Voilà la suite! J'espère qu'elle vous plaira... Merci au reviewers!

J'avais oublier de prévenir que les prochains chapitres -ainsi que celui là- sont un flash back...



RAR anonymes :

sSselana : Merci pour ta review, j'espère que la suite te plaira! Bisous

Surfway : Salut, merci pour ta review, contente que tu aies aimé l'idée ! :) J'espère que ça va continuer... Bisous

Taken : Salut, merci beaucoup pour ta review, et pour ces compliments qui m'ont fait super plaisir ! :) J'espère ne pas te décevoir... Bisous

Disclaimer : Les persos appartiennent à JKR

Fiction rated : M

Pairing : HP/DM

Note pour Arrya : Voila mdame, c'est fini!! Ouf ^^ Merci encore pour ton boulot, c'est niquel!



Il est temps pour moi d'arrêter de dramatiser… Je tourne en rond depuis deux heures, car il m'a été impossible de me rendormir, uniquement parce qu'aujourd'hui, c'est la rentrée…

Je suis pathétique. Le réveil que j'avais très inutilement enclenché la veille vient de sonner, et j'ai failli en faire une attaque… Mon Dieu, je ferais mieux de me détendre, je ressemble à un puceau qui s'en va perdre sa virginité !

Je saute sous la douche, et le flot purificateur délie peu à peu mes muscles contractés, cependant mon pauvre estomac est soumis à rude épreuve. Je ne peux m'empêcher de spéculer sur cette nouvelle année d'étudiant.

Des bribes de souvenirs gardés lors des portes ouvertes me reviennent. Un décor luxueux, mais totalement impersonnel, le réfectoire bondé d'étudiants, ces immenses amphithéâtres où j'entends déjà une voix monocorde dispensant un cours des plus soporifiques, et contre laquelle je devrai lutter pour rester concentré. Rentrer chez moi après des heures d'un bourrage de crâne presque inhumain, et m'efforcer de rouvrir mes livres, ma torture, pour apprendre par cœur des textes juridiques, jusqu'à ce qu'ils aient un sens, une définition propre. La même pour tout le monde.

Malgré tout, je suis heureux d'avoir choisis cette voix. Quoique «choix » ne soit pas réellement le terme approprié, mon père n'aurait pas accepté que je me lance dans d'autres études, quelles qu'elles soient.

Mais je m'en accommode bien, même si je suis plus littéraire. Au moins je saurais à quoi m'en tenir, après tout, nul n'est sensé ignorer la loi…

Et puis j'ai toujours aimé les règles, la civilité, ce qui fait de l'humanité une espèce à part entière.

Je sors de la douche et fais face à mon miroir, je ne suis pas très satisfait du reflet qu'il me renvoie… D'horribles cernes violacés ornent mes yeux, il semblerait que j'ai passé la nuit à faire la fête.

Personne ne sera témoin de ça, alors je prends le remède miracle de ma mère, deux cotons imbibés d'eau de bleuet, que je me colle sur les yeux quelques secondes. Je dois être ridicule… Mais je ne peux pas me permettre d'arriver à mon premier jour à Royal Holloway, s'il vous plaît, avec la tête toute boursoufflée ! Ca ne ferait pas sérieux.

Un coup de brosse, très inutile lui aussi, une tenue conventionnelle, mes lentilles, et me voilà fin prêt. Je me rassure, je crois que je ressemble finalement à quelque chose…

Dans la cuisine tout le monde est déjà sur le qui vive. Mon père répète sa plaidoirie avec une feuille à la main, sous les remarques approbatrices de ma mère et ma sœur. Moi, je ne suis pas bon publique ce matin, et l'assiette chargée de bacon et d'œufs brouillés posée sur la table à mon intention, me donne des hauts le cœur…

Ma grimace n'est malheureusement pas passée inaperçu, et voila que Nina, la femme de ménage me sermonne à propos de l'importance capitale d'un petit déjeuné copieux. Heureusement ma mère comprend mon anxiété et ne me force pas à manger, de toute façon c'est à elle que je dois ce tempérament. Saleté d'atavisme !

Je prends un paquet de gâteaux au hasard, au cas où l'appétit me reviendrait dans la matinée, fais mine d'entendre les précieuses recommandations de mon paternel, embrasse tout le monde avec un sourire forcé, et quitte l'appartement le cœur battant.

Heureusement je passe prendre mon meilleur ami Ron, qui est dans une section scientifique à la même fac que moi, et je compte sur lui pour me faire décompresser.

J'arrive au parking sous terrain, la fraicheur du matin m'arrache quelques grelottements. J'ai encore un peu de mal à me souvenir de la place de ma voiture, mais je profite du chemin pour m'extasier devant les autos rutilantes des résidents, et ainsi penser à autre chose.

La voilà. Ma mini cooper noir laqué, qui parait bien modeste parmi toutes ces grosses berlines de luxe, mais j'ai toujours aimé cette voiture.

Je monte et pose les mains sur le volant un instant. Le poste se met en route et je laisse au hasard le soin de choisir la musique pour le trajet.

Le hasard fait bien les choses, La Goutte D'Or, St Germain… La basse grasse et le son de la flute me détendent. Je pousse encore un peu plus le volume.

Les sièges en cuir neuf dégagent une odeur appréciable, je commence à relativiser, et préfère reporter mon attention sur la musique. Je m'apaise peu à peu, et m'engage dans la rue.

Le répit, est malheureusement, de courte durée. Me voilà lancé dans la zone de mon quartier. Je slalome entre les voitures garées en double file et celles qui viennent en sens inverse, manque d'écraser un piéton qui m'insulte copieusement, et que je gratifie d'un geste obscène de la main, tandis que je me félicite d'avoir eu mon permis dans cette ville de fous.

Peu importe. Je me concentre et prends de la vitesse sur une avenue fluide, un détour jusque Camden, et me voilà en compagnie de mon frère de cœur.

Son sourire me met aussitôt de bonne humeur.

« Salut vieux… » me dit-il en montant. « Bien dormis ? »

« Mouais, pas vraiment… Je suis debout depuis cinq heures, et je stresse comme un fou… »

« Ouais je m'en doutais… j'ai voulu t'appeler ce matin, mais pour ma part je me suis levé à la bourre, comme d'habitude, donc j'ai pas eu le temps, désolé… »

« T'inquiètes, c'est pas grave. »

Je me réengage dans la circulation, et Ron me colle d'office un cd dans le poste, prétextant qu'il faut se motiver, et qu'il n'y a rien de tel qu'un bon vieux rock pour cela.

J'ai l'habitude avec lui maintenant, et je me laisse prendre au jeu. Nous secouons la tête dans tous les sens en s'esclaffant, la vie me parait plus légère tout à coup.

Je lui demande des nouvelles de Ginny, sa sœur et accessoirement ma petite amie depuis six mois. Mais je ne l'ai pas beaucoup vu ces derniers temps, et elle est encore au lycée cette année.

Apparemment elle n'a pas apprécié que je ne décroche pas à ses nombreux appels hier. Je m'en doutais, mais elle me tape sur le système en ce moment en ce moment, et je n'avais pas envie de lui parler. Je l'aime bien, mais elle n'est pasdouée pour réconforter les gens, et puis honnêtement je doute d'avoir le temps pour elle dorénavant, et je ne cache pas être curieux de connaitre la nouvelle gente féminine qui sera désormais à ma disposition… Parait-il que les étudiantes sont plutôt frivoles, et je suis jeune, après tout…

Nous arrivons au parking de la fac dans la bonne humeur.

Je m'y engage, constatant que les places manquent déjà. Nous sommes contraints d'avancer vers le fond, j'espère que nous ne serons pas en retard…

Je trouve finalement une place.

Nous descendons tranquillement de la voiture, quand soudainement, une Aston Martin coupée se gare en trombe juste à côté de nous.

Le type se gare comme un pied, et je ne peux m'empêcher d'avoir peur pour l'aile droite de ma voiture. Ron se dégage brusquement, tandis qu'un blond sort nonchalamment du coupé, manquant de percuter ma portière avec la sienne.

Je me précipite sur le côté pour vérifier qu'il n'y a rien, et le garçon se rend à son coffre pour récupérer un arsenal de valises, comme si de rien était.

Je fronce les sourcils, et me dirige vers lui.

« Tu pourrais faire attention ! T'as faillis emplafonner ma voiture !! » je m'exclame.

Le type me regarde comme si j'étais un demeuré, et hausse les épaules. Il regarde distraitement ma voiture avec un sourire narquois, puis relève les yeux vers moi.

« Tu vois bien qu'elle n'a rien ta poubelle… » me répond-il dédaigneusement, tandis que Ron se tortille dans tous les sens.

« Harry… Il faut y aller, il est plus de moins cinq… » me dit-il en regardant sa montre, et le blond lève les yeux vers moi, interrogateur.

« Harry ? Harry comment ? » me demande-t-il.

« Potter… Harry Potter. » je lui réponds.

« Hum… Je m'en doutais… ton père, le baveux, te ressemble vraiment, y'a pas à dire… Je crois qu'il a travaillé pour mon père… » me répond-il avec un air hautain méprisable.

« Et, tu es ? » je lui demande à mon tour. Il semble clairement surpris que je ne le reconnaisse pas, il ne répond pas et me fixe comme le pire des ignorants.

« C'est Draco Malfoy… » me chuchote Ron à l'oreille. Je grimace en entendant ce prénom…peu commun, je dirais, tandis que le concerné me regarde d'un air supérieur. Son nom me dit bien quelque chose, mais je ne saurais dire où je l'ai entendu.

« Draco Malfoy ? » je lui demande avec désinvolture en lui tendant une poignée de main, feignant la politesse. Il regarde ma main légèrement surpris et j'ai l'impression qu'il réprime une moue dégoûtée. Il s'attendait à quoi, que je lui tire la révérence ?

Il sert ma main, le port altier, et son expression supérieur m'irrite au-delà des mots, je ne peux m'empêcher de lui lancer, sarcastique :

« Tes parents ne t'ont pas épargné… » lui dis-je la une mine faussement contrite. Sa poigne se resserre alors sur ma main, et je dois me retenir pour ne pas gémir de douleur.

Malfoy me fixe intensément, on dirait qu'il a mille répliques cinglantes au bord des lèvres mais qu'il ne sait pas laquelle choisir. Je prends soudain conscience de son regard. Gris, perçant et déstabilisant, j'ai l'impression que le reste du décor qui m'entoure se floute, je n'ai plus conscience que de ce regard et de cette main qui serre trop fortement la mienne.

Nous restons comme ça, je ne saurais dire combien de temps. Probablement quelques secondes, mais cela me parait une éternité. Je me sens fouillé par ces yeux gris qui ne cillent pas, et le sang quitte mon visage.

Une sonnerie bruyante retentit dans l'enceinte de la fac, et me fait sursauter. Ron pousse un raclement de gorge gêné, il semble clairement impatient.

Malfoy s'approche de moi, ne lâchant toujours pas ma main, que je ne sens même plus, et me chuchote à l'oreille :

« Nous nous reverrons, Potter… » tout en me lançant un regard malveillant, qui, combiné au son de sa voix me fait frissonner. Je reste coi un moment, l'observant s'en aller vers le campus.

J'espère qu'il n'est pas en cours avec moi.

Ron me regarde, perplexe, puis secoue la tête comme si je venais de faire une connerie.

« Quoi ? » je lui demande agacé.

« Rien… on en parle au déjeuné, on est en retard, tu ferais mieux de speeder… » me dit-il en s'éloignant.

J'avance sans conviction vers l'entrée du bâtiment indiquée sur mon emploi du temps.

Je me suis fais un copain, on dirait… charmant.

Les couloirs sont déserts. Je crois que je suis vraiment à la bourre… J'arrive devant ma salle, et entre le plus discrètement possible.

Je constate finalement que le professeur n'est pas encore arrivé, en poussant un soupir de soulagement.

Tous les regards se tournent alors vers moi, et j'avance mal à l'aise pour rejoindre une place encore libre.

Une fois installé, la porte s'ouvre à nouveau. Je m'attends à voir entrer le professeur, mais à la place, c'est une jeune fille qui s'avance.

Je jurerais la connaitre.

Son visage m'est vraiment familier. Elle avance vers moi et me sourit timidement, prenant place sur la chaise contiguë à la mienne.

« Hermione Granger ?! » je m'exclame un peu trop fort. Elle se tourne vers moi en fronçant les sourcils, puis après m'avoir observé un instant, me remet.

« Harry ?! Quelle surprise ! » me dit-elle avec un sourire rayonnant.

Hermione était au collège avec moi. J'ai l'impression que cela fait une éternité que je ne l'ai pas vu. Elle n'a pas beaucoup changée, toujours ces longues boucles brunes, ces yeux noisettes, espiègles, qui dénotent une grande vivacité d'esprit. J'ai toujours apprécié cette fille, et je crois même que j'avais le béguin pour elle au collège. Mais je n'ai jamais osé lui parler, j'étais trop intimidé.

Ca me fait vraiment plaisir de la voir. Elle est resplendissante.

« En licence de droit, toi aussi ? » je lui demande en chuchotant.

« Oui, comme tu vois… Si je m'attendais à te voir ! On déjeune ensemble ce midi, que tu me racontes un peu ce que tu deviens ? » Me dit-elle, je crois que je rougis et elle me sourit, visiblement gêné elle aussi.

« D'accord… Je serai avec Ron, tu te souviens ? »

« Oh… Oui, bien sûr ! C'est amusant qu'on se retrouve tous ici ! » je lui souris.

Le prof fait enfin son entré, et attire notre attention.

Pour ce premier cours, de droit constitutionnel précisément, les choses se passent relativement bien. Nous faisons plus connaissance qu'autre chose… Bizarre. Moi qui croyais que les profs de fac ne s'intéressaient pas vraiment aux élèves.

Enfin, je dois avouer que c'est surtout lui qui nous à raconté sa vie, ainsi que les différents thèmes que nous aborderons au cours de l'année. Il est assez sympathique, je le trouve un peu excentrique mais dans la mesure où c'en est amusant, et pas effrayant.

Je n'ai pas pu m'empêcher de lancer des regards en coin à Hermione pendant tout le cours. J'espère qu'elle n'a rien remarqué. Je ne voudrais pas l'embarrasser dès le premier jour, ou qu'elle me prenne pour une espèce d'obsédé…

Elle est vraiment agréable. Elle prend toujours aussi bien la parole devant les autres. Je l'admire pour ça. Moi je serais bien incapable de déblatérer autant d'informations, avec un tel sang froid devant toutes ces personnes. Et je prétends vouloir faire avocat… Il va me falloir rectifier ce point faible.

Hermione me quitte car elle a un cours de Français, nous nous rejoindrons pour le déjeuner.

J'ai presque oublié l'incident de ce matin grâce à elle, et les cours sont moins rébarbatifs que je ne le craignais.

A midi, mon estomac cri famine. Je crois que la pression est définitivement retombée.

Je rejoins Hermione qui m'attend dans le hall principal, et nous partons ensemble au réfectoire, où Ron doit déjà être arrivé. J'ai hâte de voir sa réaction quand il la reconnaitra. Ces deux là ce sont toujours cherchés dans mes souvenirs. Ils restaient courtois l'un envers l'autre, cependant je sentais une certaine tension par moment, et les désaccords allaient bon train, à l'époque. J'espère qu'il n'y aura pas d'animosité entre eux.

Heureusement, Ron à changé, il est moins buté je dirais, et Hermione n'avait pas l'air ennuyée qu'il soit avec nous à la fac.

Nous nous approchons de Ron qui nous attend devant l'entré du réfectoire, et je peux voir d'ici ses yeux s'écarquiller, au fur et à mesure que nous avançons. Il doit reconnaitre Hermione.

« Ron, tu te souviens d'Hermione Granger ? » je lui demande, une fois à sa hauteur.

« Oui, oui… bien sûr… comment vas-tu depuis ce temps ? »

« Très bien merci… » lui répond-elle.

J'appréhende un peu leurs rapports.

Nous nous dirigeons tous trois dans la cafétéria, et une fois les plateaux remplis, cherchons tant bien que mal une place tranquille dans ce lieu immense et hostile.

Nous trouvons finalement une table située dans un recoin, plus ou moins dissimulé par une grande plante verte. Parfait.

Nous parlons de tout et de rien. Hermione semble étonnée que Ron ait été accepté dans une fac aussi cotée. Il est vrai qu'au collège, il n'était pas ce qu'on pouvait appeler un élève studieux. Mais elle a la politesse de ne pas le dire clairement. C'était, à l'époque, le genre de piques qu'elle lui aurait lancé sans hésiter, et qui aurait considérablement refroidie l'ambiance.

A la fin du repas Ron me demande finalement :

« Au fait pour ce matin… »

« Oui, quoi ? »

« Toi, tu as le don de t'attirer les bonnes grâces des gens qu'il faut… » me dit-il avec un sourire que je devine ironique.

« Quoi ?! Je vais pas me laisser faire par ce sale présomptueux, sous prétexte qu'il est le fils de je-sais-pas-qui Malfoy ! »

« Ouais… mais dis-toi bien que si ce mec t'as dans le collimateur, il va t'en faire baver… Et son père, pour info… C'est Lucius Malfoy, le PDG d'IFF Corporate, tu vois un peu ? »

Maintenant le nom me revient. Je crois même que j'ai entendu parler de son fils finalement. Une racaille, parait-il… En tous cas, il est clair qu'être PDG de cette boite, implique d'avoir le bras long. Une multinationale gigantesque, qui recrute la plupart des "nez" de ce monde, mettant au point les fragrances allant du produit pour chiottes, au dernier parfum d'Yves Saint Laurent.

Peu importe, je ne me laisserai pas intimider par ce type prétentieux.

« Et alors… Ca ne fait pas de lui le Messie ! Arrêtez d'accorder tant d'importance aux gens grâce à leur statut social ! Je ne me laisserai pas emmerder par ce mec, point. » je réponds catégorique. Ron me semble dubitatif, mais n'insiste pas.

OoOoOoOoOoOoOoOoOHPMOoOoOoOoOoOoOoOoO

Je rentre chez moi, plutôt satisfait de cette journée.

Ma mère et ma sœur - à croire qu'elles n'ont rien à faire de leurs vies- sont encore à la cuisine quand j'arrive, et me bombardent de questions.

Je réponds tant bien que mal, quelque peu évasif. J'apprends que Ginny à appelé, et qu'elle avait l'air de très mauvaise grâce...

De ce fait, après avoir englouti un bon quatre heure, je prends le combiné pour appeler Ginny, et m'en vais encore me justifier au près de ma petite amie :

"Allô ?"

"Ginny, c'est moi..."

"Hum..."

"Tu vas bien ma belle?" je lui demande mine de rien, juste pour voir si je peux m'en sortir sans explications.

"Oui..." me répond-elle froidement.

Ca sent le terrain miné.

"Euh... ta rentrée s'est bien passée ?"

"Ca va..."

"Hum... T'es sûre que ça va Ginny ?"

"..."

La technique ne marche visiblement pas, inutile de faire comme si de rien n'était. Je change de tactique.

"Ginny? Toujours là?"

"Oui, oui..."

"Bon écoutes, je suis désolé de pas être passé, j'ai eu pleins de choses à faire... Et puis j'étais stressé à mort, crois moi, j'aurais pas été de bonne compagnie..."

"Oh ça va ! Franchement trouve autre chose, dis clairement que ça t'emmerdais de venir me voir !"

"Mais n'importe quoi ! T'es parano sérieux ! Je t'ai dis que j'avais eu pleins de choses à faire, ok ? On va pas se prendre la tête pour ça !"

"Ouais, bon aller... J'en ai marre... C'est toujours comme ça avec toi..."

"Je..."

"Je te rappelle plus tard..." m'interrompt-elle catégorique, et la sonnerie du téléphone retentit aussitôt.

Aïe... Ca c'est encore moins bien passé que je ne l'envisageais... Elle est vraiment caractérielle cette fille, et la continuelle sensation de devoir lui rendre des comptes commence à m'agacer sérieusement...

Ma jeunesse me rappelle que j'ai tout le temps d'être confronter à ce genre de situations... Oh oui... Et le temps passe si vite.

Faisant le maximum pour ne pas culpabiliser malgré tout, je vais dans ma chambre et consulte les quelques mails que j'ai reçu dans la journée.

Je fixe un instant mon sac de cours en grimaçant, le professeur d'histoire du droit nous a déjà donné un sujet de dissertation, mais je n'ai vraiment pas la tête à ça... Je préfère surfer sur la toile, découvrant de nouveaux morceaux de jazz, le casque aux oreilles.

Mon téléphone vibre dans ma poche au bout d'un moment. Aucun numéro ne s'affiche, pourvu que ce ne soit pas Ginny...

"Allô ?" dis-je en décrochant, incertain.

"Harry? C'est Ron..." me répond mon meilleur ami, je pousse un soupir de soulagement.

"Ah... Tu fais quoi là?"

"Bah... Je tourne en rond... j'ai une flemme pas possible ! Je prendrais bien l'air en fait, ça te dis de faire un tour sur Covent ?" me demande-t-il, et je me réjouis de la proposition.

"Ouais, avec plaisir ! Je prends une douche vite fait, je passe te prendre dans un petite demi-heure..."

"Ok vieux, à tout à l'heure."

Maintenant, encore va-t-il falloir justifier la raison de ma sortie en pleine semaine, au maître de maison, qui est je dois le dire, assez intransigeant quand au comportement à adopter pour un étudiant en droit...

Je descends au salon, et constate qu'un groupe d'amis de la famille est invité à prendre l'apéritif.

Une aubaine, car les invités ont le mérite d'accaparer l'attention de mon père de manière très efficace.

"Hum... Papa? Excuse-moi de t'interrompre..." je salue les personnes présentes d'un signe de tête respectueux.

"Oui, qu'est ce qu'il y a?"

"Je voudrais sortir sur Covent un moment avec Ronald, je ne rentrerai pas tard..." j'annonce avec politesse. Mon père me regarde un moment plutôt septique.

"Vas-y Harry, mais une fois n'est pas coutume, je ne veux pas te voir traîner dehors les soirs de semaine, c'est compris ?"

"Oui, bien sûr, papa... à tout à l'heure..." je me presse de sortir de la pièce, au cas où il changerait d'avis en cours de route...

Je remonte rapidement pour prendre une douche, et me changer.

J'opte pour un jean bleu foncé, un pull gris, mes richelieu Weston, et un caban anticipant la fraicheur de la soirée.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoHPDMOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Une fois sur place, nous nous installons à une terrasse, le soleil revoie une chaleur agréable.

Le monde afflue toujours densément dans ce quartier.

Ron observe les gens passer d'un air distrait. Il semble dans ses pensées...

"T'as eu ma sœur tout à l'heure ?" me demande-t-il au bout d'un moment, et le ton qu'il emploi n'annonce rien de bon, il n'a déjà pas décroché un mot pendant le trajet...

"Euh... ouais..."

"Hum... et vous vous êtes dit quoi?"

"Qu'est ce que tu me fais là, Ron? Franchement sans vouloir t'offenser je ne vois pas en quoi ça te regarde..."

"Les relations de ma sœur me regardent dès lors qu'elles la font souffrir... Comprends bien ça..."

"Ohlala ! Mais vous avez un problème affectif dans cette famille ou quoi?! Je n'ai strictement rien fait à ta sœur..."

"Ouais, bah vu dans quel état elle était après avoir raccroché de votre conversation, j'ai du mal à y croire..."

Je me renfrogne et ne réponds rien. Voilà que les Weasley s'allient entre eux -surtout ces deux là- j'aurais vraiment tout vu dans ma vie!

"Tiens! Harry, Ron, comment ça va?" me lance tout à coup une voix derrière nous. Je me retourne rapidement et reconnais avec une agréable surprise, Hermione qui me sourit chaleureusement.

"Ah! Salut Hermione..." je lui réponds, soulagé de pouvoir me défaire un moment de la lourde atmosphère qui règne avec mon ami.

"Je vous présente mon petit ami, Blaise Zabini..." nous dit Hermione. Soudain, un magnifique métis aux yeux noisette s'avance vers nous, pendant que j'essaye d'occulter l'once de jalousie qui m'atteint brusquement.

"Messieurs..." dit-il en nous serrant la main. Je le trouve froid, hautain, et son attitude me rappelle bizarrement quelqu'un...

"Bon, je vous laisse... On se voit en cours Harry? "me fait Hermione avec son habituel sourire déstabilisant.

"Euh, oui, oui bien sûr," dis-je en rougissant légèrement, "A demain..."

Tandis qu'ils s'éloignent, Ron se tourne vers moi avec un sourire que je trouve un peu trop moqueur.

"Quoi?" Je lui demande.

"Elle te plait n'est ce pas? ... Aller j'ai vu comment tu la dévores des yeux depuis ce matin..."

"Je ne la dévore pas des yeux!!"

"Ouais... Tu sais je peux comprendre que tu n'ais pas l'intention de rester avec ma sœur toute ta vie... Mais je t'interdis de lui faire du mal, quitte là s'il le faut, mais ne fais rien dans son dos..."

"Ron ! Mais pour qui tu me prends?! Et puis je n'ai jamais dis qu'elle me plaisait, je la trouve mignonne, certes, intelligente aussi, charmante..."

"Aller vieux, arrête ! Je te connais par cœur... Regardes-toi quand tu parles d'elle on dirait un adolescent amoureux..." me dit Ron en rigolant, je me renfrogne à nouveau. Je n'ai rien d'un ado amoureux!

"Bon, en ce qui concerne ma sœur... Avoues que ça ne va pas génial en ce moment..."

"Hum... Je sais pas trop quoi te dire... Je l'aime beaucoup, Ron, je t'assure, mais... Disons que ça s'arrête là..."

"Oui, et je peux tout à fait le comprendre ! Tu comptais m'en parler quand ? Je suis là pour ça aussi tu sais..."

"Ouais, excuse moi, mais c'est ta sœur, enfin tu vois... C'est délicat d'en parler avec toi..."

"Hum... Oui c'est sûr... Bon, allons faire un tour au centre commercial, je veux me trouver une tenue pour samedi soir..."

"Ouais, ok, je vais régler." dis-je en me levant, je vais au bar payer et nous sortons.

Nous nous dirigeons vers la galerie marchande, et je suis finalement soulagé d'avoir eu cetteconversation, avec mon ami. J'appellerai Ginny en rentrant ce soir, il faut vraiment que nous ayons une conversation, pour savoir où nous en sommes...


Voilà pour ce premier chapitre. Alors? :) Bisous à tout le monde...