Et voilà, c'est la fin des aventures de Myrnec le dragon bleu à toupet rose. Merci encore à Rodney McKay de m'avoir inspiré ce personnage puis de lui avoir donné un « visage », merci à Korrigan pour son trailer et enfin merci à tous les lecteurs amateurs de dragons !
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Epilogue
Sheppard observait McKay faire ses adieux à Myrnec.
Le scientifique avait l'air calme, presque détaché, mais pas aux yeux de ceux qui le connaissaient bien, pas aux yeux d'un ami. Pas aux yeux de Sheppard. Ce dernier avait remarqué les yeux rouges et bouffis de McKay, la manière dont il jouait nerveusement avec ses doigts, ses lèvres mordillées. Tout son corps était tendu dans un effort pour ne pas craquer, pour ne pas pleurer.
Une petite voix fit son apparition dans la tête de Sheppard : « Peuh, tout ça pour un dragon ! » Il la fit taire avec un « la ferme ! » retentissant quoique silencieux. La voix se tut avec un couac de surprise. Pourtant, il n'y avait franchement pas de quoi être surpris. Sheppard avait retrouvé l'amitié de McKay et il comptait bien la garder cette fois, ce qui signifiait plus de conneries et surtout plus de petite voix sournoise et jalouse.
Sheppard releva ses lunettes de soleil de sa main bandée et laissa échapper un petit gémissement. Les brûlures étaient encore sensibles.
Sur la planète, cela avait été un test. Un test de confiance. Et Sheppard l'avait passé avec succès. Myrnec l'avait libéré de ses liens en un seul crachement de feu. Il avait eu quelques jolies cloques mais ç'avait été à prévoir. Tout aussi précise et efficace qu'ait été Myrnec, elle n'avait pas complètement pu éviter de toucher la peau.
Sheppard leva les yeux vers McKay. Il le voyait murmurer Dieu sait quoi à l'oreille de Myrnec qui l'écoutait religieusement. Qui sait ce qu'il pouvait lui raconter, certainement ce que tout père dit à sa fille lorsqu'elle prend son envol – au sens propre comme au figuré – genre : si un garçon essaye de t'embrasser sur la bouche, réduit le en un petit tas de cendre fumantes ! Bref, comme tous les parents, McKay avait le cœur serré.
Ils relâchaient Myrnec sur sa planète d'origine et il y avait peu de chance pour qu'ils reviennent. Curieusement, Sheppard savait que Myrnec allait lui manquer, les dernières semaines avec le dragon sur Atlantis avaient été, disons, étonnantes.
Après leur petite mission de sauvetage, le retour à Atlantis avait été un peu étrange.
Pas à cause des Ménarians survivants. Myrnec avait été très efficace en gardienne de prison. A chaque fois que l'un deux avait fait un geste suspect, du type tousser ou respirer un peu trop fort, elle avait craché en leur direction.
Pas à cause de Rodney non plus. Il était plus ou moins dans les vaps lorsqu'ils l'avaient récupéré. Myrnec l'avait reconnu immédiatement. A plus de 20 mètres … du sol. Si Sheppard avait trouvé « wouaou ! » la première fois qu'il avait piloté un Jumper, son petit vol à dos de dragon valait quant à lui un « nondedieudenondedieudemerde !». Myrnec avait foncé sur le Ménarian qui s'acharnait sur McKay et l'avait tout bonnement agrippé avec ses serres, comme l'aurait fait un rapace avec une proie. Elle avait repris de l'altitude, puis l'avait laissé tomber. Son hurlement de terreur avait duré une éternité …
Pas à cause des cris des résidents d'Atlantis, un peu sous le choc de l'arrivée d'un monstre sorti tout droit de l'imagerie des légendes Arthuriennes. Même Beckett, qui n'était pas le plus endurci desdits résidents, s'était contenté d'un « Bloody Hell ! » avant de retrouver son sang-froid et de donner des instructions à son staff. Après tout, le contingent d'Atlantis avait désormais l'habitude de … l'inhabituel.
Non, le plus étrange, ç'avait été Myrnec.
Myrnec qui, dès que Beckett avait disparu avec McKay, avait grimpé les marches de l'escalier faisant face à la porte des Etoiles, le clic clic de ses griffes seul son pouvant être entendu dans le silence qui régnait dans la salle d'embarquement. Myrnec qui s'était assise là, telle une gargouille grandeur nature. Myrnec qui n'avait pas bougé, poussant ainsi jusqu'au bout la ressemblance avec ces gardiens de pierre des cathédrales du Moyen-Âge. Myrnec qui n'avait repris vie qu'à l'approche de Sheppard, venu lui donner des nouvelles de Rodney.
Oui, un retour vraiment étrange …
Et bien sûr, il y avait eu tout le reste, à commencer par les visites à l'infirmerie. McKay avait voulu voir Myrnec alors que Beckett le gardait à l'infirmerie quelques jours pour surveiller le traumatisme cranien dont il avait souffert. Bien entendu, pas question de faire entrer Myrnec dans l'infirmerie – de toute manière, il était peu probable qu'elle ait pu y entrer, les portes construites par les Anciens n'étaient déjà pas aux normes handicapés (7) alors pour ce qui était des dragons … Il avait fallu trouver une autre solution et comme le dit le proverbe, « si la montagne ne peut pas venir à Mahomet … ».
Sheppard avait donc été faire un petit tour en Jumper avec Myrnec. Le dragon, un peu rouillé par sa longue attente en position assise, avait d'abord fait un peu d'exercice en jouant entre les tours de la Cité et puis Sheppard l'avait guidé vers le balcon de l'infirmerie. Beckett avait installé McKay sur une espèce de transat et ils avaient passé une agréable après-midi à jouer à la dînette, Beckett, McKay et Sheppard, sous les yeux adorateurs et protecteurs de Myrnec – des petites volutes de fumée échappaient par mégarde du dragon, lorsqu'une infirmière s'approchait de McKay d'un peu trop près.
Là, on avait dépassé l'étrange pour tomber dans le surréaliste …
Seulement, qu'on le veuille ou non, la réalité finit toujours par nous rattraper et il avait bien fallu se résoudre à annoncer à McKay que Myrnec ne pouvait pas rester dans la Cité.
La tâche avait incombé à Weir, en sa qualité de leader de l'expédition, et pour le coup, Sheppard avait été plutôt content de ne pas avoir à se mêler de cette seconde extradition. Pas sûr que ses cheveux auraient résisté à une nouvelle attaque … mais cette fois, Myrnec pas plus que McKay ne réagirent violemment. Ils savaient tous les deux que Myrnec n'avait pas sa place sur Atlantis et qu'elle devait rentrer chez elle.
Sheppard soupira et jeta un nouveau coup d'œil vers McKay. Le scientifique pleurait pour de bon. Il avait passé ses bras autour du large cou de Myrnec et y avait enfoui sa tête. Myrnec avait refermé ses deux ailes sur lui et ils restèrent ainsi de longues minutes, McKay « cocooné » par le dragon. Lorsqu'ils se séparèrent enfin, McKay donna une dernière caresse aux cheveux de Myrnec puis il fit quelques pas en arrière. Myrnec étendit ses ailes et se mit à les agiter. Elle s'éleva lentement dans un flapflap de rotors d'hélicoptère. McKay la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans les montagnes où, il y avait des mois de cela, il avait trouvé son œuf.
Sheppard s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule.
« Hey Rodney, il est temps de rentrer à la maison. »
FIN ! Et Myrnec vécue heureuse et eu beaucoup de petits dragonnets à toupets roses …
