DOUBLE TROUBLE

Désolée, mais ceci n'est pas franchement un chapitre à proprement parler, disons que c'est plutôt une première partie. Je dois partir en vacances pendant un mois, et je ne suis pas sûre de pouvoir publier quoi que ce soit durant ce laps de temps. Je n'ai pas pu finir ce que j'avais prévu, mais je me sentais mal de partir sans rien vous laisser à vous mettre sous la dent, donc voilà.

Disons pour résumer que c'est du fanservice cent pour cent KuroFye avec le lemon tant attendu qui prend les trois quart du texte. Je me suis un peu lâchée, c'est particulier, mais ça reste du lemon. Rating M donc.

Je publierai le chapitre miroir de celui-ci (du côté des autres donc), dès que je pourrai.

~Chapitre 13, première partie : La perfection, qu'ils disaient~

"Even the best fall down sometimes
Even the wrong words seem to rhyme
Out of the doubt that fills your mind
You finally find
You and I collide."

Howie Day, Collide

oOo

« Partager ce que vous ressentez, c'est la clé. Le genre « Il me suffit d'un regard pour savoir à quoi il pense », c'est possible, mais ça ne fait pas tout. Avant d'être des âmes sœurs, vous êtes d'abord deux personnes engagées dans une relation et vous devez apprendre à communiquer. »

Le ninja se demandait très sérieusement ce qu'il faisait là. Après la crise de Fye, dont celui-ci se remettait à peine, il avait bien compris qu'il y avait visiblement un problème. Mais de là à ce que leurs doubles s'improvisent conseillers matrimoniaux, il y avait un monde, et même deux. Il était prêt à faire des efforts, mais il ne fallait quand même pas pousser le bouchon.

« Le dialogue, tout ne repose que sur le dialogue, » continua l'autre Kurogane avec emphase sans se préoccuper des trois mines blasées autour de lui. « Et ça vaut aussi bien pour la vie de tous les jours que pour le sexe. »

Le ninja lança une œillade désespérée à l'autre Fye qui acquiesça avant de tenter une manœuvre de dernier recours pour distraire son amant, à savoir l'attirer dans un long baiser.

« Fye, j'essaie de les aider là. » dit le brun en se dégageant.

« Ne t'inquiète pas bébé, je peux t'assurer rien qu'en voyant leurs têtes qu'ils ont reçu le message cinq sur cinq. »

L'ex-mannequin finit par se lever et par prendre le mage par le bras, l'entraînant vers la cuisine et laissant les deux Kurogane seuls derrière eux. Le ninja commença à s'éloigna mais l'autre le retint.

« Ce ne sont pas des paroles en l'air, » le prévint-il. « J'ai failli perdre Fye bien trop de fois à cause de ça. Ces secrets sont trop lourds à porter pour lui et tu dois le mettre assez en confiance pour qu'il te les confie de son plein gré. C'est une chose qui se fera sur le long terme. Pour l'instant, ce qui compte c'est que vous ne tarderez plus à coucher ensemble, vous en avez tous les deux envie et ça se voit. Fais attention avec ça : d'après ce que j'ai pu observer, les passés de nos deux Fye semblent plutôt similaires et il y a un élément qui est assez gênant. Mon Fye a été violé à de nombreuses reprises dans son enfance par son père… »

« C'est une blague ?! » s'étrangla le ninja.

« J'ai l'air de plaisanter ? Toujours est-il qu'évidemment, ça l'a profondément traumatisé et jusqu'à récemment il refusait que je le domine, ce qui m'a paru normal quand j'ai su ce qu'il en était. C'est pour ça que je te mets en garde : ton Fye est complètement différent du mien sur ce point, car je ne suis pas sûr qu'il oserait te dire quoi que ce soit si tu faisais quelque chose de mal. De même, toi tu laisses paraître tous les attributs du mâle dominant indomptable. Donc, s'il te plaît, pour son bien, essaie de te focaliser sur ses émotions, au moins la première fois. Si tu sens une peur quelconque émaner de lui et que toi tu ne te sens pas prêt à lui laisser le contrôle, arrête-toi et calme-le. Restez-en là, ou tenez-vous en aux préliminaires le temps que ça soit réglé mais surtout, surtout, ne le force à rien. »

Le ninja soupira, ennuyé. Là, c'était le pompon. Ils ne lui épargneraient donc rien ? Il haussa les épaules et tourna le dos à son double, avant de rejoindre les deux autres dans la cuisine. Ils n'étaient que tous les quatre ce soir, tout le monde étant parti à une petite fête organisée mystérieusement par Odessa. Ils mangèrent plus ou moins en silence, aucun d'entre eux ne souhaitant commencer une discussion qui finirait invariablement par déboucher sur un sujet sensible. Ils décidèrent tacitement de dormir séparément, se laissant un peu d'intimité. Le mage et le ninja descendirent donc au sous-sol, évitant au maximum le regard de l'autre, intimidés.

« Eh bien Kuro-sama, » dit soudain Fye pour détendre un peu l'atmosphère. « Je crois que ce soir c'est le grand soir ! »

Le brun grogna, gêné, mais laissa tout de même son compagnon se rapprocher de lui, jusqu'à ce qu'ils ne soient plus séparés que par quelques centimètres. Le mage essaya de les combler en approchant ses lèvres de celles de Kurogane, mais elle ne rencontrèrent que sa joue. Il haussa un sourcil surpris et l'observa plus attentivement, le prenant à rougir. Avait-il fait quelque chose de mal ? On put presque voir une ampoule s'allumer derrière sa tête lorsqu'il comprit.

« Kuro-chan ? Tu n'as… tu n'as jamais embrassé personne ? » demanda-t-il, abasourdi.

« Qui voulais-tu que j'embrasse ? Pour les filles des bordels de chez moi, le sexe ne pose aucun problème, mais les baisers sont réservés aux véritables amants. Croyance populaire, tu vois ? Il paraît que ça porte malheur. Et comme je n'avais pas exactement le temps et l'envie de me trouver une femme, j'ai fait avec. »

Le magicien le regarda quelques instants en clignant des yeux, puis éclata de rire sous le regard plus que noir du ninja.

« Vas-y, fous-toi de ma gueule, je te dirai rien. »

« Non, c'est juste que tu es mignon quand tu joues au guerrier, » dit le blond qui tenta de se calmer mais échoua lamentablement.

« Pardon ?! Retire-ça… » commença-t-il avant d'être interrompu par la bouche de Fye sur la sienne.

Kurogane réalisa alors qu'il avait menti au mage. C'était faux, il avait déjà été embrassé, mais le baiser, si l'on pouvait appeler ça comme ça, qu'il avait partagé avec Yume n'avait rien à voir avec celui-là. Il avait du mal à l'expliquer, mais il ne se sentait pas du tout embarrassé, ni même un peu gêné. Leurs lèvres jointes lui donnaient juste l'impression d'être à sa place, de se trouver vierge, nu sur une terre nouvelle dont il voulait absolument tout découvrir.

« Exactement. Si j'étais cette personne, tu aurais trouvé ça merveilleux, au-delà de tout ce que tu as pu expérimenter auparavant. Quand tu te l'avoueras, tu comprendras ce que ta princesse voulait dire par véritable force. »

Ce jour-là, il l'avait à peine écoutée : ses paroles lui avaient paru d'une niaiserie sans nom. Aujourd'hui, alors qu'elle n'était même plus là pour entendre, il fut pris d'un besoin soudain de la voir, juste pour pouvoir lui dire : « J'ai compris. » et elle de lui répondre : « Je te l'avais bien dit. »

Il sentit tout à coup quelque chose de franchement humide lui taquiner gentiment la bouche. Sachant à peu près comment cela fonctionnait, il l'entrouvrit et laissa la langue de Fye rejoindre la sienne. Tendu et concentré, il sursauta violemment quand le mage passa sa main sous son tee-shirt, effleurant de ses doigts froids le bas de son dos, et referma ses dents par réflexe. Le blond laissa échapper un petit cri de douleur avant de reculer, un mince filet de sang lui coulant sur le menton.

Kurogane se frappa le front, se traitant mentalement d'abruti : ils avaient à peine commencé qu'il avait déjà tout gâché. Il s'apprêtait à partir, digne en apparence, quand Fye le retint par le bras.

« Ce n'est pas vraiment ce que j'imaginais, » avoua-t-il avec un sourire hésitant. « Mais les premières fois sont toutes un peu bancales, pas vrai ? Détends-toi. »

Il ramena le ninja près de lui et l'embrassa à nouveau. Celui-ci tentait de rester calme, mais toutes les pensées qui tourbillonnaient dans sa tête et les sensations étranges qui parcouraient son corps n'amélioraient en rien son état d'esprit. Il réussit tout de même à se contenir quand les mains du mage se firent à nouveau baladeuses, mais pour une raison inattendue : il n'avait pas la moindre idée de la vitesse à laquelle sa langue devait se déplacer ni de l'inclinaison qu'il devait prendre pour assurer un meilleur accès à Fye. Il tenta de caler son rythme sur le sien, mais lorsque le baiser devint plus passionné, il perdit ses repères et enduisit copieusement les contours de la bouche du magicien de salive. Il fit un pas en arrière, frustré.

« Pourquoi tu t'arrêtes ? » demanda le blond, surpris.

« Ca vire au n'importe quoi ! » s'écria le Kurogane, l'air furieux. « C'est visqueux, dégueulasse et on en fout partout ! Je comprends pas ce que les gens trouvent à ce truc. »

Fye inclina la tête, retenant visiblement un nouvel éclat de rire.

« Tu es trop mignon de t'inquiéter pour moi, Kuro-puu, » minauda-t-il en s'approchant du ninja, qui, comme on pouvait s'y attendre, prit la mouche.

« J'ai jamais dit que je m'inquiétais pour toi ! » beugla-t-il. « Juste que c'est répugnant et visiblement pas fait pour moi ! »

Au rez-de-chaussée…

« C'est quoi ces hurlements ? On dirait qu'on égorge un cochon, » demanda Kurogane en se couchant près de son amant élégamment avachi en travers du matelas.

« Un cochon, je ne sais pas, mais je crois qu'ils sont effectivement partis pour faire des cochonneries. »

« Très drôle, » dit-il avec un sourire. « Ils se gueulent dessus même quand ils copulent ? »

« Faut croire qu'ils sont comme ça, » répondit Fye en se lovant contre lui. « mais ça les empêche pas de s'aimer comme des dingues. »

De retour dans la chambre…

« Kuro-sama, ce n'est pas parce que tu trouves que tu n'es pas doué que c'est le cas pour tout le monde, » déclara Fye qui passait ses bras autour de son cou, cherchant un langage qu'il serait susceptible de comprendre. « On est pas sur un champ de bataille et tu n'es pas le général qui décide de la tactique à employer pour faire plier l'ennemi. Un baiser n'a pas de règle, ce n'est pas une question de technique, et même si ce n'est pas parfait, je m'en fiche. Tant ce que c'est toi que j'embrasse, je m'en ficherai toujours. Alors lâche la bride, laisse-toi aller, ça ira mieux. »

« T'es vraiment le type le plus niais que j'ai jamais rencontré, mais tu me connais trop bien, » lâcha le ninja avec un petit sourire narquois.

« Je n'aurais jamais pensé dire ça un jour, mais tais-toi, et embrasse-moi. »

Kurogane ne se fit pas prier davantage et fondit sur les lèvres du magicien. Cette fois, il avait pigé le concept et ne s'embarrassa pas de réflexions profondes. Il prit l'autre homme par la taille et le serra contre lui jusqu'à lui couper le souffle, ce dont Fye ne se plaignait pas apparemment, au vu des petits gémissements qu'il poussait. Il força un passage pour sa langue dans la bouche du blond en lui pinçant affectueusement les fesses, prenant sans le savoir la direction du baiser, et du reste. Après quelques minutes, il se détacha à regret, revenant effleurer juste un instant les lèvres de son compagnon avant de partir à l'assaut de son cou. Un terrain connu, enfin. Pas tout à fait. Lorsqu'il fut parvenu au torse de son compagnon, un nouveau dilemme s'imposa à lui : par où commencer ? Il savait que les femmes appréciait qu'on leur taquine les seins, mais Fye n'était pas une femme et par le fait, il n'avait pas de seins. Il aurait préféré s'agenouiller devant la Sorcière plutôt que l'avouer, mais sur l'instant il se dit qu'il aurait peut-être dû demander conseil à l'autre dans ce domaine où il était bien plus expérimenté que lui. On ne lui avait jamais appris ce genre de choses, à Nihon, les seuls dont il avait entendu parler qui pratiquait le sexe entre hommes étaient les samouraïs partis pour de longues missions et, en général, ceux-là ne s'embarrassaient pas de préliminaires. De toutes façons, il n'aurait jamais été leur poser la question.

Il mit fin à son monologue intérieur en jouant le bluff. Il retira le tee-shirt de Fye, prit un de ses tétons dans sa bouche et passa un rapide coup de langue dessus. Il sut qu'il avait visé juste lorsqu'il entendu le long gémissement du mage qui tomba au sol, ses jambes ne le portant plus. Kurogane l'étendit sur le matelas le plus proche, reprenant où il s'était arrêté. Il avait trouvé une zone stratégique, pour le moment il était sauvé, mais son cerveau tournait à cent à l'heure pour tenter de prévoir son prochain mouvement. S'il ne réagissait pas très vite, tout ça risquait de tourner au désastre, du moins plus que ça ne l'était déjà.

« Tu réfléchis trop, » constata le blond juste avant de se mordre la lèvre quand le ninja commença à utiliser ses dents.

« La ferme, » grogna Kurogane, délaissant quelques secondes le téton maltraité.

« Si tu continues comme ça, on arrivera à rien. Admets que tu ne sais pas, je ne vais pas me moquer de toi et je peux te montrer. Rappelle-toi ce qu'ils nous ont dit : le dialogue fait tout. Si tu me laisses parler, je te dirai ce dont j'ai envie et tu n'auras plus à te torturer les méninges, d'accord ? »

Fye releva la tête du ninja et amena sa bouche à la sienne, l'embrassant tendrement. Il était lui-même un peu nerveux : tous ses précédents partenaires avaient été des hommes expérimentés et il n'avait jamais dû apprendre à qui que ce soit. Il ferma les yeux plus fort et resserra sa prise sur le brun, chassant sa peur. Il le fallait, il devait laisser tomber ses défenses et ses mauvaises excuses. Kurogane était son unique porte de sortie. Il se détacha légèrement, observant le visage qui lui faisait face. L'amour ? Trop tôt pour le dire, et même pour le penser, mais certainement pas trop tôt pour y croire.

« Bien. Et maintenant ? » demanda le ninja.

« Je crois… que je vais m'en charger cette fois, » répondit Fye, indécis. « Tu n'auras qu'à copier mes mouvements la prochaine fois. »

« Hors de question ! » s'écria Kurogane en le clouant au matelas avec force. « Je vais finir ce que j'ai commencé, je ne m'avouerai pas vaincu ! »

« Kuro-tan, est-ce que tu as déjà sucé un mec ? »

Le brun leva un sourcil à la soudaine crudité de ses propos. Qu'est-ce qu'il lui prenait de lui demander ça maintenant ?

« Bien sûr que non, » répondit-il. « Pourquoi ? »

« Est-ce que tu peux me garantir que si j'en exprime le besoin, là, tu me prendras dans ta bouche sans sourciller et tu me suceras jusqu'à ce que j'éjacule sur ton visage ou mieux, dans ta gorge ? »

« Tu te sens bien ? » demanda Kurogane, ahuri.

« Je t'explique juste, Kuro-puu. Moi, je peux faire tout ça et je te le propose. Ce que je veux savoir c'est si tu es capable de le faire aussi. »

Le ninja considéra la proposition. Une partie de lui voulait accepter, mais cela signifiait plier, admettre sa défaite face à un défi et ça…

« Si tu peux le faire, je peux le faire aussi, » déclara-t-il, sûr de lui. Il enleva d'un coup le pantalon et le caleçon de Fye, se retrouvant face à… pas grand chose.

« Dis-moi, je ne te fais pas beaucoup d'effet, » grogna-t-il, vexé.

« On ne peut pas dire que tu m'aies donné beaucoup de raisons d'être excité, Kuro-rin, » minauda le blond avec un grand sourire niais. « Tu n'as qu'à trouver une solution, gros malin. »

Pour toute réponse, le brun empoigna le sexe du mage et le masturba lentement. Ca, c'était dans ses cordes, même si le fait d'être face à lui signifiait découvrir un nouvel angle. Fye gémit piteusement. Bien, il était au moins parvenu à lui clouer le bec, mais il manquait quelque chose : dans son fantasme, il faisait tellement crier le blond que celui-ci ne se souvenait même plus de qui il était et ils en étaient encore loin. Prenant une longue inspiration, il se plaça devant sa cible et tenta de se rappeler les mouvements des prostituées. A les voir, ça n'avait pas eu l'air très compliqué, cependant il n'arrivait pas très bien à concevoir comment il allait pouvoir faire rentrer un truc de cette taille dans sa cavité buccale. Il finit par s'y mettre sans y croire vraiment, et curieusement, ce fut moins désagréable que ce à quoi il s'était attendu ; c'était de la peau après tout. Fye poussa un cri étranglé et il le vit du coin de l'œil poser une de ses mains sur sa bouche. Parfait. Pourtant, il avait beau faire de son mieux, il ne pouvait pas aller plus loin que la moitié. Il devait y avoir une astuce, mais même en focalisant tout son esprit logique sur le problème, ça ne lui venait pas. Il tenta de pousser malgré tout, mais sa gorge se contracta soudainement et il dut utiliser tout son self-control pour ne pas vomir, se déportant sur le côté en toussant.

« N'en…fais…pas trop, » dit Fye entre deux halètements. « Pour le moment, utilise ta main avec le reste, je t'apprendrai. »

La gorge irritée du ninja le laissa finalement en paix et il se remit à la tâche, écoutant cette fois le conseil du blond. Tout se passa ensuite pour le mieux, jusqu'à ce que son amant lui assène le coup de grâce.

« Je…ne vais plus…tenir longtemps. Viens. »

Kurogane ne fut que trop heureux d'accéder à sa requête. Il ne savait pas trop si c'était la vision du mage nu et soumis devant lui ou le désir d'en finir qui le poussa à se déshabiller à cette vitesse. Fye se mit à quatre pattes devant lui et il se plaça directement à son entrée, avant de songer à un léger détail. Il regarda ses doigts avec découragement. Il fallait vraiment qu'il… ? En plus, les paroles de son double lui revinrent en mémoire : il n'était même certain que Fye était consentant pour ce qui allait suivre.

« Est-ce que tu as déjà été violé ? » demanda-t-il sans préambule.

Le mage le fixa, l'air estomaqué.

« Excuse-moi ? »

« L'autre m'a dit que ton double avait déjà été violé, » dit Kurogane, omettant sciemment de préciser que c'était par son propre père. « C'est pour ça qu'il refuse d'être dominé. Je ne veux pas que tu te forces pour me faire plaisir, si c'est le cas. »

Fye se retourna et lui envoya un violent coup de poing dans la mâchoire, les larmes aux yeux. Le ninja le regarda sans comprendre.

« J'essaie, tu vois, » affirma-t-il, la gorge nouée. « Je fais vraiment tout mon possible pour que ça marche parce que pour la première fois de ma vie j'ai envie que ça marche. J'ai envie de sourire pour de vrai, envie d'avancer avec toi et d'être capable de te dire que je t'aime, alors je t'en supplie, aide-moi. Ne me fais pas me sentir comme une pute avec tes remarques à la con, prouve-moi que tu m'estimes au moins assez pour me faire confiance quand je te dis que je veux que tu me fasses l'amour. »

Pour le coup, Kurogane se sentit vraiment idiot. Il faisait décidément tout de travers, il était bien trop maladroit : Fye se souviendrait de leur première fois comme de la pire heure de son existence et en prime, il avait même réussi à le faire pleurer. Il ne pouvait pas se laisser abattre, il fallait qu'il rattrape le coup, coûte que coûte.

« Fye… » appela-t-il doucement en caressant la joue du mage.

Celui-ci le regarda avec étonnement. Son cœur oscillait entre la joie et la tristesse : quelque part, il aurait voulu que le ninja prononce son véritable nom, pas celui du personnage qu'il avait créé, mais en même temps, il avait été dit avec une telle dévotion, avec une telle tendresse que cela ne semblait plus avoir d'importance. Kurogane l'avait percé à jour depuis longtemps, et il incluait dans « Fye » les défauts de Yuui et ça ne le dégoûtait pas. Il pouvait bien l'appeler n'importe comment dans ce cas, ça lui était égal. Profitant de ce moment de calme, le brun lui présenta ses doigts, qu'il prit sans hésitation. Lorsqu'il estima qu'ils étaient correctement lubrifiés, il les relâcha, laissant couler sur son menton un petit filet de salive avant de se remettre en position.

« Non, » dit le ninja en secouant la tête et en le ramenant à lui. « Je veux voir ton visage. »

Il le prépara sans se presser et sans le quitter des yeux, le rassurant sans un mot à chaque qu'il sentait de la gêne ou de la douleur émaner de lui. Il finit par se laisser glisser en Fye et il eut l'impression qu'une décharge électrique lui traversait le corps. C'était là, c'était sa place. La sensation d'être enfin entier, la plénitude dont parlait Sakura. Il n'eut même pas besoin de le dire, ils avaient tous les deux compris. Toutes les embûches que le Destin avait mises sur leur route n'importaient plus à présent : ne subsistait que leur lointain souvenir et la certitude qu'ils étaient dignes de retrouver leur âme sœur. Ils jouirent sans même s'en rendre compte et ne prirent pas la peine de se séparer. Ils en auraient été incapables de toutes façons, ils auraient voulu demeurer ainsi pour l'éternité.

Leur torpeur s'estompa finalement, et leurs souffles leur revinrent par à-coups. Il ne bougèrent pas pour autant, jusqu'à ce que…

« On recommence ? » demanda Fye avec un air malicieux.

Kurogane ne se le fit pas dire deux fois.

oOo

Voilà, encore désolée pour cet immondice. Je me rattraperai la prochaine fois, promis. J'ai honte -_-'

J'avais dit que c'était particulier. J'en avais marre qu'entre ça se passe toujours parfaitement bien dans les fics, pour Kuro en tous cas, ça me paraissait pas crédible, donc j'ai rattrapé le coup. J'espère que j'ai réussi à faire passer qu'en toutes circonstances, il se met en mode tacticien militaire xD

Ca fait bizarre de ne plus pouvoir dire « A dimanche prochain » pour le moment…

A bientôt les jeunes, et portez-vous bien !