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Voilà le cinquième chapitre de "Le diable a les yeux gris". Désolée pour ce retard et encore plus car ce chapitre n'a pas été corrigé... Donc pardon d'avance pour les fautes persistantes... Merci aussi à tous ceux qui ont reviewé et à qui je n'ai pas répondu, je le ferai très vite c'est promis!
Bonne lecture!
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POV Harry
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Aujourd'hui nous fêtons le dix-huitième anniversaire d'un ami, et je me prépare méticuleusement pour la soirée. Je ne sais pas encore quels seront les invités présents mais j'imagine aisément que la moitié des étudiants de notre année seront conviés, et ce n'est pas peu dire.
Etant une personne assez peu organisée - en tout cas en ce qui concerne les anniversaires -, je me vois contraint d'aller chercher un cadeau de dernière minute pour ne pas arriver bras ballants et passer pour un pingre du même coup... Pourtant, j'ai bien été acheter une nouvelle tenue pour assister à l'évènement mais allez savoir pourquoi, je n'ai pas pensé à acheter le cadeau en même temps, et je me fais l'effet d'un égoïste dans ces moments là.
La glace plein pied de mon dressing me renvoie une image coquette et je me souris bêtement à moi-même. A défaut d'avoir fait d'une pierre deux coups, je dois avouer que j'ai été inspiré durant cette journée de shopping. Et pour l'occasion, miracle des miracles, mes cheveux d'ordinaire si récalcitrants ont consenti à prendre un subtile mouvement de côté... Joie ! C'est une grande première et mes yeux verts pétillent de satisfaction. Je ne m'attarde tout de même pas plus longtemps, je ne suis pas narcissique à ce point.
Une dernière mise au point quant aux règles en vigueur avec mon paternel, et je sors enfin chercher ma voiture. Je ne vais pas bien loin pour trouver mon cadeau, et puis, par chance, mon ami Dean n'est pas du genre difficile, la galerie marchande près de chez moi fera bien l'affaire.
J'entre dans le grand hall luxueux et me dirige vers une boutique de prêt à porter pour homme au hasard. Je n'y trouve que des costumes et, bien qu'ils soient absolument magnifiques, je trouve ça un peu trop personnel, je sors donc rapidement pour tenter ma chance ailleurs. J'arrive dans une autre boutique où le style est sensiblement le même que dans la précédente. Je grogne discrètement tout en me disant que j'aurais peut-être du pousser jusque Covent ; le choix y aurait été plus varié. Mais un coup d'œil à ma montre m'apprend que je n'ai plus le temps de me poser de questions, et je me résous à fouiner un peu parmi les portants du magasin.
Après avoir opté pour une écharpe en soie grise et blanche, je repars de la boutique satisfait de mon acquisition. C'est simple, utile dans un sens et clairement raffiné. J'avance tout sourire pour rejoindre la sortie et me rendre à la soirée.
Mais en passant devant un petit bar de la galerie, une silhouette, de dos, m'interpelle. Ces cheveux là n'appartiennent qu'à une seule personne, tout comme ce port altier reconnaissable même de dos. C'est la première fois que je croise ce cher Malfoy en dehors de la fac, fac dans laquelle ce suppôt de Satan me méprise ou m'ignore royalement. Je me rends alors compte que, tout à mes réflexions, je me suis bêtement arrêté au milieu de l'allée pour observer la personne la plus antipathique que je connaisse. Cette même personne qui me fait me comporter comme le dernier des demeurés.
C'est comme ça, je n'arrive pas à me l'expliquer mais ce mec m'intrigue. Et ça dure depuis plus de deux moi alors j'ai eu le temps de me faire une raison. Il est tout simplement indiscernable, et ce fait suffit à capter mon attention. Sans compter les rumeurs dont il fait l'objet - engrangée par ce cher Zabini -, qui rajoutent encore à l'étrangeté de ce personnage. Alors, face à lui, je me découvre un côté fouineur, une envie malsaine d'en savoir plus sur lui, comme on suivrait le récit d'un fait divers douteux dans un magasine à scandale.
Fort de ces récentes découvertes, j'ai cessé de me demander d'où me venait cette manie de fourrer mon nez dans les affaires de Malfoy ; Je me distrais, en somme, quand je le suis discrètement au détour d'un couloir à la fac, pour lui voler des bribes de conversations qu'il partage avec ses amis.
Et à chaque fois je m'aperçois qu'il n'est pas net, pas naturel, qu'il joue un rôle constant et cela personne ne me l'enlèvera de la tête. Pour l'avoir observé un peu, je sais que Malfoy compose avec son vis-à-vis, son flegme reste sensiblement le même, mais c'est sa manière de prendre la parole qui change ; parfois condescendante, parfois dédaigneuse, ou encore autoritaire, mais jamais vraiment respectueuse...
Je m'approche l'air de rien du comptoir, feignant une parfaite indifférence à sa personne. Je ne cache pas que je saisis là une possibilité d'étudier ma distraction dans un autre environnement... Sera-t-il moins hostile ou plus encore ? Va-t-il me montrer un autre jour de sa personnalité, qui déjà comporte de trop nombreuses facettes ? Et je ricane discrètement en m'installant au tabouret adjacent au sien, me disant que peut-être, l'explication serait une pathologie ou un truc du genre... Malfoy schizophrène, ça ne me surprendrait que très peu pour être honnête...
Je lui jette un coup d'œil à la dérobé tandis qu'il sort son téléphone portable et compose ce qui semble être un texto d'une rapidité déconcertante. Puis je détourne le regard pour m'enquérir de l'heure. Je serai en retard, pour ne pas changer. Le serveur s'approche et je commande un soda pour faire bonne figure, tandis que je continue d'observer le blond qui pianote toujours sur son gadget dernier cri.
Soudain, il s'arrête, et je crois bien qu'il a senti mon regard. Il lève les yeux et je décide de ne pas me détourner.
- Potter ? me dit-il en fronçant les sourcils, se tendant légèrement.
Je feins la surprise en écarquillant les yeux.
- Malfoy ? Quelle bonne surprise...
Ses lèvres se fendent en un rictus et je trouve dommage cette manie, ça contraste tellement avec son physique...
- Qu'est ce que tu fiches ici ? me demande-t-il d'un ton froid.
- Je bois un soda... je réponds nonchalamment.
- Fais pas le malin Potter. Et puis ce siège est pris, j'attends quelqu'un.
- Et tu vas faire quoi ? Appeler le gérant pour qu'il me vire ? je demande, pas décidé à partir.
Il se lève et me toise de haut en bas, son rictus toujours plus présent.
- Méfie toi, Potter... m'intime-t-il. Là, je vais aux toilettes, tu as environ trois minutes pour décamper de ce siège... Si t'es encore là quand je reviens, tu le regretteras.
- Ouhhh, Malfoy ! Je ferais peut-être mieux d'écouter les mises en garde de Zabini, finalement...
Son visage se tend considérablement, il n'a pas l'air d'aimer qu'on évoque son ancien ami, tout à fait comme je m'y attendais.
- Dégage ! me crache-t-il avant de se retourner pour aller jusqu'aux toilettes de l'établissement.
Je dois avouer qu'il n'a jamais fait dans la dentelle. Je me trouve d'ailleurs stupide d'avoir pensé que peut-être, Malfoy serait plus avenant en dehors de la fac. Je reste tout de même assis car, après tout, je n'ai pas encore fini ma consommation. Et puis je ne vais pas m'avouer vaincu aussi facilement devant lui, c'en est hors de question !
Un type arrive soudain près de moi, avise les effets de Malfoy qui sont restés sur le comptoir et prend place sur le tabouret où était assis le blond avant qu'il ne s'en aille. Je l'observe un instant tandis qu'il fait de même, et d'un air très circonspect. Puis je hausse les épaules et continue de siroter mon verre tranquillement.
Malfoy revient un court instant plus tard et rejoins celui qui vient d'arriver. Je lui jette un nouveau coup d'oeil, et je fronce les sourcils. Il est nettement plus pâle qu'il l'était avant de partir et je me demande ce qu'il a bien pu faire dans les toilettes. Ses yeux sont grand ouverts et un peu vitreux, et je le trouve encore plus agité que tout à l'heure. Il n'a même pas fait attention à moi.
- Tu es en retard ! je l'entends siffler à son compagnon.
- Pardonne-moi, Draco, j'ai été retenu...
- Peu importe... rétorque le blond en balayant les excuses du type d'un revers de la main. Tu as fait ce que je t'ai demandé ?
- Justement... Ecoute, tout ne se passe pas comme prévu et...
- Quoi encore ? s'enflamme Malfoy, toujours plus agité. Il s'avance alors vers moi pour chercher un tabouret et semble me remarquer seulement maintenant.
Je croise son regard d'ahuri, il n'a rien à voir avec celui d'un peu plus tôt. Il renifle bruyamment et se passe un doigt sous le nez, je crois que je comprends pourquoi Malfoy n'a pas l'air dans son état normal...
- T'es encore là, toi ?! me crache-t-il un peu trop fort, attirant l'attention de ceux qui nous entourent. Je regrette soudain d'être resté tandis qu'il continue. Tu me surveilles, c'est ça ?! Qui t'as demandé de me suivre ?! s'exclame Malfoy en plissant les yeux.
Je le regarde d'un air hébété.
- T'es complètement parano ! je lui assure. Je suis venu acheter un cadeau pour l'anniversaire d'un ami et là j'étanche simplement une vilaine soif... Rien qui te concerne, sois en sûr...
Il plisse davantage les yeux, et je dois dire qu'il me ferais presque peur dans ces moments là, avec son regard orageux qui me sonde comme si je n'étais qu'un vulgaire gibier de potence.
Il se retourne finalement vers son ami et d'un signe de main, lui ordonne de le suivre. Il jette ensuite négligemment un billet sur le comptoir avant de me faire face à nouveau. Il s'approche tout près de moi et attrape mon col d'un geste lent et mesuré.
- Je ne veux plus te voir me tourner autour, t'entends Potter ? La prochaine fois je ne serais pas aussi compréhensif...
Ses grands yeux gris, parsemés de vaisseaux rougies me transpercent littéralement, et je n'ose rien répondre. Je ne lui tiens pas tête mais n'acquiesce pas non plus. Malfoy n'attends pas la réponse et lâche mon col, non sans m'avoir lancé un dernier regard explicite. Je reste bêtement figé sur mon siège un moment, le rouge aux joues et la respiration difficile. Ce mec est vraiment déstabilisant.
Un flash de lucidité me frappe soudain et je me retourne vivement pour voir s'il est toujours là. Il passe en ce moment même le seuil de la porte et, sans savoir par quel instinct je suis guidé à cet instant, je me lève comme une flèche et remonte discrètement dans sa direction après avoir payé mon verre.
Tout en laissant une distance de sécurité entre Malfoy, son ami, et moi derrière, je le suis jusqu'au parking de la galerie et je repère rapidement sa voiture. La mienne est à à peine une rangée de la sienne alors j'attends un peu. Je fronce les sourcils quand je vois le blond, légèrement pantelant, jeter ses clés de voiture à son compagnon pour qu'il conduise. J'en déduit que Malfoy ne se considère pas en état de prendre le volant...
Il monte côté passager, faisant de grands gestes d'avertissement à son chauffeur improvisé, probablement peu rassuré de devoir prêter son bolide... Je me surprends à rire de son comportement, mais pas d'un rire moqueur, je suis juste amusé car il n'est tout simplement pas croyable, il ne fait rien comme tout le monde...
Dès que son ami monte dans la voiture, je me précipite jusqu'à la mienne, je démarre rapidement et commence à les prendre en filature. Cette situation m'excite au plus haut point. Je suis fébrile et bêtement euphorique de suivre ces deux types aux allures louches...
La filature s'éternise et nous arrivons bientôt aux abords de la ville, mais je ne fais pas demi-tour pour autant. Depuis plus d'une demi-heure mon téléphone sonne sans cesse et je n'ose même pas penser à mes amis qui m'attendent ou je culpabiliserais à coup sûr.
Malfoy penche encore la tête, je peux le voir à cette distance et ce n'est pas la première fois qu'il le fait depuis que nous sommes partis. J'ai peur de comprendre ce qu'il fait et, de là où je suis, je peux nettement voir qu'il est de plus en plus agité. Son ami semble aux cent coups et il dévie brusquement sur la droite (les voitures roule à gauche en Angleterre) manquant de s'emplafonner dans un automobiliste arrivant en face. Je freine tant bien que mal en accusant la frayeur que cela m'a occasionné.
Soudain, ils s'arrêtent sur le bas côté, le conducteur gare la voiture, et je me stationne à dix mètres derrière eux. Celui-ci descend et claque si fort la portière que je l'entend d'ici, puis se dirige vers le côté passager, où se trouve Malfoy.
Il ouvre tout aussi brusquement la porte et se met à parler avec entrain tout en faisant de grands gestes. Malfoy n'a pas l'air de bouger. Son ami se penche vers le sol de la voiture et je le voit essayer d'épousseter quelque chose avec ses main. Malfoy sort alors son pied et lui décroche un coup en pleine mâchoire. Moi je regarde la scène en me disant que ce mec est complètement fou. Son compagnon se lève, tenant son visage en coupe entre ses mains, visiblement choqué, puis je le vois dire quelque chose à Malfoy. Il lui jette ensuite quelque chose que je n'identifie pas et s'éloigne de la voiture d'un pas décidé et furieux.
Et Malfoy ne bouge pas. Moi non plus, du reste. Je suis encore choqué par la scène à laquelle je viens d'assister. Je me dis que je ferai sérieusement mieux de partir moi aussi mais je ne peux m'empêcher de rester là, attendant que Malfoy se place côté conducteur et démarre sa voiture, ainsi je me dirais que tout est normal.
Mais il ne le fais toujours pas et cela fait bientôt dix minutes que nous sommes à l'arrêt. Je commence à me demander sérieusement ce qu'il attend, surtout qu'il n'a toujours pas bougé de son siège et ne semble pas prêt de le faire. Il reste assis là, ne bouge pas, et sans arriver à me l'expliquer, je commence à angoisser ; ce comportement est inhabituel et j'ai peur que quelque chose n'aille pas.
Après une longue séance d'auto flagellation, où je me suis dit à maintes reprises que je n'avais rien à faire ici, que les problèmes de Malfoy ne me concernent en rien, je n'ai toujours pas réussis à m'en aller. Allez savoir pourquoi, j'en suis incapable. C'est probablement par abnégation que je reste, que je suis inquiet du sort de l'autre, ça ne peut-être que cela, n'est ce pas ?
Oui, c'est ça. Je suis inquiet pour Malfoy comme je le serai pour n'importe qui d'autre se trouvant dans une situation délicate, et si je ne vais pas m'assurer que tout va bien, pour apprendre ensuite qu'il lui ait arrivé quelque chose, je m'en voudrais à coup sûr... Malfoy est ce qu'il est, certes, mais c'est un être humain avant tout. Alors, je pousse un profond soupir et me résous à sortir de la voiture pour voir si tout va bien.
Je franchis rapidement les dix mètres qui nous séparent et j'arrive bientôt à sa hauteur, du côté passager. La porte est toujours entrouverte et je le trouve à moitié recroquevillé sur lui-même, tremblant fortement. J'écarquille les yeux en voyant son état et ouvre la porte.
- Malfoy ? Tout va bien ? je demande en m'agenouillant à son niveau, essayant de capter son regard. Eh ! Qu'est ce qui t'arrive ?!
J'ai soudain peur de son état, on dirait qu'il est en train de faire une sorte d'overdose.
A force de crier, Malfoy lève finalement les yeux vers moi et me scrute étrangement.
- Arrête de crier... souffle-t-il, me rassurant quelque peu. Ca m'arrive parfois, ça va passer...
- Quoi ? je demande, surpris. C'est quoi que tu nous fais là ? Une crise d'épilepsie ou un truc du genre ?
Il ricane fortement puis m'avise d'un air dédaigneux.
- Casse-toi, Potter ! dit-il difficilement, mais le ton est acerbe. Je t'avais pourtant dit de ne plus me tourner autour !
- Je ne te tourne pas autour ! je rétorque bêtement.
- Ah oui ? Alors qu'est ce que tu fiche ici ?
- Je... J'ai une soirée dans le coin et j'ai simplement vu ta voiture arrêté, je me suis dit que tu avais peut-être un problème.
Malfoy ricane à nouveau et cela fait redoubler ses convulsions. Il pose tout à coup une main sur son coeur et presse sa poitrine à travers son pull en gémissant.
- Oulah ! je m'exclame. Ca va aller ?
- Il bat si vite... répond-il vaguement, sans même me regarder et continuant de presser son cœur comme pour être sûr qu'il batte encore.
- Comment ça ? je demande en fronçant les sourcils.
Malfoy prend alors ma main et la pose sur sa poitrine. Je suis d'abord plus que surpris par ce geste mais ceci n'est rien comparé à mon étonnement lorsque je sens les battements effrénés de son cœur dans la paume de ma main.
- J'ai l'impression qu'il peut s'arrêter à tout moment... chuchote-t-il en se recroquevillant davantage. Ou qu'il va simplement bondir de ma poitrine... rajoute-t-il.
- Mon Dieu ! je m'exclame en retirant brusquement ma main. Tu ne peux pas resté comme ça ! Tu dois allé à l'hôpital !
Ce mot semble faire réagir un peu le blond.
- NON ! me crache-t-il. Surtout pas l'hôpital !
- Mais enfin... Je ne vais pas te laisser agoniser sur le bord de la route !
- Je n'agonise pas, Potter ! Je t'ai déjà dit que ça m'arrivait parfois et que ça allait passer !!
Je me lève rapidement, plus qu'agacé par son comportement puéril. Puis, je me rappelle tout à coup des conclusions que j'avais tiré tout à l'heure. Malfoy était parti au toilettes et semblait normal, tandis qu'en revenant il paraissait différent. Ensuite il ne faisait que de baisser la tête dans la voiture et maintenant ces convulsions... Il n'y a qu'une seule raison possible pour qu'il soit dans cet état, sachant qu'en plus, il refuse d'aller à l'hôpital, cela ne fait que renforcer mes soupçons...
Je le toise de tout mon mépris et me rebaisse vers lui.
- T'en as trop pris mon vieux, c'est ça ?
Malfoy me lance un regard ahuri et son état semble empirer encore.
- Avise-toi de dire un mot à qui que ce soit sur ce que tu as vu et...
- Je le regretterai, c'est ça, Malfoy ? je demande sèchement. T'inquiète pas, je me fous que tu sois un camé...
Il ne répond rien, un silence embarrassant s'ensuit. Je me relève de nouveau et me dirige vers l'autre côté de la voiture, où je monte près de lui.
- Qu'est ce que tu fous ? demande-t-il d'un air qui se veut réprobateur, mais sa voix n'est qu'un souffle et l'effet désiré tombe à l'eau...
- Tu m'as dit que ça passerait, donc... je vais attendre que ça passe avec toi. dis-je tout en admirant le tableau de bord de la voiture.
- Et pourquoi tu ferais ça ?
Je hausse les épaules.
- Je ne peux pas laisser quelqu'un dans ton état tout seul, même si cette personne c'est toi...
La réponse semble le satisfaire car il ne fait aucune remarque. Je repose ma tête sur l'appui-tête et décide d'attendre que ses tremblements cessent pour partir.
Son teint pâle me fait réellement peur, je dois bien l'avouer. Son front est couvert de sueur où ses cheveux fins viennent se coller. J'avise alors un paquet de mouchoirs en papier prêt du levier de vitesse et lui tends sans un mot.
Mais Malfoy ne réagit pas et j'ai l'impression que je passe une heure le bras tendu avec mon paquet de mouchoirs vers lui.
Je me surprends à pousser un long soupir. J'ai vraiment le dont de me fourrer dans des situations pas croyables, et c'est choqué par mon propre comportement que je sors un mouchoir du paquet. Je pousse délicatement Malfoy pour que sa tête vienne reposer contre le siège avant de passer le morceau de papier sur son visage, l'observant attentivement tandis qu'il se laisse faire sans protester, les yeux résolument clos.
- Il faut que tu te détendes, lui dis-je, tu es tout crispé...
- Facile à dire... me répond-il, respirant difficilement.
- Comment tu peux te mettre dans des états pareils, Malfoy ? je demande subitement. C'est pas humain !
- Occupe-toi de ce qui te regarde, tu veux ?!
Je soupir à nouveau, excédé par son attitude.
- Il faut que je te ramène chez toi, tu vas t'allonger et essayer de dormir un peu, ok ?
Il acquiesce au bout d'un moment d'un signe de tête.
- Tu peux te lever ? je demande.
- Pourquoi faire ?
- Pour aller dans ma voiture, crétin ! Je viens de te dire que j'allais te ramener...
- Et pendant ce temps là je laisse mon Aston ici ? dit-il tandis qu'un rire semblant douloureux lui échappe. T'es complètement taré, Potter !
- Et pourquoi ce serait moi qui laisserai ma voiture ici ?! je rétorque agressivement. C'est toi qui es en reste, pas moi, et je me contre fou de ta bagnole !
- Je ne bouge pas d'ici sans ma voiture, quel mot tu ne comprends pas la-dedans, hein ?
Enième soupire... J'ai l'impression de ne faire que ça en sa présence, soupirer encore et encore... Quel tête de mule !
- Alors, qu'est ce qu'on fait ? je demande au bout d'un moment, exaspéré.
- Ca commence à passer, me dit-il, tu n'as qu'à y aller, je vais me débrouiller.
Je l'observe intensément, essayant de décelé le vrai du faux dans ses dires. Je crois qu'il a vraiment l'air mieux, il commence même à reprendre des couleurs. Mais ce n'est pas encore ça, loin de là...
- Tu vas pas conduire dans ton état, rassure-moi ! je m'exclame.
- Ecoute, Potter, j'apprécie ta sollicitude et je t'appellerai volontiers le jour où j'aurais besoin d'une nounou mais, en attendant, je te dis que je vais me débrouiller...
Il a bien insister sur les derniers mots, et ses piques commencent vraiment à m'insupporter.
- Bien ! Dans ce cas, démerde toi. Moi j'en ai marre.
J'amorce alors un mouvement pour sortir mais il me retient par le bras. Je me retourne vers lui tout en laissant la portière ouverte.
- Pas un mot, Potter, tu te souviens ? me dit-il.
Je me surprends à être déçu. Je me disais que peut-être, Malfoy allait me retenir et me demander de rester encore un peu... Je suis vraiment stupide.
- Je me souviens parfaitement, ok Malfoy ? Je ne dirai rien. je réponds sèchement.
Il hoche la tête et se repose contre le siège en inspirant profondément.
Je l'observe encore une seconde, m'assurant qu'il va bien aller maintenant, puis je me décide enfin à descendre de la voiture.
- Fais attention à toi, s'il te plait... je lui chuchote en me penchant légèrement vers lui. Puis je me claque mentalement. C'est moi, ou je viens de le supplier de faire attention à lui ?!
Il me lance un regard étrange et je scille très vite sous ces yeux scrutateurs. Je me relève vite et m'apprête à fermer la portière.
- Potter ! m'appelle-t-il fortement.
Je me repenche un peu pour le voir et son air est toujours aussi indéfinissable.
- Ne me juge pas, s'il te plait. me dit-il finalement avant de détourner son regard.
J'ai envie de lui dire que c'est trop tard mais la réplique refuse de sortir. Je crois qu'il me fait de la peine, finalement.
- Bien... je réponds. Mais dans ce cas ne m'ignore plus !
Je ne lui laisse même pas le temps de me répondre, ferme précipitamment la portière et m'enfuis presque vers ma voiture.
Qu'est ce qui m'a prit de lui demander ça ?!
Je monte, démarre le moteur et repars vers le centre ville coeur battant. Je me dis qu'avec un peu de chance et au vu de son état, Malfoy occultera ce passage gênant de sa mémoire... Même si une partie de moi, que je m'efforce d'étouffer, désire au contraire qu'il se souvienne de tout...
Bon, voilà, c'est un court chapitre qui a en plus mis le temps à venir... un passage un peu inintéressant mais tout de même nécessaire pour le déroulement de l'histoire... Et oui, c'est là que tout commence, en tout cas entre nos deux chéris! A bientôt et merci de me lire, plein de bises!
