Note de l'auteur : finalement j'ai un peu de temps encore avant de partir. Un autre chapitre peut venir avant la fin de la semaine.
Chapitre 4 : Répit et préavis
Les journées à chercher une paire de chaussures furent également éprouvantes, pénibles, harassantes. Vous connaissez les pas de la danse : s'asseoir, essayer des chaussures, se lever, marcher, s'asseoir, les enlever, mettre une autre paire, se lever, marcher. Mettez vous dans la peau d'un mec : et le soir, des filles qu'on aime bien qui nous font chier avec leurs chaussures de merde qu'on en a rien à foutre et qu'on a envie de tout balancer par la fenêtre et de regarder un match de foot sur un canap' avec un saladier de chips (1) :
« Je pense vraiment qu'il devrait mettre des chaussures dorées, car on va lui mettre des bijoux en or.
Pitié pas les bijoux.
-Dorées ! Mais on n'est pas à la plage ! Et il mettra des bijoux rouges. Le noir et le rouge ça va très bien ensemble (2).
-Pfff… en tout cas on peut éliminer les talons aiguilles.
-Pourquoi ? C'est dommage.
-Déjà, c'est moche. Et ensuite, beaucoup de filles se tordent les chevilles en portant ça. Imagine Duo !
-Ah oui… j'avais oublié. Mais c'est pas moche.
-Les ballerines c'est bien. Confortable, coquet, jeune, simple, et c'est à la mode.
-Ces trucs qui ressemblent à des chaussons ?
-C'est mignon, non ?
-Personnellement, je voyais Duo en bottes de cuir.
-En bottes ? En été !
-Alors des chaussures à bout pointu.
-Erk ! Mais c'est immonde ces machins là ! (3) »
Et ça n'en finissait pas. La couleur, quand elle allait à l'une, n'allait pas à l'autre. Le style refusé par une était sollicité par l'autre. De leur coté, Heero et Duo s'échangeaient quelques mots, mais Duo était très fatigué et honteux.
« -Tas acheté tes chaussures ?
-Oui, pareil. Un magasin, j'ai essayé 4 paires (pour faire un effort) et à la 4e, hop, je l'ai acheté.
-Tu n'achètes pas n'importe quoi quand même.
-Non, ne t'inquiètes pas pour ça. Quand je leur ai dis ce que je mettais comme prix, ils m'ont sortis la garde robe impériale.
-T'as de la chance. Quand les vendeuses s'y mettent avec nous, c'est toujours des contestations en plus. J'ai mal à la tête. Et aux jambes. Et aux pieds, et au dos. Et partout en fait. Demain j'ai l'intention de dormir jusqu'à 11 heures, mais tu ne le dis pas, hein ? Je vais m'enfermer dans ma chambre et tant pis pour elles. »
Bien sur qu'il n'allait rien dire, Heero. Il avait pitié de son ami que même les plus éreintantes batailles et infiltration de bases ne l'avaient pas épuisé à ce point. Le japonais partageait un peu moralement cette exténuante épreuve.
Ils trouvèrent les satanées chaussures le 2e jour de recherche. Duo se pris en main et insista 'Si si, elles sont très bien celles là. On les prend.' Pour avoir la 3e journée de LIBRE. C'est ce même jour que les jeunes femme, voyant que Duo n'arrivait pas à leur heure de rendez vous à 9 heures, s'étaient déplacées à 9h30 pour tambouriner la porte de la chambre d'hôtel. Duo fut ainsi brutalement réveillé dans un grand vacarme. Le directeur les engueula de faire trop de bruits le matin pour ceux qui dormaient encore « Veinards TT » et il fut privé de petit déjeuner. La coupe étaient pleine, Duo s'arrangea pour trancher net les professionnelles du shopping et se ramener avec une paire de chaussures tout à fait convenable.
Elles étaient noires aussi. C'était des chaussures à talon mais pas aiguilles. Elles allaient bien avec la robe et c'était l'essentiel. Ils passèrent ensuite rapidement chez un bijoutier chez qui ils achetèrent un collier et un bracelet, mais pas de boucles d'oreilles « qui pincent » à la vive demande de Duo.
Duo eut son jour de vacances où il dormi jusqu'à midi, heure où les ponctuelles shoppingeuses allaient manger. Avant qu'il ne fût réveillé par elles, Heero le tira du lit et s'enfuirent à temps avant qu'elles n'arrivent. Ils allèrent à Mac Donald, qui avait cruellement manqué à Duo car il était en manque de hamburgers, puis au laser game où ils rencontrèrent une bande de jeunes de leur âge qui avaient l'air sympa. Ils s'amusèrent beaucoup, et quand ils eurent quitté la bande, ils s'allongèrent sur l'herbe d'un parc public pour discuter.
« Elle s'appelait Kaede.
-La fille qui était chez toi la nuit juste avant que je vienne te chercher ?
-Ouais.
-Elle avait quel âge ?
-Pareil que nous, peut être 1 an de moins.
-…
-Elle m'a fait pensé à moi quand j'étais gamin. C'était une fille paumée. Je l'ai trouvé dans une ruelle mal fréquentée. J'ai tout de suite vu que c'était pas une pute. Elle était triste, recroquevillée sur elle-même, dans un sale état. Elle avait été violée.
Puis il continua en regardant les nuages.
-J'ai eu pitié d'elle. Je l'ai emmené boire un café, et elle n'a pas voulu me quitter. Je l'ai emmené chez moi et lui ai donner ma chambre, tandis que je dormais sur le canapé. Elle avait sommeil, était démoralisée, elle en avait marre. Ses parents sont assez aisés à ce qu'elle m'a dit, ils avaient les moyens, et était dans un super bon lycée, dans des bonnes classes. Mais elle en pouvait plus. Ni d'eux, ni du système scolaire japonais. Elle dormait 4 heures toutes les nuits, bossait, bossait, tout le temps. Elle a craqué, s'est barré de chez elle, s'est fait violée. Je l'ai hébergé 5 jours.
-Elle t'a tout raconté.
-J'ai servi de psy. Et c'était une fille bien. Pas moche en plus.
Il rit doucement.
-Elle voulait rester avec moi.
Il fit une pause.
-Mais je l'ai convaincue de retourner chez ses parents. Ils devaient être mort de trouille, en regardant la TV, on a même vu qu'ils faisaient des recherches importantes.
-Je l'ai croisé en entrant dans l'immeuble.
-Ah oui ? Et tu l'as trouvé comment ?
-Je n'ai pas eu le temps de la voir. Jolie, si tu le dis.
-J'espère que ça va bien se passer pour elle. Elle ne méritait pas ce qui lui est arrivé.
Il se passa au moins une demi heure sans que ni Duo ni Heero ne dirent un mot. Les nuages passaient dans le ciel, poussé par le léger vent. La course des nuages faisait penser à la course du temps pour Duo. Le temps aplanie tout. Il fait oublier certaines choses, beaucoup. Il érode les montagnes et fait s'éloigner les souvenirs, fait oublier les mémoires, fait grandir les esprits et les pensées. Pour Duo, le temps guérit toutes les blessures, mais laisse des cicatrices. Duo n'osait rien dire au japonais. Il voulait mettre ses bras autour de son cou, s'agrippe à lui comme Kaede le faisait à lui-même. Mais Heero dirait « Tu t'accroche à un espoir qui n'existe plus. », comme la dernière fois. Il voulais lui dire « Je t'aime encore » mais Heero lui répondrait « Ne parlons pas de ça. Oublions. » Duo n'avait pas oublié, et la blessure n'avait pas cicatrisé. Il persistait à croire que les disputes entre couples sont des épreuves pour vérifier la solidité de la relation. Mais il savait aussi que la distance généralement l'emportait, elle les déchirait. « Loin des yeux, loin du cœur ». L'américain espérait secrètement qu'Heero ferait le premier pas, qu'il dise « Je regrette », mais c'était un folle espérance quand on parlait du soldat parfait, un désir impossible, car Heero n'avait jamais fait le premier pas pour ce genre de chose, et ne disait jamais rien dans les yeux.
Ce long silence était à la fois pesant et décontractant. Duo se releva, s'appuya sur un coude et regarda le pilote 01.
« Ce soir, on est pas obligé de manger avec les filles ?
-Non, pas spécialement.
-Paske, je vais être franc, elles saoulent ! J'en ai marre de tout ce bordel. Et demain ça recommence. Tu n'imagines pas.
-Mais si, je te comprends.
-Ouais ben pas tout le temps !
-Toi non plus tu ne me comprends pas tout le temps.
-C'est de ta faute.
Heero poussa un soupir.
-Oui je sais. Mais moi non plus je ne sais pas trop ce que je veux.
-Moi je sais : tu veux un nouveau système d'autodestruction parce que le tien est endommagé !
-Je ne parle pas de ç… Comment tu le sais ? Mais… c'est toi !
-Ben oui ! Qui d'autre ! J'allais pas te le laisser alors que tu partais loin de moi !
Heero sourit à cette blague. En effet, mystérieusement après son départ il y a 7 mois, son système d'autodestruction dans son gundam avait disparu. Le japonais mis sa main en plein sur la figure du pilote 02 et le poussa en arrière, celui-ci tomba à la renverse en riant.
-De toute façon, j'ai trouvé quelqu'un qui m'en a vendu un autre. Alors, on va où ce soir ?
-Pizzeria !
-Eh beh, c'est très équilibré aujourd'hui : Mc do., pizza…
-Eho ! Toute la semaine je me suis tapé de la salade à midi, le resto avec encore de la salade, du poisson et des fruits de mer le soir !
-Oui oui, je m'en doute. »
Ils se promenèrent en ville le reste de la journée comme ils le faisaient avant, en visitant les magasins de sport, de vidéogame, de portables et autre, et le soir venu ils allèrent dans la première pizzeria qui se présentait à eux. Il y avait un flipper et une table de billard. Duo gagna au flipper mais se fit battre à plate couture au billard par Heero. Comme l'américain avait battu tous les records et avait pratiquement explosé le flipper, ils eurent le droit à une méga glace gratuite en dessert. Il rentrèrent vers 1 heure du mat, pas trop tard pour être en forme le lendemain .
