Disclaimer : Je suppose, à moins d'être atteinte d'une sévère schizophrénie morphologique, que les personnages de J.K. Rowling ne m'appartiennent pas, ni les tomes 1 à 4.

J'ai cru comprendre que mon su-bli-me prologue n'avait pas été très clair. Il se déroule avant le chapitre 1 et ceux qui suivent. Mais bon, don't worry, j'expliquerais.

Voici donc, le chapitre deux. Pfiou, c'est laborieux tout ça…

Chapitre 2

Sirius… Ne va pas par là… C'est la… Sombre…Froid… et puis ça fait mal… est-ce que c'est ça mourir ?

Harry se réveilla en sursaut. Il était en sueur, il tremblait comme lorsque Dudley s'était amusé à le secouer, quand il avait environ sept ans. Et il réalisa quelques instants plus tard que des larmes se mêlaient à sa transpiration. Il se calma peu à peu, rassuré par les ronflements tranquilles de ses camarades de dortoirs. De toute manière, rien ne pourrait les réveiller à… quatre heures et demie du matin. Evidemment. Il fallait absolument faire un cauchemar à ce genre d'heure. Il avait l'habitude, certes, mais c'était toujours aussi désagréable. Revoir sans cesse la mort de Sirius, l'éclair vert, et…

Il frissonna encore plus. Il décida d'aller prendre une douche afin de se réveiller totalement – et, accessoirement, de se débarrasser de toute cette eau sale.

Une demi-heure plus tard, il décida de lire un ouvrage qu'il avait acheté sur le Chemin de Traverse, qui traitait des différents sortilèges de défense en magie avancée, et qui n'était même pas au programme de septième année. Il était d'ailleurs tellement plongé dans sa lecture qu'il n'entendit pas les autres Gryffondors descendre des dortoirs, et qu'il fallut trois fois à Hermione pour attirer son attention.

-Excuse-moi Hermione, je ne t'avais pas entendu, fit-il avec un sourire contrit.

-Oui, j'avais remarqué, répondit Hermione, soucieuse. Mais qu'est-ce que tu lis ? J'espère au moins que ce n'est pas le genre de livre dont raffolent Seamus et Dean…

Harry eut un petit rire. Il savait – comme la plupart de ses camarades – de quel genre de littérature les deux Gryffondors étaient friands, et cela n'avait aucune espèce de rapport avec les matières enseignées à l'école.

-Mais non ! Tiens, regarde, c'est assez intéressant.

-Sortilèges de défense, niveau Auror ? Et tu comprends ce qu'il y est écrit ? demanda-t-elle avec surprise.

-Bien sûr. Contrairement à ce que toi ou d'autres peuvent penser, j'ai une capacité de compréhension qui dépasse celle d'un troll, déclara-t-il avant de se replonger dans sa lecture.

Son ton était légèrement plus froid que celui qu'il avait voulu, mais s'il devait se séparer d'eux, autant le faire petit à petit. C'était réellement la seule solution à laquelle il pouvait se résigner. S'ils ne se souciaient plus de lui, alors ils ne seraient plus jamais en danger à cause de lui. Et s'il mourait, eh bien ils l'oublieraient.

Et cette manie de toujours le prendre pour un abruti profond ! Bien sûr Hermione avait un quotient intellectuel beaucoup plus grand que la plupart des autres élèves, mais il savait qu'il n'était pas aussi stupide qu'il le laissait parfois paraître. Il pouvait parfaitement se débrouiller seul, quoi que les autres en pensent.

Hermione, quant à elle, resta silencieuse jusqu'à l'arrivée de Ron, qui se plaignait encore de son réveil, réglé à sept heures.

-Comme si j'avais besoin de ça pour me réveiller ! De toute manière il y aura toujours quelqu'un pour le faire, hein, Harry ?

Ce dernier leva les yeux vers son meilleur ami.

-Non Ron. Je ne serais pas toujours là.

Puis il ferma durement son livre, se leva et quitta la pièce sans un regard en arrière.

Ron se frotta les yeux machinalement, et regarda son amie :

-Mais qu'est-ce qu'il a ?

-Je ne sais pas. Mais il vaut mieux laisser courir. Il doit être sur les nerfs.

°OoO°

Mais il s'avéra que les nerfs d'Harry étaient mis à rude épreuve.

En une semaine, il réussit l'exploit improbable de se faire détester de presque toute la maison Gyffondor. Disons qu'il avait un peu perdu cents points en quelques heures, et réussit à se mettre à dos la plupart des professeurs, de par une insolence qui frisait parfois la méchanceté pure et simple. Malgré tout, Ron et Hermione décidèrent de rester le plus longtemps à ses côtés, même s'il agissait comme le pire des enfoirés.

Pourtant cela n'était franchement pas simple. Il se mettait à dos quiconque essayait de lui parler, ou bien ignorait tout simplement la personne en face de lui. Harry semblait décidé à faire quelque chose de très stupide, pensait régulièrement Hermione, même si, pour une fois, elle n'était pas parvenue à décider de quoi il s'agissait. Elle s'inquiétait énormément. Cela n'était pas normal. Déjà, qu'il ait donné si peu de nouvelles durant les vacances d'été… Bien sûr, la mort de Sirius l'avait fortement ébranlé. Ca, c'était normal. Mais de là à rejeter tout être vivant… Peut-être s'était-il passé quelque chose… Mais elle finissait par secouer la tête en regardant de nouveau son ami. Non, mieux valait ne pas poser de questions. Cela finirait par s'arranger.

Mais il s'avéra que Harry n'avait pas envie que cela s'arrange. Il provoquait bagarre sur bagarre, récoltant punitions après punitions, mais devenant malgré tout de plus en plus taciturne avec les jours. Sa rage avait semblé se calmer, pour laisser place à une sorte d'apathie étrange. Il restait parfois violent. Il avait plus d'une fois fait voler des élèves contre des murs. Mais hors de ces crises étranges, il se murait dans un silence terrifiant, travaillant sans s'arrêter. Et ça, songea Hermione, c'était plutôt bon signe, non ?

Cependant tout le monde ne voyait pas du même œil le comportement du Survivant. Les professeurs étaient franchement outrés –enfin, McGonnagall plus que les autres, je suppose – mais étaient tout de même tempérés par des notes plus qu'excellentes. Il entrait dans les trois meilleurs élèves de sa promotion, entre Hermione Granger et Draco Malfoy.

Quand aux autres élèves.. Eh bien, tant que Harry ne s'en prenait pas à eux, ils continuaient à compter sur lui. Et ça, Harry ne le supportait pas. Il voulait se faire détester. Qu'on l'oublie un peu.

Que dis-je… Peut-on oublier si facilement la seule personne capable sauver toute une communauté ?

°OoO°

Draco Malfoy, quant à lui, se foutait royalement du sort du Petit Précieux. Il avait largement d'autres soucis en tête – dans l'ordre, semer Pansy et les Deux Idiots, finir son devoir de Métamorphose, et décider s'il serait du côté de Voldemort ou de Dumbledore. Quelle vie palpitante, n'est-ce pas ?

Il se leva rapidement de la table des Serpentards – un dégoût profond et sans limites pour les abrutis qui lui couraient après –, et sans jeter un regard en arrière, se dirigea vers les toilettes les plus proches. Heureusement à cette heure-ci de la journée, personne ne l'apercevrait. Il se précipita dans une des cabines et rendit tout son petit déjeuner. « Il faut vraiment que j'arrête ça… Ce n'est définitivement pas bon pour moi. » pensa-t-il.

Il ne supportait plus de devoir tout porter, il commençait juste à croire que son rôle dans la guerre n'était pas celle de Mangemort. Il ne pouvait pas tuer. Dès qu'il pensait à ce qu'il devrait faire, avec qui, il se précipitait pour tout rendre. Et ça devenait peu à peu insupportable. Et la pensée de son père Mangemort et celle de sa mère qui tombait irrémédiablement vers la folie le rendait littéralement malade.

Il se pencha au-dessus d'un lavabo et se débarrassa des relents à force d'eau. Il leva la tête pour apercevoir son reflet dans la glace. Cette petite escapade n'avait pas, au moins, détruit tous ses efforts matinaux. Ses cheveux blonds bougeaient librement sur ses épaules, son teint blanc était mis en valeur par ses yeux bleus ; il faisait tout pour paraître aussi parfait qu'un être humain le pouvait. Il ne supportait pas le désordre. Pourtant, il semblait que c'était la seule chose qui régnait sur sa vie en ce moment. « Tout comme l'autre Gryffondor de mes deux… Potter. » songea-t-il, sans aucune méchanceté cette fois. Le blond se demanda ce qu'il se passait avec Potter. Il était… différent de l'année dernière. Ou peut-être que l'état de Draco était réellement mauvais, au point de s'inquiéter – notez donc le profond sarcasme dans ses pensées – pour des personnes qui ne le regardait même pas.

Petit Draco, que veux-tu ? Que l'on t'oublie ou que l'on te sauve ?

Au même moment, dans la Grande Salle, le dégénéré auquel pensait Draco mangeait lentement, sous le regard courroucé de sa meilleure amie Hermione. Ron, quant à lui, était plus préoccupé par le remplissage de son estomac que l'attitude de son ami. Hermione les regarda tour à tour, puis explosa.

-Bon sang Harry ! Mange quelque chose ! Parle-nous ! Tu deviens de plus en plus mystérieux, tu ne parles plus, tu ne fais que te battre… Explique-nous ! Et toi Ron, arrête un peu de manger !

Harry leva les yeux vers elle. Ils étaient vide et pourtant, on voyait bien que quelque chose le tracassait, le rongeait de l'intérieur. Quelques regards se tournèrent vers le trio infernal.

-Et de quoi devrais-je parler ? demanda Harry d'une voix calme.

-Dieux, je ne sais pas ! De la raison de ton comportement ! De ta violence ? Pourquoi est-ce que tu fais ça ?

-Hermione, att… commença Ron.

-Non, pas maintenant ! fit la jeune fille. Expliques toi un peu !

-Je n'ai pas à me justifier, dit froidement le jeune homme.

-Bien sûr que si, s'emporta Hermione. Nous sommes tes amis, tu dois nous parler !

Le désespoir dans la voix d'Hermione failli faire fléchir Harry. Mais il ne fallait pas. Il lâcha alors de sa putain de voix froide et sans ton :

-Alors je crois qu'on ferait mieux d'arrêter cette mascarade. Vous ne me connaissez pas. Je ne veux plus avoir affaire à vous. Compris ?

Une claque retentit, coupant court toutes les discussions alentours.

-Tu… Tu n'es qu'un salaud ! Tu ne peux pas nous faire ça ! Dis-nous ! Explique-moi !

Hermione était au bord des larmes, et alla se réfugier dans les bras de Ron, qui n'avait pas encore lâché un mot, mais son teint et ses yeux parlaient pour lui.

-Il n'y a rien à expliquer Hermione. Détestez-moi. Frappez-moi. Je m'en moque. Je n'ai plus besoin de vous.

Malgré la gifle, la voix de Harry était restée égale à elle-même, froide, indifférente.

Il se leva et sortit de la Grande Salle, sous les regards courroucés de ses camarades et de ses professeurs. Le trio infernal venait d'éclater, et personne n'aurait pu apporter un semblant d'explication, à moins peut-être le principal concerné.

Si Draco avait été là, il se serait tout de même bien amusé de la déchéance de Saint-Potter. Enfin, c'est ce que se dit Pansy en quittant à son tour la salle pour trouver celui qui était censé devenir son époux.

Stupide femme amoureuse incapable de voir autre chose que ce qu'il faudrait.

Après tout, l'amour rend aveugle, non ? Mais… Doit-on obligatoirement oublier le reste du monde ? Il ne cesse pas de souffrir sous prétexte que l'on aime. Fermer les yeux, encore et encore… Aimons à en oublier la folie ambiante. Après tout, personne ne peut tout porter seul.