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Et pour tout le monde, Bonne lecture !

2. Sur de nouvelles bases…

— Heu, salut Hermione… Tu te souviens de moi ?

Hermione contempla le jeune homme avec une colère mêlée d'incrédulité.

Drago Malefoy, assis sur son lit, lui faisait face. Il s'était traîtreusement introduit chez elle sous l'apparence d'un chat ! Détail qui ajoutait un certain piquant à la scène, il était totalement nu… Et il lui demandait, avec une décontraction qui frisait l'inconscience, si elle se souvenait de lui ! Hermione faillit s'étouffer de fureur. Elle se contint et finit par répondre, sa baguette toujours pointée sur lui :

— Nan mais tu te fiches de moi ! Un peu, oui, que je me souviens de toi, Malefoy ! Tu as fait pénétrer l'ennemi dans Poudlard, tu as essayé de tuer Dumbledore, tu as fui avec Rogue, tu… tu, TU ES UN MANGEMORT ! Explique-moi donc ce qui me retient de te Stupéfixer sur le champ !

— Et bien, tu as envie de comprendre, et donc, tu vas attendre mes explications avant de m'attaquer, répondit-il posément.

Il laissa passer quelques fractions de seconde avant d'ajouter, sur un petit ton horriblement suffisant :

— Ce que tu ne sais pas encore, c'est que quand j'aurai fini mes explications, tu n'auras plus du tout envie de m'attaquer…

La main d'Hermione se crispa encore davantage sur sa baguette. Visiblement, elle faisait de gros efforts pour se contrôler.

— A ta place, je ne ferais pas tant le malin, Malefoy !

Il se passa la main dans les cheveux avec nonchalance.

— Allons, Hermione, tu ne crois pas qu'il est temps pour nous deux de repartir sur de nouvelles bases !

— Mais pour qui tu te prends ! s'emporta-t-elle. Tu te crois en mesure de négocier, peut-être ?! Qu'est-ce que tu fais là ? Explique ! Vite !

Il la regarda droit dans les yeux. Son regard à l'éclat métallique était encore plus troublant que lorsqu'il était un chat.

— Tu as déjà tué quelqu'un, Hermione ? demanda-t-il d'une voix soudain plus grave. Tu as déjà lancé un Sortilège Impardonnable sur un être humain ? Non, n'est-ce pas… Ce n'est pas facile… Tout le monde n'en est pas capable… Je le sais. J'ai essayé, et je n'en ai pas été capable…

Il lui sourit.

— Mon récit va être assez long… Si tu voulais, ça serait pas plus mal qu'on en parle tous les deux confortablement assis, avec une tasse de thé fumant et pourquoi pas quelques gâteaux secs… Je dois avouer que les croquettes que tu m'as forcé à ingurgiter n'étaient pas vraiment à mon goût…

— Non, mais et puis quoi encore, Malefoy ! Tu es mon prisonnier, je te rappelle ! N'oublie pas qui tient la baguette, d'accord !

En prononçant cette dernière phrase, Hermione fit un geste un peu trop brusque, causé par sa nervosité, et Drago n'eut qu'à dire « Accio » pour récupérer l'arme.

— Tu disais ? demanda-t-il, le sourire aux lèvres.

Hermione avala sa salive avec difficulté. Maintenant, elle avait vraiment de quoi paniquer. Pourtant, l'attitude de Malefoy n'était pas vraiment menaçante. Il ne pointait même pas la baguette sur elle : il la tenait d'une main négligente, et elle était dirigée vers le sol. Il soupira.

— Bon, Hermione… Je voudrais juste que tu me fasses confiance… Si je te rends ta baguette, tu me feras confiance ?

Drago avait abandonné son ton arrogant. Il semblait presque triste. Hermione hocha la tête pour toute réponse, n'osant pas bouger davantage. Il se pencha légèrement et fit rouler la baguette jusqu'à elle. En retenant son souffle, elle se baissa et récupéra son bien. Elle ne s'autorisa à expirer que lorsqu'elle tint l'arme bien fermement dans sa main.

— Bien. Maintenant, est-ce que ce serait trop te demander de bien vouloir me laisser m'habiller ? demanda Drago.

Involontairement, Hermione laissa son regard dériver vers le corps dénudé du jeune homme. Elle rougit malgré elle mais hocha la tête.

— Tu trouveras des vêtements dans l'armoire…

Elle désigna le meuble d'un signe de tête et s'écarta pour le laisser passer. Elle suivit la trajectoire du jeune homme de sa baguette, qu'elle s'efforçait de tenir d'une main moins nerveuse. Drago se couvrit sommairement d'une robe noire. Il se retourna alors et fit de nouveau face à la jeune fille.

— Bon, et concernant le reste de ma proposition ? demanda-t-il. Je boirais bien un thé, moi…

D'un geste, Hermione lui fit signe de s'asseoir, tandis qu'elle faisait apparaître une théière, deux tasses, et un plateau de pâtisseries. Elle resta debout. Elle lui laissa le temps de se servir et de boire une gorgée du liquide brûlant avant de demander :

— Alors ? Je t'écoute…

Drago lui jeta un coup d'œil à la limite de l'agacement.

— Bon, Hermione, mettons les choses au clair : si j'avais dû t'attaquer, je l'aurais fait tant que j'avais ta baguette en main, tu ne crois pas ? Si je te l'ai rendue, c'est parce que je voulais que tu me fasses confiance, d'accord... ? Alors, assieds-toi et essaye de te détendre, tu veux bien…

La jeune fille le regarda avec incrédulité. Un Mangemort internationalement recherché s'introduisait chez elle et s'y invitait à prendre le thé, et voilà que maintenant, il se permettait de lui donner des ordres ! Elle s'assit malgré elle, subjuguée par l'autorité naturelle qui émanait de Malefoy.

— Hermione… murmura-t-il.

Elle sursauta. Il ne l'avait jamais appelé par son prénom avant aujourd'hui. Elle n'arrivait pas à s'y habituer. Il se racla la gorge. Il était très doué pour se montrer provoquant, mais maintenant qu'il devait entrer dans le vif du sujet, il ne savait pas trop par où débuter. Il commençait à se demander si c'était une bonne idée d'être venu. Le croirait-elle ? Il l'espérait…

— Bon… La première chose que tu dois savoir, c'est que je ne suis pas un Mangemort…

— Ah oui ? le coupa Hermione sans pouvoir s'en empêcher. C'est pour ça que tu portes la Marque, sans doute ?...

Sans mot dire, Drago releva la manche de sa robe et lui tendit son poignet gauche. Hermione tressaillit malgré elle. La Marque des Ténèbres était bien visible, mais au lieu du tatouage noirâtre auquel elle s'attendait, le dessin était écarlate. Les chairs de Drago étaient à vif. Sous l'effet d'une brûlure ou d'une coupure, Hermione n'aurait su le dire. En tout cas, ce n'était pas joli à voir, et ça avait l'air très douloureux.

— Oh, Seigneur… souffla Hermione. Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

— Il sait que je l'ai trahi, répondit Drago à mi-voix. Et Il se venge comme il peut…

Sans s'en rendre compte, Hermione avait déposé sa baguette sur le bureau et avait pris le poignet de Drago dans sa main pour pouvoir l'examiner.

— Ca doit te faire horriblement mal… Pourquoi ne t'es-tu pas soigné ?

— J'ai essayé, rétorqua-t-il, un peu plus sèchement qu'il n'en avait eu l'intention. On ne peut rien faire…

Il haussa les épaules.

— Et puis, ça me faisait moins mal quand j'étais un chat…

Hermione lui jeta un regard perçant et se leva, récupérant sa baguette.

— Ne bouge pas d'ici, je reviens…

Drago se contenta de hocher la tête en guise d'acquiescement. Il essayait d'avoir l'air sûr de lui, mais en réalité, il n'en menait pas large. Si elle était sortie pour appeler au secours, il ne donnait pas cher de sa peau. Il pensait être capable de la convaincre, mais s'il se retrouvait face à une équipe d'Aurors suréquipés, c'était autre chose… Il n'eut pas à s'inquiéter trop longtemps. Hermione revint vite, sa baguette dans une main, un tube de pommade dans l'autre.

— Quand les soins magiques ne fonctionnent pas, expliqua-t-elle, on peut toujours revenir à la médecine moldue…

Elle appliqua de la crème sur sa plaie et Drago se laissa faire sans mot dire. Elle faisait preuve d'une douceur insoupçonnée.

— Ca va ? demanda-t-elle. Je ne te fais pas mal ?

— Non, au contraire… Tu me fais beaucoup de bien.

Il y avait tant de chaleur dans sa voix qu'Hermione se sentit rougir. Néanmoins, elle continua à appliquer la pommade comme si de rien n'était. Quand elle eut fini, elle demanda :

— Bon, et si tu reprenais tes explications, maintenant ?..

— Très bien, alors commençons par le début, dans ce cas là… Quand mon père a été envoyé à Azkaban, on m'a fait comprendre que c'était à moi de reprendre sa place et de réparer ses… bévues…

Il s'interrompit et but une gorgée de thé.

— J'ai été convoqué par… Tu-Sais-Qui… acheva-t-il faiblement.

Apparemment, prononcer son nom était une épreuve qu'il n'était pas encore capable de supporter.

— Et il m'a apposé sa Marque, poursuivit-il en désignant d'un signe de tête son poignet martyrisé. Il m'a donné cette… cette mission. Tu sais en quoi elle consistait…Je ne pouvais pas refuser…

Hermione essayait de rester neutre, mais elle ne pouvait empêcher la compassion qu'elle ressentait de se refléter dans ses yeux.

— Ma vie était en jeu… Celle de ma mère aussi… J'ai passé une année dans la peur constante. Le matin, quand je me réveillais, j'étais transi d'effroi. Le soir je passais des heures entières sans pouvoir trouver le sommeil, tellement j'étais terrorisé.

Il haussa les épaules et un sourire ironique se peignit sur ses lèvres :

— Pas très viril, n'est-ce pas ? ça casse un peu le mythe du grand Drago Malefoy, le type le plus sexy de Poudlard, non ?

Hermione retint un soupir agacé.

— Par contre, un autre mythe vient d'être confirmé : tu ne peux vraiment pas t'empêcher de provoquer tes interlocuteurs !

Drago se rendit compte que sa remarque était déplacée. Toutefois, il ne l'avait faite que pour détendre un peu l'atmosphère.

— Excuse-moi… Bref. Je ne voyais vraiment pas comment je pourrais m'en sortir. Je n'avais plus le choix qu'entre tuer et être tué. Et je ne voulais ni l'un ni l'autre. Ce sont les animaux qui agissent ainsi : tuer ou être tué… Tu parles d'un choix ! Mais je ne voyais aucune autre alternative. Plus le temps passait et plus j'étais mort de trouille. Le mois de juin a fini par arriver et j'aurais voulu disparaître dix pieds sous terre.

Hermione osait à peine respirer de crainte d'interrompre ces confidences.

— Et puis cette fameuse nuit est arrivée. J'ai fait pénétrer les Mangemorts dans Poudlard, comme prévu… Mais ça, c'était le plus facile… Je devais aussi tuer Dumbledore. Et je savais pertinemment que je n'en serais jamais capable. Je me suis retrouvé face à lui, ma baguette à la main, et incapable de jeter le moindre sort. Et il m'a offert une nouvelle alternative. Il m'a dit que je pouvais rejoindre son camp, si je le voulais…. C'était une solution merveilleuse. Une solution où je n'aurais besoin de tuer personne, et où je ne risquais pas la mort à chaque minute. Enfin, si, mais pas plus que tous les autres… pas plus que toi ou Potter, par exemple…

Hermione se permit pour la première fois de l'interrompre :

— Je crois que Harry a toujours été en plus grand danger que toi. Il a été en danger de mort dès le jour où il est venu au monde, je te rappelle.

— Oui, sans doute… admit Drago. Pour en revenir à ce que je disais, j'ignorais que Rogue avait prêté un Serment Inviolable à ma mère. Au moment où j'allais accepter la proposition de Dumbledore, il est arrivé en haut de la Tour, et il l'a tué. Ça a été aussi simple, aussi rapide que ça ! Deux simples mots « Avada Kedavra », et mon espoir de passer de l'autre côté, du bon côté, avait disparu ! Il a tué Dumbledore, et nous avons pris la fuite…

Il resta silencieux quelques minutes. Finalement, ce fut Hermione qui le força à reprendre la parole :

— Et ensuite, que s'est-il passé ?

— Rogue avait prévu une cachette… Je me suis dissimulé là avec lui quelques temps. Il ne me tenait au courant de rien, mais il ne me demandait pas non plus de remplir de nouvelle mission. Je dois dire que je préférais ça plutôt qu'être plongé au cœur des évènements. Et puis, un soir, il est rentré en me disant que nous devions partir : l'endroit n'était plus sûr.

Hermione était suspendue à ses lèvres.

— Et il m'a fait une proposition qui m'a stupéfié de sa part. Il m'a dit que j'avais le choix. Que ce n'était pas vraiment ma guerre. Visiblement, il était au courant de ce que m'avait dit Dumbledore avant de mourir. Il m'a dit que si j'essayais de rejoindre l'autre camp, il ne ferait rien pour m'en empêcher. Mais que si je préférais rejoindre les disciples de… Tu-Sais-Qui, et bien libre à moi… Et il m'a dit aussi que dans un cas comme dans l'autre, il n'était plus responsable de moi. C'est comme ça que j'ai compris que ma mère était morte.

Hermione sentit un élan de compassion la traverser. Elle se souvenait avoir lu ça dans la Gazette, un mois auparavant. Mais sur le coup, ça ne l'avait pas vraiment marquée. Elle eut envie de prendre la main de Drago, posée sur le bureau, mais elle s'en empêcha au dernier moment. Il fit comme s'il n'avait pas remarqué son mouvement, et il poursuivit :

— Je n'avais pas très envie de rejoindre, heu… Tu-Vois-Qui, pour me lancer dans une quelconque mission suicide. Mais d'un autre côté, je me doutais que je ne serais pas très bien accueilli si je me pointais à Poudlard la bouche en cœur, après… après ce qui s'était passé. Et puis, sans Dumbledore là-bas, je ne voyais pas trop à qui m'adresser. Alors pendant quelques semaines, j'ai erré au hasard. Heureusement, en sixième année, j'ai appris à me transformer en Animagus. Je me disais que ça pouvait toujours servir…

Hermione ne put s'empêcher de se sentir assez admirative : ce type de magie n'était pas à la portée du premier venu…

— Je n'avais pas tort : ça m'a permis de passer inaperçu et de me nourrir avec pas grand-chose pendant que je vagabondais… Mais je ne savais toujours pas quoi faire… Et puis j'ai entendu dire que Potter ne se trouvait pas à l'Ecole. Mais impossible de savoir où il était. Et puis… que ce soit lui ou Weasley, j'ai dans l'idée qu'ils seraient plutôt du genre à m'envoyer à Sainte Mangouste les pieds devant d'abord, et à discuter ensuite… Non, je me suis dit qu'il valait mieux que ce soit à toi que je m'adresse…

Hermione empêcha difficilement la stupeur de se peindre sur ses traits : ainsi, il avait cherché volontairement à entrer en contact avec elle ! Drago poursuivit l'air de rien :

— Seulement, toi non plus, tu n'étais pas très facile à dénicher… Finalement, je me suis dit que le meilleur moyen pour te trouver, c'était de m'informer auprès des Weasley… Je me suis donc rendu à Loutry Sainte Chapsoule, et je me suis fait passer pour un gentil petit minou, perdu et affamé. Ils m'ont très vite adopté. Et puis, quand ta copine a décidé de venir te rendre visite, j'ai sauté sur l'occasion !


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