Deux mois s'étaient écoulés. Potter n'était venu interroger Malefoy que très rarement. Celui-ci, toujours silencieux, n'avait rien dit de plus. Parce qu'il n'y avait rien d'autre à dire. Alors, face aux questions d'Harry Potter, il répétait inlassablement ce que les anciens Mangemorts prisonniers disaient.


La fois précédente, lorsque Potter était revenu, c'était pour annoncer à Drago la date de son procès. D'ailleurs, quand Malefoy apprit qu'il allait devoir attendre encore deux mois, il s'énerva davantage. Cependant, l'apparition aussi qu'inattendue de Tonks le calma légèrement.

« Que fais-tu là ? Interrogea sèchement Harry, qui était surpris de voir Tonks à Azkaban.

-J'amène deux visiteurs.

-Les visites à Azkaban ne sont pas autorisées, et tu le sais ! S'exclama Harry Potter.

-Mais laissez-moi passer Dawlish ! Hors de ma vue ! Vous allez entendre parler de moi, si vous ne me laissez pas passer, brute épaisse ! »

Après quelques secondes de silence et un bruit sourd, une jolie femme, blonde, grande, et mince pénétra dans la pièce, essoufflée. Elle regarda son fils quelques secondes, avant de se précipiter dans ses bras. Elle le serra contre elle, le plus fort possible, passant et repassant sa main dans la nuque de son jeune fils, désormais plus grand qu'elle. Narcissa Malefoy pleurait. Son fils… Son fils unique était à Azkaban, pour quelque chose qu'il n'avait pas commis, elle le savait. Elle se mit sur la pointe des pieds, l'embrassant tendrement sur le front.

« Drago…Mon fils…Mon chéri… Répétait Narcissa en sanglotant. »

Elle se détacha de lui, le regarda de haut en bas, afin de voir comment la prison l'avait transformé.

Il avait énormément maigri. Ses joues étaient creuses, désormais. Les insomnies avaient du le reprendre, si l'on en croyait les cernes qu'il avait sous les yeux. Une barbe naissante apparaissait sur les joues de Drago, du au manque d'hygiène. Lui qui était toujours beau et impeccable… Mais Narcissa avait vu son fils vivant, et pour elle, c'était le plus important.

« Maman…Souffla Drago. »

Narcissa se mit à pleurer de plus belle. Jamais son fils ne l'avait appelée comme ça. La familiarité qu'il avait employé en s'adressant à elle montrait bien qu'il était mal. Affaibli physiquement, moralement, las… Les yeux gris bleus de Drago avaient perdu leur éclat. Le sourire narquois qui animait autrefois son visage avait été effacé.

Narcissa Malefoy, elle, comme à son habitude, était très classe. Ses longs cheveux blonds lui tombaient jusque dans le milieu du dos. Ses yeux bleus étaient mis en valeur à la perfection. La longue robe vert bouteille qu'elle portait lui allait à merveille. Elle fouilla quelques instants dans son sac à main, puis en ressortit quelques photos. La première les représentait tous les deux à une grande réception. La deuxième était l'une des premières photos de Mathéo, quand il était jeune. Son fils…La troisième représentait Narcissa, Drago, et son fils, souriant. Et la dernière, c'était une qui avait été prise quelques jours avant l'arrestation. C'était la dernière, pour être exact. Elle représentait Mathéo, allongé dans l'herbe et Drago, couché sur lui, qui lui faisait des chatouilles. Puis on voyait Mathéo partir dans un grand éclat de rire.

« Merci…Murmura Drago. Attention à ta robe. Elle traîne par terre. »

Narcissa hocha la tête de gauche à droite, comme pour montrer qu'elle s'en fichait royalement.

« AIE ! TU ME FAIS MAL, GROS LARD ! Hurla une voix enfantine qui provenait du couloir. »

Drago rompit l'étreinte avec sa mère avant de se précipiter dehors, par la porte qui était toujours ouverte. Il vit Dawlish, qui tenait fermement son fils entre ses bras. Le sang de Drago ne fit qu'un tour. Il allait exploser Dalish contre le mur, avant de lui crever les yeux et de les lui faire gober.

« PAPA ! S'exclama Mathéo en apercevant Drago. »

Il donna un violent coup de pied dans le ventre de Dawlish. Celui-ci le lâcha, surpris par le coup. Immédiatement, Mathéo se précipita dans les bras tendus de son père.

« Mathéo, Mathéo, Mathéo, Mathéo…Tu m'as tellement manqué !

-Papounet… Quand c'est que tu reviens à la maison ?

-Je ne sais pas encore, mon chéri, mais il faudra être patient.

-Ça sera long ?

-Je… Je ne sais pas. Je n'espère pas.

-Tu sais Papa, quand Mamie elle est revenue de Moldavie, elle avait déjà un cadeau pour moi.

-Ah bon ? Et c'était quoi ? Demanda Drago, intéressé.

-C'est un album photo. Quand je l'ai ouvert, il y en avait déjà pleins dedans.

-Vraiment ? Et que montraient-elles ?

-Ça dépend. Moi et toi, souvent. Sinon, il y a aussi Mamie, et tonton Blaise…

-Tu l'as vu ? Il va bien ?

-Oui, il va bien. Il m'a dit de te faire un gros bisou de sa part. Je joue souvent avec Léo. Quand on est tous les deux, je vois que Mamie et lui parle beaucoup.

-Et ils se disent quoi ?

-J'en sais rien. Souvent, quand c'est un qui parle, l'autre il hoche la tête ou il fronde les sourcils. »

Drago baissa les yeux. Quand il parlerait avec sa mère, il la questionnerait sur ce point.

« Et ta grand-mère, elle va bien ?

-Je crois. Tous les matins elle m'amène à l'école. Et après elle va au cimetière. Et elle laisse une fleur.

-Je sais. Mamie fait toujours ça lorsqu'elle est chez nous, Mathéo.

-Pourquoi ?

-Je t'expliquerai plus tard. C'est une longue longue longue histoire. Je te la raconterai quand tu seras plus grand. »

Potter, d'un signe de main, demanda à Drago de revenir.

« Je vais devoir repartir, Mathéo, d'accord ?

-D'accord.

-C'est bien. Tu es un grand garçon, mon chéri. Tu me fais un gros bisou, comme avant ? »

Mathéo, trop heureux de revoir son père, s'exécuta.

« Je vais tout faire pour revenir le plus vite possible à la maison.

-Tu piques, Papa.

-Je sais. Répondit Drago en souriant. »

Il reposa Mathéo à terre, puis se dirigea vers la minuscule sale d'interrogatoire, où Potter, Weasley, et sa mère l'attendait. Il entra dans la pièce, ferma la porte, et dit :

« Maintenant, Potter, je veux que tu arrêtes de te foutre de ma gueule. Je veux savoir pourquoi tu me retiens ici, pourquoi tu m'as arrêté, et ce que tu me reproches. Je veux savoir pour combien de temps je vais en prendre. »

Harry Potter croisa le regard de Ronald Weasley et sourit.

« Tu as peur, Malefoy ?

-Absolument pas, crétin. Simplement, je voudrais juste savoir quand je rentrerai chez moi. J'ai un fils à élever, je te rappelle.

-Je sais. Mais il vaut mieux qu'il soit séparé de toi…Tu as tué Hermione, Malefoy. Tu étais un Mangemort…Tu as failli tuer Dumbledore…Tu es un meurtrier, et dangereux. Le mieux pour ton fils, c'est de vivre loin de toi. Qui sait, peut-être que dans un excès de colère, tu pourrais lui faire du mal !

-Jamais ! Hurla Drago. Jamais je ne toucherai à un cheveu de mon fils ! Il est tout ce que j'ai de plus important ! Crois moi Potter, après des années dans le flou et dans la soumission, j'ai retrouvé une raison de m'accrocher. Mon fils est la chose la plus importante à mes yeux, c'est le plus beau cadeau que la vie m'ait fait. Et pour finir, Potter, répondre à tes accusations sans fondement réel, je n'ai pas tué Hermione Granger, je n'ai pas tué Albus Dumbledore parce que je n'en ai pas eu le courage, et j'ai été entraîné de force parmi les Mangemorts…Ma mère ici présente pourra te le confirmer ! »

Narcissa Malefoy hocha la tête avant de reprendre :

« On entre pas chez les Mangemorts s'il l'on aime pas leurs actes, Harry Potter…Tu n'as jamais vécu dans un monde de Magie Noire, tu ne peux pas comprendre…L'horreur défile chez toi tous les jours. Les prisonniers et les cadavres se succèdent. Des amis, des collègues, de la famille, même, parfois, et même si tu veux faire quelque chose, tu ne peux pas. Tu regardes, tu subis, et tu ne peux rien faire. Les prisonniers, enfermés dans les cachots, hurlent, et sont torturés sous ton toit. Et tu entends leurs cris déchirant, et toi, tu te dois de rester de marbre. Tu ne peux même pas essayer de faire quelque chose pour ceux que tu aimes, sinon, tu payes le prix fort. Crois moi, Harry Potter… Malgré tout ce que tu penses de mon fils, malgré tout ce que tu penses de moi, et de notre famille, l'enfance de Drago a été éprouvante, et il a souffert. J'ai souffert aussi. Quand Lucius m'a annoncé que Drago était en âge d'entrer chez les sbires de Voldemort, j'ai essayé de raisonner mon mari, de l'empêcher. Aujourd'hui, des années plus tard, les cicatrices ne sont toujours pas effacées. Et je ne te parle que des cicatrices visibles à l'œil nu, parce que celles faites au moral, celles là sont éternelles. »

Toutes les personnes présentes regardèrent la Lady Malefoy faire des confidences personnelles. Pourtant, Kingsley s'exclama :

« Voyons Narcissa…Vous n'allez quand même pas nous faire croire que votre fils est un saint !

-Non. Mais Drago n'a pas tué. Jamais.

-Il a torturé des innocents ! S'énerva Harry.

-Parce que vous, Harry Potter, vous êtes un saint ? Drago n'a jamais tué. Il n'a jamais attaqué l'Ordre. Pouvez-vous dire le contraire ? Mon fils s'est pris des coups et des sortilèges parce qu'il n'arrivait pas à tuer. Son éducation a été faite à coups de Doloris !

-Arrêtez, nous allons finir par pleurer, dit Harry en riant.

-Riez, Harry Potter… Vous ne l'emporterez pas au paradis. Vous vous acharnez sur mon fils uniquement à cause de votre femme.

-Je vous interdis de parler d'Hermione.

-Et qu'est ce qui m'en empêche ? Vous savez, Monsieur Potter, Hermione était loin d'être idiote. Vous vous êtes marier après votre sortir de Poudlard à 18 ans à peine…Et vous avez commencé à la tromper, quoi ? Six mois après votre mariage ? Elle a tenu cinq ans avant de partir. J'ai énormément de respect pour elle.

-Vous pouvez parler ! Votre mari était loin d'être fidèle ! Agressa Harry.

Je n'ai pas seulement signé un vulgaire papier en me mariant avec Lucius, Potter ! Les engagements sorciers sont loin d'être aussi simple que les vôtres ! Quand on se marie, c'est pour une vie, peu importe ce qu'il se passe après ! Lucius en a bien profité, avant que je ne commence à réagir…Sauf que mon mari se mettait en avant, alors que moi, je savais rester discrète.

-Maman…Souffla Drago. Quoi que tu dises, Potter trouvera toujours autre chose. Je pense que s'il tient tant que ça à me foutre derrière les barreaux, c'est pour pouvoir se déclarer veuf et épouser Chang… N'est ce pas Potter ? Granger, t'en as rien à foutre, en fait… Tu veux juste épouser la greluche que t'as foutu enceinte.

-Tu peux bien parler ! Il est de qui, Mathéo ?!

-Aucune idée. Et pour le moment, j'en ai strictement rien à foutre. Je veux juste que mon procès arrive vite, que je puisse voir mon fils grandir. »


Deux mois plus tard, Drago Malefoy se trouvait au centre d'une arène, qui était complète. Les gens s'étaient déplacés en masse pour le voir, lui, si célèbre. Au premier rang, se trouvait Narcissa Malefoy, avec Mathéo sur ses genoux. A sa droite, il y avait Blaise Zabini. Ils étaient tous les trois vraiment anxieux. Mais le pire, ce devait être Narcissa. Elle semblait sur le point de s'effondrer. Elle était pâle, ce qui était renforcé par la blondeur naturelle de ses cheveux. Les cernes qui apparaissaient sous ses yeux montraient bien qu'elle ne dormait pas assez.

Drago Malefoy, lui, assis sur sa chaise, semblait profondément malade. Mourant, presque. Il attendait le verdict du procès, tout en regardant son fils. Ça faisait deux mois qu'il ne l'avait pas vu. Il avait tellement changé, en si peu de temps ! Les jurés entrèrent dans la salle d'audience. Ils regagnèrent le banc qui leur était réservé, et dirent :

« Que l'accusé se lève. »

Silencieusement, celui-ci obéit. C'est là que le public fut profondément choqué. Ce visage de Drago, qui était peu éclairé avant qu'il ne se lève, fut soudainement révélé aux spectateurs. Il avait pris 10 ans. Sa peau, blanche autrefois, paraissait presque translucide. Sa barbe naissante choqua l'assemblée ; habituellement, il se montrait propre et soigné. Mais sa carrure d'athlète, autrefois si prononcée, semblait avoir fondue. Malefoy était maigre, trop maigre. Néanmoins, il avait fait l'effort de porter un costume.

Narcissa, qui l'avait vu deux mois plus tôt, ne pouvait que constater que l'état de son fils s'était encore dégradé. En le voyant debout, face à elle, elle n'avait pu s'empêcher de mettre une main devant sa bouche pour montrer son choc. Ses yeux étaient pleins de larmes, et elle semblait prête à craquer, elle, la femme que tout le monde croyait froide. Blaise, lui, se rongeait les ongles, en attendant le verdict.

« Accusé, avez-vous quelque chose à ajouter ?

-Absolument rien. J'ai tout dit, sans mentir, répondit Drago, blasé. »

Narcissa et Blaise retinrent leurs souffles. L'avenir de Drago était entre les mains d'un vieux type tout rabougri, et ils avaient très peur du verdict.

« Pour l'accusation qui porte contre Drago Lucius Abraxas Malefoy, nous déclarons le prévenu…

-Attendez ! Coupa une jolie fille en entrant soudainement dans la salle d'audience.

-Coupable. »


Et voilà ! Voyez-vous, ma fic n'est pas morte, loin de là ! Ce chapitre vous plait-il ? Je sais, ça fait longtemps que je n'ai pas publié mais... Une petite review, ça va vite, hein ! Et puis en plus, j'ai bien commencé le chapitre 4... J'vais faire un effort, promis ! Bisous, Anne.