Suite des aventures de Myrnec, le petit dragon à toupet rose (et fin en vue, bah oui, tout a une fin …même mes fics, LOL). Bonne lecture !
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Sheppard se mordait les lèvres et jetait de petits coups d'œil à son compagnon d'infortune. Zelenka était un peu pâlot … sans doute imaginait-il déjà les différentes tortures auxquelles le docteur Beckett allait se livrer sur sa pauvre personne en apprenant la nouvelle.
Une nouvelle terrible, terrifiante, affreuse.
Ils ne pouvaient pas récupérer Myrnec.
Malgré leur bonne volonté – ou plus exactement poussés par une peur panique à la vue du moindre uniforme médical – ils n'avaient pas pu obéir à Beckett. Ils avaient rencontré un « petit » problème … un problème dont les cheveux repoussaient tout juste, un problème qui portaient des lunettes – posées sur un nez désormais légèrement gonflé, du à une malencontreuse rencontre entre ledit nez et le poing de Sheppard – un problème qui avait un nom : Kavanaugh.
En fait, le scientifique n'avait pas bloqué les coordonnées de la porte sur le monde originel de Myrnec, il avait composé une adresse trouvée dans la base de données de la Cité. Une adresse au hasard … ce qui donnait des milliers de possibilités.
Bref, impossible de retrouver la bonne adresse … sauf en y passant toute sa vie.
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En fait, Beckett avait plutôt bien pris les choses. Il faut dire que Sheppard et Zelenka avaient démontré leur bonne foi, non ? Ils avaient vraiment essayé. En revanche, Sheppard ne donnait pas cher de la peau de Kavanaugh, ou plus exactement de son petit derrière de fouine … son prochain examen allait certainement impliquer toutes ces petites choses que les proctologues affectionnent tant.
Et bien sûr, il y avait McKay …
McKay qui soupirait en regardant la photo de Myrnec posée sur son bureau, McKay qui ne pouvait s'empêcher de scruter le ciel – ce qui lui avait déjà valu deux jolies chutes, normal lorsque l'on marchait sans regarder devant soi ! – dès qu'ils arrivaient sur une autre planète, comme s'il espérait apercevoir un éclair rose et bleu.
McKay qui ne lui parlait plus.
Et oui, une autre des conditions posées par Beckett avait été que McKay soit informé de l'ignoble complot qui avait été fomenté contre Myrnec, et indirectement, contre lui.
Curieusement, la confrontation n'avait pas tout à fait donné ce à quoi Sheppard s'était attendu : pas de hurlements, d'injures, ou de promesses de douches froides pour les trois mois à venir. Non. Rien que du silence. Un silence pesant pendant lequel McKay avait fait le tour des visages devant lui : Sheppard, Zelenka, Lorne …, des visages gênés, contrits … avant de se lever et de sortir du bureau sans un mot.
Bref, en un mot, un moment terrifiant.
Et qui n'avait bien entendu rien fait pour apaiser la pauvre psychée des comploteurs dont le sentiment de culpabilité avait brusquement pris un poids supplémentaire.
Depuis, Sheppard et les autres faisaient leur possible pour rentrer dans les bonnes grâces de McKay, mais c'était peine perdue … McKay avait été blessé, d'abord par la disparition de Myrnec, et ensuite par la nouvelle de la trahison de ceux qui se disaient ses « amis ». Et ces blessures n'étaient pas prêtes de se refermer.
Sheppard soupira.
Au moins, il avait Kavanaugh pour passer sa frustration. Il avait appris ce matin que le scientifique avait un petit « problème » : apparemment, il avait les cheveux … bleus ! Ainsi que ses sourcils et, et bien, tous les autres poils pouvant couvrir le corps d'un homme.
StroumpfKavanaugh, ça lui allait comme un gant.
Ttttttttt, il n'était pas très bon de s'attirer les foudres d'un spécialiste en génétique, pas bon du tout …
Quatre mois plus tard
C'était une mission comme les autres, sur une planète comme toutes les autres : forêts de pin, gentils paysans en costumes colorés moyenâgeux (et en ce qui concerne les dames, seins généreux, visiblement prêt à l'explosion, coincés dans des corsets étroits) et McKay grognon. Ou plus exactement taciturne. Bref, silencieux.
Il leur en voulait toujours.
La seule avec qui il parlait, était Teyla : elle était la seule à ne pas avoir participé à leur petit subterfuge pour débarrasser la Cité de Myrnec.
Oh, bien entendu, McKay restait McKay, professionnel jusqu'au bout des ongles, excité à la vue d'un E2PZ ou d'une promesse de technologie Ancienne (ou nouvelle, tout dépendait du point de vue). Mais, la belle amitié avait disparu … plus de soirée popcorn devant un bon film, plus d'échanges sarcastico amicaux. Leur mission accomplie, le briefing terminé, McKay disparaissait … comme s'il ne voulait rien avoir à faire avec eux.
Et c'était de sa faute à lui, le grand Col. John Sheppard qui avait cru que … que quoi d'ailleurs ? Ok, il avait fait son petit travail d'introspection (merci Carson !) : il avait été un peu … jaloux. Argh, c'était dur à reconnaître ! Jaloux ! Il avait été jaloux d'un, d'un … dragon ! Nul. Débile. Mais vrai.
McKay était son premier « meilleur ami » depuis des lustres, et il avait eu peur de perdre ça au profit de ce stupide animal. Beckett avait raison : il était pire qu'un gamin dans une cour de récré … et il avait agi exactement comme l'un d'eux. Résultat : plus de dragon et plus d'ami non plus.
Il avait beau avoir essayé de se rabibocher avec McKay, il n'y avait rien eu à faire. Ce dernier restait de marbre. Plus têtu qu'un âne bâté ! Saleté de caboche de canadien ! Et quel con il avait été …
Sheppard soupira et leva les yeux vers le ciel bleu de Pxmachintruc. Ouais, il avait joué au con et il avait gagné … félicitation Monsieur Mensa !
Amusant comme la vie vous joue des tours : après Doranda, McKay avait essayé de se faire pardonner et il ne lui avait pas facilité la tâche … aujourd'hui, c'était son tour de goûter à la douche froide. Mais il gardait espoir, il avait bien fini par pardonner McKay, alors pourquoi le contraire ne serait-il pas possible ?
Le seul problème, c'était qu'il ne voyait pas comment il pourrait faire pour regagner la confiance de McKay. Sheppard soupira. Il ne lui restait plus qu'à espérer. Peut-être que McKay se dériderait un peu lorsqu'il aurait enfin vu ce fameux Flapflap dont les habitants leur rabattaient les oreilles. Ils avaient été incapables de leur expliquer de quoi il s'agissait exactement mais ce Flapflap avait déjà réussi à écarter la menace wraith par deux fois, ce qui était suffisamment exceptionnel en soi pour mériter quelques recherches.
Oui, peut-être que McKay serait d'humeur à écouter ses énièmes excuses.
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Ouais, une mission comme les autres, vraiment … moins de deux jours après leur arrivée, le village avait été attaqué.
Sheppard allait finir par croire les rumeurs du contingent militaire. Les soldats sont d'indécrottables superstitieux et le contingent d'Atlantis ne faisait pas exception à la règle : il croyait dur comme fer que SGA1 était victime d'une sorte de malédiction. Personnellement, Sheppard penchait davantage pour une incroyable scoumoune. Bref, ils se retrouvaient tous les quatre, à genoux, mains sur la tête. Ronon grognait, Teyla lançait des regards noirs, Rodney essayait de faire entendre raison aux hommes qui les tenaient en joue en les noyant de paroles et Sheppard fulminait de s'être une fois de plus laissé avoir par le discours « nous-gentil-peuple-sans-défense » des natifs de Pégase. Le chef du village s'était confondu en excuses. Apparemment, ces hommes n'étaient pas leurs amis. Ces gens semblaient s'être tous donnés le mot pour trahir les terriens dès qu'ils montraient le bout de leur nez sur leur foutue planète !
Visiblement, le charme particulier des membres de son équipe n'atteignit aucun des hommes qui les gardaient. Et tout aussi visiblement, ces derniers attendaient quelque chose, ou plus exactement quelqu'un. Le quelqu'un en question ne se fit guère attendre et Sheppard poussa un juron entre ses dents en le reconnaissant.
L'homme le fixa d'un regard mauvais. Un sourire méchant déforma son visage puis il se dirigea vers McKay qui ouvrait des yeux grands comme des soucoupes, la bouche ouverte en un O de surprise. Mauvaise la surprise …
« Ah, docteur McKay, nos chemins se croisent à nouveau. »
L'homme se pencha vers McKay et lui releva brutalement la tête en l'agrippant par les cheveux. Ignorant le cri du malheureux scientifique, l'homme s'amusa à lui secouer la tête d'avant en arrière.
« Amusant non, tout ce que l'on peut faire avec des cheveux … »
Evidemment, l'homme ne pouvait pas en dire autant avec les siens. Il était chauve. Un superbe crâne glabre, rutilant comme s'il avait été poli à la peau de chamois.
« … peut-être devrais je vous faire subir ce que votre monstre m'a fait, qu'en pensez vous docteur ? Ou alors … » Il lâcha McKay qui avait les larmes aux yeux. « Je pourrais essayer avec l'athosienne … »
Un « NON ! » collectif fusa. Les regards de Sheppard et de McKay qui avaient crié, se croisèrent un moment mais McKay détourna rapidement les yeux pour se concentrer sur son tortionnaire du moment.
Le Ménarian que Myrnec avait rendu chauve quelques mois plus tôt partit d'un éclat de rire.
« Mais je vais avoir ma revanche ; savoir que vous êtes entre les mains des Geniis suffira à calmer ma colère. Je crois qu'ils ont de grands projets pour vous docteur. J'ai cru comprendre que dans le laboratoire où vous allez passer la fin de votre misérable existence, règne une terrible maladie … une maladie qui vous fait perdre vos cheveux, et vos dents, votre peau part en lambeaux … oui, j'aurais ma revanche.»
L'homme fit un signe à un de ses compagnons qui releva McKay sans ménagement. Ses mains furent liées derrières son dos, un morceau de tissu placé dans sa bouche. Il jeta à Sheppard un dernier regard, terrifié. Terrifié mais pas pour lui, pour ses coéquipiers. Sheppard savait ce qui faisait peur à McKay et ce n'était certainement pas ces pitoyables menaces, non, McKay savait ce qui allait se passer : ces hommes allaient se débarrasser d'eux maintenant qu'ils avaient ce qu'ils voulaient. Deux hommes agrippèrent McKay et le firent monter dans ce qui ressemblait à une sorte de voiture. Le moteur démarra avec force bruit et fumée et le véhicule disparut dans un nuage de poussière sur la petite route menant à la Porte des Etoiles.
« Bien, maintenant, je crois qu'il est temps de se dire adieu … Colonel. »
Le Ménarian leva son arme vers Sheppard et ce dernier vit le doigt de l'homme se resserrer sur la détente. Il attendait le fameux pan qui allait signer son arrêt de mort, mais c'est un autre bruit qui attira son attention …
Flap, Flap, …
Mais qu'est-ce que … ?
FLAP, FLAP …
« Là ! Le voilà ! Il va nous sauver ! » Cria un des natifs.
Tous les regards se tournèrent vers le ciel d'où semblait provenir le bruit. C'était un bruit étonnant, un croisement entre les voiles d'un bateau et le retors d'un hélicoptère. Bizarre … qu'est-ce qui pouvait bien produire ce bruit ?
« Là ! Là ! » Un doigt pointait vers un point noir. Non, pas noir, plus clair, bleu ? La chose approchait à une vitesse rapide. Les Ménarian, paniqués, se mirent à tirer espérant l'atteindre avant qu'elle ne soit sur eux, mais elle vira tout simplement vers la droite pour échapper aux balles et puis, rapide comme l'éclair, elle fut sur eux …
Il y eu un grognement suivi d'un cri guttural. D'autres cris se firent immédiatement entendre. C'était plus qu'il n'en fallait comme diversion à l'équipe d'SGA pour réagir. Teyla donna un superbe coup de genou « là-où-ça-fait-mal » à l'homme qui la gardait, Ronon en envoya deux autres valser et Sheppard se retrouva face à face avec le Flapflap.
Ca devait bien mesurer près de deux mètres de haut. Sans l'envergure des ailes ... deux ailes qui se terminaient par des paires de griffes impressionnantes. Le corps était couvert d'épaisses écailles bleu nuit. Les dents n'avaient rien à envier aux griffes. Le tout avait un aspect terrifiant. Tout sauf un petit détail. Un petit détail insignifiant vraiment.
Une petite touffe de poils rose trônant au-dessus de la tête massive.
« Myrnec ? » murmura Sheppard, abasourdi.
TBC … bah oui, vous pensiez que c'était quoi le Flapflap ?
