Tout chaud, tout bon ! Une petite suite aux aventures de Myrnec, le dragonnet à toupet rose …

Et un grand merci à RodneyMcKay pour avoir joué les béta sur ce chapitre !

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Il sifflotait et ses pas avaient un petit balancement proche d'un pas de danse. Oooooh oui, il était d'excellente humeur. Leur plan avait parfaitement réussi : cette fois ç'avait été Myrnec 0 – FLA 1. Et il n'y aurait pas de revanche ! Cinq jours déjà depuis la fracassante libération d'Atlantis. Aaaaaah, il venait de passer deux heures à voler entre les aiguilles de la Cité … quel délice, quel bonheur, quelle félicité, quelle --

//Colonel ?// grésilla son communicateur.

- Huuuumoui. Oui, il était si bien, si en phase avec lui-même. Il marchait en sachant qu'il ne risquait pas de rencontrer un dragon à toupet rose cracheur de feu sur son chemin. Instinctivement, il se passa la main dans les cheveux. Les pauvres étaient sauvés de ce qui avait certainement été leur ennemi le plus vicieux !

//Colonel, pourriez vous, euh, descendre là où, enfin, vous savez … j'ai besoin de, euh, vous montrer quelque chose…//

Gné ? Depuis quand Zelenka ponctuait-il ses phrases d'un euh tous les deux mots ?

- Un problème Doc ?

Il y eut un silence, puis un soupir et une réponse timide.

//Oui … peut-être.//

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Nondenondenondenon … Et merde, pour faire bonne mesure ! Ainsi jurait intérieurement le Lieutenant Colonel John Sheppard pendant qu'il se glissait dans le transporteur qui allait le conduire au QG du FLA.

Qu'est-ce qui pouvait bien se passer ? Leur plan avait fonctionné au poil, non ? Exécution parfaite (voir Kavanaugh et Zelenka travailler main dans la main, avait eu quelque chose d'un peu effrayant, mais bon …), objectif atteint. Alors que lui voulait Zelenka ?

Il espérait que ce dernier n'allait pas lui dire que McKay avait découvert qu'il était responsable de la … fuite de Myrnec. Il n'avait pas franchement envie d'affronter les foudres de McKay, d'autant que ce type était un génie. Qui savait quel genre de torture il pourrait inventer pour se venger ? Zelenka et Kavanaugh lui avaient assuré qu'il serait impossible de déterminer où le pauuuuuvre petit animal avait été envoyé. Les deux scientifiques s'étaient-ils trompés ?

Obnubilé par toutes ces inquiétantes pensées, Sheppard ne remarqua même pas l'individu qui l'attendait au coin du couloir.

- Ah, Colonel, entrez vite !

Sheppard n'eut pas le temps de réagir qu'il fut littéralement happé dans la pièce par deux bras.

- Radek est-ce que je peux savoir pourquoi vous m'avez fait venir ici ! La mauvaise humeur de Sheppard gagnait du terrain et il ne put s'empêcher de la reporter sur le pauvre Zelenka.

Zelenka s'installa sur l'un des poufs et d'un geste de la main, invita le Colonel à en faire autant. Ce dernier s'exécuta avec un soupir d'agacement.

- Bien, alors, c'est quoi cette urgence ?

Zelenka fixa le militaire un long moment, releva ses lunettes et se pencha en avant, puis murmura.

- Myrnec --

- Oui, et bien quoi, Myrnec ! Elle est partie, évaporée, bon débarras ! A plus Myrnec !

Cette fois, Sheppard s'énervait pour de bon : pourquoi cette saloperie de truc rose et bleue venait-elle hanter ses journées alors qu'il s'en était débarrassé, DEBARRASSE, nondenon ! Il reprit.

- C'est bien ce dont nous étions convenus, non ?

Le tchèque pâlit brusquement, secoua la tête, indiquant quelque chose derrière lui. Sheppard fronça les sourcils : quoi encore ?

- Ainsi donc, c'était vrai … fit une voix. Une voix très masculine, une voix qui n'appartenait ni à Zelenka qui essayait vainement de ne faire plus qu'un avec son pouf, ni à Sheppard qui ne bougeait plus.

Oups, ça allait faire mal ! Sheppard se retourna et offrit au propriétaire de la voix son plus charmant sourire.

- Hey, Carson !

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Sheppard était furieux. La journée avait si bien commencée, mais noooooooon, il avait fallu qu'une fois de plus Myrnec vienne tout gâcher, parce que bien sûr, c'était de l'exécrable animal dont il avait été question toute la dernière heure.

Beckett était plus remonté qu'une bande de wraiths affamés. Il avait commencé par leur faire la leçon de morale et Sheppard avait presque eu l'impression de se retrouver dans le bureau du Proviseur Staton, en troisième lorsqu'il avait été convoqué pour avoir été surpris à observer le vestiaire des filles par un trou dans le mur … Bref, Beckett était furieux à cause de Myrnec, ou plus exactement à cause de sa disparition.

Et de McKay.

McKay. Ouais, tout ça, c'était de sa faute ! Pourquoi avait-il fallu qu'il donne un nom à ce truc ? Sheppard l'avait prévenu, lorsque l'on donne un nom à un animal, on est foutu … C'était un fait scientifiquement prouvé, mais non, il avait fallu que ce diable de canadien lui désobéisse – comme d'habitude – et n'en fasse qu'à sa tête – comme d'habitude aussi. Il soupira.

- Ecoutez Carson, je suis sûr que vous exagérez et --

Beckett explosa.

- J'EXAGERE ! De la bouche de l'homme qui a monté toute une machination pour tuer --

- Euh, non, on l'a pas tuée, juste, euh, exilée, oui, c'est ça, sur --

Beckett frappa du poing sur la petite table basse envoyant valser les cacahuètes laissées là, lors de leur dernière petite réunion nocturne.

- Ne m'interrompez pas Colonel, je ne suis pas d'humeur …

Ok, Sheppard savait quand s'avouer vaincu. Il se tut.

-Je sais que McKay n'est pas toujours facile à, et bien disons, à aimer.

Sheppard fronça un sourcil en direction du médecin écossais : ça c'était la vérité du siècle … une vérité de type La Palissade, mais bon.

- Il est loin d'être très doué avec les êtres humains, ça, je vous l'accorde mais avec les animaux … Vous êtes déjà entré dans les quartiers de Rodney, Colonel ?

Le dit Colonel jugea plus prudent de maintenir le silence et secoua juste la tête. Bah non, il n'était jamais entré dans l'antre du monstre – il parlait de McKay pas de Myrnec.

- Je vous croyais proche … fit Beckett un peu dubitatif. Quoiqu'il en soit, vous auriez aperçu deux types de photos encadrées un peu partout et qui cernent parfaitement la personnalité de notre petit génie : ses diplômes et des photos de … son chat, enfin, de ses chats.

Le gloussement qui échappa simultanément à Sheppard et à Zelenka à cette annonce, mourut dans leur gorge au regard noir que leur lança Beckett. Le genre qui tue. Plus efficace qu'un P-90. Silence éternel garanti et donc, les deux hommes restèrent silencieux, ravalant leur rire.

- Avant Atlantis, je crois que Rodney n'avait qu'un seul ami, son chat. Il en parlait sans cesse lorsque je l'ai rencontré en Antarctique et puis nous sommes arrivés ici et hop, envolé Saliéri …

John fronça les sourcils et jeta un regard interrogatif à Radek qui haussa les épaules : lui non plus ne savait pas qui était Saliéri.

-Il n'y en avait plus que pour son équipe, là Beckett se retourna brusquement vers les deux hommes, les faisant sursauter. VOUS ! Ses amis. Tu parles ! Des traîtres oui, des individus si … si égoïstes qu'ils sont incapables de voir plus loin que leur petit nombril, ou en ce qui vous concerne Colonel votre chevelure. Avez-vous seulement réfléchi à la peine que vous alliez causer à Rodney ?

Sheppard et Zelenka échangèrent un autre regard. La tête basse cette fois, comme des gamins honteux, sermonnés pour avoir fait une belle bêtise.

Sheppard devait bien le reconnaître, Beckett était très doué pour culpabiliser les gens. Bon, ok, là, ce n'était pas très difficile puisqu'ils étaient coupables mais faudrait peut-être relativiser un bon, non : ce n'était qu'un … dragon, bon sang !

- Et ne me sortez pas le refrain du « ce n'était qu'un animal » et que donc, il y a plus grave !

Argh, et en plus, ce satané écossais était télépathe !

Sheppard soupira.

Beckett croisa les bras et posa un regard accusateur sur le Colonel. Lequel se trouva vite mal à l'aise. Des images d'un autre Highlander, lui vinrent à l'esprit. Il frissonna. Hey, c'était pas juste : pourquoi est-ce que Beckett ne regardait pas aussi Zelenka comme s'il allait lui couper la tête ?!

- Savez vous, Colonel, combien de fois depuis ces derniers jours j'ai eu Rodney comme invité dans mon infirmerie ?

Euh, ah bon, McKay avait été malade ? Pensa Sheppard. Ouais, connaissant McKay, il devait être question d'une écharde ou d'une entorse de cheveu, bref d'un truc super grave, comme d'hab.

- Six fois Colonel et non, ce n'était pas pour des broutilles.

Huhu, Highlander ce n'était déjà pas drôle mais si les facultés psy se confirmaient, vivre avec Beckett allait tourner au cauchemar.

- Il a fait deux malaises hypoglycémiques – j'ai du le garder toute la nuit, le temps qu'il rétablisse son taux de glucose – s'est brûlé la main – au second degré – lors d'une expérience avec de la technologie Ancienne et cerise sur le gâteau, nous a fait une superbe poussée d'eczéma sur les avants bras. Tout cela provoqué par de la fatigue, elle-même le résultat d'insomnie provoquée par de l'angoisse !

Oula, Beckett avait hurlé les derniers mots et Sheppard s'attendait à tout moment à le voir dégainer un superbe sabre japonais pour en finir avec lui.

- D'ailleurs, reprit le médecin écossais, une petit pointe d'ironie dans la voix, c'est comme ça que j'ai découvert votre minable petite machination.

Ah, et comment ? Sheppard fronça les sourcils.

Beckett sourit. Pas tendre le sourire.

- Radek a été témoin des petits … incidents de Rodney. Voir quelqu'un perdre conscience est assez impressionnant, n'est-ce pas Radek ? Une brûlure, tststststs, ce n'est pas très joli à voir, ni à sentir. Quant à l'odeur de la peau brûlée elle est particulièrement … disons, qu'il est difficile de s'en débarrasser. On a l'impression de l'avoir dans le nez pendant des heures …

Sheppard se tourna vers Zelenka qui avait pris une fort jolie teinte verte.

- Mais ce qui l'a poussé à tout m'avouer ce fut l'eczéma … il faut dire que Rodney préfère les tee-shirts à manche courte … (6)

Zelenka se leva brusquement et se propulsa dans la petite salle de bain. Beckett resta silencieux tout le temps que durèrent les vomissements.

Wow. Sheppard allait devoir revoir son appréciation sur Beckett : ce n'était pas un gros nounours tendre, non, c'était un sadique de la pire espèce !

Il soupira.

- Ok, Doc', je crois que j'ai compris la leçon. Qu'est-ce que vous attendez de moi ?

Beckett lui sourit.

- Oh, mais c'est très simple Colonel : vous allez récupérer Myrnec et la ramener sur Atlantis.

TBC … bon, c'était un petit interlude : je trouvais que Sheppy avait besoin de culpabiliser un peu. Dans la suite, nous verrons comment McKay récupère son dragonnet !

(6) Les poussées d'eczéma peuvent être assez impressionnantes chez certaines personnes.