Encore un petit pour la route ? Yep, écrit dans la TGV Lille-Paris (j'ai rencontré Saschka ! je voudrais tellement TOUTES vous rencontrer!).
oOo
Une ombre se faufila dans le couloir des anciens quartiers militaires d'Atlantis. L'homme à laquelle elle appartenait se retournait sans cesse, vérifiant que personne ne l'avait suivi.
Personne à gauche, personne à droite.
Parfait.
Il activa la porte de la pièce devant laquelle il se trouvait. La porte coulissa en un squissh lent, signe d'un long temps d'inutilisation.
C'était encore mieux que ce qu'il espérait.
Il avait trouvé l'endroit rêvé pour installer leur GQ.
L'homme hocha la tête, satisfait d'avoir mener à bien sa mission. Il reverrouilla la porte et après avoir une fois encore vérifié que les couloirs étaient déserts, il se faufila vers le télétransporteur le plus proche.
Les parois lisses et métalliques captèrent son image en un instant fugace. Des cheveux longs ramenés en queue de cheval et de petites lunettes rondes.
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Si la Cité d'Atlantis avait eu une conscience, cette dernière aurait été des plus étonnée par l'étrange réunion qui se tenait au plus profond de ses entrailles, dans des quartiers qu'aucun être humain n'avait foulé depuis des millénaires.
Une demi douzaine d'hommes se trouvait là. Ils étaient arrivés séparément, se cachant, laissant ainsi peu de doute sur le caractère illicite de leurs intentions. Pourquoi se cacher lorsque l'on a le cœur pur ? Ses hommes ne pouvaient avoir que les plus noirs desseins, complot, assassinat, …
Oui, voilà ce qu'aurait pu se dire la Cité d'Atlantis, si seulement elle avait eu une conscience …
oOo
Il entra dans la pièce et hocha la tête. Un petit sifflement approbateur lui échappa. Les autres avaient fait les choses en grand : il y avait des poufs disséminés dans la pièce, un petit réfrigérateur ainsi qu'un réchaud et …. Il se leva et ouvrit une des caisses qui se trouvaient par terre … Yep, parfait, des victuailles, assez pour tenir un siège en fait.
- Parfait. Tout le monde est arrivé ?
Une voix à l'accent slave lui répondit.
- Nous attendons encore le Ma--
La voix fut interrompue par l'arrivée du dernier membre de leur groupe.
- Désolé pour le retard, fit une voix essoufflée.
- Ok, maintenant que nous sommes au complet, entrons dans le vif du sujet. Est-ce que quelqu'un a une idée sur la manière de procéder ?
Il y eut du brouhahas, chacun prenant la parole en même temps, chacun exposant sa solution … parce qu'ils avaient tous un problème en effet. Un gros problème. Un problème rose et bleu. Un problème qui crachait du feu et leur pourrissait la vie.
Toutes les personnes présentes dans cette petite pièce perdue au fin fond de la grande et belle Cité d'Atlantis avaient été les victimes, à un moment ou à un autre, de ce « problème ». Un problème avec un nom : Myrnec.
Le dragon de McKay.
Et toutes ces personnes entendaient bien trouver une solution pour faire disparaître ledit problème, au sens littéral du terme.
Ils avaient tous trop souffert, il était temps d'en finir. Lui-même se souvenait avec douleur de ce qui s'était passé quelques jours plus tôt …
Flashback
-AAAAAAAARRRRRRGHHH ! Noooooon ! Cette fois je vais en faire de la chair en pâté, non, je vais la réduire en bouillie, je vais, je vais … Raaaaaaaaaaaaaaaaaah !
La rage qui s'était emparée de Sheppard à la vue de ses quartiers dévastés était en train de le consumer complètement.
Son lit n'était plus qu'un souvenir, le matelas éventré, les draps déchiquetés ; sa planche de surf, à moitié grignotée et son poster de Johnny Cash en miettes …
Sheppard se mit à voir trouble, puis rouge. Yep, un voile rouge venait de descendre devant ses yeux. C'était encore un coup de cette affreuse bestiole … et bien sûr, il ne pouvait rien faire, rien de rien : même Elisabeth avait pris l'animal sous sa protection depuis la malheureuse affaire des Ménarians. Et Caldwell ! Caldwell n'arrêtait pas de faire des sous entendus à deux balles sur les mérites de Myrnec. Le traître.
Sheppard sortit de ses quartiers, furieux. Il allait dire deux mots à papaRodney sur son rejeton de l'enfer !
Arrivé au mess, Sheppard se dirigea directement vers la table où Rodney était en train de déjeuner.
- MCKAY ! hurla t-il.
Tous les regards se tournèrent vers le Colonel puis replongèrent bien vite dans leurs assiettes respectives : il avait décimé des régiments de Geniis et des bataillons de wraith et réservait certainement le même sort à McKay. Mieux valait rester en dehors de tout ça …
McKay leva les yeux de son assiette et fronça les sourcils en voyant approcher un Sheppard visiblement au bord de la crise de nerfs.
- Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Les wraiths attaquent ?
Sheppard se planta devant lui, les mains sur les hanches.
- Non. Pire que ça. Votre … votre truc est encore entré dans mes quartiers et la pièce ressemble à une tranchée de 14-18 !
McKay le dévisagea un instant.
- Mon truc, mais de quoi … puis la lumière se fit dans son esprit. Oh, vous voulez parler de Myrnec ? Colonel, combien de fois vous ai-je dit de fermer la fenêtre de votre balcon ? Vous savez que …
Il fut interrompu par un violent coup de poing sur la table qui envoya valser eau et gelée (bleue, la préférée de McKay).
- NON MCKAY JE NE SAIS PAS ! JE VEUX QUE CETTE CHOSE SOIT NEUTRALISEE VOUS M'ENTENDEZ OU BIEN …
Là, Sheppard se pencha vers le canadien qui tentait vainement de sauver son dessert de l'inondation et lui murmura, les dents serrées.
-… Ou bien, c'est moi qui la neutraliserais … Une fois pour toute.
Sheppard se releva, un sourire entendu sur les lèvres et laissa McKay, les mains dans la gelée, méditer ses dernières paroles.
Fin du Flashback
Ok, après coup, il avait un peu regretté l'effet théâtral de sa petite discussion avec McKay et il avait été à deux doigts de s'excuser lorsque l'incident était arrivé …
Flashback
Sheppard poussa un soupir de contentement. Il se sentait bien, libre, léger … il volait.
C'était le seul moment où il se sentait tout à fait lui-même, là, dans les airs, à bord d'un jumper ou de quoique ce soit qui vole en fait, hélico ou avion, petit ou gros. Oui, dans l'air il était dans son élément, il était …. Raaaaaaaaaaaaaah !
Le jumper fit une violente embardée pour échapper à l'attaque. Quelque chose venait de piquer droit sur lui, visant le cockpit.
Sheppard jura et manoeuvra le petit vaisseau Atlante de manière à ce qu'il évite … quoi d'ailleurs ? Aucun missile ennemi n'avait été détecté par le vaisseau, rien de mécanique, de nucléaire ou de nature wraith ou ancienne, rien de rien. Alors qu'est-ce qui avait failli lui rentrer dedans ?
Sheppard écarquilla les yeux et se pencha en avant sur le cockpit dans l'espoir d'apercevoir ce qui le prenait pour cible et enfin, il la vit.
Bleue.
Et rose.
Srcreugneugneudenondedieudemerde, pensa Sheppard. Cette bestiole infernale n'avait-elle donc aucun respect ! Devrait-il subir cette invasion dans son ciel bienaimé.
Non, cria une petite voix dans sa tête. Mais enfin, reprit une autre, ce n'est pas si grave que cela, le ciel est assez vaste pour vous deux ! Pas question surenchérit la première voix : c'est elle ou toi.
La seconde voix l'emporta.
Sheppard se lança à la poursuite de l'intrus bien décidé à lui régler son compte une fois pour toute. L'animal s'amusait à faire des loopings et des zigzag entre les aiguilles d'Atlantis, pensant que le Jumper voulait jouer avec elle. On allait bien voir qui était le plus fort à ce petit jeu !
Fin du flashback
Sheppard poussa un soupir : pour voir, il avait vu ! Et cela lui avait valu une bonne semaine d'infirmerie, une superbe engueulade de Weir, et de nouvelles moqueries de la part de Caldwell.
Il avait pourtant bien cru l'avoir mais le dragon avait l'avantage de la taille et surtout une souplesse que le Jumper n'avait pas. Pris dans le jeu de la course poursuite, Sheppard avait mal estimé un virage et patatras … Myrnec 1 – Jumper zéro. McKay était furieux, criant à la tentative d'assassinat et voilà qu'ils avaient encore perdu un Jumper.
C'était comme ça que l'idée de créer le FLA (Front de Libération d'Atlantis) était né : du ras le bol de tout ceux qui avait de loin ou de près eu affaire à l'abominable bestiole.
La plupart du temps, les membres du FLA étaient des victimes de Myrnec le bodyguard : tout ceux qui disait ou faisait ne serait-ce qu'une geste antiMcKay se retrouvaient quasi immédiatement sous le feu vengeur – et ce, parfois au sens propre du terme – du dragon.
Kavanaugh devait se faire un chignon pour cacher les trous laissés par la combustion de ses cheveux (raison de l'attaque inconnue mais connaissant Kavanaugh, Sheppard dirait qu'elle était certainement méritée), Lorne avait du quitter ses quartiers définitivement pour cause d'odeur suspecte (mais là, Sheppard suspectait que le petit animal était amoureux de Lorne et lâchait ses phéromones dans ses quartiers pour l'attirer dans ses filets), Zelenka avait du rester enfermé toute une nuit dans un des cabinets du labo, Myrnec l'ayant empêcher d'en sortir (apparemment, le tchèque avait traité McKay de zblblý, Sheppard ignorait ce que cela pouvait dire mais le ton sur lequel il avait prononcé ce mot ne laissait aucun doute sur sa nature injurieuse), Chuck (enfin, Sheppard pensait que c'était le nom de ce technicien canadien) avait été lui aussi séquestré dans la salle de contrôle par Myrnec pour avoir demandé à Monsieur McKay d'éviter de l'envoyer balader sur sa chaise roulante lorsqu'il avait besoin d'accèder au DHD). Bref, ils avaient tous de bonnes raisons d'être là …
Et le brainstroming avait porté parce que ce soir là, ils avaient enfin trouvé la solution.
oOo
Sheppard entra dans la salle de contrôle en sifflotant. La vie était belle, non ? Dans moins de …. Il regarda sa montre, Yep, dans moins de huit petites minutes, ils seraient enfin tous débarrassés de cette affreuse créature.
McKay était assis devant un des panneaux de contrôle et bien entendu Myrnec était sur la chaise juste derrière son dos. Sheppard frissonna. L'image lui donnait l'impression d'un vautour guettant sa proie. Non vraiment, il rendait aussi service à McKay en le débarrassant de ce truc, tôt au tard, il y avait gros à parier que le dragon s'en serait aussi pris à lui.
Sheppard fit un petit clin d'œil à Chuck qui lui sourit d'un air entendu, puis il se planta devant la salle d'embarquement. Il aperçut Kavanaugh et Zelenka qui venaient d'installer l'appât devant la Porte des Etoiles. Parfait. Tout était en place.
L'idée était simple : Myrnec était attiré par le beau Major Lorne. Kavanaugh avait donc synthétisé les phéromones mâles de ce dernier pour l'attirer vers la Porte. Chuck devait composer les coordonnées de P4RT-657, la planète d'origine du monstre. Une fois le vortex ouvert, Zelenka lançait (discrètement) l'appât à travers le vortex et hop, le tour était joué : plus de Myrnec. Paix retrouvée. Fini les odeurs de cheveux roussis !
Zelenka s'était arrangé pour que les coordonnées de P4RT-657 soient confondues avec celle de la planète Ménaria qu'il devait contacter dans maintenant, nouveau regard sur sa montre, trois minutes. Une simple histoire d'algorithme, ou un truc du même genre.
Déjà, Myrnec devait sentir Lorne, ou plutôt son essence masculine. Elle s'agitait sur son perchoir, voletant de la vitre à la chaise en poussant des petits couinements. McKay essayait de la rassurer. Pauvre petite chose !
Enfin, l'heure arriva.
Et tout se passa très vite : le vortex s'ouvrit avec son kawoosh habituel, et tout le monde vit passer une tornade bleue et rose.
- MYRNEC ! Non ! Cria McKay.
McKay dévala les escaliers quatre à quatre. Trop tard. Le vortex se referma juste au moment où les Marines – dûment briefé par Sheppard – rattrapaient le canadien, l'empêchant de passer la Porte.
Ils étaient enfin débarrassés de cette infâme bestiole.
TBC … Oho, a plus de Myrnec ! Que va-t-il se passer maintenant ?
