Chapitre 4 : Pirate
Lorsque je me réveillais, Marie dormait encore. Je regardais mon portable : 5h du matin ! J'avais gardé cette (mauvaise) habitude du temps ou je faisais encore des concours et ou je devais être aux écuries a 5h30 du matin pour charger mon cheval (qui n'en avait rien a branler) dans le camion (véridique, en tant que cavalière de concours je peux vous le certifier !). Je paris me balader dans un Berline noir et désert et au bout de 3 heures de déambulations hasardeuses, je finis par tomber sur une petite affichette qui proclamait en lettres rouge sang : « A ADOPTER D' URGENCE ! Pirate, jeune rotweiller de 4 ans très bien dressé, pur race. » J'appelais le numéro de téléphone qui était indiqué a la fin du message et mon interlocuteur décrocha au bout de 5 sonneries :
- Allô ?
- Euh.. Bonjour, je suis désolée d'appeler aussi tôt (8 H du mat c'est relativement tôt un samedi quand même !), mais je viens de tomber sur votre annonce au sujet de votre chien, et euh…
- Vous voulez l'adopter c'est cela ??
- Oui, voila…
- Comptez vous le dresser a l'attaque ?
- NON !! Au contraire !
- Parfait… pouvez vous venir le chercher maintenant s'il vous plait ?
- Bien sur !
Il me donna l'adresse. Je hélais un taxi qui m'amena dans une immense maison en dehors de la ville. Mais qu'est ce qui m'avait pris !! Je n'avais pas de maison, je vivais dans un hotel ! J'avais certes besoin d'un compagnon, mais pourquoi un ROTWEILLER ? Pourquoi pas un bichon ou un chat ? Si le mec me demandait ou je comptais le faire vivre, j'étais dans la merde ! Bref, quand je me pointais devant la maison, une gamine d'une 15° d'année tentait désespérément de faire monter un grand cheval alezan qui passait son temps à se cabrer dans un immense camion 8 places. Je me figeais sur place. Le cheval finit par échapper à sa propriétaire et bondit vers moi. Je le rattrapais alors qu'il passait à coté de moi et, dans un état second, le ramenait vers son camion ou il monta sans rechigner. Je l'attachais a l'anneau et ressortis du camion, blanche et tremblante : j'avais touché un cheval ! Et j'avais aimé ça ! L'image de Patty partant avec moi aux championnats de France, tout emmitouflé dans ses protections matelassées bleues, s'imposa à mon esprit. Je m'interdis d'y penser.
- Merci de m'avoir aidée, Kazan fait toujours ça avant de partir en concours ! Tu viens pour Pirate ? Papa m'en a parlé, je suis contente qu'il parte, il fait peur a mes potes ! je suis contente, tu as l'air de t'entendre avec les animaux, sinon Kazan ne serait pas monté de lui-même dans le camion !
J'omis de lui préciser que je montais a cheval depuis que j'avais 4 ans et que j'en avais maintenant pratiquement 19 (j'avais redoublé la 2°). Un homme BCBG, genre patron se pointa à la pointe, suivi par un gros chien qui bondit sur moi. Je posais un genou a terre pour le caresser derrière les oreilles. Il se roula par terre, tout content. Je me redressais, gênées. Le bonhomme avait un sourire tout content. Apres les formalités usuelles, il me tendis la laisse du chien et me proposa de me raccompagner. J'acceptais et il me fit monter dans le camion en disant que la ou j'habitais (l'immeuble en face de l'hotel) se trouvait sur la route du concours de sa fille. Il s'excusa de ne pas m'accompagner en voiture. Je lui disais que j'avais déjà de plus longs voyages en camion. Quand il me débarqua devant mon hotel, une marie déchaînée se jeta dans mes bras. Quand elle me vit descendre d'un camion van, se yeux s'agrandirent, et quand elle prit mesure du chine qui descendit a mes cotés, elle se décrocha la mâchoire.
- Bon, je ne cherche pas à comprendre, viens
Je la suivis dans l'hotel avec Pirate qui me suivit tranquillement. On monta dans la chambre et je passais un long slim en cuir noir avec des bottes noires et un débardeur blanc. Je chopais mes Chanel que je mettais sur mon nez, pris mon portable, ma veste en cuir et mon I-Pod et grimpais dans le break avec le groupe. Sur le trajet, Bill, toujours aussi adorable, m'expliqua qu'on était invités pour le tournage de frei im freiem fall. Il me dit qu'il devait faire un nombre impressionnant de trucs bizarre, dont traverser un champ a cheval poursuivi par une cavalière masquée jouée par leur demie sœur. Le clip serait en noir et blanc, comme les autres. Lorsqu'on sortit du break, je fus littéralement éblouie par le soleil éclatant qui se reflétait sur un lac en contrebas. On se tenait sur une butte de terre ou étaient installés les instruments des garçons et le micro de Bill. La butte surplombait un bois touffu encadré de deux grands prés verts. Dans un des prés se trouvait un petit corral ou étaient parqués trois sublimes chevaux allemands déjà sellés. 2 noirs et un blanc. Bill devrait prendre le blanc et la fille (Anna) prendrait le blanc. Les garçons s'installèrent et le tournage put enfin commencer. J'allais m'installer au pied de la butte, a l'ombre, et commençais a jouer avec mon chien. Apres un long moment, un grand cri de tom déchira l'air.
- Biiiiiiiiiiiiiiiiill !
Je tournais la tête vers lui : il pointait du doigt son frère perché sur son cheval. Le cheval était parti en couille et Bill avait lâché ses rênes qui battaient sur l'encolure. Il avait perdu ses étriers et s'accrochait comme il le pouvait à l'encolure de l'animal. Sans réfléchir je me levais et me jetais sur le dos du cheval qui restait. J'ajustais mécaniquement mes rênes et le poussait au grand galop. L'animal déployait ses foulées et bouffait le terrain aussi vite que Zarkava (clin d'œil aux amateurs…). Une grande barrière blanche se dressait devant moi à 1m20 du sol environ. Sans réfléchir je rassemblais mon cheval et réduisit son allure. Je me rassis dans ma selle, tendis mes rênes, et le laissa s'envoler. A la réception, je tournais un peu et me lançais a la poursuite du cheval de Bill. Ce dernier était accroché a son encolure et était blanc de peur. Le sang battait a mes oreilles pendant que je grignotais peu à peu du terrain. JE me répétais : « Pas lui, pas lui, pas lui… » J'entendais un bruit de moteur derrière moi, mais la voiture était encore loin. Petit a petit je me rapprochais de la croupe de son cheval et pus finalement attraper ses rênes. Je fis volter les chevaux et les arrêtais. Je sautais a terre et m'effondrais dans ses bras, en larmes. Il me serra contre lui et me caressa doucement les cheveux en me murmurant de me calmer. Je fus brutalement écartée et retombais par terre. Marie se jeta sur moi et tenta de ma calmer. Tom était dans les bras de son frère qui me regardait d'un air inquiet. Il lâcha enfin Bill et se tourna vers moi.
- Merci Laura… tu as sauvé mon frère… je tacherais de ne pas oublier a l'avenir.
Je l'enlaçais, émue, sous le regard noir de son frère puis nous rentrâmes a l'hotel, le tournage étant remis a plus tard.
