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Bonjour à tous!
Voici le chapitre 4, je tiens à préciser que l'OS "open your eyes" by Pad'Chan, à légèrement inspiré la relation entre Blaise et Draco... J'espère qu'elle ne m'en voudra pas! :)
Un grand merci au reviewers, une fois de plus. Et un énorme poutou à mon Colonel-Bêta : Arrya, (espérons que je n'ai pas oublié une petite remarque en plein milieu cette fois!^^)
qui fais un boulot super, et que j'adoooore de tout mon coeur!!!
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Disclaimer : Les persos appartiennent à JKR
Fiction Rated : M (qui se précise doucement mais surement...)
Pairing : HP/DM
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POV de Draco
Potter encore et encore. Ce putain de nom qui tourne en boucle dans ma tête depuis ce matin. Son foutu visage qui hante mon esprit.
Je devrais le détester, le maudire, lui faire payer sa petite révolte, pourtant…
Qu'a-t-il de si particulier ? Pourquoi suscite-t-il tant de choses en moi ? Des choses que je ne veux même pas interpréter, des choses qui me font peur…
Il m'a pourtant ridiculisé, devant un tas d'étudiants… Il ne s'est pas laissé faire, et moi, au lieu de le détester pour cela, je l'admire presque.
Finalement, malgré la haine que j'ai éprouvé sur le moment, malgré l'envie presque insoutenable que j'ai eu de le frapper jusqu'à ce qu'il en perde connaissance, une partie de moi a aimé sa façon de me tenir tête, ses yeux verts assombris par la colère.
Une partie de moi l'a désiré alors que j'étais trop prêt de lui, et le désire depuis la première fois où je l'ai vu.
J'ai peur, car la vérité c'est que ce type me met vraiment mal à l'aise. Il fait ressortir ces côtés de moi que je m'efforçais d'enfouir au plus profond de mon être, ces côtés indignes de mon nom, et de mon rang, mais qui resurgissent irrévocablement devant lui.
Je n'avais pourtant plus ressentis ça depuis… Depuis lui.
Depuis Blaise.
Ces sentiments exacerbés, ce désir violent qui s'empare de tout mon corps, celui qu'aucune femme n'est jamais parvenue à me faire ressentir.
Est-ce que je dois me résigner ? M'avouer que je ne suis pas comme les autres ? Ne plus bafouer cet aspect de ma personnalité, pour enfin être en accord avec moi-même ?
Je ne suis pas prêt pour ça. J'en ai trop souffert. Le rejet est une chose intolérable, et ce genre de penchants laissent rarement place à la réciproque, je l'ai appris à mes dépends...
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Ce samedi là nous fêtions mon dix-huitième anniversaire. Mes amis et moi avions réservés le carré VIP du Browns, un club privé de la capitale. Le champagne et la cocaïne coulaient à flot, mettant nos nerfs à fleur de peau, exaltant nos sens.
Blaise était venu sans sa petite amie, et s'en donnait à cœur joie. Il dansait avec autant de filles différentes qu'il lui était possible, et la promiscuité entre mon meilleur ami et ces groupies me faisait mal. Je les voyais comme un danger, un obstacle érigé entre lui et moi.
Je ne savais pas pourquoi je ressentais ça. Une sorte de besoin, d'urgence dans l'air, celui de l'accaparer, je voulais qu'il ne voie que moi.
J'ai toujours été possessif avec lui. Notre amitié à suscité la curiosité à de nombreuses reprises. Peut-être était-elle trop fusionnelle, passionnée, trop tactile.
Pour ma part je n'y ai jamais réellement prêté attention, je trouvais ça presque naturel en somme. Mais Blaise avait beaucoup de mal à l'accepter. Nos amis proches nous affublaient de surnoms peu glorieux, mais je savais qu'il ne fallait pas les prendre trop à cœur.
Néanmoins mon meilleur ami s'emportait systématiquement dans ces cas là, mettait des distances entre nous, des distances que je n'ai jamais acceptées.
C'est lors de ma quatorzième année, que je me suis rendu compte que Blaise était la personne la plus importante dans ma vie. Peut-être trop importante. Une jalousie maladive me rongeait lorsqu'il n'était pas avec moi, qu'il sympathisait avec d'autre, ou qu'il sortait avec des filles.
Je savais pourtant que les sentiments que j'éprouvais à son égard n'étaient pas normaux, mais je ne l'admettais pas vraiment, et ils continuaient de se répandre en moi petits à petits, destructeurs et torturants, comme un poison.
C'est à partir de ce moment là que notre relation a changé. J'étais devenu encore plus taciturne et irascible à force de bafouer mes désirs. A force de me remettre en question sans cesse.
Mon adolescence n'en a été que plus difficile, et je n'ai jamais réussi à me construire, à savoir qui j'étais vraiment. J'ai dû réprimer mes réelles envies, me constituant une personnalité froide et détachée, pour ne pas les laisser paraitre.
Tout cela je l'ai fais pour Blaise, pour ne pas qu'il prenne peur. Pour ne pas le perdre. Il n'aurait pas compris, il m'aurait rejeté, et je n'aurais pas pu le supporter.
Seulement ce soir là, je n'avais pas vu mon meilleur ami depuis presque un mois, et quelque chose d'indicible s'était produit en moi. Une trop forte sensation de manque, une cruelle impression qu'on me privait de mon oxygène.
Depuis qu'il était avec Hermione Granger, il me donnait de moins en moins de nouvelles, se préoccupait de moins en moins de moi.
Je la haïssais pour ça.
Fut-ce dû à la trop grande quantité d'alcool et de drogue que j'avais ingurgité, pour oublier la douleur que j'éprouvais en le voyant agir de la sorte, a m'ignorer le soir même de mes dix-huit ans, trop occupé qu'il était à se pavaner avec d'autres que moi ? Je ne le sais pas, mais je ne cessais de le fixer, une lueur malveillante brillait dans mes yeux.
J'étais installé au bar avec mon amie Pansy. C'était la seule que j'avais mise au courant de mon attirance malsaine pour mon ami, la seule en qui je pouvais avoir confiance.
« Arrête de le regarder comme ça Draco ! Il va finir par s'en rendre compte ! » m'a-t-elle prévenue.
Je n'écoutais pas. Je continuais de le dévisager obstinément sans me soucier qu'il s'en aperçoive, un rictus dédaigneux s'était plaqué sur mes lèvres, et j'assassinais du regard toutes les filles avec qui il dansait, les faisant presque fuir.
C'est alors qu'il arriva ce qui devait arriver. Blaise a quitté la piste de danse et s'est dirigé vers moi d'un pas décidé. J'allais devoir lui rendre des comptes pour mon attitude, et pas seulement pour celle de ce soir, mais pour celle que j'avais avec lui depuis plus de quatre ans.
Il m'a attrapé par le bras avec force, et m'a trainé jusqu'à la sortie .Je protestais et essayais de me dégager de son emprise mais je n'étais pas assez fort pour cela.
« Qu'est ce que tu fous bordel ! Lâche-moi !! » lui ai-je crié avec hargne, mais il ne m'écoutait pas.
Un taxi se trouvais devant l'entrée du club et il m'y a jeté de force, puis il est monté également et a dit au chauffeur de nous conduire jusque chez lui.
Pas un son ne sortait de sa bouche. Je pouvais juste ressentir son animosité et sa colère dans sa manière de respirer trop fortement.
« Ramène-moi à cette putain de boite, Blaise ! » ordonnai-je les dents serrées, et il m'a enfin regardé. Son visage était déformé par un mépris non contenu, la vision m'a fait atrocement mal. Je le dégoûtais, je le savais.
Je hurlais au chauffeur de faire demi-tour, mais il n'en a rien fait. J'avais l'impression d'être tombé en pleine conspiration, et le silence que je m'efforçais de rompre en protestant rendait l'atmosphère presque intolérable.
Le taxi nous a déposés au pied de son immeuble et je ne voulais pas en sortir. J'ai dit à Blaise que je prendrais un hôtel mais il m'a de nouveau embarqué de force, a jeté un billet au chauffeur pour la course, et m'a trainé jusque chez lui.
Il était complètement aliéné par la drogue et l'alcool qu'il avait pris, j'appréhendais tellement ce qui allait suivre. Allait-il me frapper, simplement me demander de lui rendre des comptes, me laisser m'expliquer une bonne fois pour toute, et dès lors que ça serait fait, mettre un terme définitif à notre amitié ?
Car il n'accepterait jamais ce que j'avais à lui dire. Il n'accepterait jamais la vérité.
Nous avons emprunté l'ascenseur et Blaise restait muré dans un silence de plomb, il ne me regardait même pas. Je sentais une grande détermination dans ses agissements, c'était comme s'il s'apprêtait à faire quelque chose qu'il voulait faire depuis longtemps.
Il ne me lâchait toujours pas le bras mais je m'étais de toute façon résigné à ne pas lui échapper.
Une fois la porte de l'appartement franchie, il m'a entrainé jusqu'à sa chambre. Mon cœur battait à la chamade à cause de la drogue, j'avais l'horrible sensation qu'il pouvait s'arrêter à tout instant.
Blaise a fermé la porte de la chambre derrière nous. Il s'est retourné vers moi et est resté planté là, droit comme un piquet, hésitant pour la première fois depuis que nous étions partis du club.
J'étais pétrifié. Des doutes quand à ses intentions m'ont brusquement étreint. Que voulait-il réellement ? Pourquoi m'avoir emmené jusqu'ici, s'il voulait simplement une explication ?
« Qu'est ce que tu me veux Blaise ?... » ai-je soufflé incertain. Il continuait de me fixer avec un air indéchiffrable, la tension entre nous était à son comble.
Puis soudain, il s'est jeté sur moi avec une violence inouïe, nous somme tombés sur le lit.
Il me rouait de coups de poings, il me hurlait qu'il me détestait de lui faire ça, que je n'avais pas le droit, pas le droit de tout gâcher entre nous.
Je sentais à peine ses assauts.
Tout ce que je sentais, c'était son corps pressé contre le mien, cette promiscuité qui me faisait perdre doucement la raison. Un goût de sang envahissait ma bouche.
Il s'est alors brusquement arrêté, constatant l'ampleur des dégâts qu'il avait faits sur moi. Son regard changeait petit à petit, laissant place à un air de désolation. Il s'en voulait, je pense.
« Regarde ce que tu me fais faire Draco… » a-t-il soufflé en baissant la tête, une larme coulait le long de son visage.
« Shshshsh… » la vision m'a serré le cœur. J'ai pris sa tête entre mes mains pour le forcer à me regarder. « Ne pleure pas… C'est ma faute… »
Blaise était à califourchon sur moi, et nous étions complètement annihilés par la drogue. J'ai pour ma part presque totalement arrêté de penser lorsque j'ai senti le désir de mon meilleur ami grossir contre moi.
J'ai vu tant de détresse dans son regard. Je savais qu'il ne comprenait pas l'effet que je lui faisais. Je connaissais par cœur chacune des questions qu'il se posait. Je me posais les même depuis tant d'années…
Je me suis relevé sur les coudes après l'avoir longtemps observé, toujours immobile au-dessus de moi. J'avais l'impression qu'il voulait la même chose que moi, mais qu'il ne s'y résolvait pas, qu'il avait trop peur de le faire.
Alors j'ai pris les devants. J'ai posé une main derrière sa nuque pour l'approcher de moi, avant de plaquer mes lèvres contre les siennes.
« Non ! Je ne veux pas… Je ne peux pas… » soufflait-il. Mais il répondait tout de même à mon baiser.
« Laisse toi aller… Laisse toi aller… » lui chuchotai-je contre ses lèvres. J'avais trop attendu ce moment pour le rompre. C'était trop bon et trop intense pour qu'il s'arrête.
Je ne contrôlais plus rien à ce moment, et je commençais à me mouvoir sous lui, je l'embrassais avec plus de fougue, ma langue cherchait désespérément à franchir la barrière de ses lèvres. Je le faisais gémir à chaque fois que mon érection rencontrait la sienne.
Je me suis relevé, lentement, pour ne pas l'effrayer. J'ignorais totalement ce que je devais faire, et la peur qui ne quittait pas son regard me déstabilisait fortement.
Si je me suis rapproché de lui à ce moment là, c'est parce qu'il ne bougeait pas, je me suis rapproché de lui parce que j'avais l'impression qu'il voulait la même chose que moi. Si j'ai posé ma main sur son sexe, si je l'ai touché si intimement, c'est parce qu'il ne m'en a pas empêché, au début. De toute ma vie je n'avais jamais eu envie de quelqu'un comme ça, et si je le lui ai dit, c'est parce qu'il était dur, comme moi, sous ma main caresseuse.
Mais lorsqu'il a entendu ces mots, c'est comme si je lui avais jeté un seau d'eau froide à la figure. Ce qui m'avais enflammé et consumé comme un brasier, l'a brusquement refroidie et réveillé.
Il m'a repoussé doucement, pourtant, en me disant que ce n'était pas possible, que ça ne rimait à rien, qu'il ne pourrait y avoir de suite à ce qui se passait. Et il avait probablement raison.
Mais je n'ai pas supporté ce rejet.
Il avait brisé mon cœur et mes nouveaux espoirs en une phrase. Froide et cruelle. J'avais trop mal, et j'ai surement voulu qu'il ait aussi mal que moi.
Alors je l'ai frappé, par désespoir, je l'ai asséné de coup comme lui l'avait fait juste avant. Mais lui s'est défendu, pas comme moi, et bientôt cela se transformait en pugilat, en une effusion de sang et d'hématomes disséminés sur nos corps et nos visages.
Nous avons réveillés ses parents par les cris de douleurs que nous lâchions désespérément, et sa mère s'est précipitée sur nous pour nous séparer. Une rage sourde grondait en moi.
Madame Zabini a appelé mon père, lequel est arrivé quelques heures plus tard et de très mauvaise grâce.
J'ai été consigné pendant plus d'un mois pour avoir frappé Blaise Zabini « sans raisons apparentes ». Nous étions bien incapables de justifier le pourquoi de notre querelle.
Finalement j'ai eu Blaise au téléphone quelques jours plus tard. Nous avons convenu de ne plus jamais parlé de ce qui s'était passé.
La conversation fut d'ailleurs très brève, il était froid, je sentais une profonde rancune dans sa voix.
Cet appel n'était que de convenance, afin de dissoudre tous malentendus, et mieux pouvoir m'ignorer par la suite… et puis sa copine lui avait apparemment fait une belle crise d'hystérie quand elle l'avait vu arriver dans cet état. Il devrait alors faire un choix entre elle et moi après ça, et j'ai vite compris que je n'avais pas la moindre chance contre elle.
Depuis cet appel, Blaise ne m'a plus jamais adressé la parole, et il a arrêté de voir les autres aussi. J'avais sellé la fin de notre amitié, tout était ma faute. Mais pouvais-je décemment continuer de jouer au bon copain alors que je brûlais d'envie pour lui ?
Je pense que oui, finalement. Sa présence en aurait value la peine.
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J'écoute d'une oreille distraite le cours, installé sur ma chaise.
Je tape frénétiquement mon crayon sur la table, irritant un grand nombre d'élèves, que je dissuade de toute envie de me dire quoi que ce soit par des regards explicites.
La scène de ce matin repasse en boucle dans mon esprit.
Finalement je crois que Potter est un peu comme Blaise. Il a l'air sûr de lui, et surtout il ne se soucie pas de ce qui pourrait lui arriver s'il me tient tête, tout comme Blaise, et c'est ce qui m'a toujours plu chez lui.
J'ai bien peur d'être en train de faire une sorte de transfert. Parce que l'absence soudaine de mon meilleur ami a causé des dommages irréversibles en moi, et que je dois avoir besoin de combler ce vide par autre chose.
Mais je ne peux pas laisser ces sentiments m'envahir, j'y laisserai mon âme cette fois, c'est certain.
J'irai voir le directeur pour lui dire tout ce qui s'est passé, de sorte que Potter ne s'approche plus de moi, et je m'efforcerai de faire de même.
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HPDM
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POV Harry
Je suis finalement rentré chez moi après l'altercation de ce matin. La conspiration est un art que je préfère méditer seul, isolé dans ma chambre.
Plusieurs options pour embêter Malfoy me viennent à l'esprit, mais je leur trouve un affligeant manque d'originalité…
La première à m'être venue, fut bien sûr de m'abaisser à son niveau peu flatteur, à savoir, lui envoyer quelques petites frappes désireuses de se faire de l'argent, pour boxer sa jolie petite gueule insupportable…
Mais plus j'y pense, plus je me dis que ce genre de réactions n'est pas digne de moi. Non.
Il me faut quelque chose de plus subtile. Quelque chose qui lui nuira si insidieusement, qu'il ne s'en rendra compte que lorsqu'il sera trop tard.
Cependant, devant tant de louables réflexions, je suis bien forcé d'admettre que je manque cruellement d'inspiration…
Cela doit faire une bonne heure que je suis rentré, et je me suis vautré sur mon lit, ne prenant ni la peine d'enlever ma veste, ni même d'enlever mes chaussures. J'erre dans les tumultes de mon esprit belliqueux, tandis qu'une petite voix me rappelle malgré tout, que je j'offrirai un piètre spectacle à quiconque entrerai sans frapper.
J'enlève finalement mes chaussures, et me glisse sous la couette.
Ginny me manque finalement dans ces moments là. Pas pour les bonnes raison, c'est certain, mais à mon âge les envies libidinales tiennent une place très importante. Je suis frustré. Ce genre d'activités aurait au moins eu le mérite de me changer les idées l'espace d'un instant.
A défaut de câlins, je plonge dans un profond sommeil.
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« HARRY POTTER !!! »
Je sors avec torpeur de ma sieste, quand j'entends la voix de mon père cingler mon patronyme exhaustif avec hargne. Une appellation de très mauvais augure. Des pas retentissants proviennent de l'escalier, alors que je m'efforce de prendre un air contrit. Mon père doit être en reste car j'ai séché les cours.
Je feindrai le mal de tête fulgurant.
La pression monte tandis que je l'entends se rapprocher avec une rapidité déconcertante. Soudain, il pousse violemment la porte de ma chambre, laquelle vient claquer contre le mur. Je l'observe entrer et son expression fermée et hargneuse me donne envie de disparaitre sous la couette. Je trouve la réaction un peu excessive.
« Que fais-tu ici à cette heure ?! » me demande-t-il.
Je m'efforce de rester crédible et lui réponds :
« Euh… J'ai été pris d'un violent mal de tête ce matin. Je n'arrivais vraiment pas à me concentrer, alors j'ai préféré rentrer me reposer un peu… »
« Ah oui ? » reprend mon père avec suspicion. « Et ce mal de tête, ne serait-il pas dû à tout hasard, à ton entrevue avec le fils de Lucius Malfoy ? » Je cligne bêtement des yeux, figé sous ma couette. Je devrais pourtant savoir que mon père est un homme très au fait. « Réponds !! »
« Euh… Je… »
« Comment as-tu osé te donner en spectacle de la sorte ?! Te rends-tu seulement compte de l'image que tu véhicule en agissant de cette façon ?! »
« Mais… »
« Tu te tais, Harry ! … Ton attitude me déçoit, mon fils, je ne t'ai pourtant pas inculqué ce genre d'éducation ! Tu as un nom ! Et tu te dois de te comporter de manière à ne jamais l'entacher ! J'ai étudié dans cette école, et bon sang j'y côtoie la plupart des enseignants ! Qu'est ce que tu crois qu'ils vont penser quand ils seront au courant ?! Et je te pris de croire qu'ils le seront, les nouvelles vont vite… La preuve, regarde, je suis déjà au courant… »
J'écoute distraitement les brimades de mon paternel tandis que qu'une profonde sensation d'injustice s'insurge en moi. Il continue son discours atterrant, à propos de discrédit et de honte absolue, pendant un temps qui me semble considérablement long.
« …Non content de jouer les gamins de troisième zones, tu t'en prends en plus au fils de Monsieur Malfoy !! Il était mon client, nom de Dieu, Harry ! Et c'est un homme très important ! Je te préviens que si j'ai à répondre de tes actes avec lui ça va barder !! Mais alors, barder !! … »
Et cela s'éternise d'une façon intolérable. Je me demande comment cela pourrait être pire. Je crois qu'il m'a fallut atteindre ma majorité pour arriver à mettre mon père dans une telle colère.
« Si jamais j'entends encore dire que tu lui aurais, ne serait-ce que manquer de respect, ne serait-ce que pas tenue la porte s'il est derrière toi, je te prie de croire que l'armée de sa majesté serait ravie de te compter parmi ses effectifs… Ils seront peut-être plus à même de t'inculquer ce que c'est que la rigueur mon garçon ! … J'attends de toi que tu sois le plus pieux des élèves de cette école ! Tu vas enfin comprendre qu'il y a des gens devant qui il faut rabaisser son clapet, Malfoy en fait parti, me suis-je bien fais comprendre ?! Et tu vas en cours, tout de suite !! » Finit-il les dents serrés. J'opine nerveusement de la tête, mais la réprimande me laisse plus que rédhibitoire.
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HPDM
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Deux mois ont passés depuis l'altercation avec Malfoy, et tout est tranquille depuis. Il fait d'ailleurs profil bas quand nous nous croisons dans les couloirs.
Je ne comprends pas pourquoi.
Pour ma part, malgré les mises en garde de mon père, mon envie malsaine de l'emmerder ne m'a en aucun cas quittée. Je continue d'échafauder des plans à son encontre et il ne se doute de rien.
Cet après-midi je vois Hermione. J'ai prétexté ne pas comprendre un devoir en éco et que j'avais désespérément besoin de son aide.
Zabini sera avec nous. Ce type est sympathique en fin de compte, et j'avoue être très intrigué par la raison du conflit qui l'oppose à Malfoy. C'est pour ça que je cherche par tous les moyens de me rapprocher de lui et d'Hermione.
D'après ce qu'elle a bien voulu m'en dire, c'est assez embarrassant. Ils se sont battus, mais pourquoi, je ne le sais pas encore. C'est ce que je compte découvrir. Hermione m'a également avouée que Malfoy se droguait. Je n'ai guère été surpris par cette révélation. Ce phénomène touche notre génération de plein de fouet, et particulièrement les riches, je le sais bien, même si moi je n'en fais pas les frais.
Je me rends au déjeuner avec Ron. Hermione et moi avons convenue d'une heure à laquelle se retrouver après manger.
J'observe d'un air dégoûté mon ami engloutir son porridge avec la grâce d'un bouledogue, tandis que je cherche comment faire mon entrée en matière avec Zabini.
« Tu fais quoi cette après-midi ? » me demande Ron.
« Hermione va m'aider pour mon devoir d'éco… » je réponds distraitement.
« T'es tout le temps fourré avec elle ma parole !! Et elle ne passe pas l'après-midi avec Zabini finalement ? »
« Si, si, mais je ne les dérangerai pas longtemps… Et puis il est gentil ce garçon quand on le connait tu sais… »
« Oui, c'est ça… Il est gentil parce que vous avez un ennemi commun surtout… »
« Mais qu'est ce que tu vas imaginer ?! Malfoy n'a rien à voir là dedans ! »
« Arrête ! Tu parles de lui tout le temps, je te jure ! Tu t'en rends même pas compte… Il a lâché l'affaire avant toi, lui au moins, je ne comprends vraiment pas cet acharnement à lui faire du tord, laisse le tranquille Harry ! »
« Je fais ce que je veux, Ron ! C'est pas toi qui t'es ramassé la pire brimade de ta vie par ton père, et puis si jamais il lui revenait à l'idée de me faire chier je ne veux pas être totalement impuissant ! C'est juste au cas où… »
« Toi tu deviens grave mon vieux… et c'est devenu obsessionnel surtout ! Ca fait deux mois ! Je ne te pensais pas aussi tenace, c'est sa gueule qui te reviens pas ou quoi ? » me dit-il.
Je ne peux m'empêcher de me poser la question.
Pourquoi ?
Je ne le sais pas vraiment en fait. C'est comme un besoin, et plus j'y pense, plus j'ai l'impression que ma vie ne tourne qu'autours de lui. Et bêtement le fait qu'il m'ignore me laisse un goût amer dans la bouche. Je ne sais pas si c'est par amour propre, car le fait de ne pas susciter d'intérêt pour quelqu'un est en soi assez énervant.
Mais cela justifie-t-il vraiment toute cette odieuse machination ?
Il y a des fois où je me demande si je ne chercherais pas son affection quelque part. Mais, là encore, je ne saurais m'expliquer pourquoi...
« Ouais c'est peut-être bien sa gueule qui me revient pas ! Et puis là tout de suite, c'est toi qui me rabat les oreilles avec lui, on pourrait pas changer de sujet ?! » je rétorque un peu trop agressivement. Mon ami me regarde perplexe.
Je suis bien forcé d'admettre que tout ça n'est pas mon genre. Je comprends sa réaction, car je n'ai jamais agis de la sorte.
Le repas se termine dans le silence, l'ambiance est assez électrique.
Je décide de laisser mon meilleur ami, lequel est clairement déconcerté par mon attitude.
Mais je n'ai pas envie de me justifier, c'est ma vie et j'en fais ce que je veux. Je jette un rapide coup d'oeuil dans le self, et constate qu'Hermione est encore à table avec les jumelles, avec un peu de chance, je pourrai intercepter son petit ami avant qu'elle n'arrive.
J'arrive sur le lieux de rendez-vous et scrute les environs. Il n'y a personne je m'assoie donc sur une grosse pierre en attendant.
Au bout de quelques minutes, l'audi noire de Zabini se gare juste à côté de moi, je me retourne vers le self, pas d'Hermione en vue.
Le métis s'approche de moi et je prends un air indifférent.
« Salut Zabini… »
« Potter… » me répond-il en me serrant la main. « Hermione n'est pas avec toi ? »
« Non elle mangeait avec les jumelles à midi… J'espère que je ne te dérange pas, mais j'ai vraiment un souci avec ce devoir… »
« Tu ne me déranges pas…» me répond-il avec une once d'hypocrisie que je remarque facilement.
« En fait, ce qui me surprend,» reprend-il avec une assurance déconcertante, « c'est que tu fasses appel à Hermione pour t'aider... ton père est avocat il me semble, il serait donc plus à même de t'aider pour ce genre de choses…» je ne m'étais pas préparé à ce genre de questions.
« Bah… disons que les rapport se sont plus ou moins tendus depuis l'histoire avec Malfoy… Je pourrais lui demander, bien sûr, mais je ne veux pas le faire… » j'improvise, et puis ce n'est pas totalement faux, en fin de compte.
« Tu lui en veux pour ça n'est ce pas ? A Draco... » ce mec me prend vraiment au dépourvu.
« Euh… Oui, mais… »
« Ecoute Potter, si tu as quelques choses à me demander n'y vas par quatre chemins… C'est franchement affligeant de te voir me lécher les bottes pour me soutirer des informations, ça ne m'amuse plus… » je reste coi un moment devant tant de lucidité… Ou alors c'est moi qui suis trop grossier et je pensais être discret.
« Premièrement, je ne te lèche pas les bottes, Zabini, faudrait pas prendre ses rêves pour des réalités… Deuxièmement, oui, Malfoy ne me laisse pas totalement indifférent, je l'admets… En fait, je veux juste avoir une info sur lui, tu vois, un petit dossier… Parce que si jamais il se réveille de son soudain mutisme, j'aimerai ne pas être totalement sans défense… »
« Qu'est ce que tu veux savoir ?»
« Je te l'ai dit… Quelque chose qui pourrait me servir contre lui… Seulement s'il le fallait bien sûr, je ne fais rien gratuitement… »
« Mais encore ? » il me regarde avec un air soupçonneux. Je suis sûr qu'Hermione a dû lui dire que je portais un intérêt préoccupant à leur querelle.
« Bon, ok… Concrètement ce qui m'intéresse, c'est la raison de votre conflit… »
« Hum… Tu pars sur un terrain miné là, Potter… » me dit-il avec un air indéchiffrable. Il reste silencieux un moment tandis que j'imagine les différentes possibilités, puis reprend finalement :
« Disons qu'il… Qu'il a eu des gestes équivoques envers moi… » je le regarde perplexe, je ne suis pas sûr de bien comprendre.
« Comment ça, des gestes équivoques ? »
« Tu comprends pas ce que ça veut dire, Potter ?! Des gestes équivoques quoi ! Me force pas à rentrer dans les détails ! » j'écarquille les yeux, surpris.
« C'est ridicule! » je m'exclame.
J'en ai envisagé des choses, mais ça...
« T'es pas obligé de me croire, mais c'est la stricte vérité ! » je l'observe un moment. Ce qu'il me dit me parait totalement insensé, et puis quel genre de personne peut balancer une chose aussi intime sur quelqu'un dont on a été si proche ? On ne se connait pas, ou si peu...
Je ne pourrais jamais faire confiance à ce type après ça.
« Hum... Et Hermione est au courant ? »
« En parti oui… Bref, j'en ai assez dit… Je pense que tu tiens là ton info, mais franchement, un conseil… » dit-il en s'approchant de moi l'air énigmatique. « Evite ce mec, ne te mêle pas trop de ses affaires, ou c'est toi qui y laisseras des plûmes… »
« J'y penserai Zabini... J'y penserai... »
Je ne peux m'empêcher de me dire que finalement ça serait Malfoy, la victime dans cette histoire.
Il est vrai que je ne l'ai jamais vu avec une fille, mais j'ai tellement de mal à l'imaginer avoir ce genre de penchants.
Je pense à son physique. Délicat, c'est certain, fin et quelque part un peu efféminé, mais son charisme est en totale contradiction avec une possible homosexualité. Et puis j'ai comme l'impression que Zabini déplore le fait que je m'occupe de Malfoy, comme s'il ne l'admettait pas en fait... Je suis des plus septiques, un silence embarrassant s'installe entre nous. Il est temps qu'Hermione arrive...
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HPDM
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POV Draco
J'ai aperçu Blaise et Potter discuter sur le parking de la fac tout à l'heure. Bêtement la vision m'a parut surréaliste. Voilà que les deux mecs que je hais le plus se mettent à conspirer ensemble…
Enfin, disons que j'essaie d'occulter l'image de ces deux là trainant ensembles de mon esprit.
Il y a plus important en ce moment.
Erin a de nouveau surprit mon parrain à une des soirées de Romuald. Je n'étais pas présent évidemment, et mon parrain m'a d'ailleurs l'air de prendre le soin de ne pas se montrer lorsque je suis là.
Mais il ne connait pas toutes mes relations. Et je ne fréquente pas Erin depuis très longtemps, il ne l'a même jamais vraiment rencontré je crois. Ils se connaissent de vue, tout au plus.
Du reste, j'ai dû me faire à l'idée que oui, mon parrain était bien en contact avec Nilson et le reste de sa troupe. Ce que je ne sais pas, c'est pourquoi.
Alors avec mon ami et Pansy nous faisons une sorte d'enquête, si-je puis dire. Tout d'abord sur ce que trafiquent réellement Romuald et tous ces vils individus qu'il côtoie. Nous avons convenu d'un rendez-vous tous les trois car il semblerait qu'Erin ait fait quelques découvertes.
Nous nous rejoignons dans un petit bar de banlieue.
« Salut Draco. »
« Salut… »
« Qu'est ce que tu bois ? »
« Un thé s'il te plait. » Pansy commande les boissons au serveur et une fois sur table, nous rentrons dans le vif du sujet.
« Bon… » reprends Erin. « Nous savons d'ors et déjà que Victor fais du trafique de drogue… »
« Oui, merci on est au courant… » je réponds sarcastiquement.
« Oui… Mais, crois tu qu'il ne vende que de la cocaïne ? » j'hausse les épaules, je n'en sais rien en fait. «Et bien non… Figure-toi que j'ai surpris une conversation lors d'une soirée. Il était avec deux hommes, originaires du moyen orient, des jordaniens ou un truc comme ça… Bref, ils parlaient de plusieurs kilos d'héroïne… »
« Hum-hum… Mais quel rapport avec mon parrain ? »
« Ecoute, j'en sais rien pour l'instant, j'ai entendu des bribes tu vois… Mais je peux t'assurer que son nom à été mentionné dans la conversation… Rappel moi quel est son métier ? »
« C'est le rédacteur en chef du Times, pourquoi ? »
« Non, comme ça… Il faudrait arriver à déterminer quel lien pourrait avoir Nilson, Krum, et le reste, avec ton parrain, savoir quels avantages ils peuvent bien tirer à le soudoyer par exemple… » je prends un air outré quand j'entends ces mots. « Désolé, Draco, fais pas cette tête, mais c'est la plus probable des options… Ton parrain doit recevoir des pots de vins, ou un truc du genre… »
« Il a raison. » dit Pansy, « ton parrain est surement corrompu par Nilson, et en l'occurrence je pense que ça a un rapport avec son métier… »
« Pourquoi ? »
« Les gens de la presse ont beaucoup de relations » reprend Erin avant mon amie, « ils sont très au fait, et ils disposent bien souvent d'informations qu'il est bon de ne pas divulguer… » j'hoche la tête et il continue.
« Bien… Maintenant basons nous du point de vu de Nilson et Krum, s'ils ont ton parrain dans la poche, celui qui décide de chaque article qui paraitra dans le quotidien le plus lu du pays, je pense qu'ils ont beaucoup a y gagner… Nous savons que Romuald et Victor fréquente un nombre conséquent de gens influent, or, s'ils venaient à être en litige avec l'un d'entre eux, ton parrain pourrait avoir en réserve des petits scandales ou autres informations qui leurs permettraient de faire chanter l'ennemi… »
« Oui. » l'interrompt Pansy, « et nous savons déjà que Romuald a eu dernièrement des problèmes avec un juge haut placé. Mais là ça concernait une histoire de proxénétisme, le juge voulait vraiment le faire tomber, mais il n'y est jamais arriver. De plus, je me suis procuré les numéros du Times qui correspondent à cette période, et comme par hasard il y avait un article sur ledit juge... Un article par très glorieux du reste, des photos où on le voit au restaurant en charmante compagnie, si tu vois ce que je veux dire… et ça, vois-tu, ça devait juste être une mise en garde, il devait y avoir bien plus croustillant à déballer, mais ils gardaient ça bien au chaud au cas où le juge ferait des siennes…»
« Hum…Ca parait plausible, mais ça n'explique pas pourquoi Victor et les deux hommes qu'Erin as entendu ont mentionné le nom de mon parrain ! »
« C'est vrai… J'avoue que pour ça c'est le mystère… »
« Tu parles d'un mystère ! » je réponds un peu nerveusement. « Ce que tu me dis par rapport au journal tient debout, maintenant moi ce que je dis, c'est que ses activités au sain de cette organisation ne s'arrête pas là… Si mon parrain fait vraiment affaire avec eux, c'est qu'il ne se contente pas de ses revenus, je suis d'autant bien placé pour savoir qu'il mène un train de vie des plus exorbitants, et l'argent appelle l'argent… Il ne s'arrêtera pas à menacer des juges ou autre, de balancer des dossiers dans son journal s'il peut aller plus loin, j'en suis sûr… »
« C'est possible, en effet… Mais qu'est ce que tu vas faire Draco, quand tu sauras ce que trafique vraiment ton parrain? » me demande Pansy. Je secoue la tête. Je n'en sais strictement rien. Je crois que j'essaie plutôt de me démontrer qu'il ne trafique rien, même si finalement c'est impossible.
J'en sais déjà trop.
« Bon… Moi je dois y aller. » nous dis Erin. « On se verra demain pour le transfert de fonds, je ferai mettre en place un virement de mon compte au tiens, ça sera plus simple, ok ? » me dit-il.
« Ouais… A demain… »
Nous restons au bar avec Pansy encore une bonne heure, à spéculer sur les éventuelles activités de mon parrain, puis nous rentrons sur le campus.
J'en sais toujours un peu plus à chaque fois, mais il reste tout de même un mystère. Je ne peux pas me baser sur des hypothèses, il me faut du concret, des faits.
J'aimerai avoir le courage de parler avec Severus, mais je ne le trouve pas. Et j'ai peur qu'il découvre lui-même mes activités, même si je suis sûr d'être un enfant de cœur à côté de lui. Je sais que je ne devrais pas chercher à savoir ce qu'il fait de sa vie, ça ne me regarde pas vraiment, mais je refuse de rester dans l'ignorance, alors je ferai tout pour le découvrir, quoiqu'il m'en coûte.
Fin...
La suite la semaine prochaine, merci de me lire... :)
