Chapitre 6 : Concert et déclaration
Les jours passaient, tranquilles, et je pensais mes blessures doucement. Malgré leurs conneries, les 4 garçons me manquaient. J'échangeais régulièrement des SMS avec Bill qui me renseignait sur la progression du groupe autour de l'Europe et des salles pleines qu'ils faisaient quasiment tous les soirs. Un jour, le 25 janvier pour être précise, je reçus un recommandé qui venait d'Autriche. Lorsque je l'ouvris, 2 petits coupons noirs en tombèrent. Je les ramassais et les identifiais comme deux places VIP pour le concert des TH avec accès aux coulisses. Accompagnant les deux tickets, un petit mot de la main de Bill signé par tout le groupe : « Venez tôt, on mangera ensemble dans la loge. Bisous. » Ces mecs étaient absolument adorables ! Le soir du concert, je m'habillais sagement d'un slim rouge vif, d'un débardeur noir à tête de mort dorée avec une ceinture a clous également dorés. Je ramenais mes cheveux en chignon haut et me maquillait légèrement. Alice, toujours aussi excentrique, avait assortis ses cheveux noirs et rose a un slim en cuir noir et a un débardeur rose fluo agrémenté d'une mitaine noire et d'une mitaine rose et de hautes bottes en cuir noir avec des talons rose… je ne connais pas cette fille ^^ . Lorsqu'on débarqua dans la loge des garçons, sans pirate que j'avais laissé a la maison, un Bill déchaîné vint s'abattre dans mes bras en me serrant tellement fort que je sentis mes os craquer. Puis il me plaqua 2 bisous sur les joues et je virais au rouge écarlate. Tom se leva à son tour, un grand sourire aux lèvres (tiens on dirait qu'il a décidé de faire la paix !)
- Salut p'tite tête !
- Salut lion cub (lionceau en anglais) ! Pourquoi ch'uis une p'tite tête d'abord ?
- Parcequ'il n'y a dedans, c'est bien connu ! Lança Gus qui arrivait par derrière, ses baguettes a la main. Bill a pas arrêté de nous parler de toi, me dit-il ensuite à l'oreille.
J'éclatais de rire en rougissant et regardais l'intéressé qui n'y comprenait goutte. Georg, toujours assis, lança à la ronde :
- Appelez moi quand je pourrais enfin l'approcher !
Je me jetais sur ses genoux et lui fis la bise. Je leur présentais ensuite Alice qui patientait tranquillement dans un coin
- Vous vous ressemblez ! s'exclama Bill
- Vous vous ressemblez pas ! s'exclama Tom simultanément (Putain, pas jumeaux pour rien ces deux là…)
- Ah… c'est vrai que c'est ma jumelle, mais a priori, on n'a pas les mêmes goûts !
- Ouaaaaaaaaaaaais ! Des jumelles ! Les 2 dans mon lit !
Bill se leva, visiblement très énervé
- TOM !! Parle pas d'elles comme ça !
- Roh, ça va, je te laisse Laura, je suis bon prince…ou sinon on se fait un plan a 4… les jumeaux VS les jumelles…Tom/Alice VS Bill/Laura…
Bill se mit à feuler, mécontent
- Bah, Bill, c'est moi çà !! Qu'est ce qui te prend ??
Georg se pencha à mon oreille :
- Qui se ressemble s'assemble…
Bill fit volte face :
- Qu'est ce tu dis toi encore la bas ?
- Qui se ressemble…
On se mit a feuler avec un accord touchant avant de se regarder et d'exploser de rire. Puis les pizzas arrivèrent, mettant fin aux emportements du jeune chanteur. On discuta tranquillement alors que les garçons étaient de plus en plus nerveux. A la fin du « dîner », Alice et moi étions les seules à parler. La porte s'ouvrit brutalement et livra passage à 2 armoires a glace. Instinctivement, Bill se jeta devant moi. Je le repoussais gentiment. Les mastodontes prévinrent les garçons que c'était a eux dans 5 minutes. Ils commencèrent à stresser et Bill vint m'enlacer en m'écrasant littéralement contre lui. Hésitante, je l'enlaçais a mon tour et lui rendis son câlin. Il se pencha vers mon oreille :
- Wish me luck !
- Good luck, big boy ! Vous allez assurer, comme d'hab !
Il me fit un grand sourire et me colla deux bisous sur la joue.
- Ca fait con si je te dédicace le concert ?
- Euh…non…fin, je crois pas…non, franchement, ça me fait trop plaisir ! Mais, euh… pourquoi moi ?
- Parce que tu m'as sauvé la vie et que tu es une bonne amie…
- Vous avez sauvé la mienne !
- On est quittes alors …
Un garde du corps nous emmena dans la salle. Encore sous le coup de la surprise et de l'émotion, je ne prêtais aucune attention aux Killerpilze qui hurlait leur « richtig scheisse » sur scène. J'étais complètement plongée dans mes pensées suite a la déclaration que m'avais faite mon porc-épic préféré. Alice me glissa à l'oreille :
- Dis donc, pas mal le Billou dis moi ! Tu lui as tapé dans l'œil à ce que je peux voir !
- Ta gueule Alice, arrête de te péter des délires et reviens sur terre…j'écoute.
Les 1° accords de « Ubers ende der welt » résonnèrent dans la salle et les cris montèrent d'un cran. A la fin de la chanson, Bill débita son petit laïus habituel et annonça qu'il dédicaçait ce concert à une personne chère a son cœur et a qui il devait beaucoup, sans qui il serait probablement mort à l'heure qu'il est, et blablabla et blablabla. Il enchaînât sur « Spring Nicht », les yeux fixés sur moi et je ne pus m'empêcher de pleurer en me disant que tout était parti de cette chanson. A la fin du concert, alors qu'il terminait sur la magnifique chanson « An deiner seite (Ich bin da) », on alla les voir dans les loges. Lorsque Gustav me demanda quand est ce que je rentrais en France, je laissais planer un silence avant de lâcher la « big new » :
- Je vais m'installer chez papa, à Hambourg. J'ai bien réfléchi : plus rien ne me retiens en France, et avec ce qui s'est passé la bas ces derniers mois, je préfère tout recommencer en Allemagne avec ma famille et mon chien. Ma mère sait a peine que je suis en Allemagne, donc autant y rester, ça ne la changera pas de d'habitude et Papa sera content d'avoir un peu de compagnie. En plus, Pirate aura plus de place pour jouer avec le jardin qu'on a. Puis j'aime bien l'Allemagne finalement…
Un ange passa, suivi d'un autre, puis d'un autre. Ils digéraient la nouvelle. Alice se jeta sur moi :
- Tu vas vivre a la maison ?? On se verra tous les week-ends alors ?
En effet elle était en pension près de Hambourg et revenait à la maison tous les week-ends
- Ouais…je finis ma scolarité en France et après je débarque et je m'installe.
Tom me sauta dans les bras :
- On pourra se voir tout le temps alors si t'es pas en France ! Ça va être trop booooon !
Il me tartina le visage de nutos. Alice vint à mon secours et lui couvris les dreads de mousse a raser et de chantilly. Les autres garçons se jetèrent eux aussi dans la bataille après avoir enlevé leurs tee-shirts. Je regardaient l'étoile du chanteur qui avait saisi un petit sachet d'huile de pizzas et ne pus m'empêcher de l'admirer : l'étoile noire a multiple rang se détachait parfaitement sur la peau blanche du jeune garçons, a moitié mordue pas la ceinture de son jean taille basse. A la fin de la guerre, ils insistèrent pour nous ramener a la maison. Au moment de se coucher, Alice se tourna vers moi
- Le porc-épic n'y serait il pas pour quelque chose a ta soudaine envie de t'installer en Allemagne ?
Je rougis et me tournais vers le mur sans rien dire.
