Hello everybody!

J'entame une nouvelle fiction. Un UA cette fois. Je tiens à préciser que cette histoire me trotte dans la tête depuis un bout de temps, que j'en écris des chapitres sans jamais les

publier, car je n'était pas sûre de pouvoir sortir du contexte de la saga. Seulement, un auteur fantastique, m'a dit de me lancer, qu'il n'y aurait que comme ça que je saurais si j'en suis capable...

Merci à Pilgrim67, de m'avoir motivée à publier cette fic, et j'espère qu'elle vous plaira!

Dislaimer : Les persos appartiennent à JKR

Pairing : Harry Potter/Draco Malfoy

Rating : M

Note pour Arrya, alias Colonel-Bêta, ou Super-Bêta^^ : Voilà!! j'ai fais le prologue! (quelle corvée... ^^) Merci encore de me corriger ma belle

Note 2 pour Arrya : Arrrrgggg!!! Bon, dis moi, je t'en conjure... que cette fois, c'est bon!!! Pitié!!! lol, et dis à Potter de me prêter ses putains de lunettes!!!^^


Je me réveille. C'est dur, j'ai du mal à reprendre mes esprits.

Je sens une douleur fulgurante au niveau de ma nuque. Que m'est-il arrivé ?

J'ouvre les yeux, difficilement, et je ne vois rien. Il fait noir ici, j'ai froid. J'entends une respiration régulière toute proche de moi, une main serre la mienne.

Cette main qui serre la mienne, je la connais. Je la reconnaitrai entre mille, froide et douce. Peu à peu, je me souviens.

Nous étions à cette soirée de débauchés. Il m'y a traîné, enfin j'ai accepté. Je suis trop influençable. Nous y sommes allés, il prétextait que nous n'y ferions qu'un détour, mais il s'est éternisé, comme toujours.

Depuis que je le connais, ma vie me parait si compliquée, trop compliquée… Il m'a embobiné, ce type.

A la base, je suis quelqu'un que l'on pourrait qualifier de droit. J'ai eu mon bac l'année dernière avec mention, et j'ai été accepté dans une des facultés les plus prestigieuses de Londres, où je suis des études de droit.

Je serai avocat, comme mon père. Nous le sommes tous, les hommes de la famille Potter, et je me suis toujours réjouit à cette idée.

Je n'ai pas eu une adolescence difficile, pas comme lui, je n'ai jamais méprisé les règles, comme lui. Lui est capricieux, a tout pour être heureux, enfin j'imagine. Je ne le connais pas tant que ça en vérité. Il est si mystérieux. C'est ça qui m'attire chez lui. Et il le sait, il en profite, de ma curiosité, de ma naïveté, il fait de moi ce qu'il veut, quand j'y pense.

Nous sommes dans une cellule, de dégrisement je crois. J'espère. J'ai toujours mal au cou, comme si on m'avait frappé. Ca ne m'étonnerait pas. J'ai tellement de problèmes depuis que je le connais, je ne suis plus à ça près. Enfin, tout dépend, je sens que là, il est allé trop loin. Je le réveille.

« Malfoy ! Réveilles-toi ! » Je lui cris sans ménagements.

« Quoi… » Souffle-t-il. Il n'a pas l'air dans son assiette, lui non plus.

« Qu'est ce qu'il s'est passé ?! » Je lui demande. « Dans quoi m'as-tu encore embarqué ?! »

« Calmes-toi… Ca ne sert à rien de crier… » Me répond-il en chuchotant.

« Qu'est ce que t'as pris encore ? T'es en descente hein ? Tu me fais pitié… »

« Fermes la, Potter, j'ai rien pris, ok ?! Ils m'ont frappé comme toi… » M'informe-t-il, je comprends soudain pourquoi j'ai si mal. Mais qui nous a frappés ? J'ai dû formuler ma question à haute voix car il me répond :

« Les flics, Potter, où crois tu que nous sommes ? » Me dit-il d'un ton polaire. Je le déteste parfois, souvent même.

« Putain, je vais encore me faire tuer… » Ais-je soufflé en pensant à mes parents.

« T'es majeur mon vieux, personne doit venir te signer une décharge… » Se moque-t-il. Evidement, lui, il ne s'inquiète pas. Son père est indulgent, enfin, il parait l'être. Il va venir payer la caution de son fils, et, en fonction de la gravité du problème, endormira quelques juges pour étouffer l'affaire. Il ne peut pas se permettre de faire parler de lui, de sa famille. Le quand dira-t-on n'est pas bon pour les affaires.

Or, Lucius Malfoy est le PDG d'une multinationale pharamineuse. Probablement l'une des familles les plus riches d'Angleterre, les Malfoy.

Je ne juge pas. Je ne suis pas loin derrière et bien placé pour savoir que ce genre de situation suscite la jalousie. On n'épargne pas les riches, encore moins quand ils sont connus.

Mais le fils Malfoy multiplie les déboires tandis que, comme résigné, le patriarche passe derrière et répare les pots cassés.

A sa place, j'aurais depuis longtemps été envoyé dans un pensionnat de garçons, au fin fond d'une campagne d'Europe de l'est, et j'aurai de la chance d'en réchapper, après ça…

Mais lui, non. Il n'est pas inquiété par son attitude. Le problème c'est qu'un jour, elle lui sera fatale. Ce mec, même s'il me fascine, est une raclure vivante. Il se drogue, fréquente la racaille, les petites frappes, il est attiré par cet atmosphère glauque, toujours.

Je me souviens maintenant. Nous étions dans une villa, à la périphérie ouest de la ville. Un endroit charmant, isolé. Quand nous sommes arrivés, il nous a fallu franchir quelques centaines de mètres, dans un parc boisé, pour arriver jusqu'à la demeure. J'entendais de la musique.

Plus j'avançais, plus la musique s'intensifiait. Il y avait une fête, sans aucun doute. Rien d'inquiétant jusque là. Cet enfoiré, m'a dit que nous faisions un détour pour qu'il récupère quelque chose, il ne m'a pas dit quoi, évidemment, et nous devions nous rendre à un concert de rock après.

Seulement, Malfoy fils, avait l'air connu dans cette soirée. Des types bizarres ne cessaient de l'accaparer, lui offrant des bières, ou autres… Je m'impatientais sérieusement, ces mecs étaient tous dans un état lamentable, ils me faisaient pitié. Je ne voulais pas leur parler. Pas que je sois un snob, mais je ne me mélange pas à la racaille, c'est comme ça. Je n'ai rien à leur dire, rien en commun avec eux.

Alors je m'isolais dans un coin. Une fille, non un cadavre devrai-je dire, s'est approchée de moi en vacillant, elle m'a fait du rentre dedans. Je ne suis pas prude, mais là vraiment c'était au dessus de mes forces.

Je suis sorti de la pièce, moi qui pensais ne pas y être dérangé. J'étais sérieusement énervé, Il m'avait fait rater le concert. Bon, c'est lui qui avait payé les places, lui qui avait insisté pour y aller, après tout je ne suis pas très branché rock, mais c'était toujours mieux que d'être ici. Et puis au moins j'étais avec lui. Je savais ce qu'il faisait. Avec moi il ne se défonce pas. Il sait que j'ai horreur de ça. Alors il reste clean, comme il dit. Pour moi.

Je suis arrivé dans la pièce principale, il y avait un raffut monumental. Je n'ai jamais vu autant d'agitation dans une maison. Les gens courraient partout, dans tous les sens. J'avais peur. Je l'ai cherché des yeux, je courrais moi aussi, montant les étages, ouvrant toutes les pièces, mais je ne le trouvais pas. J'étais terrifié.

D'après ce que j'avais compris, la police arrivait. Il y avait des types, beaucoup plus âgés que nous, qui maugréaient au sujet d'une balance, je n'ai pas tout comprit. Je l'ai cherché, encore, puis je suis retourné en bas. Il fallait que je fuie aussi. Je ne pouvais pas me faire prendre ici.

Soudain, j'ai sentis qu'on m'attrapait par le poignet. Je me suis retourné, c'était lui. Il avait l'air fou, il me faisait peur.

Il m'a crié que j'étais un abruti, qu'il m'avait cherché partout. Je voulais lui retourner le compliment mais je n'en ai pas eu le temps. Il m'a trainé dans la maison en courant comme si sa vie en dépendait.

Peut-être n'étions nous pas loin de la vérité, quand j'y pense.

Nous somme sortis, en trombe. Nous avons courus vers la sortie du parc, vers ma voiture.

C'était trop tard. La police était en faction tout autour du domaine. J'ai vu des hommes menottés, plaqués au sol, sans ménagement. Je me suis demandé, un quart de seconde, où est ce qu'il avait bien pu m'amener ? Ces types avait l'air tellement dangereux, vus traités de cette façon. On aurait dit des criminels de la mafia. Quelle importance avais-je pour lui, pour qu'il n'hésite pas à me trainer dans une soirée pareille ? Me faire prendre autant de risques. A-t-il si peu de considération pour moi ?

Je n'ai pas pu me poser plus de questions. Un homme en uniforme s'approchait de nous avec un air féroce, déterminé. Malfoy m'a dit de ne pas bouger, ça n'aurait servi à rien. Nous étions foutus, de toute manière.

Le policier s'est emparé de moi avec violence, comme un malfrat. J'ai protesté, je me suis défendu, j'ai crié que je n'avais rien à voir la dedans, que c'était sa faute, à lui.

Et là, c'est le trou noir. J'en déduit que le flic n'avait pas envie de m'entendre clamer mon innocence plus longtemps. Il a dû me frapper, pour que je me taise.

Quant à Malfoy, je ne sais pas ce qui lui ait arrivé. Je ne veux même pas le savoir. Je m'en fou.

Il me parle mais je ne l'écoute pas. Je prie pour que mes parents soit cléments. Je leur jurerai de ne plus jamais revoir Malfoy, j'avouerai ma honte et mon erreur d'avoir suivi ce type jusque là, d'avoir été si influençable. J'abdiquerai mes fautes dans le travail, avec acharnement, je leur prouverai que je ne suis pas comme lui.

Ce mec, je pourrais en parler des heures durant. Il me fascine, et me dégoûte à la fois. Il est ce qu'on pourrait appeler un petit génie.

Il est dans la même fac que moi, en études de commerce, et il est brillant. Pourtant, il n'en fou pas une. Moi, je m'échine pour obtenir des moyennes plus qu'acceptables, et lui se branle pour n'être qu'excellent.

C'est rageant, parfois. Mais la vie est injuste. Et je ne me plains pas vraiment de la mienne en réalité. Au moins je saurai apprécier le fruit de mon labeur. Pour lui tout est acquis, et tout est fade.

Moi j'aurai de la fierté, quand je viendrai à bout de mes études. Lui trouvera ça normal. Logique, inéluctable.

Nous sommes différents, en tout point. Et je m'en rassure. Je ne veux pas lui ressembler, en fait. Pour rien au monde.

Je hausse les épaules car je pressens qu'il m'a posé une question. Il a haussé la voix. Il n'a pas l'air content. Sûrement parce qu'il s'est rendu compte que je l'ignore. Soudain il s'approche de moi et me secoue.

« Quoi ?! » Je lui demande irrité.

« Tu ne m'écoutes pas ! Tu m'énerves !! » Me crache-t-il. Je hausse les épaules à nouveau, je me fiche de ses états d'âmes. Il fallait réfléchir avant de m'embarquer dans cette histoire.

Le silence règne en maître à présent. Il s'est résigné à continuer. Il sait que ça ne sert à rien, je suis buté. Je ne veux pas qu'il me parle, et encore moins lui parler.

Un homme entre dans la pièce et s'approche de moi. Il me dit de le suivre.

Malfoy me regarde affolé, je sais qu'il a peur. Il ne me fait pas vraiment confiance. Il sait que j'en connais assez à son sujet pour le faire croupir ici au moins quarante-huit heures de plus, et que papa Malfoy n'y pourrait rien, cette fois.

Je le regarde, j'aime cette sensation d'emprise sur lui. J'ai son sort entre les mains, un sourire sadique étire mes lèvres. Il a peur, je le sais, peur de moi, et j'aime ça.

Pourtant je ne dirai rien. Je ne pourrai pas, c'est sûr. Bien malgré moi, ce type est important pour moi, trop important. Il s'est passé trop de choses entre nous, pour qu'il en soit autrement. Je l'aime…

Mais je peux bien lui faire peur, juste maintenant. Il ne lui arrivera rien, je pense, j'espère. Mais ça m'amuse qu'il croit le contraire, il le mérite. Peut-être aura-t-il assez peur cette fois, pour laisser tomber cette existence de débauché, qui m'exaspère tant, qui me fait si mal, pour lui.

L'homme m'emmène dans une pièce. Le genre de pièce que l'on voit dans les séries américaines, parfois. D'ailleurs, j'ai l'impression que je suis l'acteur de l'une d'entre elle. Tout est si surréaliste.

Je me demande ce qu'ont bien pu faire les types que j'ai vu à cette soirée. Ce doit être grave.

L'officier se présente, c'est un agent de la criminelle. Je sens une boule me vriller l'estomac quand je l'apprends. Je doute un instant que Malfoy s'en sorte si facilement, finalement.

Il m'apprend pourquoi les hommes de la soirée sont recherchés. J'ai envie de vomir. Comment Malfoy peut-il fréquenter ce genre de personnes ? Ou peut-être n'est-il pas au courant ? Peut-être ces hommes se jouent-ils de lui, ne le considèrent que comme un petit bourgeois, une mine d'or ? Je l'espère.

Car cette bande, d'après le flic, ne comporte pas que de simple dealer, comme je le croyais. Ils sont impliqués dans des affaires sombres. Du trafic d'armes, d'héroïne, et le policier à l'air surpris que j'aie pu atterrir à une soirée pareille. Je le suis aussi, au moins autant que lui.

Je n'aurais jamais pensé qu'il aille si loin. Il aime le danger, ça je le sais, mais à ce point ?

Non. Je ne peux pas l'admettre. Je suis sûr qu'il n'est pas au courant. Il le faut.

L'agent m'explique, que Malfoy est suivit depuis un certain temps. Je suis horrifié. Je passe beaucoup de temps avec lui. Néanmoins ils savent qu'il n'est pas impliqué dans l'histoire de trafic d'armes, mais je pressens qu'ils veulent le faire tomber, quand même.

J'ai peur, pour lui. L'homme me pose un tas de questions, mais je n'ai pas de réponses. Je ne sais rien, c'est la vérité. Il continue son interrogatoire, longtemps, puis il me raccompagne dans la cellule, je pourrai sortir après avoir rempli de la paperasse, qu'il prépare pour l'instant.

Je rentre dans la pièce, Malfoy est assis sur le banc de droite, ses bras entourent ses genoux, il grelotte. Cette vision me serre le cœur. J'ai tant d'affection pour lui, mais même si je meurs d'envie de le prendre dans mes bras, de le rassurer, je ne dois pas. Ca serait trop facile. Même si je l'aime…

Il me regarde, me transperce de ses yeux gris. Son regard si irréel, je n'en avais jamais vu de tel. Je m'approche, et m'assois à côté de lui, pas trop près cependant.

Son angoisse est palpable, et j'ai plus que jamais envie de l'enlacer, de lui dire que tout ira bien, mais elle est nécessaire, il faut qu'il comprenne. Il va trop loin, il ne prend pas garde, et j'en pâti, en plus…

Il frissonne à côté de moi, je le sens se rapprocher et poser sa tête sur mon épaule. Je n'ai pas le courage de le repousser, il n'y a que moi pour le calmer, à ce moment. Tout le temps.

Je ne cesse de me demander s'il est au courant de tout, auquel cas cet homme qui repose tout contre moi, je ne le connais pas. Je ne le connais plus, c'est finit.

Il a envi de me poser des questions sur l'interrogatoire, mais il n'ose pas, sûrement ne veut-il pas savoir si j'ai parlé, ou pas.

"Tu m'en veux n'est-ce pas?" Me demande-t-il plein d'amertume. Il a l'air sincère, regrette-t-il vraiment ? Je ne sais pas comment interpréter le ton de sa voix, je ne sais jamais sur quel pied danser avec lui, c'est agaçant, et enivrant à la fois.

Pas de place pour les habitudes, avec cet homme. Chaque instant, chaque minute en sa compagnie, comporte son lot de mystères. Je le regarde, il est si beau.

"De quoi il t'as parlé ?" Me demande-t-il enfin, et je sens qu'il à réunit le peu de courage dont il dispose pour me poser la question.

"De pleins de choses, Malfoy... Pleins de choses..." Je réponds dans le vague. Il me regarde, perplexe. "Qui es tu, Draco Malfoy ?" Lui ai-je demandé avec une voix fendillée par un chagrin que je ne contrôlais pas. Il fronce les sourcils.

"Tu délires, Potter... C'est quoi cette question ?" Me répond-il de sa voix détachée.

"Tu savais ce que ces mecs trafiquaient, ou es-tu un simple pigeon ?" Je lui demande sérieusement. Il me lance un regard noir, assez vexé que je l'ai comparé à un pigeon.

"De quoi tu parles ?"

"Ils ont dit, les flics, que c'étaient des trafiquants d'armes, d'héroïne, et j'en passe... Tu le savais?" je ne sais pas comment interpréter cet air surprit sur son visage, j'ai si peu confiance.

"Je... Je n'en savais rien..." Répond-il gêné. "Mais tu sais, il ne faut pas croire tout ce que te raconte les flics, Potter..."

"T'inquiètes pas, ils étaient sérieux. C'est la criminelle qui m'a interrogé!" Il écarquille les yeux.

"La criminelle?! T'es pas sérieux là..." Me demande-t-il affolé, et je lui lance un regard explicite pour qu'il comprenne que je suis on ne peut plus sérieux, il baisse les yeux.

"Désolé de t'avoir embarqué dans tout ça... Tu me crois au moins, je voulais juste un peu d'herbe, c'est tout..." Me dit-il avec un air éploré que je ne lui connaissais pas. Je ne réponds pas tout de suite.

"Tous les fumeurs de cannabis ne fréquentent le grand banditisme, Malfoy, je sais que tu ne me dis pas tout... De toute façon, je ne veux même pas savoir... Je sors d'ici, et toi tu restes, c'est finit..."

J'ai soufflé ces derniers mots, ils m'ont fait si mal quand je les ai prononcés, mais c'est nécessaire, je n'ai pas le choix.

Il me regarde, en silence. Ses yeux sont brillants et je sais qu'il a autant de peine que moi, que mes mots l'ont blessé autant que moi. Mais il est trop fier pour le dire, trop distant, jamais sincère, jamais lui même.

Peu à peu je me rends compte de la portée de mes propos. Je sais qu'une fois parti d'ici, tout ne sera plus qu'un douloureux souvenir. Ces aventures, nous deux, notre histoire.

J'ai mal rien que d'y penser, tellement mal. Une partie de moi me hurle de ne pas faire ça, que je passerais à côté de tant de choses, à côté de ma vie. Mais je n'ai pas le choix.

Je passe un bras autours de ses épaules, et il se laisse faire. Je le serre fort contre moi, si fort que je suis sûr que je lui fais mal, mais je ne peux pas m'en empêcher. Mes yeux me piquent, j'ai envie de pleurer, de hurler. Je l'aime tant...

Il prend mon menton entre ses doigts pour que je sois parfaitement face à lui, et il me fixe, on dirait qu'il me contemple. Moi c'est ce que je fais, je m'imprègne de son image, comme si je n'allais plus jamais le revoir.

Une larme coule sur mon visage. Je suis si faible face à cet homme, il me rend fou. Je n'aime pas être ainsi exposé, ça me fait peur. Il l'essuie doucement, et caresse mon visage avec tendresse, je ferme les yeux. C'est trop dur.

Soudain je sens ses lèvres chaudes se poser sur les miennes, doucement, et j'exalte, je suis à ma place dans ses bras. La vie est si mal faite...

Je m'accroche à lui désespérément, je ne veux plus le lâcher. Ce baiser est si bon, si enivrant. Comment fait-il pour me faire ressentir tant de choses? Trop d'émotions d'un seul coup, avec un simple baiser. Il passe sa main dans mes cheveux, sur mes joues, mes épaules, mon torse, et je sens le désir monter en moi. Il me rend fou.

Il s'interrompt et me fixe, ses mains de part et d'autre de mes joues. Cette vision m'est presque insupportable, indécente, et j'ai envie de lui si fort, dans cette cellule glauque et froide...

Je m'empare de sa bouche pour rompre le contact visuel, il est trop dur à soutenir. Je l'embrasse avec fougue, presque violemment, tandis que le désir m'assaille comme jamais.

Je sens qu'il bouge contre moi. Il me fait pivoter et glisse ses jambes autour des miennes et se colle tout contre moi.

Je sens son désir, plus hardent que jamais sur le mien. Il me rend fou. Je gémis malgré moi alors qu'il se déhanche outrageusement contre moi, me faisant perdre la raison, me faisant oublier où je suis, tout ce qui n'est pas lui.

J'entends des pas qui se rapprochent dangereusement de nous. Il les a entendus aussi car il lâche ma bouche et se lève brusquement. C'est comme si on m'avait arraché une partie de moi en même temps. Je me sens si vide.

On se regarde, plein de regrets, déjà, pourtant je ne suis pas encore parti, je ne sais même pas si c'est moi qu'on vient chercher.

Mais un homme se dirige vers nous, inéluctablement. Il ouvre la cellule et m'ordonne de le suivre, je suis pétrifié.

Il me regarde, froidement, comme si tout ça ne lui faisait rien, qu'il n'avait pas de sentiments. Mais je sais qu'il a mal, peut-être pas autant que moi, mais je le sens.

Je ne veux pas partir, mais je n'ai pas le choix. Toujours la même rengaine, je n'ai pas le choix. Je suis traversé par une envie folle, plus rien d'autre n'a d'importance et je me jette sur lui, je le serre fortement contre moi. Il passe ses bras dans mon dos, et il se laisse aller, nous restons ainsi, étroitement enlacés, je ne sais pas exactement combien de temps, tout ce que je sais c'est que c'est trop dur de le lâcher.

Un raclement de gorge me ramène sur terre, et je consens à le laisser. L'homme qui se tient face à nous, nous regarde d'un air méprisant et incrédule à la fois. Il ne nous comprend pas, je le vois bien, mais je n'en ai cure. Pas de faux semblants, pas en cet instant.

Je ne sais même pas ce qu'il adviendra de lui. Je ne veux pas le savoir, je dois l'oublier.

Je le regarde à nouveau, comme si c'était la dernière fois, il s'est rassit et fixe le sol. Il a sûrement raison, c'est plus facile ainsi.

Je pars avec ce flic, lui ne m'adresse pas un dernier regard. J'ai la gorge nouée par la peine, mais je ne me retourne pas. Je dois l'oublier, je n'ai pas le choix...