VLU et moi avons été voir Eragon, film à oublier bien vite sauf pour le dragon, encore que je suis sûre que Myrnec est plus mimi que Saphira, bah oui, elle au moins, elle a un joli petit toupet rose sur la tête, c'est la grande classe quoi !

Note : un peu de violence dans ce chapitre, vous êtes prévenus …

oOo

7 – Sheppard osait à peine respirer. La chose qui se dressait devant lui était vraiment, vraiment impressionnante. Surtout les griffes …

Myrnec grogna, dévoilant deux rangées de superbes crocs.

Ok, et les canines aussi …

Le dragon frappa le sol avec sa queue et la terre trembla. Les hommes faillirent perdre l'équilibre.

Oh, et puis cette petite massue n'est pas mal non plus …

« Ok, ok, gentil le FlapFlap, gentil. »

John se tourna vers le ménarian qui avait parlé.

Ainsi donc c'était ça le fameux FlapFlap ? Si seulement Rodney avait … nondedieu ! Rodney !

« Myrnec … petit, petit,» murmura Sheppard.

Le dragon ignora John et se mit à renifler le Ménarian. L'homme osait à peine bouger. Une superbe tâche décorait son pantalon à l'entrejambe. Myrnec poussa un grognement. L'urine ne devait pas être son truc puis ses yeux se réduisirent à deux petites fentes. Elle se tourna brusquement vers les autres Ménarians et les inspecta eux aussi. Et cette fois, ce ne fut pas l'odeur de l'urine qui la fit grogner.

Myrnec poussa un cri, le tout assaisonné d'une superbe traînée de feu. Les Ménarians se mirent à hurler et à courir. Mauvaise idée …

La scène semblait sortie tout droit d'un film d'horreur. Voir un homme brûler vif n'était pas tout à fait la tasse de thé de Sheppard. Il aurait bien pensé un dixième de seconde que ces ordures méritaient leur sort mais l'homme en lui trouvait que même finir comme ça, c'était un peu « too much ».

Il fallait que le massacre s'arrête. Maintenant … Sheppard était certain que c'était le fait d'avoir senti McKay sur les Ménarians qui avait conduit ces derniers à leur perte. Il fit la seule chose qui lui vint à l'esprit. Crier …

« MYRNEC, STOP ! »

Si la journée avait commencé comme un film d'horreur, voilà qu'elle tournait à Walt Disney. Curieusement, Sheppard n'aurait pas su dire laquelle ce qui était le plus horrible, Wes Craven made in Pegasus ou Walt Dysney version Pixar ...

A l'appel de son nom, Myrnec avait stoppé immédiatement son petit travail de nettoyage. Des corps calcinés, s'élevaient des volutes de fumée et une odeur terrible, celle de la chair brûlée. Les survivants étaient tombés à terre et se pelotonnaient les uns contre les autres fixant leur némesis d'un regard hagard, au-delà de la terreur.

Myrnec s'était tournée vers Sheppard. Elle lança un dernier jet de feu vers le ciel avant d'avancer vers lui.

Oula, minute de vérité : le reconnaîtrait-elle ou bien aurait-il droit au même sort que les autres ?

Myrnec le renifla, s'attardant un long – très long – moment sur ses cheveux, puis elle fit quelque chose de tout à fait surprenant. Elle posa sa tête massive sur son épaule et se mit à couiner, doucement, comme si elle … pleurait ? Sheppard s'immobilisa, raide comme un piquet.

« John … ? »

C'était la voix de Teyla, Teyla qui était toujours assise près de lui, ses mains liées dans son dos.

« Hu … »

Woa, brillante réponse O grand Leader ! pensa vaguement Sheppard.

« John, je crois que vous devriez faire quelque chose. »

Sheppard lui jeta un coup d'œil en biais. Faire quelque chose ? Mais de quoi parlait-elle ! Il avait la tête d'un dragonFlapFlapmangeurd'hommes sur son épaule, qu'était-il sensé faire, nondedieu !

« John, soyez juste gentil avec elle. »

Gentil avec … Sheppard leva les yeux au ciel. Il aurait vraiment tout entendu dans cette foutue galaxie ! Myrnec venait juste de jouer au toaster fou avec une dizaine de pauvres types et Teyla voulait qu'il soit gentil avec elle. Solidarité féminine sans doute …

Ok, gentil, il pouvait faire ça, non ?

Il posa sa main sur le dessus de la tête de Myrnec et caressa la masse touffue de cheveux rose qui trônait là. C'était épais, un peu comme du crin de cheval. Myrnec se mit à pousser d'autres petits couinements aigus.

« Oui, oui, ça va aller, ça va aller … »

Il se sentait particulièrement stupide, tous les regards convergeaient vers lui.

Sheppard baissa les yeux vers Teyla. Suppliant les yeux, genre « et maintenant je fais quoi, hein ! » mais avant que l'athosienne ait pu répondre d'une quelconque manière, Myrnec se dégagea brusquement de l'étreinte de Sheppard.

Elle avait manifestement repéré quelque chose par terre : le sac de McKay. Myrnec donna un coup de tête dedans, et encore un autre, un peu comme un chat, puis elle poussa un cri, sauvage cette fois, et lança un nouveau jet de feu vers le ciel. Elle se tourna vers le groupe de Ménarians encore en vie. Un éclair brilla dans les yeux ambrés. Un éclair que Sheppard reconnu aisément pour l'avoir déjà aperçu dans ses propres yeux comme lorsque les Géniis avaient tenté de prendre Atlantis l'an dernier. Un éclair de meurtre, cette petite flamme qui signifiait « tue, tue, tue ! ». Un éclair de folie … S'il ne faisait rien, il ne donnait pas cher de la peau des Ménarians

« NON MYRNEC ! Pas toucher … ».

Le dragon lui jeta un regard désolé comme si l'idée de devoir laisser les Ménarian était la plus horrible des punitions, genre « tu es privé de dessert ! ».

Et Sheppard sourit.

Une petite fille, voilà ce qu'était Myrnec, une petite fille perdue – dans un corps de deux mètres de haut et d'un bon quintal, mais une petite fille quand même. Une petite fille qui cherchait manifestement sa … maman. McKay.

Parfait.

Sheppard avança vers Myrnec qui se roulait maintenant sur le sac. Ouch, McKay pouvait dire adieu à son précieux ordinateur ! Sheppard s'agenouilla à côté du dragon et posa une main – légèrement tremblante – sur la tête de l'imposant animal.

« Hey, Myrnec, tu veux voir Rodney, hein ? »

Comme si le nom avait éveillé quelque chose en Myrnec, sa tête se releva aussitôt et les grands yeux ambre rencontrèrent les yeux verts de Sheppard. Yep, c'était définitivement un moment Pixar : le regard de Myrnec rappelait celui du chat dans Shrek 2. Yeux grands comme des soucoupes et larmoyants. Très attendrissant … si on oubliait le reste.

« Ok, Myrnec, Rodney … » La tête se souleva à nouveau faisant sursauter Sheppard. « Je disais donc, Rodney a de petits ennuis … » Un grognement suivi d'un petit filet de fumée fit cette fois sursauter tout le monde, à commencer par les Ménarians, toujours à terre.

Ronon, après avoir reconnu Myrnec, s'était débarrassé de ses liens et aidait Teyla à en faire autant. Leurs futurs ex potentiels alliés ne bougeaient pas, paralysés par la présence de Myrnec.

Sheppard tenta le tout pour le tout.

« Nous pouvons l'aider, toi et moi, mais pour ça, j'ai besoin d'un petit coup de main. » Il tourna le dos à Myrnec et lui montra ses mains, toujours liées. « Si tu pouvais m'aider avec les cordes, ce serait sympa … »

Myrnec le fixa un long moment, comme si elle réfléchissait. Elle prit finalement sa décision, ouvrit la bouche et cracha …

oOo

Rodney avait donné tout ce qu'il avait : il avait d'abord essayé de parlementer, il était ensuite passé aux injures et avait fini par se résoudre à utiliser une méthode toute féminine : hurler tout en donnant des coups de pied. Il avait, avec satisfaction, entendu un de ses kidnappeurs pousser un hurlement de douleur après un coup particulièrement bien placé. Mais tout cela n'avait servi à rien. Il avait à peine réussi à ralentir les Ménarians. L'un d'eux – Rodney nota que l'homme avait une démarche un peu étrange, grand bien lui fasse ! – se dirigea vers le DHD et commença à entrer les coordonnées tout en le fixant d'un œil mauvais.

« J'ignore ce que te veulent les Géniis mais je connais leurs méthodes, et j'espère que tu vas leur résister, juste un peu … » Il fit un large sourire découvrant des dents noires et clairsemées. Rodney allait faire une remarque sur le manque évident d'hygiène dentaire de ses kidnappeurs lorsqu'il fut, sans ménagement, traîné vers la Porte des Etoiles. Il vit avec horreur le vortex se former. S'il passait cette porte … il frissonna. Il fallait qu'il fasse quelque chose, n'importe quoi.

« Non ! Ecoutez, tout ça est ridicule ! » Cria t-il tout en continuant à se débattre.

Ses tentatives désespérées pour se libérer amenèrent un autre sourire sur le visage de l'homme qui se tenait devant le DHD. Pas tendre le sourire … Terrifié et n'ayant plus rien à perdre, Rodney tenta le tout pour le tout.

Avec une manœuvre digne de Bruce Lee – un superbe mouvement de ciseaux dont Rodney aurait été lui-même très fier s'il n'était pas mort de trouille – il fit tomber l'homme qui le tenait. Profitant de l'état de surprise provoqué par son geste, il se releva et se mit à courir aussi vite qu'il le pouvait avec ses mains liées derrière son dos vers les arbres qui bordaient la petite clairière où se trouvait la Porte.

Il allait y arriver, il allait y arriver, il allait y …

Wousssshhhhhh … ce fut le bruit que fit l'air qui s'échappa de ses poumons lorsqu'il fut brutalement plaqué au sol.

Non. Non, non, non, non. C'était si injuste ! Il avait été si près de réussir.

Le Ménarian le retourna sur le dos et Rodney se mit à crier et à gesticuler. L'homme était littéralement assis sur ses jambes, Rodney essaya de le renverser, mais il était trop lourd, et puis il n'avait aucun appui. Il finit par arrêter de se débattre, épuisé. Le Ménarian le souleva par le col de sa veste et lui administra une superbe gifle, puis une seconde, suivi d'une troisième …

Rodney eut la vision fugitive des films de ces deux italiens, Terence Hill et Bud Spencer, dans lesquels le héros donnait toujours d'incroyables gifles aux idiots, bêtes et méchants. Il aurait aimé être dans le rôle du héros …

Sa tête heurtait le sol à chaque coup, il avait les oreilles qui sifflaient et sa vision se troublait. Pas très bon signe ... Personne n'avait donc dit à ces abrutis qu'on n'abîmait pas la personne que l'on kidnappait en vue d'en obtenir une rançon ? Les peuples de la galaxie de Pégase étaient décidément d'une bêtise sans nom.

Rodney vit la main du Ménarian se relever pour un quatrième coup mais il ne s'abattit pas. Au lieu de cela, il y eut comme un coup de vent, suivi d'un cri et puis le poids du Ménarain disparu.

« Hey Rodney, ça va ? »

Quelqu'un lui tapotait gentiment les joues. Rodney distingua une ombre. Une ombre surmontée d'une masse noire.

Sheppard ?

Rodney cligna des paupières histoire de chasser le brouillard qui s'était installé devant ses yeux. Yep, c'était bien Sheppard et il avait l'air à la fois soulagé et vaguement inquiet.

« Rodney, allez, debout la belle aux bois dormants, il y a quelqu'un ici qui est très, très excité à l'idée de vous revoir. Euh, en fait, ce serait vraiment sympa d'ouvrir les yeux, parce que je ne voudrais pas qu'elle passe d'excitée à jouons aux toastinettes grillées. »

Rodney n'était pas dans une super forme mais là, il avait quand même un peu de mal à suivre … toastinettes grillées ? Quelqu'un d'excité à l'idée de le revoir ? Les Ménarians avaient -ils aussi joué à Terrence Hill avec Sheppard ?

Il allait poser la question lorsqu'il remarqua quelque chose près de Sheppard. Quelque chose de bleu, quelque chose dotée d'une paire d'incroyables yeux ambre, quelque chose surmontée de petites bouclettes roses.

« Myrnec … ?» murmura t-il juste avant de perdre connaissance.

TBC … aaaaah, il a retrouvé son Myrnounichet le Roro ! Allez, je vous fais un petit épilogue et ce sera la fin des aventures de Myrnec.