Me revoilà, avec le deuxième chapitre de la fic...

Dites merci aux insomniaques, j'ai nommé Arrya, et moi même, qui travaillons avec acharnement (même la nuit...^^)

Je la remercie encore pour ces corrections impeccables, dans un délai record! (Pas touche elle est n'a moi!! =_= lol)

Bon, j'arrête mes bêtises,et vous souhaite une bonne lecture!



Disclaimer : Les persos appartiennent à JKR...

Fiction Rated : M

Pairing : HP/DM

RAR anonymes :

Taken : Coucou! Merci de continuer à me lire... Allons, ne te fies pas trop aux apparences, peut-être qu'Harry et Hermione ne sortiront pas ensemble finalement...^^ Enfin, je te laisse constater... Merci pour les compliments, ça m'encourage beaucoup... Gros bisous, et j'espère que tu aimeras!


POV Draco, Campus de Royal Holoway

Une rentrée très décevante que voilà. Comme je m'y attendais, la fréquentation de l'établissement prestigieux est bassement insipide…

J'ai fais la connaissance de Potter fils, mon père m'a confirmé au téléphone qu'il a travaillé avec le sien autrefois.

Bref, il n'est rien d'autre qu'un de ces types qui se veulent charismatiques, mais qui manquent cruellement de confiance en eux.

Il ne m'a même pas reconnu, pas que j'en sois vexé, mais il serait temps de sortir le dimanche tout de même !

Cependant je pense lui avoir fait forte impression. S'il est intelligent, ce mec ne se frottera pas trop à moi.

Le problème, c'est que je doute fortement de ses capacités dans ce domaine… Or, sachant toujours tirer avantage de chaque situation, il s'avèrera probablement être une bonne victime sur laquelle je pourrai passer mes nerfs, un passe temps agréable en somme…

Enfin, deux points positifs viennent toutefois égayer le tableau. Mon camarade de chambré, Ben si je me souviens bien, est plutôt discret, et semble avoir élu domicile à la bibliothèque de la fac.

Je ne m'en plains pas, mon manoir du Surret me manque déjà. Je crois que la solitude et l'isolement ont finalement eut raison de moi.

Deuxième chose, ma voisine et amie de toujours, Pansy, a été acceptée en études commerciales avec moi. C'était loin d'être gagné, mais elle semble avoir plus d'un tour dans son sac, c'est une Parkinson qui se respecte…

Le campus est aussi relativement tranquille. Ainsi, installé à mon bureau, je classe méticuleusement les différents polycopiés que les professeurs nous ont distribués dans mon porte document.

Un spectacle affligeant. De plus, je n'ai pas du tout la tête à ça. De toute façon je compte sur mes légendaires aptitudes pour réussir sans trop me fatiguer, comme je l'ai toujours fait.

Ce soir je suis convié à une soirée sur Piccallidy, Romuald Nilson en personne m'a appelé pour m'inviter. Je dois avouer que cela flatte mon égo.

Ce type est très important, bien que je ne sache pas pourquoi exactement. En tous cas, il a le carnet d'adresse le plus convoité de la capitale et il côtoie les hommes d'affaires, les avocats et politiciens les plus influents de Londres.

Pour ma part, je le fréquente car son petit ami, Victor Krum, est mon fournisseur officiel. D'après ce que j'ai compris cet homme est Russe, en tous cas son accent me force à le penser…

Ils ne sont pas nets ces deux là, je le sais pertinemment, mais au moins ils sont du genre discrets, et j'ai peu de risques d'avoir à faire à la police avec eux.

Pour l'instant, Victor est simplement mon dealer, et Romuald m'apprécie assez pour me laisser participer aux soirées branchées qu'ils organisent tous les deux.

Et puis je suis non seulement le fils de Lucius Malfoy, mais aussi le filleul de Severus Snape… Que pourrait-il bien m'arriver ?

Le porte document me semble à présent correctement trié. Je vais à la salle de bain pour me préparer.

Ces tenues distinguées et de circonstances dans ce genre d'établissements, sont certes, classes et me confèrent une allure magnifique, mais elles sont vraiment inconfortables ! J'en viens presque à attendre l'hiver impatiemment tant je meurs de chaud là dedans.

Pour la soirée, malheureusement, je me dois de nouveau d'arborer un style approprié. J'ai cependant plus de liberté et j'opte pour un costume marron glacé, celui qui aurait dû faire sensation lors de mon précédent anniversaire, et que je ne me suis pas résolu à porter uniquement pour ennuyer mes parents…

A cette occasion, ce sera parfait.

Une fois que j'estime être prêt, je sors du campus et vais récupérer ma voiture.

La circulation de cette ville me prend encore un peu au dépourvu. Je dois faire face à de nombreux obstacles auxquels je ne suis pas confronté dans ma chère campagne. Enfin, je m'habituerai.

J'arrive à l'adresse indiquée environs dix minutes plus tard. Un homme en uniforme se dirige vers moi et me fait signe de lui laisser mon véhicule. Je suis ensuite escorté par une armoire à glace qui m'emmène jusqu'à un appartement somptueux.

Victor Krum, qui se tient dans l'entrée afin d'accueillir les invités, m'aperçoit et m'offre un sourire rayonnant.

«Draco ! » me dit-il en roulant le « r », « vous avez trouvé sans trop de problèmes ? »

« Ca a été, je vous remercie. Qu'y a-t-il au programme ? »

« Une affaire concluante que nous venons de terminer. J'ai donc organisé cette petite fête et suggéré de vous inviter… Ai-je bien fait ? »

« Bien sûr. Je suis ravi de vous voir, Victor, pourrions nous discuter tout à l'heure ? » je lui demande avec un regard entendu. Il acquiesce d'un signe de tête et me répond :

« Ecoutez… Voyez l'homme juste là ? » me demande-t-il en me désignant un jeune homme dont l'âge semble osciller entre vingt cinq et trente ans, j'opine discrètement. « Vous traiterez avec lui, pour cette fois du moins, j'aurais l'occasion de vous expliquer pourquoi… Faites moi confiance, Draco Malfoy, cet homme est comme mon frère, vous pouvez être tranquille. »

« Bien… » je réponds. Je suis tout de même sceptique, mais je n'ai pas vraiment le choix. « Comment s'appelle-t-il ? » je demande en plissant les yeux légèrement. Victor esquisse un sourire énigmatique.

« Vladimir… Appelez le Vladimir… » me répond-il. « Veuillez m'excuser je dois vous laisser. » Il m'adresse un signe de tête et prend congé.

Je décide de faire un tour dans ce lieu impressionnant. La superficie me parait presque incalculable, et le décor raffiné rend l'endroit spectaculaire.

J'avance en direction du salon de réception. Les murs y sont d'une couleur blanche immaculée.

Une immense fontaine en cascade de verre trône au milieu de la pièce, l'eau qui s'y écoule vient s'échouer dans un bassin circulaire fait de marbre.

De nombreuses plantes vertes donnent un côté exotique à l'appartement, le mobilier est moderne, de couleur sombre en majorité, et contraste à merveille avec la blancheur des murs.

Je suis dans mon élément.

Un bar blanc tient place au fond de la pièce. Des appliques rouge vif parfaitement alignées pendent sur tout son long, donnant une touche chaleureuse au décor.

Je m'y rends pour prendre un verre, et voir qui est présent.

« Une Vodka Martini avec une olive je vous pris. » Je demande poliment au serveur.

Je m'assois sur un haut tabouret surplombant ainsi l'assemblé, et laisse mon regard flotter sur les invités.

Je reconnais quelques visages familiers, et sais déjà où je me rendrai une fois que j'aurais eu ma consommation.

J'attends patiemment que le barman finisse son œuvre quand soudain, une voix singulièrement familière vient agacer mes oreilles délicates.

« Draco ?! Quel plaisir de te revoir ! » me dit une demoiselle sur un ton mielleux insupportable, je me retourne et lui lance un regard dédaigneux.

« Tiens, tiens… Parker… Encore en train de racoler ? » je lui réponds avec cynisme. Ses orbes bruns m'assassinent un instant, puis elle reprend contenance.

« Tu es injuste avec moi, Malfoy, je suis venue avec une amie… et je ne racole personne ! »

« Ah oui ? Pardon, tu as raison… je suis d'une impolitesse affligeante… reprenons tu veux bien ? Alors, comment vas-tu ma chère Parker ? » Je lui demande d'une voix trainante tout en affichant mon sourire le plus sarcastique. Mon air méprisant fait mouche et la fille se renfrogne encore plus.

« Tu n'as vraiment pas de cœur, encore pire que ton père ! Je voulais juste discuter un peu, ça ne va pas très bien en ce moment… et puis j'aurais vraiment aimé rentrer avec toi, Draco, ça ne te dis pas ? » susurre-t-elle au creux de mon coup. J'en frissonne de dégoût.

Elle s'approche de moi et colle discrètement une main sur mon sexe.

Si elle s'imagine engendrer une quelconque réaction de ma part, la pauvre fille va être déçue… Ainsi, mon bas ventre reste bien tranquille, et ne réagit à aucun moment à la pression qu'elle essaie d'exercer dessus.

Je me dégage lentement pour ne pas me faire remarquer.

« Tu perds ton temps, Parker, je ne fais pas dans le social… Ta place est en bas, sur le trottoir, maintenant tu vas gentiment allez chasser ailleurs, et sans faire d'esclandre, compris ? » je reste totalement indifférent à son air éploré.

« Salaud ! » me crache-t-elle, avant de s'éloigner à grandes enjambées. Je soupire de soulagement…

J'enlève ma veste et fait signe à un domestique de venir m'en débarrasser, et une fois soulagé d'une chaleur malvenue, j'enlève l'olive de mon verre en la jetant négligemment sur le sol, et le bois d'une seule traite. J'en recommande un autre aussitôt.

« La demoiselle t'importunait ? » me demande l'ami que je comptais justement rejoindre, en prenant place à côté de moi. Je me retourne surpris, alors que je ne l'avait pas entendu arriver.

« En effet… Comment se fait-il que Romuald tolère ce genre de groupies ? » je questionne plus pour moi-même. « Enfin, comment vas-tu, Erin ? »

« Ca va, je te remercie. »

« Jessica n'est pas avec toi ? »

«Non, elle m'a abandonné pour une potiche en début de soirée, elles sont parties sur la terrasse au niveau supérieur et je ne l'ai pas revu depuis… » me dit-il avec un sourire.

« Tu es chanceux… cette fille est la moins emmerdante qu'il m'ait été donné de voir… »

« C'est vrai, tu as raison… » Il s'interrompt un moment, se retourne et regarde les invités, les coudes nonchalamment posés sur le bar. Il semble en pleine réflexion. Il s'approche ensuite de moi, et me susurre sur le ton de la confidence :

« Ecoute Draco… Je ne devrais probablement pas te parler de ça, mais j'ai vu ton parrain sortir d'ici tout à l'heure… Il était accompagné de Romuald, et de deux autres hommes… » J'écarquille les yeux, surpris.

« Pa…Pardon ?! » dis-je en bégayant. « Es-tu bien en train de me parler de Snape ?! »

« Lui-même… »

« Allons, Erin, tu as dû forcer sur je ne sais quoi mon ami… Mon parrain ne fréquenterait jamais ces… ces gens ! »

« Je te dis ce que j'ai vu, Draco, et c'est bien Snape qui est sortit de là tout à l'heure… » me dit-il catégoriquement. J'affiche une moue des plus septiques. « Parions, puisque tu es si sûr de toi… »

J'accepterai volontiers le défi mais je ne suis pas aussi sûr de moi qu'il le pense.

« C'est impossible… » je souffle un peu chamboulé.

J'ai beaucoup d'affection pour mon parrain. Une figure de droiture pour moi. L'exemple qui me permet de continuer à croire que l'honnêteté n'est pas une parfaite ineptie.

Mais s'il était vraiment ici, ce sont mes idéaux qui s'envolent.

Il n'a strictement rien à faire dans ce repère d'asservis…

« Malfoy ? Tu es tout pâle, ça va ? » je sursaute en sortant de mes pensées. Non ça ne va pas !!

« Oui, oui… ça va… Excuses-moi un moment… »

Je me lève un peu pantelant, et commence à errer sans but précis à travers l'appartement. J'observe néanmoins inconsciemment les invités, et mon estomac se vrille à chaque fois que j'aperçois des cheveux noirs, comme ceux de mon parrain.

Après un moment d'inspection, je me pose sur la première marche des escaliers qui mènent aux étages supérieurs, la tête au creux de mes mains.

Je décide finalement d'allumer une cigarette pour me redonner contenance, et en levant les yeux, je reconnais l'homme que m'a montré Victor, en début de soirée.

Il discute avec une jolie brochette de femmes gloussantes, le genre que j'exècre intensément.

Au bout d'un certain temps où il sent mon regard insistant posé sur lui, il s'excuse au près de ses dames, et me rejoint au pied de l'escalier. Je me lève tandis qu'il s'approche de moi.

« Monsieur Malfoy ? » me dit-il en me tendant une poigné de main. Son accent slave est le même que celui de son compère. « Vladimir Közlov, appelez-moi Vladimir… » je l'observe un moment, en lui serrant la main.

Je suis surpris de constater que sa blondeur est presque égale à la mienne, et ses yeux bleus clair sont déstabilisants.

« Victor m'a dit de m'adresser à vous ce soir. Ce n'est pas dans ses habitudes, savez vous pourquoi ? » je lui demande en lui lançant un regard suspicieux.

« Victor a probablement ses raisons, Monsieur Malfoy… »

« Appelez-moi Draco… » Je l'interromps en souriant poliment.

« Et bien, Draco, je suis sûr que Victor vous expliquera ce pourquoi il ne traite pas avec vous ce soir… Mais soyez tranquille, je suis une personne fiable… »

« C'est vous qui le dites… » je marmonne.

« Pardon ? »

« Rien… pardonnez ma curiosité mais j'ai mes habitudes… Vous comprenez… »

« Bien entendu, mais n'ayez aucune crainte… vous verrez que nous sommes tous ici des hommes de parole… » j'acquiesce d'un signe de tête courtois.

« Bien… Veuillez me suivre je vous pris… » me dit-il. Je m'exécute et le suis à travers un sinueux couloir qui part de l'entrée.

Au bout d'à peine cinq minutes, je ressors de la pièce où Vladimir m'avait emmené. La transaction s'est parfaitement bien déroulée, et c'est à cet instant, tout ce qui m'importe.

Je retourne au salon et me dirige à nouveau vers le bar, où mon ami est toujours installé.

« Tu as repris des couleurs, toi… » me lance-t-il tandis que je m'assois sur le même tabouret que tout à l'heure.

« Oui ! Et pour cause… Mon ami, j'ai de quoi vous faire passer à tous une soirée de folie ! » j'annonce fièrement, Erin me gratifie alors d'un sourire resplendissant.

« Magnifique, tu es le meilleur ! »

« Je sais… » Je réponds modestement. « Bon, je ne traine pas plus longtemps… j'ai cours demain, nous nous verrons samedi après midi, il me faudra faire un peu de shopping sur Oxford Street, tu veux bien m'y accompagner ? »

« Je te tiens au courant… »

« Ok, alors à samedi… »

Je prends congé de mon ami et m'en vais vers la sortie d'un pas pressé.

Mais à peine ai-je posé ma main sur la poignée de porte, qu'une voix m'interpelle de nouveau. Je soupire d'impatience et me retourne pour intercepter l'importun.

« Draco, attendez une minute ! » me dit Victor en s'avançant vers moi, il regarde tantôt à gauche, tantôt à droite, comme pour s'assurer que personne ne nous observe.

« Que se passe-t-il Victor ?! » demandai-je, agacé.

« Chut… parlez moins fort, s'il vous plaît… » me dit-il tout en posant son index sur ma bouche. « Etes-vous satisfait de la transaction ? »

« Je le suis… »

« Ecoutez, je subis en ce moment les excès de jalousies de Romuald, il pense que… que vous êtes dangereux pour lui… C'est pour cela que j'ai préféré ne pas traiter avec vous ce soir… » m'apprend Victor. Je reste interdit un moment, je souhaite un conflit avec Nilson, autant que je souhaite me jeter du haut de Big Ben…

« Oh mon dieu… Oui, vous avez bien fait… »

« Il me semble en effet… je pense qu'il serait préférable que vous traitiez avec Vladimir dorénavant, au moins jusqu'à ce que l'idée lui passe… »

« Entendu… merci de votre sollicitude, Victor… »

« C'est normal… Allez-y maintenant. » Il se retourne et parle à un homme qui se tient dans l'entré dans une langue que je ne comprends pas. « Anton va vous raccompagner en bas… passez une bonne soirée… » me dit-il, puis il tourne les talons et me laisse avec l'homme, lequel ouvre la porte et me fait signe de passer devant.

_ _ _

POV d'Harry

Ron et moi avons fini de faire nos emplettes, nous ressortons du centre commercial de Covent les bras chargés de paquets. Je me suis finalement moi aussi laissé aller, et j'en ai presque acheté plus que mon ami…

Il n'est pas encore vingt heures, et avec un peu de chance je pourrai intercepter Ginny en raccompagnant Ron chez lui.

Lorsque nous arrivons en bas de chez les Weasley, je me gare et demande à mon ami si je peux monter avec lui. Il acquiesce, et nous empruntons l'ascenseur.

J'entre dans le grand appartement familial, Ginny est assise dans un canapé angulaire et semble très surprise que je sois ici.

« Harry ! » me lance alors Madame Weasley en sortant de sa précieuse cuisine, elle me fait une brève accolade tout en me demandant :

« Comment vas-tu mon garçon, restes-tu pour dîner ? »

« Non, merci Madame Weasley, je suis juste venu voir Ginny… » je lui réponds embarrassé.

« Oui, bien sûr, vas-y Harry, vous avez le droit d'allez dans sa chambre… » me dit-elle, je rougis fortement en entendant cette approbation.

« Euh… ce ne sera pas nécessaire, Madame, mais pourrais-je vous l'emprunter un moment ? Je pensais faire un rapide tour à Hyde Park… la température est agréable, et nous ne resterions pas longtemps… »

« Bien, mais ne la ramènes pas après dix heures, Harry, vous avez cours demain… »

« Entendu, merci Madame Weasley… » la mère de Ginny s'en retourne à sa cuisine, et Ron a la délicatesse de s'éclipser sans un bruit.

Ginny, quant à elle, a entendu toute la conversation mais n'a pas prononcé un seul mot depuis mon arrivé. Elle fixe obstinément la télévision qui lui fait face, et feint une parfaite indifférence à ma petite personne.

« Ginny… tu te rends compte que tu es excessive là ? » je lui demande en m'asseyant à côté d'elle.

« Excessive ?! » Crie-t-elle en se tournant brusquement vers moi, les yeux exorbités. Je la trouve particulièrement repoussante à cet instant, et la vision m'arrache une grimace. « Tu as le culot de me trouver excessive ?! Tu crois peut-être que j'ai l'intention de dire amen à tout tes caprices sous prétexte que t'es un Potter, et écarter les cuisses quand… »

« Shuuuut ! Mais ça va pas non ?! On est dans ton salon, bordel ! » Je m'exclame, tout en l'empêchant de finir sa phrase. Je me lève et l'attrape par le bras fermement.

« Lâche-moi salaud !! » crie-t-elle.

« Mais t'es complètement malade ! Tais-toi ! » je pose ma main sur sa bouche pour l'empêcher de crier, et la regarde fixement. Son souffle est saccadé, elle a vraiment l'air furieuse.

« Tu vas te comporter comme une adulte, Ginny Weasley, et tu vas me suivre, nous allons gentiment finir cette conversation dans la voiture ou ailleurs, tant que c'est isolé, ainsi tu pourras me cracher ta haine totalement infondée à la figure, tu as bien compris ?! » Elle opine d'un signe de tête et j'enlève ma main de sa bouche. « Descendons. »

Nous arrivons dans la voiture après moultes rebondissements, où ma chère petite amie m'a encore joué le mélodrame dans l'ascenseur, puis dans le hall, tandis qu'il m'a fallu la trainer de force pour nous éviter le quasi scandale publique…

« Tu veux que nous allions faire un tour sur Hyde Park ? » je demande gentiment, en essayant d'apaiser l'ambiance survoltée qui règne.

« Oh la ferme !! » Me crache-t-elle, je commence à perdre peu à peu mon sang froid de gentleman.

« C'est quoi ton putain de problème Ginny ?! »

Elle me lance un regard assassin, et je ne comprends toujours pas d'où vient cette soudaine rage que me voue ma copine d'ordinaire si aimante.

« Je n'ai pas confiance en toi… » chuchote-t-elle.

« Pardon ? »

« Tu as très bien entendu ! Je-n'ai-pas-confiance-en-toi !! » répète-t-elle en articulant chaque mot.

« Tiens donc… et c'est maintenant que tu t'en rends compte… » je lance sarcastiquement, « et puis-je savoir pourquoi ce soudain revirement ? »

Elle lève alors des yeux plissés en deux fentes noisette sur moi, comme si elle essayait de fouiller mon esprit.

« Tu es comme ton père… » répond-elle finalement au bout d'un moment. Je sens alors la rage que je m'efforçais de contenir jusqu'à présent exploser en moi tandis qu'elle rajoute :

« Et moi je ne serai jamais comme ta mère, tu entends ?! La cocu de service, c'est pas mon genre Harry, oh non… »

Cette dernière réplique à l'effet d'un coup de poignard, je ferme les yeux. Qui est-elle pour ressasser les moments douloureux de mon passé ?

Oui, mon père a été infidèle dans le passé, une erreur qui a failli faire éclater ma famille d'apparence si parfaite en mille morceaux, et ma mère n'est rien d'autre qu'une femme courageuse de lui avoir pardonné, pour nous, pour nous préserver, elle mérite plus que personne d'avoir la tête haute.

Je tremble de haine et j'ai pour la première fois de ma vie, une folle envie de baffer une femme.

« Sors de ma voiture… » je lui ordonne alors les dents serrées.

« Quoi ? »

« Sors de cette voiture bordel !! »

« Non ! Harry, pardon, je n'aurais pas dû dire ça, mais j'ai peur ! »

« Putain Ginny, j'en ai rien à foutre que t'ais peur ! Tu sors de cette voiture tout de suite et de ma vie par la même occasion, ou je ne réponds plus de moi !! »

Elle me lance un regard affolé, et sort rapidement de l'auto, pendant que j'essaie vainement de contrôler mon souffle erratique.

Je reste un moment immobilisé pour reprendre mes esprits, puis repars chez moi plein d'amertume.

Ce que j'appréhende le plus, dans cette histoire, c'est de perdre mon meilleur ami à cause de cette dégénérée. Les femmes ne sont que des fouteuses de trouble, systématiquement, et j'en ai la preuve irréfutable.

Elle me dégoûte.

Je rentre et ne prends même pas la peine de dîner, de toute façon je n'ai pas la moindre envie de faire bonne figure au sempiternel repas de famille, affichant bon gré mal gré une mine des bons jours, alors que si je m'écoutais j'enverrais tout valser…

J'en viendrais presque à comprendre les fumeurs dans ces moments là… ou bien même ceux qui se bourrent de cachets pour trouver la paix.

Je rentre dans ma chambre, et constate qu'un énorme bouquin trône au milieu de mon lit. Il s'agit de mon manuel de droit constitutionnel. Une délicate attention de mon père, qui me l'a collé bien en évidence, afin que je me souvienne de mes obligations premières…

Soit. Je me prépare à aller me coucher, et prends le livre pour en lire quelques passages avant de plonger dans un sommeil agité.

_ _ _

Je me réveille avec difficulté. J'ai bien mal dormi… Il est encore tôt, je décide donc de prendre une douche et d'attendre pour répondre à mon envie première : appeler Ron.

Après m'être préparé et avoir mangé, je m'autorise enfin à prendre le téléphone, et je suis comme à mon habitude extrêmement stressé.

Le téléphone sonne dans le vide et mon anxiété continue d'accroître. Je retente une deuxième fois.

« Allo ? » J'entends finalement, et je suis au paroxysme de l'angoisse.

« Ron, c'est moi… je… je voulais savoir si je passais toujours te prendre ce matin… »

« Bien sûr Harry ! Comment irai-je en cours sinon ?! En bus ? Tu m'as bien regardé ?! » Je ris nerveusement à la réplique de mon ami.

« Bien ! A votre service lord Weasley, je serais là dans une demi-heure… »

« Ok… Et Harry ! »

«Oui ? »

« T'en fais pas vieux… ma sœur m'a tout raconté en rentrant hier… tu n'as rien à te reprocher… » me dit mon ami. Je soupire tout en évacuant une forte pression.

« Je t'avoue que j'angoissais... un peu, quoi … »

« Je le sais… je te connais par cœur ! Allez à tout à l'heure… »

« Ouais… »

_ _ _

J'arrive au détour d'un couloir pendant la pause, où je croise Hermione devant un casier, chargée jusqu'aux yeux d'un tas de livres en tout genre.

« Je peux t'aider ? » je lui demande en prenant quelques bouquins un peu trop hauts perchés sur la pile.

« Oh, Harry, tu m'as fait peur… » me dit-elle essoufflée. « Oui merci… »

Elle manque de chavirer en arrière, et je me précipite pour la retenir de tomber.

« Regardez moi ça ! Si c'est pas mignon… » lance tout à coup une voix derrière nous. Je vois alors Malfoy qui s'approche nonchalamment de nous avec son air méprisant.

« Dis moi, Granger, Blaise est-il au courant que tu… flirtes, avec des élèves douteux ? »

« Tu connais ce mec ?! » je demande surpris à Hermione.

« Oui, malheureusement… » me répond-elle en ignorant délibérément le blond. « C'est un ami de mon copain… »

« Un ami ?! » demande Malfoy avec un air faussement outré. « Si tu appelles un ami, un type avec qui j'ai grandi, capable de m'ignorer du jour au lendemain pour une simple amourette… oui, alors c'est un ami… »

« Ce n'est pas mon problème ! »

« Oh mais si c'est ton problème, Granger… qui crois tu duper sous tes airs de sainte nitouche ?! Comment tu t'y es prise pour l'éloigner de moi, hein ? A grands coups d'ultimatum ?! » dit le blond en s'approchant avec un air dangereux.

« Eh ! Laisse la tranquille ! » je m'exclame en l'attrapant par l'épaule.

Il me lance à nouveau son regard méprisant, et se dégage de mon emprise en s'époussetant.

« Ne te mêle pas de ça, Potter… »

« Règles tes comptes avec Zabini ! Elle n'a rien à voir là dedans ! » je rétorque, Hermione s'approche pour essayer de calmer le jeu.

« Rien à voir la dedans ?! Vous entendez ça ? » dit-il en s'adressant à son groupe. « Viens par là Potter… » il m'entraine alors vers le fond du couloir, tandis que je proteste et me débat en vain. Nous commençons à attirer des regards curieux et bientôt un charmant auditoire se forme tout autour de nous.

Il me pousse fortement contre le mur du fond, et se retourne vers l'attroupement improvisé.

« Qu'est ce que vous regardez ?! » crache-t-il, « Dégagez bande de voyeurs, allez ! Goyle, fais les dégager bon sang ! »

Un homme que je qualifierais plutôt d'un ours, se précipite sur ordre de Malfoy vers les étudiants qui nous observent ébahis, suivit de près par ce que je devine être son acolyte, un type du même acabitet ils repoussent à eux seul un nombre impressionnant d'élèves.

Malfoy se retourne vers moi une fois qu'il juge être tranquille.

« Ecoute bien, Potter… je vais mettre les choses au clair avec toi une bonne fois pour toute… Moi et Granger, nous avons des comptes à régler, elle le sait très bien… ça va, tu suis jusque là ?»

« … »

« Bien… maintenant si je te vois encore une fois en travers de mon chemin, tu le regretteras, suis-je toujours assez clair pour toi ? »

« Tu crois peut-être me faire peur ? » dis-je en le défiant.

« Oh… pas moi, mais eux peut-être ? » me répond-il en désignant sa garde rapprochée.

« Comme c'est louable de ta part… » Je réponds sarcastiquement. « Enfin, je n'en attendais pas moins de toi, en vérité... »

« Je t'interdis de me juger… tu ne me connais pas ! » me crache-t-il rageusement.

« Non, pas besoin de te connaitre pour savoir que tu es un lâche ! Tu t'en prends à elle, mais puisque tu es si sûr de toi, pourquoi ne pas aller voir directement le concerné ? Ah… oui… je crois me souvenir que c'est un métis assez imposant… Tu ne fais vraiment pas le poids, pauvre Malfoy… Qu'est ce que ça fait d'être dans la mauvaise posture ? » Je suis toujours aussi prêt de lui. La colère me fait débiter des paroles que je n'aurais même pas voulu dire. Malfoy a raison, je n'ai aucunement le droit de prendre parti dans cette histoire.

Mais, je crois que j'aime lui tenir tête, il m'énerve tellement…

« Potter, Potter, Potter… tu es encore plus stupide que je le croyais… » me chuchote-t-il, puis il se recule brusquement et lance un regard entendu à ses deux chiens de garde. « Foutez-lui une raclée ! »

Je le vois s'éloigner tandis que les deux garçons approchent dangereusement de moi. J'esquive alors un coup de point du plus grand, passe entre les deux en les bousculant violemment, et courre le plus vite possible pour leur échapper.

En arrivant à la hauteur de Malfoy, je ne peux m'empêcher de lui flanquer un coup dans le dos en passant. Je l'entends crier et s'étaler sur le sol, moi je continue de courir, Hermione sur les talons.

« Harry ! Attends-moi, merde ! » Je m'arrête essoufflé, et me retourne pour voir Hermione dans le même état que moi.

« Qu'est ce qu'il t'as pris bon sang ?! »me demande-t-elle, je ne sais pas trop quoi répondre.

« Je voulais juste t'aider… »

« Et je ne t'avais rien demandé ! »

« Ah… je vois… un simple merci, aurait suffit… »

« Euh… pardon Harry, mais… »

« Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu connaissais Malfoy quand nous en avons parlés la dernière fois ? »

« Parce que… je… c'est une histoire compliquée, Harry…Mais je te conseille vivement de ne pas te le mettre à dos… Ron avait raison, tu sais, il t'en fera baver si c'est le cas… »

« Hum… c'est ce qu'on verra… » dis-je en m'éloignant avec détermination.

« Harry ! Écoute-moi ! »

« Te fatigues pas, Hermione… tu m'excuses j'ai à faire… »

Je la plante là, sans un dernier regard. Quelle ingrate tout de même…

Quant à ce sale petit vicieux verra qu'il n'est pas le seul à avoir des relations, je m'en fais un point d'honneur tout en me dirigeant vers mon prochain cours.


Voilà, je vous dis au prochain chapitre, et merci d'avance pour vos reviews! :)