Un chapitre avec tout plein d'action. C'est trop tard pour Noël et trop tôt pour le Nouvel An, mais bon !

Le chapitre suivant devrait arriver très vite, parce qu'il est déjà bien entamé ; en fait, ce chapitre-là n'est que la première partie du chapitre 16 originellement prévu, mais comme il devenait beaucoup trop long (presque autant que le chapitre-anniversaire, alors qu'il n'était même pas fini), j'ai décidé de couper en deux et de publier d'abord cette partie, puis de compléter le reste pour faire le chapitre 17. Donc j'ai déjà un gros bout en attente. Voilà voilà !

Bonne lecture !


Un bâtiment titanesque et rébarbatif dominait cette partie de Bevelle. A le voir, à voir ses angles rudes et son aspect compact, on pouvait penser qu'il avait été bâti en lâchant un colossal bloc de pierre puis en taillant des couloirs dedans. Cependant, il ne fallait pas se laisser abuser par le côté primitif de sa façade, car les geôles qui se trouvaient au sein de la forteresse étaient de loin les plus sophistiquées et les moins miséricordieuses de tout Spira. Un enchevêtrement de sortilèges et de barrières magiques allié à des rondes rapprochées d'un contingent de gardes d'élite en faisaient un endroit d'où on ne s'échappait pas, à moins d'être une chimère aidée par un scénario qui la ferait s'enfuir de manière ridicule. (1)

C'était le pénitencier de Bevelle, et Neo et Anima le contemplaient depuis la ruelle en contrebas, subtilement cachés derrière une poubelle cabossée qui sentait la banane avariée.

« Bon, murmura Neo, Marie ne devrait pas tarder à sortir. Alors ce sera à nous de jouer.

- YYYRHAAA, » acquiesça Anima.

Ils guettèrent pendant plusieurs minutes, parfaitement immobiles, au point d'en arrêter presque de respirer. Enfin, les lourdes portes du pénitencier se mirent en branle et s'ouvrirent sur une noirceur absolue. Une petite silhouette blanche en émergea, puis referma les battants toute seule, d'abord un, puis l'autre. Elle se retourna ensuite vers la ruelle. Son regard tomba immédiatement sur les chimères en planque. Neo et Anima se consultèrent brièvement du regard, puis, décidant qu'ils avaient apparemment été repérés, sortirent de leur cachette.

« Comment tu nous as trouvés ? demanda Neo, piteux.

- Je savais que vous étiez là, répondit simplement Marie avec un haussement d'épaules. Bon. Vous savez ce que vous avez à faire ? »

Les deux chimères hochèrent la tête.

« Ca s'est bien passé de ton côté ? s'enquit Neo.

- Parfaitement. Bahamut a pu s'enfuir. Il réapparaîtra probablement bientôt. Mais les gens de la CIA pourront retrouver ses traces si quelqu'un découvre son absence avant que la fissure dans la réalité qu'il a laissée derrière lui ne soit colmatée. Le quatrième mur sera réparé dans quelques paragraphes, mais en attendant, vous devez occuper les gardes.

- YYYRHAAA ?

- Il ne court aucun risque, certifia Marie. Enfin, à l'exception de celui que représenteraient les Invokeurs de la CIA s'ils le rattrapaient. C'est pour ça que vous ne devez pas traîner.

- Compte sur nous ! dit Neo. Tu peux rentrer tranquillement chez toi, on s'en occupe. Bonne chance.

- A vous aussi, répondit Marie avec une révérence. Puissions-nous nous revoir dans le prochain épisode. »

Neo hocha la tête et se tourna vers la prison, Anima à ses côtés.

« T'es prête, ma poule ?

- YYYRHAAA ! »

L'attaque débuta.

Marie disparut dans une petite rue.

XXX

Annabella n'arrêtait pas de déglutir tandis que le prêtre recruté de force par Adrammelech débitait les multiples bénédictions sur leur mariage. Depuis ce matin, elle se demandait perpétuellement si elle avait fait le bon choix. Elle avait voulu se venger de Valefore, mais c'était quand même un peu radical, surtout considérant que l'idée de base était qu'il vienne se traîner devant elle pour implorer son pardon, et qu'elle n'était pas en mesure de lui donner si elle était mariée… Bien entendu, il n'était pas question de faire marche arrière maintenant. Non, décida-t-elle, sa résolution raffermie. Il fallait qu'elle se tienne à ses choix. Et puis Adrammelech la foudroierait sur place si elle changeait d'avis.

Elle ferma donc les yeux et baissa la tête, sa concentration toute entière tournée vers les notes de l'orgue qui étaient en train de sceller son destin. La musique était pure et douce. Le cœur troublé d'Annabella se trouvait calmé par cette simple harmonie que rien ne venait déranger. Quoique. Si elle tendait un peu plus l'oreille, elle pouvait entendre derrière les notes un son sourd, comme le battement de plusieurs pieds en pleine course. Et même des sabots. Et un bruissement d'ailes. Et ça se rapprochait. Non, c'était impossible, hahaha, personne ne pouvait se trouver dans cette caverne à part Adrammelech et elle, hahaha. Elle s'imaginait des choses.

« Qui Êtes-Vous Et Que Faites-Vous Ici ? »

Ou peut-être pas.

Les yeux d'Annabella se rouvrirent et pivotèrent horizontalement à 180°. L'opération effectuée, ils tombèrent sur un groupe de chimères essoufflées qui se trouvait à l'entrée de la caverne. Shiva, Ixion, Ifrit. Et Valefore. Elle cligna des yeux. Oui, ils étaient bien là…

« On est venus récupérer ta fiancée, grogna Ifrit. Et puis d'abord, le costard, ça te va pas du tout. »

Shiva infligea une taloche glacée à Ifrit et fit un pas en avant.

« Excusez notre impolitesse. Je suis Shiva, la Reine des Glaces. Comme mes trois compagnons, je suis une amie d'Annabella ici présente. Nous l'avons cherchée désespérément pendant plusieurs semaines.

- Je Ne Prendrai Pas Ombrage De Votre Intrusion, répondit calmement le dragon. Mon Nom Est Adrammelech, Maître De La Foudre. Vous Êtes Les Bienvenus Si Vous Désirez Assister A Notre Mariage. Je Suis Heureux De Rencontrer Les Amis De Ma Future Femme.

- Future femme mes fesses ! » beugla Ifrit.

Ce fut au tour de Valefore de mettre un coup à Ifrit puis de s'avancer.

« Pardon, dit-il doucement, mais je ne crois pas que nous puissions accepter cela. Annabella n'appartient pas à ce monde. Elle doit revenir avec nous, les chimères de Spira.

- Non.

- C'est une nécessité, monsieur Adrammelech.

- Annabella Est Heureuse Ici. Êtes-Vous Seulement Sûr Qu'Elle Désire Repartir Avec Vous ? »

Tous les regards se tournèrent vers Annabella, qui changea instantanément de couleur des pieds à la tête. Evidemment… C'était elle, le centre du conflit. Elle s'était rarement sentie plus mal à l'aise. Qu'est-ce qu'on attendait d'elle, maintenant ? Qu'elle réponde à la question d'Adrammelech ? Impossible. Elle ne pouvait pas briser sa détermination maintenant en disant qu'elle voulait repartir, et elle ne pouvait pas non plus repousser Valefore qui avait fini par apparaître, comme elle l'avait souhaité depuis le début…

« De Toute Façon, ajouta Adrammelech comme si c'était l'évidence même, Annabella Est A Moi. Je Vous Empêcherai De L'Emporter. Si Vous Ne Changez Pas D'Avis, Je Vous Eliminerai.

- Ca a le mérite d'être clair, reconnut Valefore.

- On va pas écouter ces bêtises plus longtemps, grogna Ifrit. On lui botte les fesses et on emporte Annabella.

- Non. »

Ixion s'était avancé à son tour.

« Moi, je lui botte les fesses. Profitez-en pour amener Annabella en sûreté.

- Tu es sûr ? s'inquiéta Shiva. On ne connaît pas sa force… c'est imprudent !

- Pas de danger, bougonna Ixion. Il se croit le Maître de la Foudre… Or, ce titre m'appartient. Je lui suis donc forcément supérieur.

- Vous Croyez Que Je Vais Vous Laisser Faire ? siffla Adrammelech. Je Vais Tous Vous Détruire En Même Temps Et Vous N'Aurez Pas L'Occasion D'Emporter – Hé. »

Annabella avait profité du laïus pour voleter jusqu'à ses amis, et, pris au dépourvu, le dragon ne l'en avait pas empêchée. Elle tourna vers lui un regard contrit, sincèrement désolé.

« Ils ont raison, monsieur Adrammelech. Je dois rentrer avec eux. Je ne peux pas passer ma vie avec vous. Je vous aime bien, mais… pas comme ça.

- Et Nos Parties D'Echecs Enflammées ? geignit Adrammelech.

- Justement.

- Bah ! grogna le dragon. Ca Ne Change Rien. Vous Serez Mienne, Où Que Vous Fuyiez.

- Dégageons d'ici, dit Shiva. Bonne chance, Ixion !

- Reviens-nous en un seul morceau, mon ami, » pria Valefore.

Conformément au souhait du Petit Poney, ils s'éclipsèrent dans les galeries avec Annabella. Ixion se tenait sur le chemin pour empêcher Adrammelech de les poursuivre. La gorge du dragon émit un grondement qui fit trembler les parois de la grotte. Sans sourciller, Ixion resta ferme face à lui.

« Nous Allons Donc Voir Qui Mérite Le Titre De Maître De La Foudre, Petite Créature, rugit Adrammelech.

- Je n'attends que ça, répondit Ixion. J'espère pouvoir livrer un combat honorable.

- Moi Aussi. Que Dirais-Tu De Quitter Cette Grotte Avant Toute Chose ? Cet Endroit N'Est Pas Digne De Nos Déferlements De Puissance.

- Cela me semble raisonnable. »

Il se laissa faire quand Adrammelech l'agrippa délicatement dans ses griffes. Si l'antre d'Adrammelech était techniquement à ciel ouvert, les tempêtes de sable qui rugissaient en permanence autour des sommets des piliers naturels étaient bien assez pour faire office de plafond : quiconque aurait tenté de les traverser aurait été immédiatement balayé par les bourrasques et brûlé par le sable. Quiconque, sauf justement l'habitant de ces lieux, Adrammelech le Millénaire : il prit son envol, protégeant Ixion dans ses bras, et perça la couche de vent comme si de rien n'était.

Les chimères débouchèrent sur le sommet d'une montagne. Adrammelech déposa Ixion et le regarda dans les yeux.

« Nous Nous Battrons Ici.

- Très bel endroit, commenta Ixion. On peut voir à des kilomètres à la ronde… Personne ne viendra nous déranger… Oui, c'est parfait.

- Commençons. »

La corne d'Ixion comme les griffes d'Adrammelech furent instantanément nimbées de foudre. Le Poney chargea tête baissée, facilement esquivé par son adversaire qui contre-attaqua sans attendre d'un coup de griffes vers le flanc. Mais la vitesse d'Ixion était trop grande, et il n'eut qu'à infléchir légèrement sa course pour se soustraire au coup du dragon.

Les chimères se retournèrent face à face. Match nul, pour le moment.

« Foudre X ! »

Les deux voix avaient crié en même temps. Eclairs et tonnerre explosèrent dans un vacarme assourdissant. Quand les deux sorts se rencontrèrent, une blancheur aveuglante noya les combattants ; la pureté de l'ensemble était contrastée par le rugissement du tonnerre produit par la friction entre les magies. Cela se dissipa également, et quand tout revint à la normale, aucune des deux chimères, toujours en position de combat, n'avait été égratignée. Elles échangèrent un sourire.

« Je Te Remercie. Ce Combat Va M'Amuser.

- De même. J'espère que ta défaite t'amusera tout autant. »

Un grognement, et Adrammelech repartit à l'assaut. Ixion prépara sa réception. Les chimères se plongèrent à corps perdu dans leur combat.

XXX

Le commandant Sprütz (2) se lissait la moustache d'un air irrité. Devant lui, deux soldats à l'uniforme partiellement brûlé et déchiré se tenaient au garde-à-vous, l'air honteux.

« J'attends des explications, fulmina Sprütz.

- Je suis désolé, commandant, tenta l'un d'eux d'une voix tremblante. Je crains qu'il n'y ait rien de plus à dire. Nous n'avons aucun moyen de vaincre ces démons. Nous n'avons pas été formés pour ça.

- Mais la muraille tient toujours ?

- Oh, ça oui, commandant…

- Bien, alors nous ne sommes pas totalement incompétents ! tonna Sprütz. Il suffit de redoubler d'efforts et vous les bouterez hors d'ici sans mal ! Exécution !

- Pardonnez-moi, commandant, couina le deuxième soldat, mais ce n'est pas aussi simple.

- Comment ça ?

- Ils n'attaquent pas directement. Ou plutôt, ils ne focalisent pas leurs attaques. Ils se contentent d'une technique de guérilla : ils apparaissent d'un côté du pénitencier, nous attaquent pour nous forcer à réagir de ce côté, puis ils disparaissent et réapparaissent plus loin… Mais s'ils donnaient toute leur force sur un point du mur, j'ai bien peur qu'il ne tiendrait pas longtemps. La prison toute entière n'a pas été conçue pour résister aux chimères.

- Pour la prison la plus imprenable d'un univers où des êtres aussi puissants sont monnaie courante, c'est pas très malin, bougonna Sprütz. Bon… Si ces chimères ne cherchent pas à entrer, quel est leur but ? »

Silence total.

« Je suis content d'avoir des subordonnés à l'esprit aussi vif, soupira le commandant. Et plutôt que rester sur la défensive, pourquoi ne pas faire une sortie pour les balayer ?

- Parce que les soldats non plus n'ont pas été conçus pour leur résister.

- Bien vu, soldat. Mais il DOIT y avoir un moyen de les vaincre. Hum… Invokeur ! »

Une silhouette jusque là restée dissimulée dans l'ombre d'un coin de la pièce fit un pas en avant et s'inclina. C'était un homme de grande taille et aux longs cheveux bruns, habillé d'un uniforme noir affichant les lettres d'argent C.I.A. sur la poitrine. Une cape sombre flottant derrière lui ajoutait à son aspect exagérément mystérieux.

« Oui, commandant ?

- N'y a-t-il pas un moyen de supprimer ces chimères ? Je veux dire, vous les invoquez tout le temps… Vous devez savoir qui elles sont, non ? Et donc, connaître leurs points faibles, peut-être ?

- J'ai bien peur que non, répondit l'Invokeur d'un ton las. L'une d'entre elles est Anima. Elle est réputée pour être la plus puissante des chimères prises individuellement… Elle n'a donc aucune faiblesse. Seules les Sœurs Magus au grand complet peuvent l'égaler en puissance brute. Quant à l'autre, eh bien… Elle ressemble à Bahamut, mais plusieurs signes distinctifs certifient que ce n'est pas le cas. A commencer par le fait qu'il est dans vos geôles en ce moment même. »

Disant cela, il lança un regard lourd de questions suspicieuses au commandant Sprütz. Celui-ci s'offusqua.

« Bien sûr qu'il y est ! Aucun humain ne s'est jamais échappé de la prison de Bevelle. Je ne vois pas pourquoi une chimère parquée dans le bloc de sécurité maximale, spécifiquement prévu pour entraver les créatures de sa race, y parviendrait.

- Hum hum. Pour en revenir au sujet, il n'y a qu'un seul moyen de vaincre celles qui nous attaquent, et c'est la force brute.

- Avez-vous un moyen de déchaîner autant de force.

- Evidemment, fit l'Invokeur avec mépris. Je vous rappelle que je suis le capitaine des troupes de combat d'élite de la C.I.A.. Il n'existe pas d'Invokeur pouvant rivaliser avec moi.

- Alors allez-y ! Chassez-les d'ici !

- Si tel est votre désir. »

XXX

A l'extérieur, Anima et Neo s'amusaient beaucoup. Les murs du pénitencier étaient noircis en maints endroit par leurs attaques gentillettes, et il ne cessaient de courir autour du bâtiment pour faire tourner en bourrique les gardes de la prison. Ils auraient presque eu pitié desdits gardes si leurs têtes à chaque fois qu'ils voyaient leurs ennemis réapparaître n'était pas aussi hilarante.

« Bon, décida Neo, on fait encore un tour et on s'en va ! Baham' doit être assez loin, là.

- YYYRHAAA, acquiesça Anima.

- Vous n'irez nulle part. »

Les chimères se figèrent, levèrent les yeux. La voix venait effectivement des remparts, tout en haut. La silhouette noire d'un homme, debout sur un créneau, les toisait. Il avait pris soin de se mettre dans un angle convenable pour que le vent fasse flotter sa cape derrière lui. Son visage affichait un fin sourire, celui du prédateur qui sait que sa proie ne peut plus lui échapper.

« Tu veux que je te fasse descendre pour que tu nous dises ça directement ? lança Neo.

- Inutile, répondit l'homme. C'est moi qui vais vous descendre.

- Ca c'était de la réplique, grommela Neo dans sa barbe.

- YYYRHAAA, le prévint Anima, inquiète.

- Quoi ? »

Le dragon releva les yeux. L'agent de la CIA, là-haut, avait sorti un bâton d'Invokeur, et, sans égard pour l'immense muraille juste sous ses pieds qui menaçait de laisser la gravité l'emporter à tout moment, s'était mis à danser.

« Il invoque ? s'étonna Neo. Mais il n'y a presque plus personne à invoquer. A nous deux, on peut vaincre n'importe laquelle des chimères restantes.

- YYYRHAAA.

- Pourquoi tant d'inquiétude ? Je te dis que…

- YYYRHAAA, » insista Anima.

Neo regarda mieux. La forme qui commençait à se dessiner lui était familière. Dans tous les sens du terme en fait : Bahamut était son frère, et c'était bien la… silhouette de… Bahamut…

« Oh, non, murmura Neo, qui venait juste de comprendre. Une purgatrice. »

Il se mordit la lèvre inférieure et se tourna vers Anima, dont l'expression… Enfin, son expression ne changeait jamais, puisque c'était la chimère du désespoir et de la douleur éternelle, et qu'en tant que telle, elle se devait d'afficher sa torture sur son visage. Mais on y devinait néanmoins une certaine appréhension à l'idée d'affronter un tel monstre. Elle aussi connaissait la puissance des purgatrices. Là, l'avantage du nombre n'aurait aucune influence, à moins peut-être d'y aller à dix. Mais de manière générale, les chimères noires, réservées aux hauts Invokeurs travaillant pour le gouvernement, ne jouaient pas dans la même catégorie que les chimères normales. Elles avaient la même apparence, à l'exception de leur couleur, mais leur esprit était celui d'une machine, et leur force celle d'un démon.

Et l'un de ces monstres, Bahamut purgateur, était sur le point d'attaquer Neo Bahamut et Anima. Ces derniers commençaient à regretter profondément d'avoir aidé Marie.

« On n'est pas de taille, murmura Neo. On doit fuir.

- YYYRHAAA.

- Quoi ? s'étrangla Neo. C'est le moment que tu choisis pour me dire que tu as sommeil ? Mais tu dors tout le temps ! Faudra que tu m'expliques un jour ! Enfin, si on survit à ça… »

« Ca » venait justement de terminer d'être invoqué et battait des ailes près des remparts. C'était bien la version purgatrice de Bahamut, un immense dragon noir, un regard meurtrier, des griffes assoiffées de sang. Et maintenant, il les avait repérés et fondait sur eux.

« Cours, dit Anima. Je vais le retenir.

- Tu… quoi ? Euh… YYYRHAAA, tout ça ?

- Oh, désolé. C'est moi qui ai parlé. »

Neo baissa les yeux et sursauta. Un être étrange s'était extirpé du sol. Il était directement relié à la partie supérieure du corps d'Anima ; en fait, c'était tout simplement une deuxième tête pour la même chimère. Non que son apparence différât beaucoup de celle qu'on connaissait à l'Anima habituelle, cela dit. Grandes dents, chaînes, air flippant. Mais celle-là parlait le langage commun.

« Bonjour, dit aimablement Anima n°2. Je suis Anima. Enchantée de vous rencontrer.

- Mais… d'où tu sors ?

- Du sol. Je suis, en quelque sorte, la colocataire de l'Anima que vous connaissez.

- YYYRHAAA, confirma Anima avec mauvaise humeur.

- Habituellement, je vis en enfer, continua Anima. Donc on ne me voit pas trop. Je passe mes nuits en boîte avec les démons.

- YYYRHAAA.

- Oh, comprit Neo. C'est donc pour ça que tu dors tout le temps ? Tu es fatiguée d'avoir à subir les fêtes de ta… heu… sœur ?

- YYYRHAAA.

- Pourtant, moi, je suis en pleine forme, se vanta Anima. Il semblerait que toute ma fatigue tombe sur la tête du haut et me permette de profiter pleinement de mes loisirs. C'est le point positif d'être obligée de passer ma vie en enfer.

- Je vois… et donc… tu sais te battre ?

- Bien évidemment. En fait, il n'y a qu'avec mon concours qu'Anima est capable de lancer son Overdrive.

- YYYRHAAA…

- C'est bien, alors… Tu vas pouvoir nous aider. J'ai juste une dernière question.

- Oui ?

- Bahamut purgateur est sur le point de nous éliminer, non ? fit Neo en levant les yeux. Il n'aurait pas dû nous tuer dix fois, déjà ?

- Pas d'inquiétude à avoir, le rassura Anima. Il constitue un immense danger qui peut nous oblitérer à tout instant, et il est en train de fondre sur nous. Selon les lois de la narration, cela a déclenché le temps DBZ. Il n'arrivera pas sur nous tant que nous ne serons pas prêts à lui faire face.

- Heu… On devrait en profiter pour décarrer d'ici, non ?

- Hérésie. Je ne peux plus m'enfuir. Toi, par contre, tu es celui qui court, sa vie sauvée par le sacrifice héroïque de son amie.

- Oh, bien. Merci, alors. A plus tard, peut-être.

- Peut-être.

- YYYRHAAA. »

Ils échangèrent un dernier hochement de tête, et Neo tourna les talons pour s'enfuir. Animas le regardèrent partir, puis tournèrent les visages vers leur ennemi qui fondait sur elles. Deux paires de bras enchaînés se dressèrent pour parer le premier coup.


(1) : Mais tout le monde sait qu'une solution aussi faible ne serait jamais utilisée dans cette fiction de haute qualité.

(2) : Et c'est là qu'on voit que Marie, c'était pas si mal pour un nom à l'arrache, finalement.


To be continued !