Mes plus plates excuses. Ce chapitre est terminé depuis au moins un bon mois, et je ne l'ai toujours pas posté. Shame on me. Tout ça pour dire que : l'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, que je compte les tomes 1 à 5, avec de légères modifications de ma part ; cette histoire a un rating assez élevé – ça deviendra plus visible plus loin dans l'histoire ; et que, oui, il y a des viols, donc que les âmes sensibles cliquent sur la petite croix rouge, je ne tiens pas à choquer mes rares lecteurs.
Ceci dit, place à la suite de Leur vie brisée.
Chapitre 4
La joie que les trois quarts de l'école avaient ressenti ne s'était que moyennement assombrie sous le coup de la nouvelle : Harry Potter arrêtait le Quidditch. Bon, au moins Gryffondor disposait d'une bonne avance pour le tournoi, certes, et même sans leur Attrapeur fétiche, beaucoup misait sur les qualités de stratégie et d'esprit d'équipe qui caractérisait celle de Gryffondor.
L'euphorie de l'après-match avait persisté durant plusieurs jours – la manière dont Potter avait attrapé ce foutu Vif, de façon si spectaculaire, avait relancé les quelques rares espoirs que certains avaient de faire revenir Harry. Mais bien sûr, aucun n'y parvint. Les tentatives de Hermione s'étaient soldés par de cuisants échecs.
Qu'importe.
Harry se noyait dans ses études, ne faisant attention à rien ni personne, oubliant même parfois de manger, et rendait systématiquement tout ce qu'il ingurgitait. Même s'il semblait aller bien de l'extérieur, il était fatigué. Parfois il regrettait d'avoir dit de telles choses à Hermione. Il aurait voulu s'excuser, mais il ne pouvait pas. Le visage de Ron, ainsi que ceux de ses camarades, l'en empêchait. Et aussi les menaces. De Voldemort, entre autre. Il espérait juste que tout finirait très vite.
Tous ceux qui avaient été proches du trio ne cessaient de s'étonner du comportement de Harry ; pourtant, ils pensaient tous qu'il n'aurait pas du agir de la sorte. Le garçon aux cheveux noirs du donc faire face aux regards les plus mauvais qu'il lui ait été donné de rencontrer. La haine. Le mépris. Et les murmures dans son dos. Il pouvait supporter tout ça. Mais en plus, tous ceux qui l'avaient détesté – majoritairement des Serpentards - depuis le début de sa scolarité le félicitaient pour s'être séparé de le 'Sang-de Bourbe' et le 'Traître à son sang'.
Mais étrangement, le Serpentard qui semblait le moins enthousiaste à l'enfoncer était Draco Malfoy. Il pouvait parfois sentir les yeux gris le fixer, posant un million de questions qui devaient rester sans réponses.
* * *
La sonnerie retentit, et avant que tous les élèves de Serpentard et Gryffondor ne se ruent vers la sortie, McGonagall eut le bon soin de crier qu'ils devaient rendre un devoir sur les méfaits de la transfiguration humaine pour le jeudi suivant. Malgré un grognement presque unanime, les élèves coururent presque se réfugier dans leurs salles communes respectives – les couloirs du château commençaient à être réellement gelés. Cependant, un seul élève – devinez qui c'est – n'imita pas ses camarades. Au contraire, il se dirigea vers une certaine gargouille, qui après s'être fait susurrer des mots sucrés, donnait sur un certain bureau directorial. Enfin, bref, Harry Potter venait voir Albus Dumbledore.
Le vieil homme le salua d'un sourire avant de lui désigner un siège en face de lui.
-Bonjour Harry.
Harry hocha la tête. Il ne semblait pas prêt de parler sans en être obligé.
-J'imagine que tu te demandes pourquoi je t'ai fait venir.
Harry ne répondit pas.
-Draco Malfoy, Blaise Zabini et Théodore Nott font à présent parti de l'Ordre du Phœnix. Ils refusent de servir Lord Voldemort.
Harry écarquilla les yeux. Il n'arrivait pas à y croire. Il pensait – comme la plupart des étudiants – que Draco Malfoy serait le premier à se vanter d'être un Mangemort. Mais les gens changent…
-Je voudrais que tu leur montres le quartier général. Samedi, pendant que les autres élèves seront à Pré-au-Lard.
-Je…
-S'il te plaît. Nous aurons besoin d'eux. Draco Malfoy ne veut plus rentrer chez lui, et il a réussi à nous indiquer quelques informations avant que sa trahison ne soit découverte. Blaise Zabini et Theodore Nott pensent avoir assez d'influence sur les Serpentards les plus jeunes pour les dissuader de rejoindre Lord Voldemort.
La voix du directeur paraissait soudainement très lasse. Harry hocha la tête, indifférent.
-Est-ce que quelqu'un d'autre sait ?
Sa voix semblait rouillée, rauque.
-Non. D'ailleurs, personne ne devrait le savoir, ils ont insisté pour que je sois le Gardien de leur secret.
Harry hocha de nouveau la tête, et amorça un geste pour sortir quand Dumbledore l'arrêta.
-Harry, est-ce que tout va bien ? Est-ce que tu veux me parler de quelque chose en particulier ?
Harry planta ses yeux dans ceux du directeur, puis lâcha d'une voix froide :
-Je vais bien Monsieur. Merci de vous en inquiéter.
Il sortit enfin, sans remarquer l'air étrangement... satisfait du directeur le plus incompréhensible de l'histoire de Poudlard.
* * *
Bon. C'était fait.
Draco avait envie de se taper la tête contre les murs. Mais qu'est-ce qui lui avait pris ? Mauvaise idée, songea-t-il. Très mauvaise idée.
La veille au soir, il était allé voir le vieux fou. Et il lui avait tout expliqué, avec son habituelle voix traînante ; il ne voulait pas suivre les traces de son putain de père, il refusait de courber l'échine contre un putain de salaud vicieux, il était même prêt à se mettre au service de Dumbledore si ça lui chantait – mais ne jamais, jamais, devenir un Mangemort. Plutôt mourir. Il supposait qu'il avait été assez convaincant, puisque le vieux l'avait fixé pendant un long moment. Il avait soupiré. Il avait posé quelques questions, suffisamment précises et pas assez intimes pour mettre en confiance le Serpentard.
Maintenant, Draco appartenait à ce foutu Ordre du Phénix. C'est fou comme les choses changent en quelques mois.
Il avait également appris que deux de ses camarades étaient allés voir le directeur, faire précisément la même demande que lui. La protection contre les services. Théodore Nott et Blaise Zabini. Il ne leur avait jamais parlé – son père estimait qu'il ne convenait pas de traiter avec des membres d'une famille inférieure à la leur. Comment n'avait-il pas pu se rendre compte de l'étroitesse d'esprit de l'homme qui se disait son père ?
Bon, il ne détestait pas son père. Pas entièrement. Il lui avait appris certaines choses qu'aucun autre père n'aurait pu. Même s'il avait été contraint d'utiliser des méthodes quelque peu... violentes par moment, Draco supposait que ça avait été normal. Il avait dû mal se conduire. Sinon... Eh bien, l'autre solution, celle que son esprit refusait d'admettre, était beaucoup moins idéaliste.
Il donna le mot de passe de la salle commune, et entra, toujours plongé dans ses pensées, mais néanmoins beaucoup plus alerte maintenant qu'il était entré dans l'antre des Serpents. Il vit les deux Serpentards qu'il recherchait. Nonchalamment, il se dirigea vers eux et s'assit dans le canapé, à côté de Théodore. Les deux autres se regardèrent sans rien dire, puis reprirent leur travail de Métamorphose. Les regardant faire, Draco sortit un livre qu'il avait emprunté à la bibliothèque et leur tendit.
-Pages trois cent quatre à trois cent cinquante deux.
Et il sortit ses propres affaires d'école. Théodore et Blaise se sourirent. Enfin un allié au milieu de tout ça.
* * *
Le lendemain matin, Harry entra dans la Grande Salle avant que tous les autres élèves ne soient descendus. Il n'y avait que quelques Serdaigles et trois Serpentards. Harry reconnut Draco Malfoy, ainsi que Theodore Nott et Blaise Zabini. Il se demanda rapidement ce qu'ils faisaient ensemble, à chuchoter de la sorte. Il ne lui semblait pas qu'ils avaient été amis un jour. Puis il se souvint de la discussion qu'il avait eu la veille avec le directeur. Des nouveaux membres, d'une maison 'ennemie'. Bien sûr qu'ils voulaient être ensemble.
Secouant la tête, il se dirigea vers la table des Gryffondors, vide. Il s'assit lentement, puis, se servit une tartine grillée avec un peu de jus de citrouille. Soudain, deux hiboux entrèrent simultanément dans la Salle. Ils se dirigèrent droit vers Harry, qui les regarda simplement avec une sorte de suspicion. Le premier déposa une enveloppe qui portait le cachet de l'école, tandis que le second laissa un petit paquet à côté du gobelet d'Harry, qui parut satisfait – autant que Draco ait pu en juger.
L'autre garçon décacheta l'enveloppe, et lut la lettre avec un froncement de sourcils. Puis il redirigea son attention vers le paquet. Il se demanda si c'était ce à quoi il s'attendait. Il ouvrit doucement le paquet, avant de sourire légèrement en voyant le contenu. « Parfait », pensa-t-il, en prenant un paquet rectangulaire avant de le fourrer dans sa poche. Le reste de la boîte fut glissée dans son sac.
-Hey, Draco, est-ce que tu pourrais nous écouter ? demanda Blaise avec impatience.
Le blond reporta son attention sur son nouvel ami, un léger sourire d'excuse sur les lèvres.
* * *
Le samedi arriva rapidement. Draco, Théodore et Blaise, qui se connaissaient à peine depuis les six années qu'ils avaient passé au château, se rendirent à Pré-au-Lard, comme de vieux amis silencieux. Il est étrange de se rendre compte qu'on se sent si bien avec des personnes alors qu'on les connaît à peine… Mais aucun d'eux n'avait jamais réellement fait confiance à personne, alors il leur semblait bizarre de se sentir si proches entre eux. Mais ils partageaient le même secret. Tant pis pour le reste, ils étaient amis.
-Vous savez qui nous devons rencontrer ? demanda Blaise, en regardant de tous les côtés, alors qu'ils patientaient à l'entrée du village.
-En tout cas, il ou elle est en retard, grogna Draco.
-Enfin, Draco, il est à peine dix heures cinq !
-Ouais, ouais… En tout cas ça a intérêt d'être un véritable canon de beauté pour qu'il ou elle se fasse pardonner.
-Hm.. Avec notre chance, ça va être un gros boudin ou un gay… fit Blaise.
-Blaise.. je suis gay, fit remarquer Draco avec froideur.
-Ouais, mais moi non ! répondit fièrement Blaise.
-Enfin, interrompit Theodore. Il arrive.
-Comment ça ? Tu sais qui c'est ? demanda Blaise, en recherchant un visage dans la foule, sûrement avec écrit en gros 'je fais partie de l'ordre du Phœnix' sur le front.
Theodore le regarda étrangement.
-Bien sûr. Ca ne vous paraissait pas évident ?
C'est alors qu'un jeune homme sortit de la foule à leur rencontre. C'était, bien évidemment et comme vous le savez, notre Harry international. Draco et Blaise regardaient Théodore avec un air d'étonnement et de fierté étrange.
-Bonjour, fit doucement Harry.
Les trois autres hochèrent simplement la tête en guise de salutations.
-Vous savez transplaner ?
-Depuis que je suis né, rétorqua Blaise.
-Parfait, fit Harry avec un petit sourire. Accrochez-vous à moi.
Les trois Serpentards obéirent, et quelques secondes plus tard, ils réapparurent dans une sorte de square vide et morne, dans ce qui paraissait être un quartier moldu. De petites maisons se côtoyaient. Leurs toits rouges contrastaient étrangement avec le ciel gris au-dessus d'eux. Sans un bruit, Harry les invita à le suivre. Il s'arrêta entre le numéro onze et le numéro treize.
-Pourquoi est-ce que… commença Draco.
-Je veux que vous lisiez chacun votre tour ce morceau de papier. Mémorisez bien l'adresse.
Il tendit un parchemin froissé à Blaise, qui déchiffra rapidement l'écriture d'Harry, puis le donna à Théodore, qui le tendit finalement à Draco. Lorsque les trois l'eurent en tête, le papier s'autoconsumma, laissant Draco lever un sourcil.
-Bien. Maintenant, rappelez-vous pourquoi vous êtes entrés dans l'Ordre, en même temps que l'adresse.
Les trois Serpentards obéirent de nouveau. Soudain, une maison identique à celles qui s'alignaient le long du trottoir sembla pousser au milieu du numéro onze et du numéro treize. Avec un petit sourire face à leurs mines hébétées, Harry ouvrit la porte précautionneusement, et la referma de la même manière quand les trois autres l'eurent suivi.
-Bienvenue au douze, square Grimmault, quartier général de l'Ordre du Phœnix, leur annonça-t-il avec un sourire froid.
-Venez, continua-t-il, je vais vous montrer la cuisine, puis après, vous pourrez essayer de trouver une chambre. Au dernier étage d'ailleurs, presque toutes les autres sont prises. Et je doute que vous ayez envie d'être séparés.
Pendant qu'il parlait, il les avait conduit à une immense cuisine sorcière, où une grande table en bois trônait dans le milieu. Il les laissa s'installer, puis demanda :
-Quelque chose à boire ? De l'eau ? Une bierraubeurre ? puis il ajouta, dans un semi-sourire : Ou un Whisky Pur Feu ?
Les Serpentards se regardèrent, incertains, avant de répondre en chœur :
-Whisky !
Harry ne répondit rien mais leur servit à tous un verre, qu'il remplit généreusement. Un silence étrange remplit alors la cuisine. Peut-être est-ce qu'ils pensaient tous à leur futur, ou à leurs gorges brûlées par l'alcool ; peut-être se demandaient-ils pourquoi ils étaient tous là, assis dans le quartier général d'un ordre secret. Ensemble.
-A qui appartient cette maison ? demanda Blaise, curieux. Elle me rappelle quelque chose.
-Elle appartenait à la famille Black. Maintenant, elle est à moi, répondit Harry en haussant les épaules.
Il vida son verre.
-Qui d'autre fait partie de l'Ordre ? demanda à nouveau Théodore.
-Beaucoup de monde. Tous sous les ordres de Dumbledore. Les Weasley, Granger, la plupart des Gryffondors, Pouffsouffle et Serdaigle, ainsi que leurs familles. Quelques Aurors. Des gens du Ministère. Les professeurs de Poudlard.
-Tu veux savoir pourquoi on a voulu intégrer l'Ordre ? continua Théodore d'une voix absente.
-Théo ! s'insurgèrent Blaise et Draco.
-Pas spécialement, interrompit Harry. Je suppose que vous avez assez d'emmerdes pour vouloir en parler avec moi. Surtout que si je me souviens bien, nous ne sommes pas spécialement amis.
-Il faut dire que tu n'as pas spécialement d'amis, fit remarquer Blaise.
-C'est ce qu'il me semblait, répondit Harry d'une voix douce. Les avantages d'être le seul à pouvoir battre Lord Voldemort, c'est qu'on peut emmerder le monde sans qu'il vous fasse chier en retour – trop besoin de moi.
Soudain, la porte de la cuisine s'ouvrit et une des personnes à laquelle Harry s'attendait le moins à voir entra.
-Professeur Lupin ? fit Blaise en s'étranglant à moitié.
-Je ne suis plus professeur depuis longtemps, fit Remus avec un doux sourire. Bonjour Messieurs Zabini, Nott et.. Malfoy. Harry.
Ce dernier ne répondit pas. Il le regarda à peine. Lupin eut un petit soupir découragé, puis sortit un autre verre et se servit aussi généreusement que le fils de son ami mort. Le silence devint alors lourd et tendu. Harry, qui avait semblé si calme, paraissait être cerné de sa magie.
-Alors, contents d'être de l'Ordre ? demanda Lupin d'une voix pâteuse, après s'être servi un troisième verre.
-Parfaitement, fit sarcastiquement Draco. On a du trahir nos familles et nos amis, et si on nous attrape, on pourra dire adieu à une mort douce et tranquille. L'avenir est tout à fait rose.
-Draco ! gronda Thédore. Monsieur, je… Vous devriez arrêter de boire.
-Laisse le, fit doucement Harry. Il a toujours un verre à la main quand il vient de tuer quelqu'un. En général, il finit comme un vulgaire clochard au coin du feu.
-Harry, je ne te permets pas de me parler comme ça ! s'insurgea soudainement Lupin.
-T'inquiètes, je me permets tout seul.
-Harry…
-Va te faire voir. C'est ton problème si tu ne veux pas accepter que dans une guerre, il faut faire des sacrifices. Tuer fera toujours parti de nos attributions et de nos devoirs. Tuer pour pouvoir survivre, Rémus. C'est ce que Sirius disait.
Lupin se redressa, comme fou. Il brandit son doigt vers Harry et cria :
-Laisse Sirius en dehors de ça ! Il s'est sacrifié pour toi Harry ! Et comment tu le remercies ? Et tes parents ? Morts pour toi ? Tu n'es même jamais allé sur aucunes de leurs tombes !
-Pour quoi faire ? Les remercier de m'avoir abandonné ? Rémus, ne dis jamais que je n'ai rien perdu ni rien sacrifié. Tu ne me connais même pas, merde ! Tu ne sais rien de ma putain de vie ! finit-il par crier.
Haletant, les deux hommes s'affrontèrent du regard pendant un long moment, les trois Serpentards n'osant faire un geste. Harry quitta finalement la pièce après avoir pris la bouteille de Whisky qui traînait sur la table. Quelques minutes plus tard, Lupin sortit de son état de choc et sortit presque en courant. Les trois Serpentards se regardèrent un moment.
-Ce mec a vraiment un grain, souffla Blaise.
-Peut-être pas. Peut-être qu'il a juste besoin d'aide, soupira Théodore.
-Pourquoi ? Ce gars avait tout ce qu'il lui fallait. Des amis, des gens qui l'aiment et qui l'admirent, un beau tas d'argent. Et il a tout laissé tomber. Je trouve ça bizarre, fit Blaise.
-Oui, mais il a raison, dit doucement Draco. Dans une guerre, il faut faire des sacrifices. Une vie contre des millions, ce n'est pas grand-chose.
La porte s'ouvrit à nouveau, et Lupin refit son apparition. Il semblait s'être calmé.
-Excusez-moi pour mon comportement. Je.. J'ai du mal à le comprendre, dit-il avec un sourire dépité.
-Pas grave, murmura Théodore.
-Il y a une réunion de l'ordre dans une demi-heure. Vous pouvez aller chercher une chambre si vous le voulez.
* * *
Les trois Serpentards s'étaient choisi des chambres côte à côte au dernier étage, le moins utilisé par l'ordre. Après avoir marqué leurs noms sur leurs nouvelles chambres, ils étaient partis à la découverte de l'immense maison. Il restait un quart d'heure avant le début de la réunion, qui aurait lieu dans l'ancienne salle de bal, au rez-de-chaussée.
Ils avaient découvert l'immense bibliothèque des Black. Des murs tapissés d'étagères jusqu'au plafond, quelques tables de travail, une grande cheminée.
-C'est la salle préférée d'Hermione, dit gravement une voix tapie au fond d'un des fauteuils situés près de la cheminée.
Draco et Theodore se regardèrent avant d'aller voir plus près l'état du quatrième garçon. Les yeux dans le flou, il fixait le feu. Son bras tenait la bouteille de Whiskey, pratiquement vide. C'est alors que Draco vit une chose étrange sur le poignet de Harry - bien, pas si étrange que ça, mais quand même. Une sorte de croix celtique – une croix dans laquelle s'inscrivait un anneau – de couleur noire et rouge ornait le poignet du jeune homme. Il n'aurait jamais pensé que Saint Potter se serait fait une telle chose. En même temps, il n'aurait jamais cru qu'il aurait quitté sa famille pour le peu d'espoir que le Gryffondor leur donnait. Et puis ce dernier n'était pas censé être devenu aussi étrange.
-On devrait y aller, la réunion va bientôt commencer, dit soudainement Blaise.
Draco, les sourcils froncés, acquiesça. Il jeta un dernier coup d'œil à Potter avant de sortir à la suite de ses amis.
* * *
-… Et c'est pourquoi nous devons… disait Maugrey Fol-Œil.
-Faire en sorte que les attaques des Mangemorts échouent, termina une voix lasse.
Toutes les personnes présentes dans l'ancienne salle de bal reconvertie en salle de réunion se tournèrent d'un seul homme vers celui qui avait prononcé ces mots. La réunion avait commencé depuis trois quarts d'heure, et Potter ne s'était pas manifesté, même si cela n'avait semblé étrange pour personne. Les trois Serpentards avaient été présentés comme nouveaux membres de l'Ordre, et avaient été plutôt froidement accueillis – Weasley leur avait lancé un regard des plus noirs ; mais d'autres leur sourirent, ce qui les avait quelque peu détendu. Cependant la réunion avait tourné sur des sujets beaucoup moins amusants – c'était même terrifiant. Draco remercia le Ciel, Merlin et toutes les autres divinités pour l'avoir convaincu de changer de camp.
-Vous devriez changer de discours, dit tranquillement Harry en se dirigeant vers la table des boissons.
Il se servit allègrement un verre de Whiskey – Draco se demanda distraitement où passait tout cet alcool.
-Après tout, reprit le brun, ça ne paraît pas évident qu'il faut faire cesser cette guerre ? Mais dans toute guerre, il y a des sacrifices – il me semble en avoir déjà parler à Lupin. Malgré tout…
-Potter, je vous prierais de vous taire ! lança Fol Œil. Vous n'êtes pas en position de nous faire part de vos remarques, après ce que vous avez fait durant la dernière séance.
-Ah. Ce pauvre petit Mangemort. Il ne va pas trop mal j'espère ? dit froidement Harry.
Devant le froncement de sourcils des trois Serpentards, Nymphadora Tonks se pencha vers eux et leur murmura :
-La dernière fois qu'il est venu ici, Harry a torturé un Mangemort qui venait de tuer une famille moldue. Le Mangemort avait annoncé en riant qu'il s'ennuyait, alors il a suivi une petite fille jusque chez elle. Il a violé la mère devant les deux enfants et le père, avant de les torturer et les tuer. Harry ne l'a pas supporté.
Draco haussa les sourcils, mais n'ajouta rien.
-Enfin. Ma présence n'est plus importante. Je vais voir ailleurs si je trouve quelque chose à boire. Sirius devait bien avoir une réserve quelque part. Il paraissait toujours bourré quand –
-TAIS-TOI !
C'était Lupin qui venait de hurler.
-Pourquoi ? Tu ne veux donc pas comprendre que Sirius n'était qu'un alcoolique, tout comme toi ? Un pauvre type détruit par la guerre parce qu'il était trop faible ? Trop humilié ? Tu –
CLAC !
La tête d'Harry avait été repoussée sur le côté par la gifle magistrale que venait de lui donner Remus. Ses cheveux noirs lui cachaient les yeux, mais on pouvait voir la trace de la main du loup-garou. Celui-ci tentait de se calmer. Il respirait fort.
-Tu… Tu ne sais pas… A quel point ça fait mal de…
-Ta gueule, fit Harry d'une voix étrange.
Un silence tendu envahit la pièce. Draco regarda autour de lui. Deux personnes semblaient étrangement satisfaites – n'étaient-elles pas censées se détester ? Le reste des regards était concentrés vers le milieu de la pièce.
-Il y eu un massacre dans un village près de Liverpool. Il y a des survivants.
Il quitta la pièce aussi rapidement que possible, laissant le reste de l'Ordre choqué par son intervention. Arthur Weasley – reconnaissable entre tous – annonça d'une voix étrangement aiguë :
-Bien, je pense que nous devrions y aller. Que tous ceux qui peuvent viennent. Les autres, merci d'être venus.
D'un accord tacite, les trois Serpentards quittèrent la maison sans dire au revoir à personne. Aucunes des personnes présentes ne le remarquèrent vraiment.
* * *
Il y a certaines choses qu'on préfère garder pour soi. Parce qu'elles sont laides, honteuses, ou trop pénibles. Parce que l'on n'a pas suffisamment confiance en ses congénères. Alors on reste seul. Malgré l'éternité qui nous entoure, certains préfèrent rester solitaires toute leur vie plutôt que d'endurer le monde cruel qui nous supporte.
* * *
Ne pas pleurer, ne rien sentir, ne rien ressentir. Oublier. Un joli leitmotiv pour un acte aussi barbare.
* * *
Fin de chapitre. Il ne se passe pas grand-chose – mais quand même, Draco qui vire de bord… Hum. J'ai tapé jusqu'au neuvième chapitre, il ne reste plus que la mise en forme. La trame générale est terminée, il me faut étoffer maintenant…
Ceci dit, je recherche une fic depuis tellement longtemps que je me fous de l'histoire, je veux le titre – je vais vraiment devenir dingue si je ne la retrouve pas. Rapidement, c'est Harry Potter qui se fait mordre par une plante à l'épaule. La morsure lui donne une grande excitation sexuelle, et c'est Draco Malfoy qui en profite… Je vous en supplie, mettez une review qui vous connaissez le titre/l'auteur de cette fic… Sinon, mes neurones vont jouer à Battle Royal avec Google, ça va être un carnarge.
Merci, et à bientôt.
