L'obscurité de la nuit avait envahi les bas-quartiers de Bevelle. Le silence régnait, un silence complet, sans accroc. Trop parfait.
Henn avala sa salive et se décida à sortir du coin d'ombre où il s'était tapi. Chacun de ses pas résonnait comme un glas sur les parois de la ruelle déserte, et il avait l'impression que sa respiration s'entendait dans toute la ville. Il n'était pas sûr de ce qui était le plus horrible : ce silence abject ou l'idée de le profaner en faisant trop de bruit.
Mais c'était son grand frère Pé qui était là-bas. Il avait voulu partir en éclaireur pour voir si rien de dangereux ne se planquait dans la ruelle, c'était tout lui ça, faire le brave pour chercher à impressionner son frangin. Et Henn ne l'avait plus revu. Il l'avait entendu crier, par contre, ça oui ; un cri de surprise et d'effroi, suivi d'un grésillement d'origine inconnue, et puis plus rien. Le silence de la nuit régnait depuis.
Henn ne savait pas du tout ce qui était arrivé à Pé. Mais il savait que, quelle que fût la peur qui l'envahissait, il ne pouvait pas le laisser le tomber. Ouais, il allait le retrouver… et tout se passerait bien…
Armé de ce nouveau courage, il raffermit sa prise sur son fusil et osa quelques pas de plus dans la ruelle. Quelle histoire, tout de même…Lorsque Pé et lui s'étaient engagés dans la garde de la cathédrale de Bevelle, ils s'imaginaient un job peinard à faire le pied de grue toute la journée devant la porte et à lancer des regards mauvais aux fidèles de Yevon pour leur faire comprendre qu'ici, on n'était pas des rigolos.
Et voilà où ils en étaient : passer la ville au peigne fin pour retrouver les chimères fugitives qui avaient inexplicablement déserté leur plan. Ca faisait presque deux jours complets que toutes les forces armées de Bevelle étaient en état d'alerte rouge à pois pourpres (1), et pas la moindre piste. Pé et Henn avait été assignés aux patrouilles de nuit. Normalement, c'était le créneau le plus calme, mais ils avaient commencé à comprendre que quelque chose n'allait pas quand, deux heures auparavant, ils avaient perdu le contact avec le central. Le règlement était clair : tant qu'un soldat respirait et pouvait tenir son arme, il ne devait pas quitter son poste. Alors Pé et Henn avaient continué leur patrouille, qui avait fini par les fourrer dans ce merdier sans nom. (2)
Henn remarqua soudain une forme sombre allongée au sol, à quelques pas de lui. C'était peut-être le corps de son frère. Le jeune garde se mordit la lèvre, inquiet. Etait-il encore vivant ? Pé ne pouvait pas mourir comme ça… Il devait forcément être vivant. Henn allait le réveiller, puis ils rentreraient chez eux. Et tout irait bien.
Il prit une profonde inspiration pour crier le nom de Pé, priant tous les dieux pour obtenir une réponse.
Mais le cri mourut dans sa gorge quand il sentit deux mains fines et froides se poser sur ses hanches. Il se crispa sur son fusil tandis qu'une présence de glace se penchait par dessus son épaule. Il se mit à trembler quand une voix sensuelle et pourtant gelée murmura à son oreille :
« Ca va aller, mon garçon… N'aie pas peur. »
Henn prit conscience que là-bas, dans l'obscurité, au-delà du corps de Pé, une paire d'yeux flamboyants le guettait. Il avait l'impression de percevoir une respiration sourde, féroce comme celle d'une bête. Et c'était comme si une vague de chaleur le submergeait par devant, alors que le corps gelé qui appartenait à la voix mystérieuse était toujours collé derrière lui. Il se sentit sur le point de défaillir, coincé entre ces deux sensations contradictoires et surtout écrasé par la terreur.
Il réussit à rester conscient mais mouilla quand même son pantalon.
« Ca va aller, répéta la voix douce. Il ne te fera pas de mal, et moi non plus. Dis-moi, quel est ton nom ?
- H… Henn, madame, balbutia le soldat. Henn Ji.
- D'accord, Henn. Et comment s'appelle cet homme étendu là ?
- Je crois que c'est Pé, madame. On… on est frères. Pé et Henn Ji.
- Bien. Ne t'inquiète pas, Henn. Pé est vivant. Mais tu comprendras qu'on ne peut pas vous laisser dire à vos chefs où nous sommes, n'est-ce pas ? »
La voix semblait attendre une réponse. Henn réussit le tour de force de hocher frénétiquement la tête sans la bouger de plus de deux centimètres, de peur de toucher la propriétaire de la voix et de la mettre en colère.
« C'est bien, Henn. Tu es un bon garçon. »
Le garde sentit alors un froid intense l'envahir et engourdir chacun de ses membres. Ce n'était pas si désagréable que ça, tout compte fait. Ses sensations étaient peu à peu inhibées et il se sentait glisser vers l'inconscience comme un bateau en papier sur un ruisseau tranquille. Enfin un peu de repos…
« Il se réveillera dans une petite heure, déclara Shiva. Tu peux sortir de là, Ifrit.
- C'est avec ça qu'ils pensaient nous attraper ? ricana le susnommé en avançant à la clarté de la lune. Normal que les humains aient besoin de nous pour se battre vu leur faiblesse…
- Mais nous ne sommes pas censés attaquer des humains, normalement, objecta Shiva.
- C'est vrai, » confirma la voix de Valefore.
La Reine des Glaces se retourna. Ixion et Valefore arrivaient d'une ruelle perpendiculaire. Shiva ne put s'empêcher de noter qu'Ixion mâchonnait un fusil tordu.
« On vient de nettoyer le checteur ouecht, fit Ixion.
- Mais avec cette histoire, nous avons sérieusement aggravé notre cas, continua Valefore. D'abord fugitifs, puis renégats… On ferait peut-être mieux de se faire oublier pendant quelque temps.
- Surtout qu'on n'a toujours pas la moindre trace d'Annabella, soupira Ixion après avoir craché son fusil. Bevelle était notre dernier espoir… Je ne vois pas où nous pourrions la chercher maintenant.
- Oui, heu, à ce propos… marmonna Shiva, je crois que j'ai une solution qui nous permettrait de résoudre ces deux problèmes d'un seul coup. »
Les trois autres lui jetèrent le même regard interrogateur tandis qu'elle sortait de ses rares vêtements un bout de papier fripé.
« C'est l'adresse de Neo Bahamut, dit-elle. Il a dit qu'on pouvait aller le trouver en cas de besoin.
- Neo a dit ça ? fit un Ixion surpris. C'est très gentil de sa part. J'avoue que ça m'étonne de lui.
- En réalité, le reprit froidement Shiva, il a dit « si jamais t'as besoin d'un bel étalon, tu passes me voir, poulette. »
- Ah.
- Et il m'a donné une tape sur les fesses avant de s'éloigner.
- Ca m'étonne moins de lui, constata Ixion.
- Pourquoi veux-tu aller le voir, alors ? fit suspicieusement Valefore.
- C'est le charme draconique, répondit Ifrit avec un sourire crétin. Elle les veut tous, un vrai glacier X si vous voyez c'que j'veux dire… »
Après avoir massacré copieusement et soigneusement Ifrit comme il se devait, Shiva se retourna vers ses deux autres compagnons.
« Pour apporter une vraie réponse à la question, je veux aller le voir parce qu'il habite dans un autre monde. Il serait peut-être temps de se rendre à l'évidence : Annabelle n'est pas sur Spira, alors autant la chercher ailleurs. Et ça nous permettrait d'échapper aux chiens de chasse de Yevon. »
Elle tendit le papier à Valefore, qui l'étudia avec attention avant de lire l'adresse à haute voix.
« Midgar, Gaia, septième FF à droite.
- Ca semble être une bonne idée, reconnut Ixion. En route, mes amis !
- M'en fous d'abord, gémirent les restes d'Ifrit. C'est rien qu'une frigide. Alors que j'aurais pu lui mettre le feu sous la gla – Aïeuh ! »
XXX
« Echec Et Mat, Damoiselle Annabella.
- On ne pourrait pas jouer à autre chose ? geignit Annabella.
- Pourquoi ? demanda un Adrammelech surpris. Les Echecs Sont Un Jeu Très Noble Qui Ont Toujours Autant De Succès Depuis Des Millénaires.
- Oui, mais ils ne sont pas devenus plus passionnants pour autant, soupira Annabella. Valefore avait essayé de m'y intéresser, et… bref. Combien de temps je vais encore devoir rester ici ?
- Je Vous L'Ai Dit, Annabella. Vous Ne Partirez Pas. Le Monde Extérieur Est Dangereux, Et Puis J'Ai Besoin De Compagnie. Êtes-Vous Si Mal Ici ?
- Euh… »
Annabella Magus jeta un regard en coin à la grotte ensablée et hantée par les rugissements du vent dans laquelle ils croupissaient avec un échiquier pour toute distraction. Puis elle nota furtivement la foudre qui ronflait dans les yeux d'Adrammelech, prête à tomber sur quiconque oserait le contrarier.
« Non, non, c'est cool ici…
- Je Suis Content. »
Au grand désespoir d'Annabella, il entreprit de remettre les pièces d'échecs à leurs emplacements respectifs afin de les préparer pour une nouvelle partie. Mais la petite chimère n'eut pas le temps de se concentrer sur son malheur, car Adrammelech enchaîna sur une question qui la prit au dépourvu :
« Damoiselle Annabella, Voulez-Vous Devenir Ma Femme ? »
Annabella devint instantanément pâle comme la mort et rouge comme une pivoine. Les deux couleurs luttèrent un instant puis déclarèrent le match nul, laissant la chimère avec son teint originel ; elle n'en resta pas moins aussi abasourdie que si un trente-six tonnes venait de lui passer dessus, mais sans les mares de sang disgracieuses qu'on aurait pu observer si on lui avait réellement roulé dessus.
« Qu'est-ce que vous racontez ?! fit-elle d'une vois suraiguë.
- N'Abusez Point De La Ponctuation, la morigéna Adrammelech. Quant A Ma Proposition, Elle Est Parfaitement Raisonnable. Je Vous Répète Que Vous Allez Vivre Ici Avec Moi Pour Toujours. Et Nous Nous Amusons Beaucoup Ensemble. Alors, Marions-Nous. »
Annabella comprit que la situation était assez désespérée. Adrammelech avait toujours le même regard foudroyant, mais elle savait trop bien ce qui se passerait si elle disait oui : elle resterait coincée ici pour l'éternité à jouer aux échecs. Adrammelech n'était pas foncièrement méchant, il fallait bien le reconnaître ; mais de là à l'épouser…
Complètement paniquée, elle eut recours à la réponse féminine universelle lorsqu'on n'a pas envie de faire quelque chose mais qui évide de vexer l'interlocuteur un peu débile et évidemment mâle :
« J'ai… besoin de temps pour réfléchir.
- Prenez Votre Temps, Annabella. Les Préparations Du Mariage Seront Longues De Toute Façon. »
Annabella se mit à regarder désespérément le ciel à travers les bourrasques de sable. Elle savait qu'elle ne pourrait pas s'en sortir éternellement, mais il n'y avait aucun moyen de tromper la vigilance d'Adrammelech. Elle ne pouvait qu'espérer que ses amis viennent la chercher. Valefore… Que faisait-il en ce moment ? Est-ce qu'elle comptait beaucoup pour lui ? Il fallait reconnaître que la pensée ne manquait pas de charme… La princesse enfermée par un dragon en haut du donjon, criant par la fenêtre pour appeler son prince charmant, et ce serait Valefore qui viendrait la sauver et l'emporterait sur son beau destrier blanc. Si seulement cela pouvait arriver…
Mais comme il n'y avait pas de donjon ni de fenêtre par laquelle crier, Annabella baissa les yeux sur l'échiquier et avança un cavalier.
XXX
On frappa à la porte.
Neo Bahamut poussa un grognement ensommeillé. Décidément, il ne pouvait même pas dormir deux ou trois siècles sans être dérangé. Mais enfin… c'était son job de répondre quand on l'appelait, après tout. Alors il soupira profondément et se leva.
Pour ce faire, il balaya du revers de la main la colonie de cafards qui s'était installée sur sa couette, jeta cette dernière par terre pour recouvrir la zone du plancher sur laquelle il avait renversé la marmite de spaghetti à la bolognaise la veille au soir et qu'il avait décidé d'attendre que ça attire au moins cinq espèces différentes de bestioles avant de nettoyer, descendit prudemment de son lit pour ne pas réveiller Irma la rate qui venait de mettre bas une portée de ratons et que le manque de sommeil rendait du coup très irascible, avança jusqu'au milieu de la pièce en esquivant la table peuplée d'araignées qui avaient déclaré leur indépendance la semaine dernière, (3) sauta élégamment par-dessus un panneau « DANGER » qui indiquait l'endroit où sa bière artisanale avait rongé le plancher, couvrit les derniers mètres en déployant des efforts surhumains à chaque pas pour décoller ses pieds du sol, et, enfin, ouvrit la porte après avoir dégagé la rouille qui bloquait la poignée.
« Mouaaaiiis ? grogna-t-il en plissant les yeux à la lumière du soleil.
- C'est amusant, répondit Ixion. Mes organes olfactifs reçoivent plusieurs informations contradictoires, et je n'arrive pas à déterminer si c'est ton haleine ou les effluves provenant de cette chambre qui puent le plus.
- Salut, mon pote, claironna Ifrit avec un grand sourire.
- Hé, salut, répondit un Neo estomaqué. Euh… Vous avez le droit d'être ici ?
- Non, fit sèchement Valefore. C'est pourquoi nous allons repartir dès que nous aurons les renseignements que nous sommes venus chercher.
- A savoir ?
- Annabella a disparu et nous sommes à sa recherche. Il semblerait qu'elle ne soit plus sur Spira. L'auriez-vous vue ou perçue d'une quelconque manière sur Gaia ?
- Ah, euh… non, pas du tout. Vous savez, on est en temps de paix depuis un moment ici, alors les invocations, ça se fait plus trop… Je l'aurais sentie si une chimère s'était pointée ici. »
Il se rendit soudainement compte qu'il manquait à tous ses devoirs d'hospitalité et dégagea du bout du pied les ordures qui encombraient l'entrée, avant d'ajouter :
« J'vous en prie, entrez… Vous êtes que tous les trois ?
- Ah, non, se souvint Ifrit. Y'a Shiva aussi.
- Merci, Ifrit, soupira la concernée en se plaçant devant la porte – jusque là, elle était restée prudemment adossée au mur à droite de l'entrée, hors de vue du dragon.
- Mais fallait l'dire ! s'exclama Neo en souriant de tous ses crocs. Entre, entre, charmante créature. Si tu veux t'installer quelque part, mon lit est à toi.
- Pour que j'entre là-dedans, il faudrait purifier l'endroit à coups de lance-flammes.
- Si ce n'est que ça… convint Neo en prenant une profonde inspiration.
- C'était une image, dit précipitamment Shiva. Je n'entrerai jamais dans ta piaule. »
A ce moment là, des cris retentirent dans la rue. Tous les cinq tournèrent simultanément la tête vers leur origine. A quelque distance de là, un guerrier blonds aux cheveux pointus et agitant une énorme épée poursuivait un androgyne à la longue chevelure argenté, lui aussi armé d'un sabre démesuré. Ils couraient dans tous les sens en échangeant des coups d'épée. Au bout d'un moment, ils disparurent de la vue, et quelques minutes plus tard, les bruits du combat s'évanouirent également.
« On est en temps de paix, cita Ixion quand le silence fut revenu. C'est bien ce que tu avais dit ?
- Ah oui, mais eux ça compte pas. Ils arrêtent pas de se battre depuis des années, et j'ai l'impression qu'ils n'arrivent jamais à mourir. Et puis ça plaît aux gens, alors…
- Je vois, observa Valefore. Bon, puisqu'Annabella n'est pas ici, nous allons partir. Merci, Neo Bahamut. Désolé d'avoir abusé de votre temps. Nous allons chercher ailleurs.
- Une minute, intervint Shiva. J'ai autre chose à demander. »
Elle s'approcha du dragon et lui décocha un regard enjôleur et presque pas manipulateur.
« Si tu n'as rien à faire, tu pourrais passer à la Salle d'Attente ?
- Tu m'y attendras, hein ? comprit Neo Bahamut. C'est noté, poulette, j'te ferai pas attendre.
- … Non, moi je continue à chercher Annabella. Mais on a laissé Bahamut et Anima tous seuls là-bas. Si tu pouvais leur donner un coup de main pour le boulot…
- Ouais, sourit Neo Bahamut. Et surveiller s'il ne se passe rien entre ces deux-là, hein ? »
Shiva violettit instantanément et fit volte-face en affectant un air indigné, que Neo ne put pas voir puisqu'elle venait malheureusement de se retourner.
« Pas du tout, dit-elle. La jalousie n'est pas dans mon style.
- Hmouais… Mais euh, tu vas me donner une récompense pour ça ou pas ? »
La Reine des Glaces lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et le jaugea rapidement du regard.
« On verra, » déclara-t-elle.
Après quoi, les quatre chimères spiriennes saluèrent Neo et reprirent courageusement la route, bien décidées à mettre la main sur Annabella. Le dragon les regarda partir, songeur. Puis un couinement au niveau de ses pieds le tira de ses pensées. Il baissa les yeux. Irma était réveillée et apparemment de mauvais poil.
« Elle a dit « on verra », se défendit Neo. Ca vaut le coup d'essayer, non ? Oublie pas de fermer la porte avant d'aller te coucher, par contre.
- Scouic. »
XXX
Un peu plus tard, quelqu'un toqua à la porte de la Salle d'Attente. Anima ouvrit et considéra l'arrivant.
« YYYRHAAA. » (4)
(1) : Le pire niveau d'alerte, si l'on excepte le redouté noir à rayures à peu près marron. Ce niveau n'avait été enregistré qu'une fois dans toute l'histoire de Bevelle : la fois où on avait cru que Sin et trois de ses potes, rond comme des queues de pelles (mais alors des pelles vraiment très grosses), étaient venus faire la fiesta sur la place centrale de la ville. Il s'était en fait avéré par la suite qu'il ne s'agissait que d'un gamin qui s'amusait à faire le lapin difforme en ombres chinoises à l'aide d'un très très gros projecteur. Cela expliquait peut-être pourquoi on n'avait jamais entendu parler des trois potes de Sin avant ce jour-là. Par contre, après qu'il fut appréhendé par la milice de la ville, on n'entendit plus jamais parler du gamin non plus.
(2) : A part « merdier », évidemment.
(3) : Le nouvel Etat s'appelait de manière très originale Spiderland, et son drapeau, rouge et bleu, représentait une araignée bodybuildée qui attrapait des dragons dans sa toile.
(4) : « Oh, non. »
