Chapitre 2 : jump'in
Cela faisait 1mois et demi que ça durait. Que je ne parlais pas. Que je pleurais le soir devant la photo de patty et les posters de Gregory, mort lui aussi. Le regard noir de Bill me fixait depuis tous les coins de la pièce. Je n'avais pas touché à ma Gibson depuis la mort de Patty. Ni à ma batterie que je frappais pourtant tous les soirs. Ni à mes vieux exemplaires de twillight. Je repassais en boucle les cd de tokio hotel, toujours les mêmes chansons, « vergessene kinder » et « Ich bin da ». Un jour, je décidais d'en finir. Bella avait échoué, moi je réussirais. Mes notes au lycées étaient en chute libre, ma moyenne avait atteint les 8,4. Un soir, je montais sur le toit de mon immeuble, mitoyen avec un grand hotel parisien. Je m'approchais du bord et montais sur la rambarde, lorsque j'entendis une voix teintée d'un fort accent allemand :
-Vous ne le ferez pas.
Je me retournais, je connaissais cette voix
- Et qui te le dis Georg ??
- Tu connais mon nom ? Et ma langue aussi ?
- Je vous suis depuis Devilish ! Et j'ai vécu en Allemagne jusqu'à mes 12 ans ! Toi par contre je n'ai pas l'impression que tu me connaisses ! Quand je dis quelque chose, je le fais. Toujours. Je sauterais.
- Ok… alors si tu sautes, je saute aussi.
Il commença à enlever sa montre et son grand manteau de cuir
-Arrête, on n'est pas dans Spring nicht ici !
Je me retournais et contemplais le trottoir 13 mètres plus bas. Georg en profita pour me dérober mon portable dans ma poche. Il appuya sur la touche 3 qui appelait ma meilleure amie. Lorsqu'elle décrocha, il mit le haut parleur :
-Allo ? Laura ??... Laura, tu pleures…t'es ou bon sang ?? ………Bon bouge pas, j'arrive chez toi dans 5 minutes avec sebastian (striffy pour les incultes).
Je tombais a genoux, la tête dans les mains. Marie arriva 5 minutes plus tard au pied de mon immeuble, en effet avec sebastian qui avait du rentrer de tournée…ou bien le groupe était de passage en France… . Georg les appela. Marie leva la tête et compris en voyant ma silhouette affalée par terre, près de la petite rambarde. Elle monta vite et débarqua sur le toit. Elle me pris dans ses bras, pendant que Sebastian, méconnaissable, m'enlaçais par derrière. Georg avait disparu. Marie décida que je ne devais pas rester là et, le lendemain, je me retrouvais dans un avion en direction de Berlin… sans avoir dit merci à Georg…qui avait toujours mon portable
Grâce à Sebastian, le frère de Marie, (OK, alors pour expliquer rapidement, Sebastian est le vrai nom de Striffy, le chanteur du groupe allemand CINEMA BIZZARE.), nous pûmes avoir des places VIP pour les concert des TH dont il faisait la première partie, qui se déroulait 2 jours plus tard. En attendant, elle m'emmena faire les boutiques. J'étais toujours muette. Lorsque nous passâmes devant un Horse Wood, j'explosais en sanglots. Je n'étais pas prête à ça. Patiemment, elle me consola. Puis elle m'emmena au studio ou les cinema bizarre enregistraient leur 2° CD, « ToyZ ». Je voyais bien que Yu et Luminor tentaient de me faire parler, mais les autres me laissaient tranquilles. Shin me proposa de taper un peu sur sa batterie, mais je déclinais son offre, je n'étais pas encore prête a refaire de la musique. Puis le soir du concert arriva. Je me passais simplement un slim blanc, des ballerines noires et un débardeur noir et blanc. Je me lâchais les cheveux qui me tombèrent sous les fesses. Je passais ensuite un long manteau en cuir, le même que Bill dans le clip de « spring nicht ». Marie me rejoignit, excitée comme une puce. Elle sorti sa Mercedes du garage et on fila directement sur les Zénith de Berlin. Une armoire a glace nous conduisit a nos place en VIP, juste au pied de la scène. Cinema bizarre fit la première partie et repartit sous les acclamations du public. Les accords de « Übers ende der welt » raisonnèrent dans le zénith et Tom sauta sur scène bientôt suivi par Georg et Gustav sous les cris des fans hystériques. Pire qu'en France… ! En d'autres occasions, j'aurais participé aux cris mais là… Bill arriva sur scène pour le refrain et les cris redoublèrent. Ca devenait insupportable. A la fin de la chanson, Georg se tourna vers Bill et lui glissa un mot à l'oreille qui me fixa. Il fit un signe à son frère qui joua les accords de « Spring nicht » sans me quitter des yeux. Sans que je m'en rende compte mes larmes se mirent a couler et je quittait le Zénith en courant. Je sentais les yeux de Bill vrillés sur mon dos. Il enchaînât sur « Reden ». A la fin du concert, j'intimais a marie de rentrer sans moi à l'hotel. Je trouvais un petit coin sombre et tranquille et me mis à réfléchir. A tout. A ce qui m'avait conduit en Allemagne. La mort de Patty. De Greg. A mon saut raté. Ma « chute » scolaire. La sensation intense du vide qui me serrait le cœur. Toute a mes méditations, je n'entendis pas les cailloux rouler sous les pas de mon visiteur. Une main se posa sur mon épaule. Je sursautais brutalement.
- Qu'est ce que tu fais là ??? il fait froid et tu es habillée très légèrement !
Je me retournais : une silhouette se tenait a contre-jour
- Eyh mais on se connais non ??
Devant moi se tenait Gustav, le batteur du groupe.
- Euh…au concert peut être
- Mouais… si je sais ! Le portable ! Georg a ton portable ! Y a une belle photo de ton cheval.
Patty….cela me semblait si loin, mais tellement proche a la fois !
- Dsl, Georg nous a dit ce qui s'était passé. Tu devrais rentrer. Tu vas attraper froid. En plus ça te ferait sûrement du bien de parler.
Il me tendit la main. Je l'attrapais comme une somnambule. Il m'emmena vers une grosse voiture noire aux verres teintées qui s'arrêtât juste devant mon hotel. Il m'emmena dans sa chambre. Je m'assis sur mon lit et déballait tout. Ca me faisait du bien de me libérer, j'étouffais littéralement. Quand j'eus fini, il m'enlaça longuement.
-Merci e m'avoir tout confié. Je comprends mieux a présent pourquoi tu as essayé de te suicider
-Comment tu sais ça toi ??? Vous avez des caméras de surveillance braquées sur vos fans 24h/24 ?
-Georg était complètement bouleversé. Tu sais, il n'y a aucun secret entre nous ! Et puis, il avait ton portable, on a donc pu voir toutes photos, ça nous a aidé a mieux te connaître ! Tu as reçu un nombre incroyable d'appels et de SMS ! pire que Tom ! Tu montes bien, non ? la plupart venait de pros du cheval
Je détournais la tête.
- J'avais un bon cheval, c'est tout. Comment m'as-tu retrouvée au fait ?? Toujours grâce aux caméras ?
_ Je t'ai vu quitter brusquement la scène après « Spring Nicht ». Quand je suis sortie prendre l'air après le concert, j'ai vu ton ombre et je me suis approché parce que j'étais vraiment intrigué. Mais tu n'as pas répondu a ma question.
-C'est vrai qu'on me propose souvent des bonnes montes pour les haras nationaux ou autre. Pour les derniers championnats d'Europe, je montais Flipper D'Elle, un très bon cheval francais.
Il y eut un silence.
- Bon, les gars vont pas tarder a rentrer. Tu veux dormir ici ou bien tu veux que je te raccompagne ?
-Je peux rentrer seule !!
-Pas dans ton état, non.
-Traverser deux couloirs n'est pas surhumain tu sais…même pour moi !
-Oh, tu es ici !! Bon, bah écoute bonne nuit. Je suis content de t'avoir rencontré !
Il m'embrassa sur le front et me raccompagna jusqu'à la porte. Au moment où je sortis, le reste du groupe rentra dans la chambre de Gus. Je m'éloignais sans un regard.
-Eyh !! fit une voix dans mon dos
Je me retournais
-Tu ne m'as pas dit ton nom !
- Laura…Laura Cullen
