte. Quand les corps furent tous dehors, on barricada les portes et les fenêtres.
La nuit tombait, et ça devenait dangereux de rester dehors. Ne trouvant aucune nourriture, on mangea un petit bout de pain chacun, ne voulant pas gaspiller nos réserves inutilement. La nourriture manquait fortement, et ce n'est pas ces bâtards de la brigade spéciale qui vont nous aider. Ah ça non, ils préfèrent nous voir crever comme des rats, ils préfèrent nous voir se tuer juste pour un morceau de fromage. Non, ces êtres égoïstes nous aideraient en rien.
Comme chaque soir, je me laissais glisser sur un mur, et comme chaque soir, Armin et Mikasa vinrent s'asseoir à mes côtés, et comme chaque soir leurs têtes se retrouvaient sur mes épaules, et comme chaque soir, ils s'endormirent sur moi. Je fermais les paupières, et des coups se firent entendre contre les portes. C'était eux, ses monstres, ce que vous, vous appelez ''Zombie'', ou encore ''Mort-vivant''. Je ne croyais pas en ces choses, jusqu'à ce qu'elles fassent partie de ma vie.
Je pense que depuis l'apocalypse, l'humanité s'est souvenue qu'elle n'était en fait rien dans ce monde, ce que c'était la peur d'être dominé par quelque chose qui nous dépassait et contre lequel on n'était pas préparé. Les coups se firent plus puissants et par réflexe, je serrais de plus en plus ma batte contre moi, comme si cela pouvait me protéger. Je ne crois plus en rien, ni en personne à part mes amis. Enfin, c'est ce que je croyais, mais qui aurait pu prédire que tout ça allait arriver...
VOilà, laissez vos impressions les enfants :*
