Bonjour à tous!
Aujourd'hui je me lance dans la grande aventure qu'est la fanfiction! C'est la première fois que j'en écris une, donc n'hésitez pas à m'envoyer de jolis commentaires pour m'encourager ^^... et me taper dessus si nécessaire.
J'espère que vous passerez un agréable moment en compagnie de ces formidables personnages qui, malheureusement, ne m'appartiennent en rien... Mai Hime, jusqu'à prevue du contraire, n'est pas à moi ^^.
LA CHIMÈRE
Prologue
28 Mars 2014
Du verre. Partout.
C'était la première chose qu'elle avait vu lorsqu'elle était entrée dans la salle où elle avait pour habitude de travailler.
Du verre sur le sol, du verre sur le bureau, sur les feuilles de recherche, et même incrusté dans les parois des murs. Des éclats tranchants partout dans la pièce, qui brillaient comme des couteaux.
Et puis les gardes étaient arrivés, les alarmes de sécurité avaient vibrées dans la nuit et la chasse avait commencée. Restée seule dans la pièce, elle entendait de loin les cris des hommes, le bruit de leurs pas, les hurlements des chiens qui avaient été lâchés. Mais tout cela se passait dehors. Elle, elle était au plus profond des entrailles du bâtiment qui abritait ses précieuses recherches.
Alors qu'elle posait un regard vide de toute expression sur les restes de la colonne de verre qui il y avait quelques heures à peine était le réceptacle d'une expérience particulièrement prometteuse, elle se sentit hurler silencieusement de rage.
Elle avait été si proche de réussir!
Prudemment, elle marcha vers son bureau -ou plutôt ce qu'il en restait-, alluma la lampe qui y était posée et commença à trier, comme un automate, des dossiers qu'elle était la seule à connaître et sur lesquels personne ne devait jamais mettre la main. Jamais.
Le verre crissait désagréablement sous ses pieds mais elle préférait ne pas y prêter attention pour le moment. Elle avait bien mieux à faire. Mais contrairement aux apparences, son esprit était en ébullition.
Elle savait que l'évasion d'un cobaye allait faire tâche sur son curriculum vitae et que son futur proche risquait d'être très mouvementé. Si les gardes parvenait à le récupérer avant qu'il n'ait quitté l'enceinte du laboratoire et pénétré dans la forêt, elle pouvait s'attendre à une simple petite remontrance.
Elle sentit un filet de sueur de faufiller dans son dos à la seule pensée de ce qui pourrait arriver si le cobaye parvenait à s'échapper définitivement. Aucun doute qu'elle risquait très gros. Surtout sur un projet pareil.
Avec un soupir, elle donna un vague coup de pied dans un éclat de verre particulièrement imposant et attira son fauteuil jusqu'à elle pour s'y asseoir sans se préoccuper du verre qui s'y trouvait. Elle posa une main sur son visage quelques instants, inspira profondément, repoussa sa longue chevelure noire d'un geste agacé de l'autre main et ferma les yeux.
Personne ne devait savoir ce qu'il se passait dans ce laboratoire. Sinon elle en payerait le prix.
Elle se releva, épousseta sa longue blouse blanche machinalement et se dirigea vers une pièce adjacente sans prêter plus longtemps attention au carnage qui lui faisait à présent office de bureau. Les cobayes, habituellement, étaient tellement amorphes qu'ils étaient rarement capables de faire le moindre geste dans sa direction. Ouvrir les yeux leur était déjà trop pénible. Pourtant, cette fille avait réussit non seulement à bouger, mas en plus à faire exploser sa prison et s'enfuir du laboratoire avec force et fracas. Nul doute que la discrétion n'avait pas été alors sa priorité.
C'était dangereux. Très dangereux. Mais puisqu'il fallait rester positif, elle préférait penser que cela voulait dire qu'elle touchait enfin au but. Que bientôt ce projet de cauchemar serait terminé et qu'elle pourrait reprendre sa vie là où elle l'avait laissé quelques mois plus tôt.
En entrant dans la pièce, elle fut accueillie par cette atmosphère bleutée si particulière qui résultait des nombreux halogènes éclairant la petite salle. Au centre se trouvait une autre colonne de verre, intacte celle-ci, dans laquelle une jeune fille dormait. Des dizaines de tubes et fils dont elle ne comprenait pas exactement le rôle était reliés à son corps, attachés à sa peau, transperçant parfois cette dernière pour pénétrer dans ses veines et la maintenant dans cet état de sommeil artificiel depuis des mois.
Depuis que tout avait commencé.
Elle s'approcha cérémonieusement de la jeune fille et posa sa main contre la paroi de verre. Pour se sentir plus proche d'elle. Pour lui montrer qu'elle ne l'oubliait pas.
Et pour reprendre des forces après ce qui venait de se passer, pour se rappeler pourquoi elle se battait. Pour qui.
Son front vint rejoindre sa main au moment où une voix perça l'obscurité derrière elle.
« Natsuki? »
Cette voix, elle la reconnaîtrait entre mille. Cette voix, elle la haïssait car elle appartenait à celle qui était responsable de sa présence dans ce laboratoire de cauchemar. Cette voix, elle l'adorait pourtant, parce qu'elle appartenait à la seule personne en qui elle pouvait avoir confiance, la seule.
C'est pour cette raison que lorsqu'elle se tourna vers la femme qui venait de l'appeler par son prénom, son vrai prénom, son visage offrait un triste sourire rempli de tendresse et de douleur mêlées.
Rena Sayers était la seconde généticienne en charge du projet scientifique qui leur avait été imposé. Cet échec, c'était le leur. Si le cobaye n'était pas rattrapé, elles se retrouveraient toutes les deux dans la même situation.
Dire qu'elles se ressemblaient aurait sans doute été un euphémisme. La vérité, c'était que si leurs yeux n'avaient pas été si différents, elles auraient pu être confondues l'une avec l'autre. À l'université, là où elles s'étaient rencontrées, elles s'en étaient beaucoup amusées. Depuis ce qui semblait toujours, elles s'étaient vues comme deux soeurs. Même apparence, même passion, et tristement, même présent et probablement même futur.
« Avons-nous eu raison, Rena? » murmura-t-elle en reposant les yeux sur la forme prisonnière de la colonne de verre, comme si elle cherchait la réponse dans ces yeux clos.
« Nous n'avons jamais eu le choix. »
« J'ai honte. » souffla-t-elle, ailleurs.
« Il n'y a pas de honte à vouloir protéger ceux que l'on aime. »
« Mais pas à... pas pour ça. »
Rena soupira et détourna le regard quelques instants. Le dilemme était éternel. Il ne s'éteindrait que le jour où tout se terminerait. Et ce jour semblait ne jamais vouloir arriver. Elle avança à son tour vers la colonne et posa des yeux remplis d'adoration sur la jeune fille qui s'y trouvait.
« Je me bats pour elle, Natsuki. Je ne veux pas penser au reste. Tant que je le fais pour elle, tout est juste. »
Natsuki se retourna brusquement et en quelques enjambées se retrouva de nouveau à la porte donnant sur son bureau. Juste avant de quitter la pièce, elle murmura si doucement que Rena dû tendre l'oreille pour comprendre ses paroles. « Moi aussi ».
Oui, elle aussi, elle se battait pour elle. Mais rien ne lui semblait moins juste à cet instant. La vie était une perpétuelle injustice.
31 Mars 2014
Du blanc. Partout.
C'est la première chose qu'elle avait vu lorsqu'elle était entrée dans l'hôpital en courant, Nao sur ses talons.
Du blanc sur les murs, du blanc sur les personnes qui couraient avec frénésie dans les couloirs, sur le carrelage et surgissant des ampoules électriques qui parsemaient le plafond. Elle s'arrêta un bref instant lorsque le flot de lumière frappa ses pupilles pour reprendre ses esprits et laisser le temps à ses yeux de s'adapter au changement.
Dehors, c'était la nuit, il pleuvait et il faisait froid. Elle avait passé la soirée au poste de police à attendre sans véritable espoir que quelque chose d'intéressant arrive pendant la nuit. Lorsque l'hôpital avait contacté son chef pour lui demander d'urgence une équipe d'agents et que ce dernier avait choisi de l'envoyer elle et sa coéquipière de toujours, Nao Yuuki, plutôt que l'une des autres équipes habituelles, elle avait compris qu'il venait d'arriver quelque chose de gros. De très gros.
Elle avait à peine eut le temps d'agripper son manteau et sa plaque avant d'être tiré par le bras par son amie aux cheveux rouges, plus excitée que jamais. Elles avaient conduit peu prudemment.
Elle avança d'un pas décidé mais gracieux vers l'accueil sans se préoccuper de sa coéquipière qui était déjà occupée à regarder dans chaque recoin de l'immense salle d'attente dans le but de piocher la moindre information, et interpella la secrétaire d'une voix aimable et décontractée, le visage plus neutre que jamais.
« Agent Shizuru Fujino, je viens d'être chargée de vérifier l'arrivée d'un patient il y a quelques heures, est-ce que vous pouvez me dire où le trouver, s'il vous plaît? »
Elle aimait toujours beaucoup la réaction des jeunes femmes lorsqu'elles la voyaient pour la première fois. Cette dernière ne faisait pas exception à la règle. Après avoir levé vers elle un visage ennuyé, la secrétaire avait brusquement écarquillé les yeux, avait ensuite furieusement rougie et s'était de suite réfugiée dans le registre des entrées de peur de mourir de honte si elle relevait les yeux vers la femme qui lui faisait face.
Shizuru aimait faire rougir les femmes qui la regardaient. La plupart du temps, elle avait juste à se montrer et c'était gagné. Son sourire s'effaça cependant lorsqu'elle se rappela le pourquoi elle aimait tant ce petit jeu. L'image d'une jeune fille aux cheveux noirs comme de l'encre et aux yeux vert émeraude s'imposa à elle, comme un mauvais rêve, et elle su qu'elle la hanterait pour le reste de la soirée.
Quand le souvenir de Natsuki s'invitait dans son esprit, rien ni personne ne pouvait l'en faire sortir. Seul le sommeil arrivait à la chasser.
« Elle se trouve dans la chambre 216. Deuxième étage. Elle est arrivée il y a... deux heures à peu près. »
Elle revint à la réalité juste assez longtemps pour comprendre ce que la jeune secrétaire lui disait et pour se diriger vers l'ascenseur, comme un automate, avant de repartir dans les limbes de ses douloureux souvenirs.
Après le Festival, Natsuki et elle n'avaient pas réussi à réapprendre à vivre ensemble. Après quelques tentatives infructueuses, la jeune fille avait fini par abandonner et s'était exilée aux Etats-Unis pour, disait-elle, continuer ses études. Shizuru songea avec amertume qu'elle ne savait même pas de quelles études il s'agissait.
L'ascenseur s'ouvrit et elle sortit, toujours sans prêter la moindre attention à son environnement, et ses pas la guidèrent dans l'un des deux couloirs.
C'était il y a huit ans. Personne n'avait jamais plus eu de nouvelle de Natsuki depuis. C'était comme si elles n'avait jamais existé.
Elle jeta un yeux derrière elle et vit que Nao, de façon surprenante, parvenait à la suivre tout en cherchant des yeux un maximum d'informations aux alentours. « Personne » n'incluait sans doute pas la femme aux cheveux rouges. Nao savait toujours tout sur tout, même si elle gardait ses informations jalousement gardées. Elle savait que cette dernière en savait sans doute beaucoup plus qu'elle ne prétendait lorsque le sujet « Natsuki Kuga » était abordé, mais c'était une amie trop loyale pour divulguer des informations à d'autres personnes qui qu'elles soient lorsqu'on lui avait demandé le contraire. Nul doute que Natsuki était en contact avec elle. Ces deux là, après le Festival, avaient découvert à quel point elles étaient semblables et étaient devenues inséparables.
La porte blanche de la chambre 216 se présenta devant elles avant qu'elle n'ait eu le temps de se rendre compte qu'elle avait traversé le couloir. Tentant d'ignorer le souvenir de son amour perdu, elle entra après avoir frappé pour la forme et fut surprise de trouver deux personnes connues au chevet de... quelque chose.
La forme étendue sur le lit et reliée à un appareil respiratoire qui semblait la maintenir en vie avait l'apparence d'un être humain.
L'apparence. Il y avait quelque chose de définitivement félin dans la façon qu'elle avait de se tenir. Ou peut être était-ce le fait que des poils blonds et noirs couvraient certaines parties de son corps comme les épaules, le cou ou la poitrine.
C'était une femme. Ou quelque chose comme cela. Une femme blonde.
La simple image de cette chose suffit à sortir Natsuki des pensées de Shizuru pour un certain temps. Sa bouche lui apparut soudainement sèche et amère. Incapable de parler, elle jeta un oeil derrière elle pour voir que Nao était plus pâle qu'un linge et visiblement aussi hébétée qu'elle.
Elle se tourna vers les deux médecins, qu'elle connaissait depuis très longtemps, et leur posa une interrogation muette.
Une femme aux cheveux bruns décoiffés, sans doute par cette étrange découverte, et portant avec élégance une paire de lunettes carrées et une longue blouse blanche pris la parole avec hésitation.
« Nous... ne savons pas ce que c'est. »
« Les analyses de sang sont en cours. » termina son collègue en ébouriffant avec anxiété ses cheveux noirs.
« Pourquoi nous avoir appelés, Yukino, si vous ne savez pas ce que c'est? » demanda-t-elle enfin, incapable de détourner les yeux de la forme étendue sur le lit.
« Parce qu'il faut à tout prix que personne, pas même un seul journaliste, ne sache qu'elle est ici et... ce qu'elle pourrait être. »
« Nous allons nous en charger », répondit Nao qui sembla sortir de sa torpeur avant de poursuivre, « nous trouverons comment... c'est arrivé. »
Sans un mot, elles sortirent toutes les deux de la pièce sans oser se regarder. La vérité, c'était qu'elles pressentaient toutes les deux l'horreur qui se cachait derrière le passé de cette... chose.
De toute façon, lorsque l'on était enquêteur, la vie était une perpétuelle horreur.
« Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons. »
Freud
Alors? Une petite review peut-être?
