Disclaimer : Comme d'habitude, rien à moi, sauf l'histoire (c'est déjà beaucoup je trouve).
Chapitre 3 :
Avant que Pansy Parkinson ne lui tombe littéralement dessus pour lui raconter les derniers Potins-Potter, et qu'il l'évite tout aussi littéralement, Draco Malfoy était tranquillement assis dans sa chambre individuelle – ou tout le bonheur d'être préfet en chef. Et pour changer, il réfléchissait. Il avait réussi à semer Pansy – quel naïf… - et les deux idiots, il avait terminé ses devoirs pour les jours qui suivaient, mais il ignorait encore quoi faire concernant la – oh dieux, il détestait vraiment ce mot – guerre.
D'un côté, Voldemort pouvait lui apporter une certaine gloire. Surtout s'il remportait cette foutue guerre. Draco avait réellement intérêt à se trouver du côté des vainqueurs. Si c'était Voldemort, eh bien il serait condamné à tuer et à obéir un homme qu'il croyait sincèrement fou et à moitié moribond. Si c'était le côté de Dumbledore, il serait déshérité et condamné, encore, à se cacher et à espérer qu'on l'oublie. Mais il serait plus libre, et il n'aura pas à tuer – mais il devrait s'arranger pour que sa trahison soit suffisamment visible pour qu'il n'ait pas à être espion.
Bien. Cela risquait d'être génial.
* * *
Draco sortit de sa chambre – les cours commençaient à dix heures, il voulait simplement faire un tour dans le parc, en espérant échapper à tout ce qui menaçait de faire exploser sa poitrine, déjà compressée par l'angoisse sourde du futur.
Bon, il était vrai que ses marges de manœuvres étaient limitées. Il avait toujours été insupportable, fourbe, Serpentard, raciste – mais les gens changent, n'est-ce pas ? Dumbledore pourrait s'en rendre compte, si Draco présentait suffisamment de preuves de son retournement. Mais d'un autre côté, il était un Malfoy. Il devait être du côté des méchants. Pourtant... Eh bien, il aurait aimé que les choses soient différentes. Il était beaucoup trop... eh bien, gentil, pour un Malfoy. Il ne supportait pas la vue du sang, il avait envoyé Dobby aider Potter en seconde année, et puis, merde, il se foutait totalement de savoir en quoi son putain de sang était supérieur à celui d'un Moldu ou d'un Sang-de-Bourbe. Surtout quand il voyait l'intelligence fulgurante de Granger – ne jamais, jamais, repenser ça.
Il fut interrompu dans ses profondes méditations par – je vous avais prévenu – Pansy Parkinson.
Il était arrivé dans le hall de l'école, et passait près des escaliers, quand il entendit la charmante voix stridente de sa camarade. Il eut à peine le temps de se retourner qu'il sentit un poids lui arriver dessus – cette idio.... euh, jeune fille, très contente de trouver son futur fiancé, avait dévalé les escaliers et s'était mélangé les jambes. Pour tomber dans les bras de Draco, et réussir à le faire tomber.
Draco se dit que c'était une bénédiction que personne ne soit dans les parages : il n'y aurait aucune preuve de cette malencontreuse chute, de même qu'il n'y aurait aucun témoin susceptible de le désigner comme cause de la disparition de Pansy Parkison. Hinhin.
Après lui avoir crié dessus pendant cinq bonnes minutes, en la menaçant de toutes les manières possibles et inimaginables, il épousseta ses manches et demanda avec colère :
-Maintenant, tu vas me dire tout de suite pourquoi tu es arrivée comme une hystérique.
Sentant que ça allait barder pour son matricule, Pansy déglutit et dit de la manière la plus neutre qu'elle put (c'est-à-dire peu convaincante) :
-Ce matin, au petit déjeuner, Potter a annoncé devant toute l'école qu'il se séparait de ses deux idiots d'amis. Granger l'a giflé, c'était vraiment amusant. Et puis...
-Attends. Tu veux dire que Saint Potter a abandonné toute sa clique ?
Pansy hocha la tête vigoureusement, un peu plus rassurée maintenant que Draco semblait plus intéressé.
-Et cela méritait vraiment de me sauter dessus comme tu l'as fait ?
Lui lançant un regard noir et mauvais, Draco contourna sa camarade et sortit dans l'air froid de septembre.
Quelle merde.
* * *
Après le clash qu'avait suscité Harry Potter au petit-déjeuner, tout le monde s'attendait à ne pas le revoir avant un moment. Eh bien... Non, bien sûr. Il alla en cours comme à son habitude, mais le seul changement était qu'il ne parlait définitivement plus à personne. Il ignorait superbement les autres, attirant de ce fait un certain respect de la part de Draco – mais jamais il ne dirait une chose pareille. Respecter Potter, c'était comme.. Eh bien, c'était comme ne pas lui pourrir la vie. Impossible.
Ainsi donc, la relation bancale qu'avait Harry avec le reste de l'école se dégrada brutalement. Plus personne n'osait l'approcher – le risque de se faire jeter littéralement était beaucoup trop important. Les professeurs ne trouvèrent rien à redire à ses notes, toujours aussi bonnes, et son comportement violent avait disparu – pas ses retenues, malheureusement : il semblait avoir décidé de provoquer tous les professeurs, et la perte de points lui étant totalement indifférente, il restait collé pendant de nombreux soirs.
Harry Potter ne parlait plus, venait rarement dans la Grande Salle et personne ne s'intéressait vraiment à savoir s'il dormait la nuit. Mais cela paraissait évident que non, au vu des cernes noires qui coloraient ses joues trop blanches.
Mais ça, Draco Malfoy faisait mine de s'en foutre royalement. Sinon, pourquoi persistait-il à insulter Potter ? Pourquoi lui lançait-il des regards méprisants, dégoûtés ? Rien, sinon une haine farouche et un mépris sans limite.
Ah... Ai-je déjà parlé de l'importance des apparences dans la famille Malfoy ?
Après tout, c'est de cette seule manière qu'avait appris Draco à se conduire. Toujours cacher ce que l'on pense réellement. Et puis, on aurait trouvé extrêmement bizarre le fait que l'héritier Malfoy s'inquiète pour le Fléau de son supposé maître, j'ai nommé Harry Potter.
Bien sûr, Draco avait remarqué la dégradation de son ennemi de toujours, de loin. Il l'observait, jour après jour, persuadé qu'il finirait par trouver ce qui clochait – ou que Potter tombe, ce qui ne semblait pas tarder. Il est vrai que pour le moment, ce n'était qu'une vague angoisse. Bien sûr, celle de perdre son pire ennemi. Qui pourrait-il embêter à longueur de journée, je vous le demande ? Un sentiment diffus, qui mettait Draco en garde. Quelque chose se passait. Et forcément, ça se passait autour d'Harry Potter, comme toujours.
On était en novembre, et Draco Malfoy décida d'élucider le Mystère Potter.
* * *
Draco tourna à l'angle d'un couloir au quatrième étage. Étant préfet-en-chef, il devait faire au moins trois rondes par semaine. Mais ce petit désagrément était largement compensé par une chambre privée – comprenez, un double lit, cheminée et salle de bains – mais aussi et surtout, une autorité croissante sur le reste de l'école. Certains septièmes années le respectaient même.
Bref, sa vie paraissait merveilleuse.
Du moins, pour une idiote comme Pansy Parkinson. Son manque flagrant d'intelligence stupéfiait à chaque fois le blond. Comment avait-elle seulement pu se retrouver à Serpentard ?
Draco ferma les yeux un instant – pas la peine ni le moment de penser à une tarée congénitale de son espèce. Il continua à marcher, perdu dans ses pensées. Et comme depuis quelques mois, ce fut quelque chose du genre : « Et si mon père découvrait tout ? Et s'il me tuait ? Il oserait... Et qu'est-ce que je vais foutre dans le camp du vieux fou, hein ? Il est peut-être fort, mais il a des scrupules.. et des principes. Pas comme... » Bref, que des choses très joyeuses.
Qui le devinrent quand il découvrit sa Némésis personelle en face d'une fenêtre donnant sur le parc. Draco prit tout de même la peine de le détailler. Potter était devenu beaucoup plus mince – et le blond supposait que cela serait pire sans ses vêtements –, l'air pérpétuellement fatigué, presque malade. Son regard était plongé dehors, et n'entendit même pas les pas se rapprocher.
-Potter.. Tu sais que même moi, j'ai le droit de te mettre en retenue ? commença Draco.
L'autre garçon réagit à peine quand il entendit sa voix.
-Fais-le donc, si ça peut te faire plaisir, dit-il doucement.
-Il est vrai que cela me ferait vraiment plaisir... Et que dire de ce cher Snape ? Il adorerait t'avoir en retenue... encore une fois.
Et là, Draco n'eut pas vraiment le temps de comprendre ce qu'il se passait, quand Potter le plaqua contre un mur avec une violence inouïe. Draco ne comprit pas plus quand Potter le fusilla du regard avant de le laisser tomber au pied du mur.
Harry retrouva rapidement son regard indifférent avant de tourner les talons.
Draco resta assis quelques instants, un peu trop hébété pour pouvoir penser correctement, puis se releva lentement, tout en pestant dans sa barbe – inexistante, d'ailleurs.
C'était décidé, il irait jusqu'au bout.
Putain de Potter...
* * *
Harry s'était douté que sa sixième année serait pire que les cinq autres. Il avait eu raison. S'il avait pu parié, il aurait triplé sa montagne d'or à Gringotts.
Il avait fait en sorte que tout le monde le déteste. Chose plutôt réussie. Plus personne n'osait l'approcher – une bonne chose, au moins il ne devait plus se justifier à chaque fois qu'il faisait quelque chose. Il était dans les trois premiers de sa promotion. Il avait trouvé un moyen de retrouver tous les Horcruxes. Il pensait pouvoir tenir d'ici la fin. Oui, c'était parfaitement faisable.
Mais à quel prix ?
* * *
N'importe qui aurait pu voir – si seulement on voulait – que si Harry Potter voulait montrer qu'il déniait toute forme de vie sociale, cela n'était vraiment la vérité.
Harry avait effectivement quitté ses fonctions de préfet au début de l'année, s'attirant les foudres de sa directrice de maison, mais il avait pour le moment gardé son rôle de Capitaine d'équipe de Gryffondor. Ce qui avait été un non-sens dès le début pour Draco Malfoy. Pourquoi se disputer et s'éloigner de tout le monde, alors qu'il continuait à effectuer un sport qui le mènerait inexorablement vers le centre de l'attention de tout le collège ?
D'ailleurs, le premier match de la saison opposerait l'équipe Gryffondor à celle de Serpentard. Draco se demandait se que Potter allait encore inventer pour se rendre intéressant.
Eh bien, ce qu'il fit ce matin-là dépassa tout ce que le blond avait pu imaginer.
La match avait débuté de manière normale, c'est-à-dire que les deux Capitaines se serrèrent la main – oh, pas brutalement : Draco était presque sûr de pouvoir briser le poignet de Potter en serrant un peu fort. Non, bien sûr, aucune fausse modestie. Triste réalité.
Dès que Madame Bibine eut sifflé le coup d'envoi, les joueurs se mirent en position, et le jeu débuta.
C'était violent. Vraiment. Des coups partaient des deux côtés, comme en écho à ce qui se passait dehors. Les coups étaient retenus, mais c'était toute une ambiance, une impression de bataille.
La veille, il y avait eu un descente de Mangemorts dans un village moldu. Les Aurors avaient été prévenus à temps. Des morts des deux côtés.
Draco ne lâcha pas des yeux son adversaire. Il savait que dès que Potter aurait repéré le Vif, ce serait fini pour le jeu. Et grands dieux, comment un être aussi maigre pouvait espérer vaincre le Mage Noir ? C'était juste inconcevable – et pourtant, l'air concentré qu'il arborait maintenant rivalisait avec celui d'un homme au combat.
Et soudain, Potter vit le Vif.
Tout s'enchaîna très vite. Potter s'élança derrière la petite balle dorée, presque aussitôt suivi par l'attrapeur de Serpentard. La balle s'éleva soudainement vers le ciel, et les deux jeunes hommes durent poursuivre leur course, leurs balais presque à la verticale. Puis nouveau changement de trajectoire – toujours plus haut, mais à droite, à gauche. Draco aurait juré que cette foutue balle se moquait d'eux.
Ils étaient à la même hauteur, presque épaule contre épaule. Potter avait toujours son air concentré sur le visage. Même lorsque le Vif fonça sur les gradins des spectateurs, Potter ne ralentit pas – mais Draco, lui, ne semblait pas avoir autant de désir de se faire mal. Il freina quelque peu, et se rendit compte à temps qu'il allait crier à son ennemi de faire attention.
Ce qui, entre nous, aurait été parfaitement inutile. Potter devait avoir un radar intégré, sans quoi il se serait vraiment pris lesdits gradins. Le Vif remonta, et Draco repartit en chasse.
Arrivés à au moins quinze mètres du sol, le Vif s'immobilisa dans les airs. Visiblement, il attendait que les deux Attrapeurs soient à sa hauteur. Face à face, ils se scrutaient, lentement, sans leur animosité habituelle. Si quelqu'un avait pu les voir à cet instant précis, il aurait pu croire qu'ils étaient amis.
Que les dieux les en préservent.
-Alors Potter, il paraît qu'on a abandonné ses deux toutous préférés ? lança Draco, une note de médisance dans la voix.
-C'est vrai, répondit Harry calmement.
-C'est Snape qui va être content de ne plus vous voir ensemble, ricana Draco.
-Oui, fit simplement Harry.
-Quelle répartie Potter.... Je t'ai connu plus combattif, repartit Draco.
Harry ne dit rien, son regard s'était reporté sur le Vif, qui commençait tout doucement à descendre, comme pour échapper aux deux garçons.
-C'est trop tard Malfoy. Tu as perdu, dit doucement Harry.
Et il s'élança vers le sol.
Au début, Draco le suivit. Mais quand il vit à quel point le sol se rapprochait vite, il cessa rapidement, et se demanda si Potter allait faire marcher son cerveau ou son radar. En fait, arrivé à cinq mètres du sol, Potter glissa de son balai – sciemment ou non, nul n'aurait su le dire – et tendit la main vers la petite balle, qui continuait sa course vers le plancher des vaches.
Et sans savoir comment cela c'était passé, Potter se crasha au sol, dans une gerbe de sable qui cacha la scène pendant quelques instants.
Quand toute la poussière fut retombée, Potter était debout, tête baissée. Son balai arriva non loin de lui, et comme s'il ne s'était rien passé, il donna le Vif d'Or à Madame Bibine, qui, bouche ouverte, s'était posée à deux mètres de lui. Elle siffla la fin du match, annonçant ainsi la victoire de l'équipe Gryffondor. Les spectateurs étaient comme fous, ne croyant pas à leurs yeux. Si Draco l'avait pu, il les aurait imité.
Une fois que cela fut fait, Potter dit simplement à la professeur de Vol :
-J'arrête le Quidditch. Définitivement.
Et il quitta le terrain, insensible aux vivas de joie qu'il était censé recevoir.
Draco, toujours juché sur son balai, regarda son ennemi de toujours partir, son balai sur l'épaule.
Maintenant, il voulait aussi découvrir le Mystère du Vif Contrôlé.
* * *
Note de fin de chapitre : Je suis vraiment navrée de livrer cela si tard – j'avoue n'avoir aucune excuse réellement valable, si ce n'est un manque flagrant de courage et de d'inspiration.
J'espère que cela vous aura plu quand même.
See you soon !
Meduza.
