Et hop, un nouveau chapitre ! Garanti sans pseudo-yaoi cette fois, oui, je sais, c'est dommage, mais c'est pas moi le spécialiste ici, allez plutôt demander à Elorin ! Mouahaha.

Bon, c'est l'heure des débilités.


L'après-midi est bien avancé, et la saison rend le soleil un peu trop entreprenant. Il tape violemment sur le pic rocheux, se gaussant des pauvres mortels en-dessous qui suent par tous les pores et chopent des brûlures qui piqueront et gratteront terriblement par la suite. A n'en pas douter, le soleil est mauvais.

Mais en l'occurrence, il a un peu raté son coup, car le pic qu'il a pris pour cible est désert. Enfin, à l'exception d'un naïf qui grimpe courageusement le versant escarpé sous les rayons impitoyables de l'astre. Du coup, il est tout seul pour subir la colère à quarante degrés. Il l'a bien cherché. De plus, il est habillé tout de noir, des pieds à la tête – et attention, pas un débardeur et un short, non, des manches longues épousant la forme de ses bras et agrémentées de gants, un pantalon, de grosses bottines, même un col montant, et c'est sans parler de la cape en plus, inutile mais bien présente. Qu'on ne vienne pas me dire qu'il ne l'a pas mérité. Même ses cheveux sont longs et noirs.

Par contre, son visage reste impassible, alors qu'il aurait déjà dû perdre deux ou trois tonnes en sueur et se mettre à pleurer comme un bébé le peu d'eau qui lui reste dans le corps. Mais non, il endure, ce dont on ne peut que le féliciter. Il est résistant, à défaut d'être malin. Et il continue à monter.

Une fois arrivé tout en haut, il regarde autour de lui. Il est venu chercher quelque chose, et il n'a pas l'intention de se taper la descente casse-gueule les mains vides. Heureusement pour lui et pour sa tenue noire, il ne met pas longtemps à repérer son objectif : un objet de forme oblongue gisant au sol. S'en approchant prudemment, il le ramasse et le porte à ses yeux.

Et il sourit, de ce sourire de méchant qui montre que, contre toute attente, le scénario vient d'avancer et que ça va bientôt faire du vilain.

« Bonjour, Adrammelech… »

XXX

Le voile s'ouvrit en faisant zviit et Yojimbo entra dans la salle d'attente en traînant derrière lui son sac bourré de sabres en bois. Son front luisait de sueur, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention de Shiva qui bouquinait dans un coin.

« Bonjour, Yoji, lui lança-t-elle joyeusement, le regard étincelant. Alors, tu reviens de l'entraînement, hein ?

- Oui, répondit le samouraï, surpris de cette attitude et un rien méfiant. Pourquoi cette question ?

- Oooh, pour rien, pour rien. Au fait, tu n'as pas vu Bahamut ?

- Non… puisque je reviens de l'entraînement.

- Ah, dommage, dommage. »

Puis elle se replongea dans sa lecture, laissant Yojimbo sans explications et l'air un rien benêt. Haussant les épaules, il oublia cette histoire et traîna ses affaires jusqu'à sa chambre.

Juste avant de passer la porte, ses sens aiguisés l'avertirent qu'un danger approchait. Se plaquant prestement contre le mur, il évita de peu une masse en furie qui déboulait à toute berzingue dans le couloir. Il haussa un sourcil. C'avait été rapide, mais il avait eu tout juste le temps de reconnaître Neo Bahamut. Il était bien pâle. A tous les coups, il avait fait une boulette et en fuyait les conséquences, possiblement personnifiées par Samantha, puisque c'était elle la plus encline à botter les fesses de Neo.

Yojimbo finit par décider que ce n'était pas ses oignons et entra dans sa chambre.

Enfin, essaya, parce que le boucan que faisait Neo en cavalant se rapprocha de nouveau, jusqu'à ce qu'une main vienne l'agripper par le cou avec un manque de délicatesse assez notable.

« Glouk, protesta le samouraï.

- T'as pas vu Bahamut ? le pressa Neo, indifférent à l'argumentation de Yojimbo.

- Qu'est-ce que vous avez tous avec Bahamut ? Et pourquoi aurais-je vu Bahamut ? Qu'est-ce qu'il a, Bahamut ?

- Des problèmes.

- D'accord, mais quoi de nouveau ?

- C'est… compliqué à expliquer, marmotta Neo en dansant d'un pied sur l'autre. Donc tu sais pas où le trouver ?

- Je pensais avoir été clair.

- Ouais. Bon, ben alors, bonne journée, hein. Quand tu verras Bahamut, tu lui diras…

- JE – NE – VAIS – PAS – VOIR – BAHAMUT. Dois-je en appeler à la force de l'acier pour te faire rentrer ça dans le crâne ?

- … que je le cherche. A tout à l'heure. »

Il fila avant que Yojimbo ne mette sa menace à exécution.

Resté seul et un poil excédé, le samouraï revint à sa précédente activité, qui consistait à tenter d'entrer dans sa chambre.

Et échoua encore, car quelqu'un le dérangea de nouveau. Cette fois, c'était Bahamut lui-même, qui le saluait avec un immense sourire.

« Hey.

- Bahamut, constata froidement Yojimbo. Belle ironie du sort. Que fais-tu là ?

- Oh, rien. Je me balade, je glandouille, tout ça. Et toi ?

- Rien qui te regarde. Ton grand frère te cherchait, au fait. Tu n'étais pas dans ta chambre ?

- Si, reconnut Bahamut. J'ai fait semblant de ne pas être là quand Neo est venu frapper à la porte. Apparemment, ça a marché. On aurait pu penser que le fait que ma porte était fermée de l'intérieur lui aurait mis la puce à l'oreille, mais…

- Mais c'est Neo. Oui. Tout de même, cela ne me concerne pas, mais ça avait l'air important.

- Important ? se renfrogna Bahamut. Le jour où il aura un truc important à me dire, toi et moi serons attirés mutuellement…

- Aucune chance d'arriver, en effet, répondit vivement Yojimbo.

- Tout à fait, confirma Bahamut. Bon, ben je vais te laisser avant que l'autre boulet ne me retr…

- BAHAAAAA, p'tit frère ! Bah dis donc, j't'ai cherché partout !

- … celle-là, j'aurais dû la voir venir, soupira Bahamut.

- Bonne chance, » lui lança rapidement Yojimbo avant de se jeter enfin dans sa chambre, de claquer la porte et de la verrouiller à quintuple tour. (1)

Voilà les dragons seuls dans le couloir, à se dévisager comme deux ronds de flanc.

« Bon, tu m'as eu, grogna Bahamut. Qu'est-ce que tu me veux ?

- Moi, rien. C'est papa qui veut te voir.

- Comment ça ? dit Bahamut, les yeux écarquillés. Je ne l'ai pas vu depuis… euh… longtemps. Pourquoi il veut me voir maintenant ? Et pourquoi par ton intermédiaire ?

- Il dit qu'il n'arrive pas à te joindre, répondit Neo avec un haussement d'épaules.

- C'était volontaire. Je n'ai pas envie de le voir, et d'ailleurs je n'avais pas envie de te voir non plus. Vous êtes vraiment obligés de venir me meuler l'appareil reproductif jusque sur Spira ?

- Je crois que techniquement, on n'est pas sur Spira à l'instant même, fit remarquer Neo. Et puis arrête de faire ton malin ! Juste parce que môssieur est la réussite de la famille…

- Ouais, bon, ça va, le coupa Bahamut. Ne me geins pas dans les oreilles. Dis-moi juste si papa t'a dit où je pourrais le trouver.

- Du tout, clama Neo. Mais moi, je lui ai dit où tu étais. Il ne devrait pas tarder à arriver. »

Le coup de boule qui suivit résonna dans toute la Salle d'Attente. Bien que peu subtil, il eut le mérite de faire comprendre à Neo que son petit frère aurait préféré qu'il ne prenne pas d'initiatives stupides.

« Aïe, constata-t-il.

- Tu l'as cherché, gronda Bahamut. Bon… Papa va venir ici, hein ?

- Mvoui.

- J'ai plutôt intérêt à me préparer mentalement, dans ce cas. Merci de m'avoir mis dans la mouise, franchement, je te suis reconnaissant.

- Tu n'as pas besoin de moi pour ça, nota Neo avec raison.

- T'en veux un autre ? »

Pour toute réponse, l'aîné fila la queue entre les jambes. Bahamut le regarda partir et poussa un soupir.

Leur père était communément appelé Bahamut ZERO, ou simplement Zéro pour économiser les majuscules. Certains avaient tenté de réduire encore cette dénomination au simple caractère 0, mais le principal intéressé n'avait pas aimé l'effet produit, sans compter qu'un pourcentage assez notable de personnes avaient tendance à l'appeler simplement « Monsieur Eau », ce qui, il fallait l'avouer, en jetait effectivement nettement moins.

Zéro, donc, était le patriarche de la famille Bahamut. C'était une célébrité dans le monde des dragons : puissant et majestueux, on le respectait dès le premier coup d'œil, ou alors on ne le respectait pas et on n'avait plus jamais l'occasion d'en jeter un second. Cette influence indéniable qu'il avait sur ses congénères avait mené à son élection au poste de juge draconique : en d'autres termes, c'était lui qu'on appelait pour régler la moindre querelle entre dragons, et une fois qu'il repartait, on ne se disputait généralement plus. Son efficacité était indéniable. Il faisait donc régner la loi dans le monde des dragons et son nom était connu de tous.

Dans le cadre de sa petite famille, en revanche, il était plus connu pour sa sévérité et ses principes un poil vieux jeu. Bahamut, lorsqu'il était un adolescent rebelle (2), s'était moult fois disputé avec son papa et c'était à la suite d'une de leurs altercations qu'il avait été placé en internat chez les chimères de Spira, avec les résultats qu'on connaît. Depuis cette époque, les relations entre père et fils étaient réduites au strict minimum et toujours empreintes d'une certaine froideur.

Si Zéro prenait de lui-même contact avec son fils, c'était donc pour un problème important…

Bahamut en était arrivé là dans ses réflexions quand un son sourd retentit dans la Salle d'Attente – quatre sons sourds, plus exactement, frappés à intervalles réguliers comme un métronome et avec une puissance dont on sentait bien qu'elle aurait pu annihiler un monde au creux de sa main si elle l'avait voulu, mais qui pour le moment se contentait de toquer à la porte pour signaler sa présence.

« Le vieux est donc déjà là, » grommela Bahamut tout en se hâtant d'aller ouvrir. Il n'aimait pas son père, mais il savait qu'il aimerait encore moins le quart d'heure à venir s'il se permettait de faire attendre Zéro.

Le voile s'ouvrit sur les écailles d'argent du titanesque Bahamut ZERO. Il occupait tout le canal dimensionnel hors de la Salle d'Attente, malgré ses efforts pour replier ses ailes et éviter d'érafler le tissu de la réalité. Ainsi comprimé, il perdait beaucoup de sa superbe ; malgré tout, sa taille de trois univers de haut et de cinq apocalypses de large, couplée au feu d'annihilation qui couvait au fond de son regard, empêchait quelque peu de le trouver ridicule.

Son fils n'eut même pas le temps de marmonner un bonjour que le patriarche lui plaqua une feuille de papier sous le museau.

« C'est quoi ? demanda Bahamut en louchant sur les petits caractères.

- Une convocation, annonça sèchement Zéro. Au tribunal. Aucun retard admis.

- Qu'est-ce que tu as fait pour être convoqué au tribunal ? s'enquit nonchalamment son fils en lui arrachant le papier des mains.

- Je n'apprécie pas la plaisanterie. C'est toi. Tu dois répondre de tes crimes.

- Je savais que t'étais toujours en retard sur tout, mais là tu dépasses des limites, papa. On a passé une quinzaine de chapitres sur cette histoire, et là c'est fini, tu sais ?

- Oui, j'en ai entendu parler, siffla Zéro. Et je ne te félicite pas. Mais ça, fit-il en pointant un doigt gros comme un séquoia sur la convocation, c'est une affaire dont je suis chargé. En conséquence de quoi, c'est à moi que tu devras répondre de tes actes.

- Je ne vois pas de quoi tu parles. Si tu t'es bougé jusqu'ici, c'est qu'il y a eu un problème avec des dragons. Je n'ai tatané aucun dragon récemment.

- Oh, vraiment ? rugit Zéro. Regarde le nom du plaignant, jeune effronté. »

A contrecœur, les yeux de Bahamut s'exécutèrent et parcoururent le document qu'il tenait en griffe.

« … gnagnagna affront grave… gnagnagna châtiment… gnagna… Ah ! Plaignant… Adrammelech. »

Un silence de mort tomba entre les deux dragons. Bahamut releva lentement les yeux et confronta le regard de son père.

« Connais pas, déclara-t-il.

- Lui te connaît, répliqua Zéro. Peut-être que ceci te rafraîchira la mémoire. »

Il tira une photo de ses écailles. L'image était floue et l'éclairage mauvais, mais on reconnaissait sans erreur possible un dragon endormi avec une moustache dessinée au feutre.

« Ca me rappelle quelque chose, médita Bahamut. On dirait un peu le blaireau que j'ai massacré le mois dernier pour aider Annabella. Sauf que celui-là n'avait pas de moustache.

- La moustache est fausse, grogna Zéro. C'est la seule image qu'on a de lui et un de mes collaborateurs l'a sabotée sans savoir qu'il s'agissait d'un document officiel. A part ça, oui, il s'agit bien de ton adversaire, puisque tu avoues ton crime.

- Je vois, je vois. Et de quoi il m'accuse, très exactement ? »

Le ton de Bahamut était tellement naturel et innocent que son père eut un moment d'arrêt. Il ne se souvenait pas d'avoir élevé un fils avec un tel culot. Mais plus il le regardait, plus il était peu à peu convaincu que la candeur dont faisait preuve le jeune dragon n'était pas feinte ; il ne voyait vraiment pas le mal qu'il avait fait.

Ce qui était pire.

« Tu es accusé, tonna Zéro, d'agression avec annihilation sur un congénère dragon, aggravée par le non-respect des règles du duel par l'intervention d'un troisième parti dans le combat.

- C'est lui qui a commencé, protesta Bahamut.

- Les combats entre dragons sont monnaie courante et acceptée, répliqua son père. En revanche, se faire aider est une grave entorse aux règles de l'honneur, et il est également interdit de réduire son adversaire en morceaux de diamètre inférieur à sept millimètres.

- Tu inventes tout ça rien que pour trouver un prétexte pour me punir, geignit Bahamut.

- Pas du tout. Ce sont nos lois.

- On a des lois ?

- A quoi crois-tu que je servirais dans le cas contraire ? siffla Zéro.

- Ben, on n'a déjà pas de scénario, alors des lois… Enfin, de toute façon, elles sont stupides, s'obstina Bahamut.

- Elles ont une raison d'être. Il a été prouvé au fil des millénaires que la majorité des dragons étaient ce qu'on peut raisonnablement appeler des bourrins, et qu'il était impossible de les empêcher de se mettre sur la figure de temps à autre. Mais comme la plupart d'entre nous ont mis tous leurs points de caractéristiques dans leurs capacités offensives et rien en défense, ces combats auraient vite mené à l'extinction de notre race si nous n'avions pas défini quelques règles de base, comme l'établissement d'un seuil de destruction minimum pour permettre au perdant de se régénérer. Tu as fait fi de ces règles en réduisant ton adversaire en cendres.

- Mouais, grommela Bahamut. J'ai pas dû l'annihiler trop fort s'il a encore assez de souffle pour venir se plaindre. Tu peux m'expliquer ça ? »

Nouvelle confrontation du regard. Zéro prépara soigneusement son explication avant de déclarer :

« Maintenant, il va mieux. (3)

- Je vois.

- Puisque tu n'as plus de questions, je vais te demander de me suivre.

- Ouais, ouais, râla Bahamut. Bouge du chemin, tu bloques la porte.

- C'est comme ça que tu parles à ton père ? s'indigna Zéro.

- Bouge du chemin, papa.

- C'est mieux. »

Ainsi, les deux dragons sortirent de la Salle d'Attente et se dirigèrent vers la prochaine péripétie.

Anima resta silencieuse un moment quand le voile se referma. Manifestement, ils n'avaient même pas remarqué qu'elle était là et qu'elle avait entendu toute la conversation. Faisait-elle donc partie du décor à force d'être toujours plantée là ? Bah… Elle ne se vexait pas facilement. En revanche, ce qu'elle avait entendu l'inquiétait.

« YYYRHAAA, » marmonna-t-elle.

Bahamut avait encore des problèmes. Elle devait admettre qu'elle n'était qu'à moitié surprise, mais elle sentait déjà que ça allait être fatigant pour tout le monde.

« Psst. »

Elle sursauta. La voix venait de l'un des couloirs, où pointait le museau de Neo Bahamut. Il jetait des coups d'œil à droite et à gauche, craignant probablement un quelconque châtiment divin. Quand il fut assuré que la voie était libre, il se faufila dans la pièce et se dirigea vers Anima.

« Salut, dit-il. Alors, ça s'est passé comment ?

- YYYRHAAA, répondit prudemment Anima.

- Ah… Et il a dit quelque chose sur moi ou pas ?

- YYYRHAAA.

- Ouf. Mais je parie qu'il ne sera pas content quand il reviendra… Il faudrait peut-être que je m'arrange pour ne pas être là à ce moment-là… »

Puis, de la façon la plus naturelle du monde, il regarda Anima et demanda :

« Ca te dit d'aller boire un verre avec moi ? »

YYYRHAAA, faillit répondre Anima. Il était vrai que ce n'était pas raisonnable ; elle était – comme toujours – fatiguée, elle était sûre qu'elle ferait tache dans un endroit consacré à la sociabilité comme un bar… Mais d'un autre côté, une petite voix au fond de sa tête, peut-être celle de l'autre Anima, lui chuchotait qu'elle allait forcément passer un bon moment. La compagnie de Neo la mettait toujours de bonne humeur, et sa soirée, si elle refusait l'invitation, serait comme toutes les autres : monotone et solitaire. Si elle avait de la « chance », Ixion et Valefore chercheraient à l'occuper en lui expliquant les règles d'un jeu obscur…

« YYYRHAAA, répondit-elle donc finalement, un peu embarrassée.

- Génial, s'enthousiasma Neo. Bon, je vais chercher mes affaires et j'arrive. A tout de suite ! »

Anima le regarda partir, contente mais se demandant tout de même un peu si elle n'allait pas s'attirer des ennuis pires que ceux de Bahamut.

XXX

Ixion lança les dés sans conviction.

« Je suis peut-être content d'avoir enfin un peu de calme, mais ce n'est pas une raison pour nous faire disparaître entièrement de la fic, se plaignit-il.

- Allons, mon ami, objecta Valefore en piochant une carte, notre heure viendra. Ah, zut. Département scientifique. C'est le huitième portail.

- Encore perdu, déplora Ixion. Et maintenant, il va falloir ranger le jeu.

- Positivons, fit Valefore avec un haussement d'épaules. Ca devrait nous occuper encore un chapitre. »


(1) : Rappelons que le terme de « porte » est ici une solution d'honteuse facilité pour désigner ce qui est techniquement un « voile supra-éthéré », d'après le premier chapitre. En conséquence de quoi, l'auteur se dédouane de toute responsabilité concernant l'étrangeté d'une serrure qu'on pourrait fermer à quintuple tour. Pourquoi pas, après tout ?

(2) : Mais pas trop, juste le minimum quand on est adolescent, quoi.

(3) : Je n'oserais pas faire semblant de ne pas avoir été influencé par Sacré Graal sur cette réplique-là, donc… voilà.