« Bon, je vais résumer calmement la situation.

- Je t'en prie.

- Le groupe, fourbu après des heures de route, a fini par atteindre un petit village niché dans les montagnes. D'un commun accord, vous êtes entrés dans l'auberge pour vous reposer.

- Jusque là, ça me semble plutôt sensé, fit Affret.

- Assez pour m'étonner, venant de vous. Bref. Une fois dans la salle, Sheïba a décidé de nous faire une démonstration de ses talents de danseuse.

- Ses immenses talents, corrigea Sheïba.

- Et c'est à partir de là que ça a commencé à déraper, je crois. Ou plus exactement, quand Yod Ji et Baharm, en assistant à la danse, se sont mis à discuter de la barde, ou plutôt à se disputer à son sujet, et ce de manière TRES RP…

- Très, confirmèrent à l'unisson les intéressés.

- … et ont fini par vouloir en venir aux mains. Par bonheur, le sort surpuissant qui vous empêche de vous battre fait toujours effet.

- Et c'est lui qui parle de RP, marmonna Yod Ji.

- C'est donc au bras de fer que vous avez décidé de régler votre différend. Comme Affret et Marrhia ont refusé de vous laisser le faire à leur table… »

Le nain et la gnome arborèrent des sourires satisfaits et innocents.

« Merci pour rien, connards, leur glissa Baharm.

- On avait pas fini nos bières, se défendit benoîtement Marrhia.

- … vous vous êtes mis en tête de chasser deux autres clients de leurs chaises à coups de pied dans l'arrière-train afin de pouvoir vider votre querelle.

- Ecoute, ici, c'est NOUS les héros. Eux, ce sont des PNJ, tout au plus. Quel droit ont-ils de faire obstacle à notre volonté ?

- Ils étaient armés aussi… D'après ce que je comprends de votre conception de la loi, ça leur donne droit à la parole. D'ailleurs, ils ont voulu se défendre, ce en quoi je ne peux que les approuver.

- Bah ! Et alors ? On les a torchés, non ?

- … Certes. Vous avez aussi engendré une baston générale dans la taverne.

- Ce qui se traduit par un bonus d'XP pour chaque client qu'on a battu. Je vois pas où est le problème.

- Le problème, c'est que vous auriez pu vous arrêter quand la garde a rappliqué !

- Absurde. Ils donnaient plus d'XP que les bouseux. D'ailleurs, ils ont pas fait long feu non plus.

- … c'est d'ailleurs pour ça qu'ils ont appelé en renfort les unités d'élite…

- … qu'on a poutrées aussi…

- … avant que le corps des mages de bataille royaux entre dans la partie…

- Bon, écoute, frangin, tout ça, on sait, on vient de le jouer ! Est-ce qu'on ne pourrait pas tout simplement continuer ? On a un combat à terminer. »

S'ensuivit un bref silence, au terme duquel la Voix en italiques laissa échapper un colossal soupir désabusé.

« Ok… C'était ton tour, non ? Vas-y…

- Génial ! Je donne de nouveau un coup de hache à Algatouf, l'Archimage du Cercle Ultime qui vient de débarquer, là.

- Et moi, signala Affret, je me prépare pour lancer un Rayon de Givre sur N'efhtagn Uludrizz'Tan'Pod, le démon majeur qu'il vient d'invoquer.

- Je vous hais. »

XXX

Quelques jours plus tard, dans un hôpital de campagne accueillant cinq patients inhabituels aux blessures assez terrifiantes.

La Voix se mit à parler, avec une inflexion qui laissait bizarrement penser que les lèvres qui la prononçaient dessinaient un sourire tout à la fois sadique et satisfait.

- Vous vous réveillez donc dans vos lits respectifs, une semaine après la bataille. Vous vous sentez mieux, mais vos cicatrices vous rappellent votre douloureuse défaite.

- Ouais, bon, ça va.

- Douloureuse non seulement pour le corps, mais aussi pour l'esprit. Votre amour-propre en a pris un sacré coup.

- Ca va, on a dit.

- Vous vous êtes tellement fait écraser que c'est limite si vous ne devriez pas abandonner la carrière d'aventuriers, vu qu'avec la honte qui vous suit maintenant partout, vous perdez toute crédibilité en tant que héros.

- Moi j'avais pas envie de me battre, geignit Marrhia.

- Moi non plus, renchérit Sheïba.

- La ramène pas trop, quand même, s'offusqua Baharm face à la Voix. Tes mages de bataille, on les a défoncés.

- Reste que vous avez fini par perdre.

- Je persiste à croire que le dracosire prismatique était abusé.

- Ouais, là il a raison.

- Mais je vois un défaut dans votre raisonnement.

- Lequel ?

- Ici, c'est moi qui décide. Maintenant, vous ramassez vos trucs et on reprend un jeu à peu près convenable. »

Le groupe suivit cette phrase d'un silence en chœur. Leurs regards se croisèrent plusieurs fois, et finalement, Marrhia déclara :

« Moi j'ai pas aimé comment le dragon nous a écrabouillés.

- Bien parlé, dame Marrhia, approuva Yod Ji. L'honneur nous commande d'aller prendre notre revanche.

- Pauvre ignorants. Il vous faudrait une centaine de niveaux de plus pour être de taille face à un grand dracosire prismatique.

- C'est vrai, acquiesça Baharm. Mais dans l'absolu… Est-ce qu'on est obligés de se venger sur le même dragon ?

- Hein ? Qu'est-ce que vous préparez encore ? »

De nouveau, les membres du groupes échangèrent des regards, mais cette fois, il y couvait un lueur malsaine. Baharm finit par demander avec un énorme sourire plein de dents :

« Y'a pas un dragonnet dans le coin ? »

XXX

L'on retrouve nos héros quelques heures plus tard. La Voix était cette fois légèrement irritée. De l'irritation de celui qui vient de noyer une colonie de fourmis pour les empêcher d'annexer son pique-nique et qui est en train de les voir revenir à la charge, manifestement incapable d'apprendre de leurs erreurs, si grossières fussent-elles.

« Bon, c'est la seule tanière de dragon que vous ayez trouvée à vingt kilomètres à la ronde. C'est là que vit le terrible dragon rouge Aztarughlinalisia, dont l'infernal souffle de feu est chanté par les bardes, une bête démoniaque sur laquelle circulent maints contes et légendes.

- Il est donc temps d'en écrire le dernier chapitre, fit Yod Ji en dégainant calmement son katana.

- Et de faire couler le sang à la place de l'encre, renchérit Baharm qui ne voulait pas être en reste sur les répliques qui pètent.

- Allez, on y va, s'enthousiasma Marrhia. On va s'amuser.

- Ouais ! appuya Affret. Il va tâter de ma magie ! Et de mes Rayons de Givre !

- J'aurai sûrement une ballade à écrire sur ce combat, dit Sheïba, rêveuse.

- Si tu y survis.

- Quoi ?

- Non, rien. Entrez, puisque ça vous fait si plaisir. »

Ils ne se firent pas prier. A l'intérieur, les occupants principaux des lieux, à savoir l'obscurité et une sale odeur de cadavre de rat qui aurait pourri dans un plat de gratin de courgettes pendant trois mois sous la pluie, leur sautèrent à la gorge.

« Ca schlingue, ronchonna Baharm.

- L'hygiène de cet endroit ne convient pas à une frêle demoiselle comme moi, se plaignit Sheïba.

- Fallait pas venir chercher des crosses au dragon.

- Tu sais que t'es mesquin, là ?

- Oui.

- Ne lui prêtez pas attention, mes amis, fit le vertueux Yod Ji. Une glorieuse tâche nous attend. Le moment est venu de laver nos noms de cette sombre opprobre accablante.

- C'est pas facile à répéter plusieurs fois très vite, ça, » remarqua Affret.

Yod Ji fit tomber son regard sur lui. Il parut se concentrer.

« Sombre opprobre accablante sombre opprobre accablante sombre opprobre accablante sombre octobre à brocante somble… Heu… Oh, et puis zut ! Compagnon Affret, soyons sérieux ! Ceci est une quête de la plus haute importance !

- Il a raison », approuva Sheïba.

Elle poussa du pied un plat à gratin contenant un rat mort et quelques courgettes trempées, sans perdre de temps à se demander ce que ça pouvait bien foutre ici. Baharm, lui, resserra les mains sur sa hache et s'avança prudemment en jetant moult regards méfiants alentour.

« Mon sixième sens me dit qu'il y a un dragon dans cette caverne.

- Ah bon ? s'étrangla Marrhia.

- Très drôle, répliqua Sheïba en levant les yeux au ciel. N'empêche que… C'est bien ce qu'on est venu chercher, mais je ne le vois nulle part… Peut-être qu'il n'est pas là ?

- « TREMBLEZ, MISERABLES MORTELS !!! » rugit soudain une voix colossale, juste un peu plus loin dans la grotte.

- Tu dois des excuses à mon sixième sens.

- La ferme. »

Une gigantesque silhouette s'avança dans leur champ de vision. Les membres du groupe qui en doutaient encore purent ainsi constater qu'il s'agissait bien d'un dragon rouge. Grand. Et à l'air excédé, un air qui ne présage jamais rien de bon quand il est sur un dragon. Encore moins un grand.

« « CRAIGNEZ MON COURROUX, CAR IL EST GRAND EN EFFET ! » continua le dragon, apparemment content de son petit effet. « VOUS AVEZ PENETRE DANS L'ANTRE D'AZTARUGHLINALISIA, ET POUR CELA, VOUS ALLEZ PERIR ! »

- Je veux pas, chouina Marrhia.

- Silence, lui intima Yod Ji. Dragon ! Nous sommes venus t'éliminer. »

Avant de répondre, Aztarughlinalisia suivit d'un œil suspicieux Baharm qui était en train de le contourner en examinant chacune de ses écailles avec un intérêt scientifique. Considérant manifestement que le barbare ne présentait pas de danger, le dragon reporta ses yeux de flammes sur Yod Ji.

« « PAUVRE FOU », ricana-t-il. « MA PUISSANCE DEFIE L'ENTENDEMENT MÊME DES DIEUX. VOUS NE SORTIREZ PAS D'ICI VIVANTS. »

- On n'a pas peur de toi, répliqua vaillamment Affret. Tu vas tâter de mon Rayon de Givre !

- « HA ! PARCE QUE TU CROIS QU'UN ENSORCELEUR NAIN PEUT M'IMPRESSIONNER ? »

- Pourquoi pas ? grogna Affret. Qu'est-ce que t'as contre les nains ensorceleurs ?

-« ILS… » »

Le dragon sembla hésiter, comme s'il cherchait ses mots. Il batailla un moment avec ses formulations, la bouche grande ouverte, ce qui n'était pas sans lui donner une certaine ressemblance avec un poisson rouge (mais un poisson rouge de douze mètres de longs et pourvu de crocs assez longs pour se gratter un pied avec sans avoir à se baisser). Finalement, il finit par bredouiller :

« « … ILS ONT UN MALUS DE DEUX POINTS EN CHARISME. C'EST NUL POUR UN ENSORCELEUR. » »

Un lourd silence s'ensuivit. Le dragon feignit un intérêt soudain pour la voûte de sa caverne, afin de ne pas avoir à affronter les regards de plomb posés, ou plutôt abattus sur lui.

« Vive le RP, lâcha Sheïba.

- Oh, hé, hein, c'est pas ma faute, se défendit la Voix. J'avais pas écrit ce dialogue à l'avance.

- Même.

- Hé ! Hé, les gars ! »

C'était la voix de Baharm, qui venait de retentir depuis le fond de la caverne, juste derrière le dragon. Tout le monde regarda dans cette direction, y compris Aztarughlinalisia. Le barbare affichait un grand sourire. Il avait dans la main la queue du dragon, qu'il venait apparemment de soulever dans un but d'expérience.

« J'ai vérifié, continua-t-il. En fait c'est pas un dragon, c'est une dragonne. »

Il prit alors conscience qu'Aztarughlinalisia, la dragonne donc, lâchait sur lui un regard qui aurait pu lui forer un trou dans le crâne. Comme elle avait absolument les moyens de lui forer réellementun trou dans le crâne, et probablement plus, Baharm eut la décence de faire disparaître son sourire, de lâcher la queue et d'aller se réfugier auprès de ses compagnons en courbant l'échine.

« Bah quoi, ronchonna-t-il, fallait bien s'en assurer. »

Pour toute réponse, Aztarughlinalisia déploya son corps titanesque, dressa la tête et doubla la puissance de forage de son regard. Les aventuriers ne le soutinrent pas longtemps.

« Je me lance Protection contre le Feu, » lâcha Marrhia.

XXX

Sur le chemin du retour, le groupe résonnait de joyeux cris de victoire et de chants guerriers et paillards. Ils portaient du sang sur leurs armes, des cocards autour des yeux, des vêtements brûlés (à part ceux de Sheïba, étant donné que le peu de tissu qu'elle portait, s'il avait disparu, nous aurait forcés à interdire ce chapitre aux moins de dix-huit ans), mais aussi – et surtout – des gros sacs sur le dos. Les bling-bling qu'ils produisaient laissaient entendre qu'ils contenaient de quoi s'acheter un petit royaume et d'avoir encore assez pour aller chercher un café après.

« Qu'est-ce qu'on lui a mis à la dragonne ! lança Baharm avec enthousiasme.

-En effet, dit Yod Ji en posant fièrement la main sur la poignée du katana qui pendait à son côté. Elle ne faisait évidemment pas le poids contre le mortel tranchant de ma lame.

-Mouais, grommela Baharm, refroidi. Tu peux quand même t'estimer heureux que j'aie été là pour infliger le gros des dégâts.

- Le gros des dégâts ? Ne me fais pas rire ! Je…

- Silence », dit Sheïba.

Deux pauvres syllabes prononcées calmement, et qui contenaient pourtant mille et unes promesses d'une mort longue, atroce et très, très déplaisantes. Le mot n'était pas encore allé s'évaporer dans les airs qu'un silence quasi-religieux s'était déjà installé entre Baharm et Yod Ji.

« Où je suis ? Laissez-moi sortir ! gronda soudain une voix étouffée provenant d'un des sacs.

- Tiens ? Affret est réveillé, sourit Marrhia.

- Pas trop de bobos, le nain ? s'enquit cordialement Sheïba.

- Pas plus que si une dragonne venait de m'attraper dans sa bouche, de cracher le feu deux fois tout en me gardant entre ses dents et de me mâchonner copieusement avant de me recracher par terre pour enfin me piétiner sans scrupule, le tout sans que vous réagissiez, trop occupés que vous étiez à compter son trésor pour quand vous l'auriez battue, merci.

- Je ne comprends pas, s'étonna Marrhia. C'est pas ce qui vient de t'arriver ?

- Ah bon, tu crois ?! enragea Affret.

- Non, à la réflexion, non, se reprit Marrhia. Il a craché trois fois avant de te lâcher.

- SORTEZ MOI DE CE PUTAIN DE SAC !

- Tu peux pas vraiment te plaindre, fit la Voix, morose, parlant pour la première fois depuis la mort d'Aztarughlinalisia. Même moi, je t'avais dit de ne pas t'approcher si près pour lui lancer un Projectile Magique.

- Mais c'était pour mieux viser, gémit Affret.

- Pour la centième fois, les Projectiles Magiques atteignent automatiquement leur cible.

- Oh.

- Comme tu dis.

- Mais même ! Marrhia, sors-moi de là et lance-moi des sorts de soins !

- Désolé, dit-elle, j'en ai plus en réserve.

- Qu'est-ce que tu racontes ? T'es une prêtresse. T'en as TOUJOURS en réserve.

- Ah ? s'étonna-t-elle. Ah bon, ben… Je sais pas comment les lancer alors. Et puis t'es bien dans le sac, on t'entend moins. »

Ce fut donc rythmé par les cris de rage étouffés du nain que le voyage se poursuivit. Au bout d'un moment, Baharm osa prendre la parole malgré l'injonction de silence que lui avait imposé Sheïba.

« Hé, au fait, on a gagné combien d'XP ?

- Rien du tout ! Vous ne méritez pas d'XP pour un acte aussi puéril et irréfléchi !

- A ta guise », fit Baharm avec un haussement d'épaules.

Il sourit de nouveau à ses compagnons, ce même sourire qui, trois pages plus tôt, avait accompagné son idée stupide d'aller tuer un dragon.

« Maintenant qu'on s'est vengés des dragons, les gars, ça vous dirait d'aller attaquer le Cercle Ultime des Archimages, l'ordre dont faisait partie le vieux dans la taverne, là ?

- Non ! Non ! Stop ! Laisse-moi juste le temps de retrouver la page des XP dans le bouquin…

- YYYRHAAA.

- Hein ? »


« Comment ça, Samantha ? » demanda Neo Bahamut en reposant brutalement le bouquin. Il était déjà apparemment déjà assez sur les nerfs comme ça sans qu'en plus on lui parle d'elle.

« YYYRHAAA.

- Quoi ? fit Neo en passant de l'énervement à la panique. Par ici, t'es sûre ?

- Mais elle peut pas savoir que Neo est revenu, si ? demanda Affret.

- YYYRHAAA.

- Oh, merde, geignit Neo. Bon, je décanne. Bonne chance les gars. »

Il prit les livres sous le bras et disparut si vite que c'en était presque magique. Une fraction de seconde après, la tête de Samantha, yeux plissés à l'extrême, apparut par l'embrasure d'un voile. Elle anéantit méthodiquement de son regard chacun des occupants de la pièce, puis, une fois certaine que Neo ne s'y trouvait pas, poussa une exclamation dédaigneuse et repartit. Alors seulement, les chimères se remirent à respirer.

« La vache, dit Ifrit. Un jour, elle va nous tuer rien qu'avec un regard en coin.

- Ouais, approuva Maria. C'est dommage que Neo ait dû partir.

- Oui, cet enfoiré nous devait les PX du dragon ! s'insurgea Bahamut. Bougez pas, je reviens. »

Il disparut par là où était parti son frère.

« On fait quoi, maintenant ? s'enquit Yojimbo.

- On range et on clôt le chapitre, répondit Shiva. Ca a déjà duré assez longtemps comme ça.

- Je me demande si le lecteur, ou la lectrice, est encore en train d'essayer de prononcer plusieurs fois très vite « sombre opprobre accablante », fit Maria, pensive.

- Probablement pas, c'était facile en fait, dit Ifrit.

- Oui.

- Bon.

- Hem.

- YYYRHAAA.

- Fin. »


Je vous rassure, moi aussi j'ai essayé plusieurs fois et j'ai eu l'air bête tout seul devant l'écran. Bon, si y'a quelqu'un derrière vous, ne vous y risquez pas, c'est vraiment la honte sinon... Si vous n'y arrivez pas, persévérez, c'est pas très dur. :p