Voici la suite et fin de cette petite fic' sans prétention... J'espère qu'elle aura su vous plaire!
Bonne lecture!
3. Dramordret
Un silence quelque peu gênant s'installa.
— Pourquoi moi ? finit par demander Hermione.
Pris de court, Drago lui fit un sourire intimidé. Il cherchait ses mots.
— Heu… Ben… Pourquoi pas toi, après tout… ?
Hermione lui jeta un regard peu amène qui lui fit comprendre qu'il avait intérêt à trouver mieux comme explication. Il haussa les épaules.
— Hof, je sais pas exactement. J'ai senti que tu étais la bonne personne, c'est tout. Je pensais que toi, tu serais capable de m'écouter avant de me réduire en charpie… et j'avais raison !
— Qu'est-ce que tu attends de moi, exactement ? demanda Hermione. Si tu veux t'éloigner de la guerre, ne pas te battre, tu n'as pas frappé à la bonne porte.
Drago se mordit les lèvres, mais la regarda intensément.
— Je te l'ai dit. Je ne veux plus rien avoir à faire avec eux. Si je dois me battre, si je dois risquer ma vie, si je dois mourir, je veux que ce soit pour une cause juste. Je veux être du bon côté. Du tien. Et pas dans le camp de… Tu-Sais-De-Qui-Je-Parle…
Hermione lui jeta un regard dur. Cette expression lui était inhabituelle.
— Si tu veux faire partie des nôtres, asséna-t-elle, commence donc par l'appeler par son nom.
Drago fronça les sourcils, comme s'il avait mal compris
— Tu veux que…
— Je veux que tu me prouves que tu es capable de prononcer trois syllabes : Vol-de-mort !
Drago hocha la tête.
— Très bien, dit-il. Puisqu'il n'y a que ça pour te faire plaisir…
Il prit une profonde inspiration.
— Voldemort, dit-il à mi-voix.
Aussitôt, il poussa un cri de douleur et plaqua sa main droite sur son avant-bras gauche. Hermione entendit une sorte de grésillement malsain et une odeur de chair calcinée s'éleva dans la pièce. Drago tremblait de façon incontrôlable, sous l'effet de la douleur. Lorsqu'il ôta sa main, Hermione vit de la fumée s'élever de la Marque à son poignet.
— Oh mon Dieu ! s'écria-t-elle. Je suis désolée. Je ne voulais pas… Je ne pensais pas…
Drago secoua la tête.
— Ce n'est rien, répondit-il, le souffle court. J'ai l'habitude. (1)
— Oh, Drago, je suis désolée, vraiment ! Je ne savais pas…
Sans s'en rendre compte, elle avait pris sa main blessée dans les siennes. Il releva la tête et lui sourit : sans y prendre garde, elle l'avait appelé par son prénom.
— Ce n'est rien, je te dis.
Il s'interrompit, la fixant de ce regard gris argent qui avait le don de paralyser la jeune fille.
— Il ne peut plus rien contre moi, désormais.
Il laissa passer une seconde, pour donner plus de poids à sa déclaration suivante :
— Parce que je puise ma force en toi…
Il ferma les yeux et hurla de toutes ses forces :
— VOLDEMORT !
La main d'Hermione se crispa sur la sienne, mais il ne se passa rien.
— Il se nourrit de la peur des autres, et avec toi à mes côtés, je n'ai plus peur, expliqua-t-il.
Hermione lui jeta un regard interdit : elle ne comprenait plus.
Ou alors, elle ne voulait pas comprendre…
Drago avait gardé sa main étroitement serrée dans la sienne, et il approcha son visage du sien. Tout doucement, il posa ses lèvres sur les siennes pour un baiser timide. Hermione recula aussitôt. La panique se lisait dans ses yeux, et son cœur battait comme celui d'un oiseau affolé, mais elle avait laissé sa main dans celle du jeune homme. Drago ne dit rien, ne fit pas un mouvement, comprenant qu'il devait la laisser se calmer. Elle finit par dire :
— Attends, j'ai du mal à suivre là… Tu débarques ici, mine de rien, sous la forme d'un chat. Tu me dis que tu ne veux plus être un Mangemort, que tu veux faire partie de notre camp… Bon, admettons. Et puis tu… tu m'embrasses ? On n'est pas censés se détester depuis quelque chose comme… sept ans ?
Drago eut un petit sourire triste.
— Je ne t'ai jamais détesté, Hermione. Jamais.
Elle leva un sourcil sceptique.
— Enfin, il y a eu des fois où tu m'exaspérais franchement, rectifia-t-il, mais je ne t'ai jamais détesté. Essaie de comprendre… Je faisais semblant. Je jouais mon rôle, c'est tout. Il fallait absolument que je donne l'illusion d'être un parfait petit Malefoy, le digne héritier de Lucius, tu comprends ? Je ne pouvais pas donner l'impression que j'appréciais une Sang-de… une fille de Moldus. Je n'en avais pas le droit…
Hermione avala sa salive avec difficulté. Elle avait vraiment du mal à saisir tout ce que ces révélations impliquaient.
— Tu vois… reprit Drago, la gorge serrée. L'année dernière, les seuls moments où cette peur chronique me quittait, c'était quand j'arrivais à m'endormir, et que je rêvais de toi. Je rêvais de toi presque chaque nuit, tu sais. Et jour après jour, ces rêves me donnaient la force de continuer, d'avancer, même si j'avais peur de l'issue. Mais je crois bien que te croiser, presque chaque jour, dans les couloirs ou en cours, est la seule chose qui m'a empêché d'envoyer une lettre à Voldemort pour lui dire que je n'étais pas fait pour ce « job », et qu'il ferait mieux de se débarrasser de moi…
Hermione sentait les larmes lui monter aux yeux, tant cette déclaration la bouleversait. Elle s'était attendue à tout sauf à ça, lorsqu'elle avait découvert que Mordret, son nouveau compagnon, était un Animagus. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Drago reprit :
— Tu sais ce qui m'a donné l'idée de devenir un Animagus ?
Comme elle secouait la tête négativement, il enchaîna :
— Une nuit, l'année dernière, j'ai rêvé que tu venais me rendre visite dans mon dortoir, sous la forme d'un chat… J'étais triste, empli d'angoisse, mais tu parvenais à me consoler et à me rassurer… et nous passions la nuit ensemble… A partir de ce jour, je n'ai eu de cesse de savoir me transformer en chat, moi aussi…
Hermione avait rougi. Etrangement, ce rêve évoquait quelque chose en elle. Elle se souvenait vaguement avoir déambulé dans les couloirs de Poudlard, sous la forme d'un superbe angora blanc. En fermant les yeux, elle parvenait à revoir certains détails très précisément. Et ces détails la faisaient rougir… La voix de Drago la ramena à la réalité.
— Hermione ? Tu sais ce que ça veut dire quand deux personnes partagent les mêmes rêves, n'est-ce pas ?
Elle ne répondit pas directement, mais cette fois, ce fut elle qui l'embrassa. Et ce baiser n'avait plus grand-chose de timide…
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Ce fut le chant du rossignol qui la tira du sommeil, à l'aube, le lendemain matin. La couverture avait glissé à terre, mais elle n'avait pas froid, étroitement lovée dans les bras accueillants de son amant. Un rayon de soleil vint jouer sur le visage de celui-ci, et elle ne put s'empêcher d'admirer sa beauté aristocratique. Mais il ne tarda pas à s'éveiller à son tour, et son sourire coquin n'avait rien d'aristocratique, lui…
Drago roula sur le côté et l'embrassa tendrement.
— Je t'aime, Hermione, pour toute la vie… Tu le sais, n'est-ce pas ?
Elle sourit et répondit dans un souffle :
— Moi aussi Drago, je t'aime.
Ils restèrent un moment enlacés sans bouger, profitant simplement du bien-être que leur procurait la présence de l'autre. Puis une idée frappa brusquement Hermione.
— Mais dis donc ! Petit imposteur ! Tu as profité de ta métamorphose en chat pour me voir nue, hier soir !
Drago éclata de rire et l'embrassa à nouveau.
— Je t'aime, mais je reste un Serpentard, tu sais… Je ne suis pas parfait.
Hermione le fusilla du regard.
— Et puis, toi aussi tu m'as vu nu, hier soir, et tu as mis un certain temps avant de me laisser m'habiller, je te rappelle…
Hermione ne disait rien et avait toujours l'air faussement courroucée.
— On est quittes, non ?
Hermione secoua la tête négativement, en silence. Drago prit un air penaud.
— Qu'est-ce que je peux faire pour me faire pardonner ?
Hermione sourit.
— J'ai bien quelques idées…
Et elle se pencha pour les lui chuchoter à l'oreille. Drago se montra franchement enthousiaste, et voulut s'exécuter sur le champ.
Mais à ce moment là, on sonna à la porte.
Le couple d'amoureux s'interrompit instantanément dans ses ébats.
— Tu attends quelqu'un ? demanda Drago, dissimulant à grand peine son inquiétude.
— Non, répondit Hermione, elle aussi très préoccupée. Ne bouge pas d'ici, je vais voir.
Elle s'enveloppa simplement d'un peignoir et descendit jusqu'à la porte d'entrée. Elle ouvrit avec appréhension, et soupira de soulagement en découvrant Ron et Harry de l'autre côté.
— Hermione ! s'écria celui-ci. On a réussi !
Et il la serra dans ses bras. La jeune femme était un peu éberluée, mais heureuse de revoir ses amis.
— Réussi quoi ? parvient-elle à demander au milieu de leurs embrassades.
— Le Horcruxe ! On a retrouvé la coupe d'Hepzibah Smith, et on l'a détruite ! répondit un Ron euphorique.
— C'est merveilleux, balbutia Hermione.
A ce moment là, elle sentit quelque chose lui frôler la jambe, et elle baissa les yeux. Un chat noir se frottait contre elle en ronronnant. Elle sourit.
— Tu as un nouvel animal ? demanda Harry.
Elle hocha la tête, en se retenant pour ne pas éclater de rire.
— Oui, on peut dire ça comme ça… Il s'appelle Dra… Mordret ! se reprit-elle.
— Dramordret ? interrogea Ron en se baissant. Bizarre comme nom.
Il prit le chat dans ses bras mais celui-ci lui cracha au visage et lui griffa la main. Hermione se mordit la lèvre. Sa vie n'était déjà pas simple avant, mais là, elle sentait les complications arriver à la vitesse grand V. Néanmoins, elle répondit avec humour :
— Ecoute, Ron, si tu ne t'entends pas avec mon nouveau compagnon, tu n'auras qu'à t'en prendre à ta sœur… C'est à cause d'elle qu'il est là…
Et en son for intérieur, elle se dit qu'elle était injuste.
Des complications, il y en aurait, c'était certain. Mais la vie venait de lui faire le plus beau des cadeaux : un amour sincère, et réciproque. Et avec un tel don, elle se sentait la force d'affronter n'importe quelle difficulté.
Alors, elle sourit avec une sérénité dont elle se serait crue incapable et dit :
— Bon, les garçons, vous allez être surpris, et vous n'allez pas aimer ça, mais j'ai quelque chose à vous dire…
Dramordret passa entre ses jambes en ronronnant, comme pour lui donner du courage.
Si vous avez aimé cette histoire, laissez-moi un petit mot, ça me fera plaisir... ;-)
