Bonjour tout le monde, me revoilà avec un nouveau chapitre. J'espère que la très longue attente que je vous ai imposée ne fera pas disparaître mes quelques lecteurs et que vous serez au rendez-vous. Pour ma défense, j'ai eu pas mal de problèmes et je n'ai vraiment pas pu faire autrement. Ce n'est pas ma volonté qui pouvait changer quelque chose. Entre problème d'ordi et problème de santé, j'ai pas eu le choix que d'attendre bien sagement de pouvoir bosser sur mon chapitre. C'est vrai quoi, quand on peut pas rester assise plus de deux heures sans déclencher d'horribles maux de dos et de tête, c'est pas très facile de taper ou d'écrire. Bon aller, j'arrête avec mes excuses, pardon pour l'attente et BONNE LECTURE !! Enjoy !

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Chapitre 6 : Avalanche de problèmes et entraînement difficile

Le lendemain, Harry se réveilla bien avant ses camarades de dortoir. Même si la fin de sa nuit avait été bien meilleure que le début, il ne pouvait s'empêcher de repenser à l'affreux cauchemar qu'il avait fait. Il se prépara en silence et alla attendre que les autres le rejoignent, dans la salle commune. Il profita de ce moment de solitude pour réfléchir à tout ce qui s'était passé en une semaine. Toutes ses certitudes avaient été ébranlées en un rien de temps et il se sentait un peu perdu. En quelques jours, il avait appris qu'il avait une sœur, que Malefoy n'était peut-être pas le monstre qu'il croyait et que Dumbledore l'avait abandonné de son plein gré. Il n'avait plus aucun repère et ne savait plus quoi penser.

Alors qu'il regardait le feu allumé pour la nuit s'éteindre tranquillement dans l'âtre de la cheminée, il sentit une main se poser sur son épaule. Il sursauta à ce contact, car il n'avait entendu personne arriver. Il tourna vivement la tête et rencontra le regard tendre de sa sœur. Une fois de plus, elle lui souriait avec amour et ce simple sourire lui fit un bien fou et l'apaisa.

- J'ai senti ton désarroi, dit-elle. Alors je suis venue voir comment tu allais. Qu'est-ce qui te tracasse Harry ?

- A vrai dire, je ne sais plus où j'en suis, tout est allé tellement vite.

- Je suis désolée d'avoir tout chamboulé mais nous n'avons pas le choix. La guerre devient de plus en plus importante et le temps presse. Il va falloir que tu t'accroches cette année. Mais je ne me fais pas de soucis, tu y arriveras, j'en suis sûre. Tu es un Potter après tout.

Cette remarque le fit sourire. C'est vrai, il était un Potter ! Mais avec le peu de chose qu'il savait sur sa famille, il ne savait plus trop ce qu'il devait en penser.

Elle s'assit à côté de lui et lui déposa un baiser sur la joue.

- Tu sais, Harry, on a beaucoup de travail devant nous mais tu as aussi le droit de te détendre. Ne pense pas sans arrêt à tes problèmes, il faut que tu décompresses, sinon tu ne tiendras pas.

- Mais, c'est que je ne sais plus quoi penser. J'ai appris beaucoup de choses d'un seul coup et j'ai l'impression de ne plus rien contrôler et que ma vie m'échappe. Je ne sais pas grand-chose de toi, de ton passé et on n'a pas vraiment eu l'occasion d'en discuter.

- Là on a le temps, alors si on en profitait.

Pendant près d'une heure, ils discutèrent de leur enfance respective. Elle lui parla de son passé à Poudlard, élevée par Albus Dumbledore lui-même mais évita de s'étendre sur l'implication de Severus Rogue dans sa vie. Elle lui raconta aussi qu'elle avait passé de merveilleux moments aux côtés de Sirius et que pendant toutes ces années, elle avait veillé sur lui, ce qui lui permettait de mieux le connaître qu'il ne le pensait.

Il lui parla tout de même de son enfance chez les Dursley et fut surpris de la voir se crisper en entendant parler d'eux. Elle ne semblait pas les aimer mais ne fit aucun commentaire. Si elle l'avait vraiment observé pendant tout ce temps, elle savait exactement ce qu'il avait subi et dans ce cas, il était normal qu'elle leur en veuille. Il raconta aussi ce qu'il avait ressenti en arrivant à Poudlard et ses premières années au château. Quand ils en vinrent à parler de Voldemort, l'ambiance devint plus pesante mais ils avaient tous les deux besoin d'évoquer tout cela. En une heure, ils avaient réussi à faire plus connaissance qu'en une semaine.

- Tu as vraiment confiance en Malefoy ? demanda-t-il alors que leurs mains venaient de s'enlacer.

- Oui et je suis certaine que tu apprendras aussi à lui faire confiance, pour peu que tu lui laisses une seconde chance. Tu sais, tout ce qu'il vous a dit depuis le début de l'année est vrai. Et il veut vraiment changer et se battre dans notre camp.

- Alors pourquoi je n'arrive pas à le croire ?

- Parce que tu continus à le voir comme ton ennemi.

- Peut-être…

Pour ne pas dériver vers une conversation peu plaisante, il décida de changer de sujet.

- Et pour les horcruxes ? Comment on va s'y prendre ?

- J'ai déjà quelques informations mais…

Elle s'arrêta brusquement en relevant la tête en direction des dortoirs, à l'étage supérieur.

- On en discutera pendant nos cours particuliers, si tu veux bien. Les autres sont en train de se lever et imagine un peu leurs têtes s'ils nous trouvent main dans la main, dit-elle en souriant. En plus, j'ai un certain Dragon à aller réveiller. C'est une vraie marmotte et depuis que ses anciens camarades ne le tirent plus de son lit chaque matin, il a un mal fou à se lever. Si je ne vais pas le secouer un peu, il ne serra jamais prêt pour le début des cours. J'ai pas spécialement envie que Minerva le réduise en bouillie alors il vaut mieux que j'y aille. Bonne journée petit frère, ajouta-t-elle en déposant un nouveau baiser sur sa joue. Je suis contente qu'on ait pu discuter un peu. Je t'aime Harry.

- Moi aussi. A tout à l'heure. Au fait, tu nous réserves quoi pour le cours d'aujourd'hui ?

- Tu verras bien, monsieur le curieux. Faut vraiment que je parte.

Elle disparut d'un seul coup, laissant Harry de nouveau seul.

Quelques minutes plus tard, Hermione et Ron le rejoignirent, puis Ginny arriva elle aussi.

Durant le chemin qui les menait à la Grande Salle, il leur parla de sa conversation avec Shanen et aussi de son rêve. Hermione lui assura que ce n'était qu'un mauvais rêve sans importance et qu'il fallait qu'il arrête de se torturer.

En entrant dans la salle de repas, Harry remarqua que Malefoy et Shanen n'étaient pas encore là. Peut-être n'avait-elle pas exagéré en le comparant à une marmotte. Il ricana en imaginant sa sœur secouer Malefoy dans tous les sens, pour le faire quitter son lit et s'attira les regards interrogateurs de ses amis et de sa petite amie.

Ils s'installèrent tous à la table des Gryffondor et commencèrent leur petit déjeuner. Quelques minutes après, Shanen rentra à son tour et alla s'installer directement à la table des professeurs.

Drago, quant à lui, fit son entrée en même temps que les premiers hiboux amenant le courier.

Depuis le début de la seconde guerre, les bonnes nouvelles s'étaient faites rares mais depuis deux semaines, il n'y avait pas eu de véritable tragédie.

- Les ennuis recommencent, dit Hermione l'air maussade.

Elle leur tendit la Gazette du Sorcier et Harry lut l'article en première page.

Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom repasse à l'offensive,

après une courte période de répit

Après à peine deux petites semaines sans nouvelle attaque de la part du Seigneur des Ténèbres, la Grande Bretagne est de nouveau ébranlée par une série de meurtres et d'enlèvements.

En effet, durant la nuit, le Lord Noir a lancé ses troupes de mangemorts dans différents villages, moldus et sorciers et a fait un carnage un peu partout dans le pays.

Des centaines de moldus sont décédés en quelques heures et des familles de sorciers ont disparu, sans que nous ne sachions à l'heure qu'il est ce qui leur est arrivé.

Les familles Arsen, Brown, Chang, Crowell et Petters ont été les plus touchées lors de cette affreuse nuit et ce, malgré leur sang pur…

Suite en page 2.

Harry n'eut pas le courage de lire la suite et reposa le journal. Il lança un regard vers Lavande Brown qui pleurait à chaudes larmes. Le professeur Mc Gonagall se leva et se dirigea vers leur table. L'annonce de l'attaque de la famille d'une de ses élèves ne lui avait pas été transmise à temps et la malheureuse avait donc appris l'horrible nouvelle en lisant le journal. Cette guerre était décidément sans pitié. Elle s'approcha de Lavande et l'amena d'autorité vers l'infirmerie, sous les regards peinés des élèves ayant lu la Gazette.

Harry n'avait plus faim et se leva donc. Il ne remarqua pas la main d'Hermione qui arrêta Ginny lorsque celle-ci s'était levée pour le suivre. Pas plus qu'il ne remarqua que Drago et Shanen s'étaient aussi éclipsés. Il surprit leur conversation au détour d'un couloir.

- Mon père a participé à ce massacre, n'est-ce pas ?

- Oui Dray mais ce n'est pas de ta faute. Tu n'es pas responsable de ses actions.

- Alors pourquoi je me sens si… qu'est-ce que tu as ?

Harry se retrouva face à sa sœur qui lui fit signe de la suivre pour rejoindre Drago. Mal à l'aise, ce dernier leur demanda de bien vouloir l'excuser et après un rapide bisou à Shanen pour lui souhaiter une bonne journée, il laissa le frère et la sœur seuls. Shanen hésita vraisemblablement à le suivre, puis sembla se ressaisir en pensant que la priorité du moment c'était Harry.

Un silence gênant s'installa entre eux et Harry le brisa en posant la question qui lui brûlait les lèvres depuis sa lecture du journal.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Il a envoyé des mangemorts pour recruter des sangs purs et d'autres pour rappeler à la communauté magique qu'il est toujours là en tuant des moldus.

- Et ces fameux sangs purs, ils ont…

- Tous refusés.

- Il les a tués ? demanda-t-il la gorge serrée par l'appréhension.

- Certains. Il a enlevé les autres, ils sont dans son manoir.

- Pourquoi tu n'as rien fait ?

- Parce que je ne peux pas tout gérer en même temps ; je ne suis qu'une humaine, Harry. Je ne peux pas protéger Poudlard et le monde entier en même temps. J'ai mes faiblesses et j'ai des choix à faire.

- Pourtant, en cours, tu semblais si sûre de toi, si invincible…

- Je dois garder la face devant les enfants de mangemorts, sinon je perds mon influence sur leurs parents. Je les manipule pour m'assurer que leurs parents ne fassent pas trop de dégâts mais je suis loin de tout maîtriser.

- Est-ce que… Qu'est-il arrivé à Cho ?

Le visage décomposé de Shanen lui fit peur.

- Je suis désolée Harry. Ils ont tué toute sa famille.

Harry, terrassé par cette nouvelle, s'assit sur le sol, effondré.

Son sang lui battait aux oreilles et il ne pouvait admettre que sa première petite amie venait de perdre la vie.

Shanen posa ses mains sur les tempes de Harry et il sentit sa magie s'infiltrer en lui pour le calmer.

Quand son cœur eut retrouvé un rythme normal et que ses yeux cessèrent de le piquer, il planta son regard dans celui de sa sœur. Elle le regardait avec inquiétude mais ne disait rien.

- Est-ce que le père de Malefoy a quelque chose à voir dans sa mort ?

Elle acquiesça.

- Son père et sa tante étaient les meneurs de l'opération.

Harry se renfrogna et sentant la colère dans le cœur de son frère, Shanen décida d'intervenir sur le champ.

- N'en veux pas à Drago, il n'y est pour rien. Il n'est pas responsable des actes de…

- C'est sa famille !

- Dans ce cas, déteste-moi aussi. C'est mon père qui a ordonné tout ça. Drago n'a rien à voir là-dedans et pourtant, il se sent coupable, alors n'en rajoute pas. Vous souffrez déjà assez tous les deux. Ne l'accable pas davantage. Crois-moi, il se fait déjà bien assez de mal tout seul.

- Et toi ? Qu'est-ce que tu ressens en ce moment ?

- J'enrage.

- Pourtant, tu es très calme, constata-t-il amer.

- Aurais-tu déjà oublié mes cours ? Tout est dans la maîtrise… Ma colère existe mais la laisser exploser maintenant ne servirait à rien. Je préfère la réserver pour les mangemorts. Je vais aller libérer les otages cette nuit et je vais en profiter pour venger les morts. Harry, je comprendrais si tu voulais annuler pour demain soir mais je pense qu'il serait préférable de maintenir la séance. Je ne veux pas avoir à venger TA mort un de ces jours. Et tu manques d'entraînement, alors…

- On maintient ! J'ai besoin de me défouler de toute façon.

- A tout à l'heure alors. Je suis vraiment désolée, Harry. Si tu as besoin, viens me voir. N'hésite pas, je suis là uniquement pour toi, alors s'il le faut, je demande à me faire remplacer et je passe la journée avec toi.

- Non, vaut mieux que je m'occupe l'esprit.

- Si tu changes d'avis, surtout... Merde ! Il faut que j'y aille, les enfants de mangemorts sont en train de se faire luncher dans la Grande Salle et les profs ont un peu de mal à maîtriser la situation. Je dois arrêter le chaos qui règne là-bas. J'y vais, désolée.

C'est ainsi qu'elle abandonna Harry, de nouveau seul dans les couloirs. Et il se sentait mal ! Il lui restait un peu de temps avant le début des cours, alors il décida de s'isoler pour se calmer. Il prit un passage secret et arriva au deuxième étage. Il n'en avait pas fait exprès mais il était désormais à quelques pas des toilettes de Mimi Geignarde. Ici ou ailleurs, quelle importance ? Tout ce qu'il souhaitait c'était un peu de solitude et il était certain que personne ne viendrait le déranger là, alors il entra. Il comprit son erreur quand il croisa deux prunelles argentées. C'était la deuxième fois en moins d'un an qu'ils se retrouvaient tous les deux, seuls, dans les toilettes des filles.

- Qu'est-ce que tu fous là, Malefoy ? demanda-t-il avec hargne.

- Je te retourne la question.

- Je l'ai posée le premier, alors réponds !

Drago tourna le dos à Harry et retourna s'asseoir par terre, à l'endroit où il était encore quelques minutes plus tôt. Il releva la tête vers Harry et dit :

- La même chose que toi, je suppose. J'avais besoin d'être tranquille et je pensais que c'était le dernier endroit où on viendrait me chercher. J'aurais dû me rappeler que toi aussi tu viens ici, puisque la dernière fois tu m'as laissé un joli souvenir.

- …

- Une cicatrice, Potter, une cicatrice, dit-il en levant les yeux au ciel face à l'incompréhension de Harry.

- Ah oui, je l'ai apperçu lundi dernier mais… si je me souviens bien, ce n'est pas uniquement de ma faute.

- Je sais…

- Shanen ne peut pas faire disparaître les cicatrices ? demanda Harry en s'asseyant contre le mur en face de Drago. Elle te guérit mais elle n'efface pas les traces, c'est ça ?

- Elle le pourrait mais elle refuse. Elle dit qu'elle me la laissera tant que je continuerai à…

- A ?

- A penser que je l'ai mérité. Et toi, pourquoi elle n'enlève pas la tienne ?

- En fait on n'en a pas discuté et je n'y avais pas pensé avant. Je lui demanderai peut-être plus tard.

Le silence s'installa pendant quelques instants. Harry ne souhaitait plus parler, il voulait faire ce pour quoi il était venu dans cette partie du château ; se calmer.

Il supportait donc la présence du Serpentard et évitait de le regarder.

- Je suis désolé.

Surpris, Harry darda son regard émeraude sur le blond.

- De quoi ?

- Pour Chang. Je suis désolé de ce qu'ils lui ont fait.

- Ce n'est pas de ta faute, répondit Harry sans vraiment y penser. Tu n'es plus l'un des leurs à ce qu'il parait, alors laisse tomber. J'ai pas envie d'en parler.

- Je comprends. Jvais te laisser.

Arrivé devant la porte, Drago se retourna.

- Merci, Potter.

Sans attendre davantage, il laissa Harry, seul avec ses sombres pensées. Celui-ci avait bien compris pourquoi il le remerciait. Drago se sentait coupable et il venait de lui dire qu'il ne devait pas, lui, la personne qui lui en voulait probablement le plus. Il venait de lui enlever une partie du poids qui pesait sur ses épaules et la reconnaissance et la sincérité s'étaient reflétées dans les yeux de Drago. Ses yeux n'avaient pas menti et avaient exprimé ce qu'il n'arrivait pas à dire. La tristesse qu'il y avait lue avait touché Harry et le faisait réfléchir. Peut-être pourrait-il arriver à oublier leurs querelles passées… Peut-être…

Harry resta aussi longtemps qu'il le put dans les toilettes. Alors qu'il s'apprêtait à repartir, une forme fantomatique vint se placer devant lui.

- Salut Harry.

- Salut Mimi, répondit Harry, maussade.

- Ca fait longtemps que tu n'es pas venu me rendre visite. Drago non plus ne vient plus, ajouta-t-elle en faisant une moue triste. Je vous ai vu tous les deux tout à l'heure. Cette fois vous ne vous êtes pas battus, c'est bien.

- Oui, Mimi, c'est bien. Mais si tu veux on en rediscutera plus tard, je dois aller en cours, je vais être en retard. A plus.

Elle s'écarta pour le laisser et en refermant la porte, Harry l'entendit dire :

- Mouais, tu parles, il ne reviendra pas. Personne ne veut voir Mimi. Personne n'aime Mimi.

Un fantôme dépressif, qui aurait cru que ça pouvait exister ? songea Harry.

Il se dirigea rapidement vers la salle de métamorphose, pas franchement emballé par les deux heures qui l'y attendaient.

Il arriva le dernier et constata que tout le monde s'était déjà mis en binôme. Lavande n'était pas venue et de ce fait, la classe contenait un nombre pair d'élèves. Qui était tout seul ?

- Potter, activez ! Et ne restez pas planté à la porte. Allez-vous installer avec Mr Malefoy.

Harry se reprit, lança un coup d'œil suppliant vers ses amis puis se dirigea vers la table de Drago. Même s'il voulait faire des efforts, il n'arrivait toujours pas à pardonner. L'échange « cordial » dans les toilettes n'avait finalement rien changé. Pas plus que les innombrables demandes de Ginny, Hermione et Shanen. La paix avait, certes, été engagée lors du match de Quidditch mais il n'y avait pas eu d'avancée depuis.

- Aujourd'hui, nous allons commencer une partie assez délicate du programme ; la métamorphose humaine. Je vais vous demander de métamorphoser les mains de vos partenaires en sabots. Lors d'un combat, ça peut servir.

Neville poussa un long soupir et s'attira le regard courroucé de la sévère prof de métamorphose.

- En temps normal, je ne vous aurais pas parlé de combat mais laissez- moi vous rappeler que nous sommes en guerre ! Toutes les petites astuces méritent d'être soulignées et vous devez être attentifs en cours. Cette année, tout ce que vous apprendrez est très important et peux vous sauver la vie. Imaginez que vous soyez dans un duel, très affaibli et que vous n'ayez plus assez de force pour attaquer ou vous défendre correctement. Transformer les mains de votre adversaire en sabots ne vous demandera pas trop d'énergie si vous vous entraînez aujourd'hui et cela peut vous permettre de battre en retraite, puisque votre ennemi ne pourra plus tenir sa baguette. Alors, Miss Parkinson, cessez de rire bêtement et motivez-vous un peu Mr Londubat. La guerre est loin d'être finie. Bien commençons.

Après avoir donné les grands fondements de cette sorte de métamorphose, le professeur Mc Gonagall demanda à ses élèves de se mettre face à leur partenaire.

Tout se passa plutôt bien et après la mise au point de Mc Gonagall, tous les élèves firent des efforts pour maîtriser le mieux possible cet aspect de la métamorphose humaine. Malheureusement, pour certains, faire des efforts ne suffit pas.

- Professeur, on a un petit problème ici, dit Hermione.

Harry regarda dans sa direction mais ne vit pas quel était le problème. Ron avait de beaux sabots bien formés à la place des mains et il reconnaissait bien là l'œuvre d'Hermione. Il regarda donc son amie pour qu'elle en dise plus. Il vit alors une étrange créature face à Neville. Elle se tenait sur deux pattes, qui étaient vraisemblablement des jambes humaines. Le torse et la tête venaient d'un corps de taureau et les mains, qui auraient dû être des sabots, étaient de longues épées à double tranchant.

- Je ne suis pas sûre qu'en combat ce soit très approprié, Mr Londubat, dit Mc Gonagall avec un sourire mi-réprobateur, mi-amusé.

Elle redonna forme humaine à Andrew Peterson et encouragea Neville à réessayer. A la fin des deux heures, elle leur donna comme devoir de s'entraîner, pour être capable d'exécuter la transformation au cours suivant.

Ils quittèrent tous la classe pour aller à leur cours de défense contre les forces du mal. Là encore, Serpentard et Gryffondor étaient réunis.

- Entrez et en silence ! Installez-vous rapidement, nous avons du travail aujourd'hui. Pour commencer, sortez vos devoirs.

- Euh, professeur ?

- Oui, Miss Stagflying ?

- Je n'ai pas mon devoir, j'ai été malade pendant ces trois derniers jours et même si je venais en cours, le soir je n'avais plus la force de travailler. Est-ce que je peux vous le rendre plus tard ?

- Non Miss, vous ne pouvez pas. Je croyais avoir été claire, je ne tolère aucun mensonge. Vous êtes une excellente menteuse et vous auriez peut-être convaincue un autre professeur mais avec moi ça ne prend pas. On ne peut me mentir ! Vous comprenez ?

La jeune fille sembla se tasser sur elle-même alors qu'elle acquiesçait faiblement.

- J'enlève 50 points à Serpentard et je vous mets un zéro. Naturellement, cela ne vous dispense pas de me rendre votre travail la prochaine fois et au lieu des 60cm prévus, je veux 120cm de parchemin. J'espère que cela vous servira de leçon, Miss. Je déconseille fortement à quiconque aurait envie de me mentir d'essayer ! Compris ?

Toute la classe lui assura que oui.

- Alors, aujourd'hui nous allons étudier les Diables de Mukalla, dit-elle après avoir ramassé le dernier rouleau de parchemin. Qui peut me dire ce qu'il sait sur ces créatures ? Oui, Hermione ?

- Leur nom vient de la ville de Mukalla en République du Yémen, où ils ont été découverts en 650 avant J.C. Ces créatures vivent essentiellement dans les régions chaudes mais peuvent tout de même s'installer dans les endroits plus frais. Il existe actuellement quelques colonies de Diables de Mukalla en Grande Bretagne mais nous ne savons pas exactement combien. Ces Diables sont des créatures mesurant environ 1,20m et ont la peau couleur sable. Ils sont sanguinaires et très dangereux mais leurs cornes ont des propriétés catalytiques très intéressantes pour certaines potions.

- C'est excellent Hermione. 10 points pour Gryffon…dor.

Pendant qu'elle parlait, un énorme bruit venant de la pièce attenante s'était fait entendre. Elle fixait, comme tous les élèves, la porte menant à son bureau.

- Oh, bonjour la discrétion, dit-elle en soupirant de découragement.

Elle se leva et alla ouvrir la porte en parlant aux individus qui se trouvaient, à l'évidence, dans son bureau.

- Bande d'idiots, heureusement que je vous ai demandé de ne pas faire de bruit… Vous deviez attendre la fin du cours pour intervenir. Tous les élèves sont encore là ! Comment comptez-vous vous y prendre pour attraper Potter maintenant ? Démerdez-vous tous seuls, moi, je n'interviens pas.

Elle s'écarta pour laisser rentrer les mangemorts qui étaient entrés dans Poudlard le jour de la rentrée. L'un d'entre eux lança un sort vers la porte de la classe, qui se verrouilla aussitôt. Shanen retourna s'asseoir sur sa chaise pendant que les mangemorts se dispersaient dans la classe, créant, par la même occasion, un bel effet de panique.

Les élèves ne bougeaient plus, complètement pétrifiés par la peur. Seuls Harry, Ron, Hermione et Drago réagirent et sortirent leurs baguettes, prêts à se battre. Instinctivement, ils se rapprochèrent tous les quatre, pour former une sorte de cercle, de façon à ce qu'aucun d'entre eux ne se retrouve dos à un ennemi. Harry se trouvait face à un mangemort qu'il ne connaissait pas, Hermione était face à McNair, Ron, face à Nott et Drago, face à son père. Les autres mangemorts les regardaient calmement, un peu en retrait.

D'une même voix, les quatre adolescents lancèrent un Expelliarmus. Les baguettes de leurs adversaires s'envolèrent immédiatement vers eux. Quand ils voulurent les saisir, leurs mains passèrent au travers. Ne comprenant pas ce qui venait de se passer, ils jetèrent un coup d'œil vers les mangemorts, qui perdaient leurs consistances et disparaissaient progressivement, comme de la fumée qui se dissipe.

- Ah, je le savais ! dit Drago.

Harry se tourna vers lui et constata que la chose qui avait l'apparence de Lucius Malefoy se trouvait encore face à Drago et disparaissait elle aussi. Drago avait-il attaqué son « père » ? Harry ne comprenait rien. Que venait-il de se passer ? Et… sa sœur… elle n'avait quand même pas dit « aux mangemorts » de se débrouiller pour l'attraper ?

Il brandit sa baguette vers elle et demanda :

- Qu'est-ce que c'était ?

Elle était toujours assise et souriait.

- Je vous félicite Harry, Ron, Hermione et Drago, pour votre réaction.

- Moi ça compte pas, je me doutais que c'était un de tes tests. C'était pas possible que tu fasses entrer les mangemorts. Euh… je veux dire, un de vos tests, professeur, se reprit précipitamment Drago.

Cette réplique, ajoutée à la mine désolée de Drago fit sourire davantage Shanen.

- Un test ? demanda Harry en baissant sa baguette.

- Oui, un test ! Le premier, d'ailleurs. Et je suis au regret de vous dire que la quasi-totalité de la classe vient de le rater lamentablement. Tout ceci n'était qu'une illusion créée dans le but de vous tester face à la peur. Je vous avais prévenu au premier cours que je vous mettrais dans des situations délicates pour voir si vous savez vous maîtriser et je vous avais aussi dit que la peur est ce qu'il y a de pire, dans la mesure où elle vous paralyse. Vous venez d'en avoir un aperçu. Vous avez encore beaucoup de travail. J'accorde 10 points à Serpentard et 30 à Gryffondor, pour votre sang-froid et votre réaction. Je suis heureuse de voir que vous avez su vous allier et vous mettre en formation de protection tous les quatre. C'était très bien. Maintenant, retournez vous asseoir et continuons le cours sur ces charmantes créatures que sont les Diables de Mukalla.

Pendant qu'il retournait à sa place, Harry l'entendit ajouter :

Je suis fière de toi, ptit frère.

Surpris de l'entendre s'adresser à lui comme ça devant les autres, il lui lança un regard inquiet.

Ne t'inquiète pas, ils ne m'entendent pas.

Il sursauta en remarquant que ses lèvres ne bougeaient pas.

C'est une technique de communication que j'ai découverte, ajouta-t-elle. Seuls les très bons légilimens et occlumens peuvent l'utiliser. Je communique avec toi par la pensée et personne, pas même un excellent légilimen ne pourrait « entendre » nos pensées. En temps normal, il faut que les deux participants soient des maîtres des deux arts puisque, toute la difficulté réside dans le fait qu'il faut arriver à ouvrir son esprit à une personne et le fermer totalement aux autres. Mais avec moi c'est un peu différent, je peux créer une liaison sécurisée entre toi et moi. Ce n'est pas simple mais nous pouvons nous parler ainsi tous les deux.

Alors, là, si je pense, tu m'entends ?

Oui.

Surprenant ! Tu sais, pendant un instant, j'ai cru que tu m'avais trahi et que tu me livrais à Voldemort.

Je sais. Mais ça ne t'a pas empêché de réagir. Je suis fière de toi.

Merci.

Harry, tu devrais t'asseoir, les autres se demandent pourquoi tu es le seul encore debout et pourquoi tu ne bouges plus. Si tu as besoin, tu peux m'appeler par la pensée aussi souvent que tu le veux. Même à distance, on pourra communiquer.

D'accord. Dis-moi, tu as encore d'autres talents de ce genre ?

C'est possible… On verra ça plus tard.

Une dernière chose. Malefoy a vraiment attaqué… l'illusion qui ressemblait à son père ?

Oui et pourtant ça ne lui a pas fait plaisir. Harry, il est dans notre camp, il n'hésitera pas à affronter ses parents s'il le faut. Essaye de le comprendre. Bon, au boulot !

- Reprenons ! Les Diables de Mukalla…

Pendant deux heures, ils étudièrent ces « gentilles » créatures mais la plupart des élèves éprouvaient des difficultés à se concentrer, encore trop chamboulés par le test de leur professeur. Ils n'avaient vraiment pas apprécié ce petit tour.

- Bien, le cours est terminé. Pour la prochaine fois, je voudrais que vous vous renseigniez sur le sortilège immanis lacero, ses effets, sa formule, les dangers si l'on ne contrôle pas ce sort et les moyens de se défendre. Je voudrais aussi que vous vous testiez les uns les autres, pour apprendre à vous maîtriser. Vos émotions contrôlent vos pouvoirs, ne l'oubliez pas. Vous pouvez y aller, bon appétit. Les quatre qui ont réagi à « l'attaque » des mangemorts, vous restez. Merci à tous et bonne journée.

Après que tous les élèves aient quitté la salle, Harry, Ron, Hermione et Drago s'approchèrent du bureau.

- Je vous félicite pour la rapidité de votre réaction et votre alliance. Vous vous êtes mis de façon à vous protéger les uns les autres, c'était parfait. C'est de ça dont je vous parlai l'autre fois. Vous devez vous faire confiance pour pouvoir vous battre ensemble. Votre union fait votre force ! Alors continuez à faire des efforts dans ce sens. Par contre, Harry et Ron, si vous pouviez arrêter de jouer les girouettes, se serait bien. Un coup vous acceptez Drago, Harry laisse-moi te rappeler que tu lui as même serré la main et dix minutes plus tard, vous le considérez de nouveau comme un ennemi. J'aimerais vraiment que vous compreniez une bonne fois pour toutes qu'il se bat à nos côtés. Hermione, toi, je n'ai rien à redire, tu te montres intelligente et compréhensive. Si tu veux bien faire comprendre à ces messieurs qu'ils font preuve de bêtises, ce serait parfait. N'oubliez pas que je vous attends demain, pour la séance d'entraînement. Harry, si tu as besoin, hésite pas, tu sais quoi faire. Bon appétit.

Ils quittèrent la classe et se dirigèrent vers la Grande Salle. Une fois installés à leur table respective, Hermione se tourna vers Harry.

- De quoi elle parlait en disant : « si tu as besoin, tu sais quoi faire » ?

- On peut communiquer par la pensée, alors si je veux lui parler, il me suffit de lui demander de venir.

- Moi aussi. Elle s'est adressée à moi de cette manière pendant le cours mais elle ne m'a pas dit que l'on pouvait communiquer n'importe quand. Je suppose que c'est un lien particulier entre vous. Mais pourquoi aurais-tu besoin d'elle en ce moment ?

- Le journal de ce matin donnait la liste des familles touchées.

- On n'osait pas te demander. Est-ce qu'elle…

- … morte.

- Oh, je suis désolée Harry. Est-ce que ça va quand même ?

- Oui. J'ai juste très envie de faire payer les mangemorts. Toutes les familles n'ont pas été détruites. Il y a des otages et Shanen va les libérer cette nuit. Je crois que je vais l'accompagner.

- Quoi ? demanda Ginny complètement paniquée. Mais où est-ce qu'ils sont prisonniers ?

- Voldemort les retient dans son manoir.

- Attends mais tu ne vas pas aller te jeter tout droit dans la gueule du loup. Tu ne dois pas y aller ! De toute façon je suis sûre qu'elle refusera de t'emmener avec elle. Harry, je comprends ta colère et ta tristesse mais je t'en prie, n'y va pas.

- Gin', il faut que…

- … que rien du tout ! Tu ne peux plus rien pour elle, alors ne vas pas risquer ta vie.

- Mais je peux encore aider les autres.

- Comment ? En te faisant tuer ? Ta sœur se débrouillera très bien toute seule. Reste ici, avec moi. Je ne veux pas te perdre. Je ne le supporterais pas…

- Ginny, je dois…

- Non ! Tu ne dois rien du tout !

Elle se leva et quitta la salle en courant. Harry soupira. Foutue journée ! D'abord il apprenait la mort de Cho, ensuite il devait se battre contre une illusion et pour finir, Ginny pleurait et se disputait avec lui. Il aurait mieux fait de rester au lit. Si seulement ce stupide cauchemar ne l'avait pas empêché de bien dormir.

Fort heureusement, le reste de la journée se déroula sans nouveau problème. Avant le repas du soir, il alla trouver sa sœur et lui signifia son intention de l'accompagner. Comme l'avait prédit Ginny, elle refusa. Elle ajouta même que ce serait stupide et suicidaire.

Il alla se coucher de mauvaise humeur et mis plusieurs heures à trouver le sommeil. Cette nuit-là, Voldemort lui envoya une vision.

# Tu vois, Potter, tous tes amis vont mourir un à un à cause de ta stupidité. Me résister n'est pas une bonne idée. La charmante petite Chang a été la première d'une longue liste. Veux-tu la voir mourir ? #

- Non, souffla Harry dans son sommeil.

# Et bien tant pis, tu la verras quand même. #

Soudain, un décor apparut. Harry vit une dizaine de mangemorts se diriger vers une grande maison. Il reconnut Lucius Malefoy et Bellatrix Lestrange en tête du cortège. Ils entrèrent en silence dans la maison et se séparèrent pour se diriger vers les chambres. Lucius Malefoy se dirigea vers le salon et attendit d'être rejoint par sa troupe. Quelques minutes plus tard, les mangemorts revinrent par petits groupes. Le premier groupe arriva avec un couple, prisonniers et en tenu de nuit. Probablement les parents de Cho. Puis un deuxième arriva, en traînant Cho par les cheveux. Un troisième groupe arriva avec un bébé et une petite fille d'environ quatre ans qui pleuraient.

La mère se mit à hurler et à supplier d'épargner ses enfants. Mais Lucius la fit taire d'un coup de poing.

- Le Seigneur des Ténèbres recrute, dit-il de sa voix traînante. Etes-vous prêts à vous joindre à nous ?

- Jamais ! répondit Mr Chang.

- Dommage. Avada Kedavra !

Mr Chang s'effondra, sous les cris de sa femme.

- Madame, vous n'êtes pas obligée de suivre votre mari dans sa tombe. Que choisissez-vous ?

- Je vous tuerai, dit-elle les yeux baignés de larmes.

- Avada Kedavra !

Mrs Chang tomba face contre terre, à côté de son époux.

- Peut-être que la nouvelle génération sera plus intelligente, continua Lucius en se tournant vers Cho. Qu'en penses-tu ?

- Plutôt mourir, dit-elle en lui crachant au visage.

Il la gifla avec force et elle tomba par terre, près de ses parents. Elle releva les yeux vers lui, exprimant toute sa colère et son dégoût par un simple regard.

- Les jeunes de nos jours sont vraiment stupides. Tuez le mioche, il ne sert à rien et attachez la gamine, le maître a besoin d'esclave.

- Non ! hurla Cho en voyant son petit frère de six mois se faire tuer, pendant que sa sœur était enchaînée.

- Quant à toi, dit calmement Lucius, je vais tu tuer.

Elle se releva dignement et lui fit face.

- Harry vous fera payer pour tout ça. Et j'espère qu'il vous fera souffrir !

- Potter ? s'exclama Lucius en riant. Mais ma chère, nous sommes là pour l'atteindre lui. Le faire souffrir par ta mort. Si tu ne comptais pas pour lui, peut-être ne serions-nous pas venus cette nuit… Avada Kedavra !

Harry vit le sort vert atteindre Cho et la tuer.

Il se réveilla en sursaut à ce moment et se mit à pleurer toutes les larmes de son corps. Il venait de voir mourir toute une famille et ce massacre était de « sa » faute.

Il pleura longtemps et finit par se rendormir, épuisé mais bien décidé à se battre. Il voulait dès le lendemain se défouler pour oublier cette douleur et cette culpabilité et surtout être capable un jour de faire payer pour toutes ces horreurs.

« Je te promets de les faire souffrir ! »

Cette fois, il ne rêva pas. Mais sa courte nuit ne lui permit pas de refaire ses forces. Il se réveilla vers 10 heures, le lendemain, les yeux rouges et le cœur lourd. Il s'habilla avec lenteur et alla déjeuner en ruminant sa colère.

- Harry, qu'est-ce qu'il y a ? s'alarma Hermione en voyant ses traits tirés par la fatigue et l'expression de sa rage.

Ginny s'approcha de lui avec douceur et lui fit un câlin. Elle s'inquiétait pour lui mais savait qu'elle ne devait pas le brusquer.

- Mauvaise nuit ? demanda Ron.

- Très mauvaise ! J'ai eu le droit à une petite visite de Voldemort et il m'a même fait un « cadeau ».

Ginny et Hermione se regardèrent, affolées.

- J'ai vu les mangemorts qui se sont occupés de la famille de Cho. Je les ai vu… mourir, dit-il alors que sa voix s'étranglait dans sa gorge.

Hermione étouffa un cri de stupeur tandis que Ginny resserrait sa prise autour de la taille de Harry et se rapprochait encore plus de lui sur le banc. Ron quant à lui resta figé, la bouche ouverte, avec la cuillère à quelques centimètres.

- Ils ont tué ses parents puis ils lui ont demandé à elle aussi si elle voulait se joindre à eux. Elle a répondu qu'elle préférerait encore mourir et elle a défié Malefoy en lui crachant au visage. Ils ont tué un bébé et sa petite sœur a été envoyée comme esclave pour Voldemort. Elle leur a dit… elle leur a dit que je leur ferais payer et qu'elle espérait que je les fasse souffrir. Et vous savez ce que Malefoy lui a répondu ? Il lui a dit que tout ça c'était de ma faute, que si elle n'avait pas été ma petite amie, ils n'auraient probablement pas été là, à tuer sa famille. Et il l'a tué, de sang froid. Et j'ai tout vu.

- Harry, dit calmement Hermione pour l'apaiser. Ce n'était sûrement qu'une vision créée par Voldemort pour te faire du mal. Tout ceci n'est pas de ta faute.

- Bien sûr que si !

- Voyons, Harry, reprit Hermione, Cho était une sang pur comme les autres familles attaquées cette nuit-là. C'est pour ça que sa famille a été choisie ; pour le recrutement. Pas par ta faute. Tu ne connaissais pas les autres victimes et pourtant, ils sont morts. Voldemort veut te faire du mal en te faisant culpabiliser pour quelque chose dont tu n'es pas responsable. Ne le laisse pas arriver à ses fins. Rien de tout ça n'est ta faute, tu entends ? La seule chose que nous puissions faire c'est nous entraîner pour mettre un terme à ces horreurs et venger ceux qui sont morts.

Harry ne répondit pas à Hermione. Au fond de lui, il savait qu'elle avait raison mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable.

Shanen n'était pas à la table des professeurs et Harry se demanda si elle avait eu des ennuis. Il se souvint qu'elle lui avait dit qu'il pouvait la contacter à tout moment en l'appelant par la pensée. Il se concentra et essaya de lui parler.

Shanen, tu m'entends ?

Oui. Qu'y a-t-il Harry ?

Où es-tu ? Ca s'est passé comment cette nuit ? Est-ce que tu as libéré tout le monde ? Tu as eu des problèmes ?

Houlà. Doucement Harry. Non, je n'ai pas eu de véritables problèmes mais ça n'a pas non plus était une partie de plaisir et je suis assez fatiguée. Je suis dans ma chambre, je viens de rentrer.

Tu viens seulement de rentrer ? Comment ça se fait ?

Il a fallu que je me batte contre des mangemorts, que je dépose certains otages à Sainte Mangouste et que j'amène les autres au Ministère de la Magie, où j'ai dû faire un rapport. Et après, je suis allée voir Voldemort. Désolée, je suis arrivée juste après la vision qu'il t'a envoyée. J'ai besoin de repos mais si tu as besoin, je te rejoins.

Non, c'est bon. Je me demandais simplement pourquoi tu n'étais pas là.

Tu t'inquiétais ? C'est mignon mais faut pas t'en faire pour moi, Harry. Je pense que je ne vous verrai pas avant ce soir. Alors à ce soir Harry. Garde tes forces.

A ce soir Sha'.

- Harry ? Harry ? Bon sang mais qu'est-ce qui se passe ? Harry, tu m'entends ?

- Oui, bien sûr que je t'entends Gin'. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Bah… t'étais tout bizarre. Tu bougeais plus et tes yeux, ils sont devenus très sombres et ils étaient fixes. En plus, on aurait dit que tu m'entendais pas. Tu m'as fait peur !

En la regardant bien, il se rendit compte que Ginny était très pâle. Il s'en voulut de lui avoir fait des frayeurs.

- Ce n'est rien ma belle, dit-il en passant un bras autour de sa taille. J'ai juste contacté Shanen pour savoir où elle était.

- T'as réussi ? demanda-t-elle en se détendant. Et qu'est-ce qu'elle t'a dit ?

- Apparemment ça s'est pas trop mal passé. Elle a libéré les otages mais maintenant, elle doit se reposer. J'ai vraiment hâte d'être à l'entraînement ce soir, parce que là, je commence à m'énerver. J'ai besoin de me défouler.

- Et tu as aussi besoin d'évacuer ce surplus de magie, ajouta une voix traînante derrière lui.

- Malefoy ! De quoi tu parles ?

- Tu ne t'en rends sûrement pas compte mais ta magie est en train de… crépiter autour de toi.

- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Sha' m'a appris à analyser et repérer la magie des autres. Je pense qu'elle t'apprendra aussi, ajouta-t-il songeur. En tout cas, là, toi, tu perds le contrôle de tes pouvoirs. Alors, je suis venu te prévenir pour que tu te calmes. Tu risques de faire des dégâts si tu laisses ta magie prendre le dessus. T'as l'air d'avoir beaucoup de puissance alors si tu veux apaiser ta magie, va ailleurs et laisse-la s'exprimer totalement ou alors calme-toi. Mais ne reste pas dans cet état. T'es dangereux, là, Potter.

- Je vais essayer de me calmer, Shanen veut que je m'économise pour ce soir. Euh… merci.

- Pas de quoi. Bonne journée.

Harry le regarda s'éloigner, un peu perturbé. Puis il se tourna vers Hermione.

- Tu sais de quoi il voulait parler ?

- Oui et c'est épatant. J'ai essayé d'apprendre à analyser la magie mais je n'ai jamais réussi. C'est extrêmement dur. Je suppose qu'avec l'aide d'un bon professeur on y arrive plus facilement. Mais ça reste un exploit, c'est… Whaou ! Par contre, s'il a jugé nécessaire de venir te dire de te calmer, c'est que ça doit être urgent. Alors essaye. J'en reviens pas qu'il maîtrise déjà cet art, c'est très rare les sorciers qui y arrivent. Il est vraiment surprenant !

- Mione, dit Ron d'un air contrarié, j'aime pas trop que tu parles de lui avec autant d'admiration. Je te signale que c'est Malefoy !

- Non, Ronald, ce n'est pas « Malefoy », c'est Drago ! Et il faudrait que tu commences à mûrir ! Qu'est-ce que ça peut te faire si je reconnais à leurs justes valeurs ses talents ? Il a toujours été un bon élève, contrairement à certains… Tu ne vas pas me faire une crise de jalousie simplement parce que je dis qu'il est surprenant quand même. Tu me déçois. J'espérai vraiment que tu ferais des efforts. Ne serait-ce que pour me faire plaisir !

- Pour te faire plaisir ? Non mais je rêve. Depuis quand Malefoy a à voir avec ton plaisir ? Et tu crois pas que…

- Et ben, ça faisait longtemps, murmura Ginny à l'oreille de Harry pendant que Ron et Hermione continuaient de s'époumoner. Qu'est-ce que tu dirais de les laisser se chamailler et de s'éclipser pour être un peu tranquilles ? J'ai envie d'être un peu seule avec toi. Et qui sait, j'arriverai peut-être à te calmer.

- Je suis pas contre. Tu as raison, laissons-les se disputer et allons faire un tour.

Harry et Ginny quittèrent la Grande Salle sans que les deux amoureux belliqueux ne s'en rendent compte. Ils passèrent la matinée dans le parc à profiter des derniers moments de beau temps. Ginny tenta tout ce qui lui vint à l'esprit pour calmer son brun mais rien n'y fit.

Ils retournèrent dans la Grande Salle pour le repas sans que la tension et la colère de Harry n'aient baissé. Ils trouvèrent Hermione sur les genoux de Ron, qui les attendait. A l'évidence, ils s'étaient réconciliés. Ils s'installèrent en face des deux autres et l'air maussade de Harry dissuada Hermione de lui demander s'il allait mieux. Le repas se déroula, pour la première fois depuis longtemps, en silence.

Alors que le dessert disparaissait, Harry s'excusa auprès de ses amis et s'exila dans son dortoir pour se reposer et tenter de se calmer. Ron, qui avait envie de se faire pardonner la crise de jalousie du petit déjeuner, emmena Hermione se promener au bord du lac, après que Ginny leur ait assuré que ça ne la dérangeait pas de rester seule. Elle quitta à son tour la Grande Salle et erra dans les couloirs sans but précis. Elle croisa Drago, au détour d'un couloir. Lui aussi semblait ne pas quoi savoir faire de son après-midi.

- Tu es tout seul ? demanda-t-elle.

- Comme depuis la rentrée. Et toi, tu n'es pas avec Potter ?

- Non, il a besoin de se calmer un peu. Comment se fait-il que tu sois tout seul ? Et pourquoi restes-tu dans les couloirs ?

- Je n'ai plus de salle commune ou plutôt, je n'y suis plus le bienvenu et je n'aime pas être tout seul dans ma chambre.

Cette phrase fit sourire Ginny, qui dut se mordre la joue pour ne pas lui renvoyer une remarque déplacée mais il ne tiqua pas et continua son explication.

- Je devais passer la journée avec Sha' mais avec la nuit qu'elle a passée, elle m'a fait faux-bond. Et toi, pourquoi Hermione et ton frangin ne sont-ils pas avec toi ?

- Ben… Si Ron apprend que je t'ai expliqué, je suis morte ! Ils se sont disputés ce matin à cause de toi et il veut se faire pardonner, alors ils se font une aprèm' en amoureux.

- Ils se sont disputés à cause de moi, dit-il en levant un sourcil interrogateur. Pourquoi ?

- Parce que… tu veux pas qu'on aille ailleurs ? Les autres nous regardent bizarrement, j'en ai marre et ce serait pas génial si j'allais leur casser la figure alors…

- Comme tu veux.

- Alors, suis-moi.

Pendant qu'elle le guidait à travers le dédale de couloirs vers une destination inconnue, elle lui expliqua ce qui s'était passé le matin même. Drago ressentit une certaine fierté à se dire que la meilleure élève du château était bluffée par ses performances. Il oublia cependant assez rapidement sa fierté quand il comprit où la plus jeune des Weasley le menait. Il s'arrêta au milieu du couloir. Quand Ginny se rendit compte qu'elle parlait et avançait seule, elle se retourna vers lui.

- Qu'est-ce que tu…

- Désolé, l'interrompit-il, j'peux pas. Il y a certains endroits de Poudlard que j'évite et… la Salle sur Demande est l'un d'eux.

- Mais pour… Oh ! Je vois. Tu n'y es pas retourné depuis…

- Non.

Ginny le regarda un instant, elle était touchée par son apparente douleur. Qui aurait pu croire qu'il était aussi sensible ? Que devait-elle faire ?

- Je pense qu'il faut que tu passes à autre chose, Drago. Je comprendrais que tu ne veuilles pas monter au sommet de la tour d'Astronomie mais… Cette salle peut être magnifique quand on veut. Il serait bête que tu t'en prives. Laisse-moi t'aider.

Sans le laisser répliquer, elle lui attrapa la main et le traîna devant le mur qui cachait l'entrée de la fameuse salle. Elle lâcha Drago, puis passa trois fois devant le mur. La salle révéla son entrée et Ginny jeta un coup d'œil dedans pour vérifier qu'elle était comme elle la voulait, puis elle ressortit et reprit la main de Drago. Cette fois, il résista.

- Je peux pas…

- De quoi as-tu peur ?

- J'ai pas peur !

- Alors viens. Je serai avec toi.

Il la laissa le tirer dans la salle, la respiration saccadée. Il se calma progressivement, à mesure qu'il observait la pièce qu'elle avait crée pour eux. C'était une pièce chaleureuse, avec des poufs confortables disposés en rond au centre. Tout était dans les nuances de rouge.

- Mouais, finit-il par dire. Un peu trop rouge à mon goût mais on fera avec. Faut pas en demander trop à une Gryffondor après tout.

Elle lui lança un regard faussement furieux et lui balança un coussin avant de lui répondre :

- Ah oui ? Les Serpentard sont bien mieux que les Gryffondor, n'est-ce pas ?

Suspicieux, il acquiesça et attendit la suite.

- Mais dans ce cas, dis-moi, ils sont où tes amis Serpentard si parfaits quand tu as besoin d'eux ?

- Aïe, en plein cœur, répondit-il en mimant d'avoir été touché à la poitrine par un projectile. Un point pour toi.

- Donc il me semble bien que tu sois obligé de supporter les Gryffondor à l'avenir. Tu vas faire une overdose de rouge avec moi dans les parages, je te préviens tout de suite.

- Et ça se soigne ?

- Malheureusement pour toi, j'ai bien peur que non.

- Bon alors autant se résigner tout de suite, ajouta-t-il en se laissant tomber sur l'un des nombreux poufs.

Faute d'avoir pu calmer Harry, Ginny était heureuse d'avoir pu aider Drago et de l'avoir rassuré.

Ils commencèrent à discuter tous les deux, en se provoquant l'un l'autre de temps en temps. Drago était vraiment impressionné par la répartie de la jeune lionne. Il l'appréciait réellement.

De son côté, Harry tournait en rond comme un fauve en cage. Ne parvenant pas à retrouver sa sérénité, il décida d'aller rejoindre ses amis. Il sortit la carte du Maraudeur de sa malle et les chercha. Il localisa rapidement Ron et Hermione près du lac mais ne trouva pas Ginny. Il ne voulait pas déranger ses meilleurs amis, aussi il refusa d'aller les rejoindre. Il scruta plusieurs fois le plan sans trouver la moindre trace de Ginny. Les sourcils froncés, il se mit à réfléchir. Où pouvait-elle bien être ? La seule fois où il n'avait pas pu retrouver quelqu'un sur la carte, il s'agissait de Drago Malefoy et ce dernier était dans la Salle sur Demande. Que faisait Ginny, seule, dans cette salle ?

Pour le savoir, il décida d'aller attendre devant la porte, jusqu'à ce qu'elle sorte ou qu'il voie son nom apparaître sur le parchemin. Il se dirigea vers la salle en emmenant sa précieuse carte, ainsi que sa cape d'invisibilité. Il arriva rapidement devant le mur magique qui cachait l'entrée. Il passa trois fois devant, en demandant une salle dans laquelle il pourrait se reposer mais aucune porte n'apparut, ce qui signifiait que quelqu'un utilisait déjà la salle. Le nom de Ginny n'étant toujours pas réapparut sur la carte, il en vint à la conclusion que l'utilisateur mystère de la pièce était bel et bien sa petite amie.

Prêt à attendre aussi longtemps qu'il le faudrait, il alla s'installer par terre, contre le mur faisant face à la Salle sur Demande et plaça la cape d'invisibilité sur ses épaules pour cacher son corps et sa tête. Jetant des coups d'œil réguliers sur la carte pour ne pas louper la réapparition du nom s'il s'était trompé, il patienta dans cette position pendant plusieurs heures.

Pendant ce temps, dans la Salle sur Demande, Drago et Ginny discutaient calmement, comme s'ils avaient toujours été d'excellents amis. Ginny, d'humeur taquine, ne cessa de provoquer Drago, jusqu'au moment où celui-ci se leva et bondit sur elle avec l'agilité d'un chat. Seule fille parmi ses six frères, elle avait, heureusement pour elle, acquit certains réflexes et c'est donc tout naturellement qu'elle s'écarta de la trajectoire de Drago, pour se mettre à courir dans la pièce. Agréablement surpris par la rapidité de l'esquive de la rouquine, il décida de la poursuivre dans toute la salle, pour la soumettre à l'horrible torture des chatouilles. Prise au dépourvu, Ginny commença à lancer les coussins en direction de Drago mais viser en courant n'est pas particulièrement facile et aucun des projectiles n'atteignit sa cible.

Manque de chance pour elle, il courait plus vite qu'elle et il ne tarda pas à l'intercepter. Il la renversa à terre et s'assit au dessus d'elle pour la maintenir au sol. S'ensuivit ensuite une longue séance de guillis. La pauvre Ginny se débattait dans tous les sens mais rien à faire, Drago était plus fort qu'elle. Soudain, le supplice s'arrêta. Rouge et essoufflés par leur course, ils se regardèrent un instant.

- T'as eu ta dose ? demanda-t-il avec un sourire espiègle.

- Oui !

- Tu ne te mesureras plus jamais au grand et merveilleux Drago ?

- Grand et merveilleux… pouffa Ginny.

- Jsuis pas grand, merveilleux et magnifique ?

- Non !

- T'es sûre ?

- Certaine !

A peine le mot prononcé, Ginny se tordait déjà dans tous les sens pour se dégager de l'emprise impitoyable du blond et échapper à la nouvelle vague de chatouilles.

Plus rouge que jamais et les cheveux en désordre, Ginny essaya tant bien que mal de retrouver son calme quand il cessa sa punition.

- Alors, je suis pas magni…

- Non !

- Bon, dans ce cas… dit-il en soupirant.

- D'accord, d'accord, avoua Ginny alors qu'il recommençait à la chatouiller. Tu es magnifique et merveilleux, ô grand Drago.

- Ah, je préfère ça et… Oh merde, dit-il en se relevant, t'as vu l'heure ? On va être en retard pour le dîner.

Il lui tendit la main et l'aida à se relever, puis se dirigea vers la porte, Ginny sur ses talons.

Quand Drago passa la porte, Harry en resta figé. Non seulement il s'était trompé sur l'identité de celui qui utilisait la salle mais en plus, il n'avait jamais vu Malefoy dans cet état. En effet, lui qui était toujours impeccablement coiffé et habillé, avait les cheveux en désordre et la chemise sortie du pantalon. Quant à son teint, d'ordinaire si blanc, il oscillait entre le rose et le rouge. La stupéfaction de Harry atteignit son paroxysme quand il vit Ginny sortir à son tour de la salle, encore plus rouge et décoiffée que lui. S'il n'avait pas été assis, Harry en serait probablement tombé par terre. Incapable de faire le moindre geste, il regarda Ginny se rapprocher de Drago, pour lui coller un petit coup dans les côtes et lui murmurer :

- Bourreau !

Ce mot, comme un électrochoc, ramena Harry à la réalité. Furieux, il arracha sa cape et surgit devant les deux autres, qui, comme deux coupables pris en flagrant délit, affichèrent une mine à la fois surprise et effrayée.

- Je peux savoir ce qui se passe ? hurla Harry.

Devant le manque de réaction des deux fautifs, il enchaîna sans pour autant baissé le ton :

- Comment se fait-il que vous ayez passé toute l'après-midi, tous les deux, dans cette fichue salle ? Et on peut savoir ce que vous avez fait ? Vu votre état…

Blessée par le manque de confiance de son petit ami, Ginny répliqua de manière un peu plus sèche qu'elle ne l'aurait voulut.

- On n'a rien fait de mal ! Toi en revanche, tu m'espionnes on dirait. Tu devrais avoir honte Harry Potter ! Je suis patiente avec toi, j'essaye de me comporter comme une petite amie modèle et toi, tu me remercies en me suivant, en m'accusant et en ne me faisant pas confiance. Tu es fier de toi ? Tu n'es qu'un idiot Harry !

Face à une mini Mrs Weasley en colère, Harry sentit sa propre colère monter en lui. Drago de son côté, les regardait tous les deux, de plus en plus inquiet.

- Shanen, viens vite !

Bien que surpris de voir Shanen apparaître dès que Drago l'avait appelée, Harry et Ginny ne lui accordèrent pas leur attention et ne cessèrent pas non plus de se hurler dessus.

Tournée vers Drago, Shanen s'inquiéta d'abord pour lui, croyant que son appel de détresse le concernait.

- Drago, est-ce que tu vas… bien ? acheva-t-elle en se tournant finalement vers son frère. Holala… Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Bah…

Elle ne le laissa pas parler, allant chercher la réponse directement dans son esprit.

- Oh, Dray tu abuses ! Harry va mal et tu ne trouves rien de mieux à faire ?

- Mais on n'a rien fait de mal ! s'offusqua-t-il.

- Ca, je le sais. Mais Harry, lui, l'ignore. Bon, tu éloignes Ginny et tu la calmes. Je me charge de Harry.

- T'as vu les pouvoirs qu'elle a !

- Tu as vu ceux qu'Il a ! Si on ne veut pas qu'il y ait des blessés, faut intervenir tout maintenant. Calme-la et emmène-la manger.

- Bonne chance avec ton frère.

- Ouais, ouais, c'est ça. Aller, au boulot. Et soyez à l'heure dans mon bureau !

Se mettant entre les deux amoureux, Shanen et Drago les obligèrent à s'éloigner l'un de l'autre. Si Ginny se laissa docilement mener par Drago, Harry en revanche se débattit et se mit à crier sur sa sœur pour protester. Quand Ginny et Drago eurent disparu à l'angle du couloir, Shanen gifla Harry.

- Mais qu'est-ce qui te prend ? demanda-t-il légèrement hébété.

- Les baffes sont un excellent remède contre l'hystérie et la folie.

- Je ne suis ni fou, ni hystérique.

- Ca, c'est toi qui le dis. Et puis, ça remet les idées en place. Vu l'état dans lequel tu es, ça peut pas te faire de mal.

- Non mais pour qui tu te prends ? J'ai le droit d'être furieux ! J'ai le droit de…

Shanen, qui voyait que Harry était loin de retrouver son calme et qui sentait sa magie envahir le couloir, décida d'intervenir avant qu'il ne s'énerve davantage. Elle lui attrapa le bras et le fit transplaner au milieu d'un champ.

- Où sommes-nous ?

- Dans un endroit où ta magie ne fera de mal à personne. Harry, il faut que tu te calmes. Il ne faut pas vous mettre dans de tels états. Elle et toi, vous avez accès à une puissance qui peut devenir très dangereuse si vous ne la maîtrisez pas. Votre magie est supérieure à la moyenne, vous ne pouvez pas vous permettre de perdre le contrôle. Vous pourriez blesser des innocents !

- Il n'y avait personne dans ce couloir, dit-il avec mauvaise foi.

- Il y avait Drago !

- Tu as raison, il faut que je reformule. Il n'y avait aucun innocent dans ce couloir.

- Tu me déçois beaucoup. Je pensais que tu commençais à comprendre qui il est. Maintenant, tu as deux alternatives ; soit tu te défoules un bon coup ici, soit tu te calmes et tu attends de pouvoir utiliser tes pouvoirs à l'entraînement. C'est-à-dire dans environ une heure.

- Je suis calme.

- Ca je ne crois pas non. Ta magie irradie tout autour de toi. Harry, viens, assieds-toi à côté de moi.

Harry ne broncha pas et alla rejoindre sa sœur.

- Je sais que ce n'est pas facile mais il faut que tu fasses confiance à tes alliés. Et là, je parle de Ginny bien sûr mais aussi de Drago.

- Je ne supporte pas ce mec, ce n'est pas de ma faute. Et maintenant, il tourne autour de Ginny !

- Tu ne te trouves pas un peu ridicule là ? demanda Shanen avec un sourire.

- Non !

- Et bien moi si ! Harry, il y a deux jours tu craignais que je ne sois avec Drago et aujourd'hui tu as peur qu'il drague Ginny. Tu te rends compte de ta bêtise ? Je te demande de lui laisser une chance de montrer sa bonne foi, alors s'il te plaît…

- C'est au dessus de mes forces pour l'instant. Qu'ont-il fait ensemble dans la Salle sur Demande ?

- Ca, tu le règlera avec Gin'. Si tu n'as pas confiance en elle, je ne peux rien pour toi. Je n'utilise pas mes pouvoirs pour intervenir dans quelque chose d'aussi banal que des problèmes de couple. Si vous devez passer votre vie ensemble, vous devez apprendre à vous faire confiance. Et non ! Contrairement à ce que tu penses, je n'ai jamais utilisé mes facultés pour vérifier ce que faisait ou pensait Sirius quand nous étions ensemble.

- Dis-moi au moins si…

- Non ! Je ne dirai rien de ce qu'ils ont fait.

Harry se leva d'un bond et commença à faire les cents pas.

- Tu n'arrives pas à te calmer ! Tu veux un peu d'aide ?

- Tu vas répondre à mes questions ?

- Non.

- Alors je ne vois pas comment tu pourrais m'aider !

- De la même façon que je l'ai fait hier matin. Ma magie a des effets bienfaiteurs. Elle peut guérir ou apaiser. Approche et rassieds-toi.

Une fois qu'il fut assis à ses côtés, Shanen plaqua ses mains sur les tempes de Harry et lui envoya sa magie apaisante.

- Merci, dit Harry alors que Shanen retirait ses mains.

- Bien, maintenant, il est temps de rentrer au château. Les autres vont bientôt arriver dans mon bureau. Donne-moi tes mains, je te ramène.

Moins d'une seconde plus tard, ils arrivèrent dans le bureau de la professeur de Défense contre les Forces du Mal.

- Bon, alors tout d'abord, il faut que tu manges.

Elle fit apparaître de quoi permettre à Harry de se nourrir, puis alla s'installer dans son fauteuil, derrière le bureau, en face de Harry.

- Au fait, ajouta-t-elle, ta cape et la carte du Maraudeur sont dans l'armoire. Je les ai expédiées ici quand je t'ai emmené dans le champ.

- D'accord, merchi, répondit Harry la bouche pleine.

Alors que Harry finissait la dernière bouchée du gâteau au chocolat que Shanen avait apparaître pour lui, Hermione et Ron entrèrent dans la pièce, la mine soucieuse.

- Ah tu es là. Tu nous as fait peur mon vieux. Ginny nous a expliqué que vous vous étiez disputés et que tu étais très en colère. Et Malefoy, il a rajouté que tu perdais le contrôle. Pourquoi ils sont arrivés ensemble ? Et qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Ron en se détendant progressivement.

- Rien. J'ai pas trop envie d'en parler, tant que j'aurai pas réglé ça avec Ginny.

- Vous avez des problèmes ? demanda doucement Hermione.

- Veux pas en parler pour l'instant. Où sont-ils ?

- Ils sont arrivés tellement en retard, ils sont sûrement encore en train de manger.

Un silence pesant envahit la pièce. Personne n'osait affronter Harry, qui, toujours en colère, affichait un air buté.

Après plusieurs minutes dans cette atmosphère extrêmement lourde, quelqu'un frappa à la porte.

- Entrez !

Drago entra, suivi de près par Ginny. Cette dernière semblait mal à l'aise et elle parcourut toute la pièce sans jeter un seul coup d'œil vers Harry, tout en tortillant ses mains. En la voyant si torturée, il fut assailli par de nouveaux sentiments qui remplacèrent peu à peu la colère. Il culpabilisait et pourtant ne pouvait s'empêcher de penser que si elle était aussi gênée, c'était parce qu'elle avait bel et bien quelque chose à se reprocher. L'esprit embrouillé, il la regarda s'installer à côté de Ron, sur la chaise la plus éloignée de la sienne.

Peu à peu, le brouillard qui engourdissait ses sens se dissipa et c'est cette fois la douleur et le chagrin qui le submergèrent. Drago alla se placer, debout, près de Ginny. Pour éviter que Harry ne se remette en colère, Shanen prit la parole, après un soupir :

- Heureusement que je vous avais dit de venir dans une tenue adéquate, sinon j'imagine que vous seriez arrivés en tutu, dit-elle en les regardant un à un.

Avec les évènements de la soirée, aucun n'avait songé à changer de vêtement. Elle claqua des doigts et leurs tenues se modifièrent de façon à devenir plus pratiques et plus indiquées pour les combats.

- Oh non Sha', geignit Drago. Tu as recommencé ! Tu avais promis que tu ne me changerais plus de vêtement contre mon gré. Et puis pourquoi du cuir ? Tu crois vraiment qu'on va s'habiller comme ça face aux mangemorts ?

- Le cuir est comme une seconde peau, il épouse facilement les formes du corps, il ne te gênera donc pas dans tes mouvements. De plus, malgré sa souplesse, il agit comme une armure. Face à un sort, le cuir te protégera bien mieux que du tissu ! Et puis si tu n'es pas content, tu n'avais qu'à penser à te changer toi-même !

- Je l'aurais sûrement fait sans les conneries de Potter, lâcha-t-il avec dédain.

Harry réagit au quart de tour, sa colère réactivée par cette simple réplique. Il tira sa baguette de la poche arrière de son nouveau pantalon en cuir. De son côté, Drago en fit autant. Ayant subi l'entraînement intensif de son père et de sa tante et ayant eu une petite remise à niveau par Shanen durant les vacances, il avait acquis une remarquable rapidité. Il réussit à pointer sa baguette sur Harry avant que celui-ci ne lance son premier sort. Premier sort qu'il arrêta d'ailleurs facilement avant d'en lancer lui-même un pour répliquer.

Ginny se leva pour leur demander d'arrêter leurs bêtises mais Shanen lui fit signe de ne pas intervenir.

- Laissons donc ces deux jeunes crétins se mesurer l'un à l'autre, dit-elle. Ils en subiront les conséquences, croyez-moi. Mais en attendant, tant qu'ils ne se font pas de mal, nous n'intervenons pas. Il est nécessaire qu'ils mesurent tous les deux l'ampleur de leurs pouvoirs. Ils apprendront à se respecter comme ça.

Ginny se rassit près de son frère sans quitter des yeux le combat qui opposait son petit ami à l'un de ses amis. Elle se sentait très mal. Elle se sentait très mal. Elle pensait être en partie responsable de ce combat de coq totalement ridicule et avait peur de ce qui pouvait leur arriver.

- Rassure-toi, Ginny, dit Shanen, le visage indéchiffrable, je ne les laisserai pas se blesser. Drago est très bien entraîné, quant à Harry, même si son potentiel est supérieur à celui de Dray, il manque cruellement d'entraînement. Le combat est égal. Ils ne risquent rien ni l'un ni l'autre. Détends-toi. Si l'un d'entre eux est en danger, j'interviens. Mais il vaudrait mieux pour eux qu'ils se contentent des sorts basiques.

A quelques mètres d'eux, Harry et Drago continuaient de s'affronter. Ils n'avaient même pas remarqué que les murs s'étaient espacés et que tout le mobilier avait été retiré au moment précis où Harry avait tiré sa baguette.

L'intensité du combat augmenta par palier et bientôt, ils utilisèrent des sorts plus puissants et plus dangereux. Cependant, aucun d'eux n'avait encore été blessé puisqu'ils arrivaient chaque fois à contrer l'attaque de l'autre.

- Tu n'es qu'un abruti, Potter ! Tu pourras faire confiance à ta copine tout de même. C'est une fille bien. En doutant d'elle, tu lui manques de respect. A moins bien sûr que tu ne doutes de Toi ! Dans ce cas… j'ai presque pitié pour toi.

S'en fut trop pour Harry qui, ayant une furieuse envie de faire mal, lança le premier sort qi lui vint à l'esprit.

- Sectum Sempra !

Ginny ouvrit des yeux horrifiés et laissa échapper un hoquet de terreur qui se transforma en plainte affolée quand elle vit Drago exécuter une manœuvre qui renvoya son sort à Harry. Terrifiée, elle vit le sortilège repartir dans la direction de son petit ami, qui ne semblait pas savoir quoi faire pour stopper un sort si puissant. Elle entendit à peine le sifflement rageur qui sortit de la poitrine de Shanen. Elle vit la scène se dérouler au ralentit et n'entendait plus que le bruit assourdissant de son cœur.

Shanen apparut soudainement entre Harry et l'horrible sortilège. Ginny en fut immédiatement soulagée. Shanen, elle, en revanche, entra dans une colère noire dès lors qu'elle arrêta le maléfice. Ses yeux prirent une délicate couleur miel et elle s'éleva dans les airs, les bras écartés de façons à ce que ses paumes soient dirigées vers les deux combattants.

Bien qu'il n'y ait absolument pas eu de vent dans la salle, ses cheveux et ses vêtements étaient agités comme sous l'effet de la brise. Harry et Drago furent soudain projetés chacun contre un mur et tombèrent durement au sol. Ahuris, ils la regardèrent faire naître un rayon lumineux dans le creux de chacune de ses mains. Ses traits n'exprimaient plus qu'une chose : la fureur !

Soudain, elle se mit à parler. Mais personne ne comprit ce qu'elle dit, les paroles qu'elle psalmodiait étant dans une langue inconnue et étrange. Puis, sans prévenir, les rayons lumineux allèrent frapper Harry et Drago en pleine poitrine. Ils s'effondrèrent au sol, parcourus par des frissons et des tremblements violents. Les murs eux-mêmes se mirent à trembler cependant que la colère de Shanen semblait atteindre un nouveau stade, encore plus élevé.

Tout à coup, tout cessa. Les rayons de lumière disparurent en même temps que les étranges convulsions agitant les deux ennemis. Shanen se reposa au sol. Ses yeux avaient désormais pris une couleur rouge dérangeante. Son visage, lui, gardait toujours les marques de sa colère.

- Bande de débiles profonds ! Vous n'êtes que des irresponsables, hurla Shanen. Est-ce que je peux savoir depuis quand tu utilises la magie noire, Harry ? Sur un allié qui plus est. Et toi Drago, pourquoi ? Pourquoi tu lui as retourné son sort au lieu de simplement le bloquer ? Tu savais pertinemment que lui ne saurait pas l'arrêter. Vous vous rendez compte que…

Elle s'arrêta net, ferma les yeux et souffla un bon coup.

- Non, reprit-elle plus calmement. Gin', je te les laisse, amuse-toi bien !

Ce n'est qu'en l'entendant appeler Ginny, qu'ils se rendirent compte qu'elle se trouvait juste derrière Shanen, tremblante de la tête aux pieds et les poings serrés. Elle avança d'un pas assuré vers Harry et lui assena une gifle monumentale.

Dans son dos, Drago ricana. Il arrêta cependant de rire quand elle se tourna vers lui et le claqua avec la même force.

Une main sur leurs joues, ils attendirent que l'orage qui grondait dans les entrailles de Ginny finisse par exploser. Ce qui ne tarda d'ailleurs pas.

- Comment avez-vous osé ? demanda-t-elle, la voix rendue rauque par la colère. Vous n'avez rien dans la tête ou quoi ? se mit-elle à hurler. Vous êtes des crétins finis. Pourquoi faut-il que les mecs soient si stupides ? Les dangers de la guerre ne vous suffisent pas, il faut en plus que vous jouiez les imbéciles en vous affrontant ? Vous n'êtes que des égoïstes, des insensibles, des monstres ! Imaginez un peu comment on aurait réagi si l'un d'entre vous avait été blessé. Ou pire, tué. Vous tenez donc si peu à la vie que vous tentez par tous les moyens d'y mettre fin ?

Devant tant de reproches, Harry et Drago se tassèrent sur eux-mêmes, conscients d'avoir agi comme des idiots. Pas très fier d'eux, ils la laissèrent exprimer sa fureur. La crise de nerfs, qui s'était produite quelques heures plus tôt, paraissait désormais ridicule vu la colère dans laquelle semblait être Ginny. Elle continua à leur crier tous les reproches qu'elle avait à leur faire pendant un bon quart d'heure, puis elle fondit en larmes sans signes avant-coureurs.

Se sentant désormais très mal, Harry se rapprocha d'elle et la prit dans ses bras.

- Je suis désolé, murmura-t-il. Pardonne-moi. Pardonne-moi, je t'en supplie. Tu as raison, je suis un monstre. Je t'en prie mon amour, ne pleure plus. Ne pleure plus. Je suis désolé, répéta-t-il en embrassant ses cheveux.

Hermione et Ron n'étant pas intervenus de toute la scène, continuèrent de regarder sans rien faire. Drago, de son côté, pressentait que quelque chose allait de travers. Il avait l'impression qu'un détail important lui échappait.

Ginny retrouva peu à peu son calme, sous les caresses et les baisers de Harry. Quand elle cessa de pleurer, elle s'éloigna de lui et retourna près de son frère et de sa meilleure amie.

Harry se retrouva donc en compagnie de Drago, face à sa sœur, qui, fort heureusement, était redevenue totalement elle-même. Ses yeux n'étaient plus rouges et bien que ses traits marquaient encore une certaine colère, elle ne semblait plus sur le point de les étriper.

- Bon, dit-elle d'une voix calme où perçait seulement un certain agacement, maintenant au travail.

C'est alors que Drago saisit ce qui le dérangeait.

- Et c'est tout ? demanda-t-il soupçonneux. Tu te contentes de ça ? Tu ne vas pas nous punir ?

- Non, c'est suffisant, dit-elle avec un sourire étrange.

- Houlà, j'aime pas ça. Qu'est-ce que tu nous as fait tout à l'heure ? C'était quoi ? Parce que tu ne nous as pas fait mal. C'était quoi ?

Le sourire qu'elle lui adressa en réponse l'alarma. Quant à Harry, il en fut effrayé. Le sourire, qui l'avait hanté deux nuits auparavant, se dessinait désormais dans la réalité sur les lèvres de sa sœur. Un sourire sadique et empreint de gloire et de fierté.

- Shanen ? demanda timidement Hermione. Que leur as-tu…

Shanen se tourna vers elle et en quelques secondes, Ron, Hermione et Ginny affichèrent un air extrêmement surpris. Ce qui n'arrangea en rien le malaise de Drago.

- Tu as…

Shanen acquiesça.

- Hum, c'est bien fait ! décréta Ginny.

- Shanen ? demanda Drago, la voix tendue. Qu'est-ce que tu nous as fait ?

- Tu verras bien. Vous le méritez de toute façon. J'ai hésité entre deux punitions. Je pense que celle-là est bien plus intéressante et que vous allez… apprendre. Maintenant, trêve de bavardage. Ginny, tu combats Ron, Drago contre Hermione. Et Harry, tu m'affrontes. Allez, bougez-vous !

- J'aime vraiment pas ça. Je ne sais pas ce que tu mijotes mais ça ne me dit rien qui vaille.

- Concentre-toi ! lui ordonna-t-elle sèchement. Commençons ! Utilisez des sorts de défense et d'attaque de base. Là, c'est l'échauffement et je ne veux pas de blessés.

Pendant une vingtaine de minutes, ils se lancèrent des sortilèges et parèrent les attaques. Puis Shanen annonça que la phase d'entraînement était terminée et qu'ils passaient désormais à la vitesse supérieure. Elle demanda à Ron et à Hermione de s'attaquer ensemble à Ginny, pendant qu'elle-même s'occuperait de Drago et Harry.

- A quoi ça rime de nous combattre tous les deux ? demanda Drago, très surpris par cette décision. Je suppose que si tu as mis Ginny face à Hermione et Weasley c'est pour qu'elle apprenne à se défendre face à une attaque groupée. Mais, toi, tu sais parfaitement bien gérer les combats face à plusieurs adversaires. Ou est l'intérêt ?

- Tu as raison, je veux que Ginny apprenne comment réagir face à ce genre d'embuscade. En revanche, vous, je veux que vous appreniez à combattre l'un avec l'autre et non pas l'un contre l'autre, répliqua-t-elle froidement. En position !

Des combats plus acharnés commencèrent alors. Ginny ne s'en sortait pas trop mal face à cette attaque sur deux fronts. Mais rapidement, Ginny, Ron et Hermione cessèrent de s'entraîner pour observer ce qui se passait entre les trois autres.

Shanen y allait un peu fort et les deux jeunes hommes étaient mal en point. Harry avait une large entaille qui lui barrait toute la joue droite et qui saignait bien. De plus, il semblait souffrir de ses côtes et maintenait l'une de ses mains étroitement serrée contre son corps. A l'évidence, elle était brisée.

Drago n'en menait pas large non plus. Lui aussi avait une entaille assez sévère. Mais celle-ci démarrait au milieu de sa joue droite et descendait jusque son torse. La veste en cuir qu'il portait était d'ailleurs lacérée en plusieurs endroits et révélait de nombreuses coupures, plus ou moins profondes. De plus, il boitait légèrement.

Shanen lança un nouveau sort informulé qu'ils ne purent éviter ni l'un ni l'autre. Ils furent violemment projetés contre l'un des murs, qui se fissura sous le choc. Le souffle coupé, ils s'effondrèrent à terre.

- Shanen, arrête, tu vas les tuer, implora Ginny.

- T'inquiète, je maîtrise. Ils vont bien. Debout ! hurla-t-elle aux deux garçons.

Drago releva la tête vers elle, un masque de souffrance gravé sur son visage. Visiblement, ils n'allaient pas si bien que ça. Cependant, Shanen leur ordonna de nouveau de se remettre debout. Ils essayèrent tant bien que mal et retombèrent au sol, incapables de se relever.

- On n'en peut plus, Shanen. On a besoin d'une pause.

- Ah oui ? C'est ce que tu comptes dire aux mangemorts qui t'attaqueront, Drago ? Debout !

- Mais on a mal.

- Dans ce cas, oublie ta douleur ! Tu dois t'entraîner autant à combattre qu'à souffrir, je te signale.

- Pfff, tu agis comme mon père ou Severus l'auraient fait.

- Ils n'ont pas toujours tord, tu sais. Il y a même des points sur lesquels ils ont parfaitement raison.

- Non mais tu t'entends ? Tu parles comme une mangemort ! Tu n'as jamais agi ainsi pendant mes entraînements. Depuis quand penses-tu que nous torturer peut nous être bénéfique ? dit-il en haletant sous l'effet de la douleur.

- Figure-toi que je réagis comme ça depuis que tu envoies des sorts de magie noire à mon frère. Vous étiez prêts à vous faire du mal, parfait ! Moi au moins, je sais ce que je fais et ça a un intérêt.

- Je ne lui ai rien envoyé, c'est lui qui a lancé ce maléfice. Je n'ai fait que le renvoyer !

- Qu'est-ce que ça change ? Le résultat aurez été le même et tu as voulu lui renvoyer. Tu avais donc les mêmes intentions que lui. Et vous êtes aussi responsables l'un que l'autre. Certes tu n'as pas lancé le sort toi-même mais tu as provoqué la situation et tu as poussé Harry à bout avant de lui renvoyer ce stupide sortilège. Vous êtes tous les deux fautifs. Et tant que vous ne vous allierez pas, vous devrez en subir les conséquences. Maintenant, debout !

- Non ! répondit Drago.

- Non ?

- Non ! enchaîna Harry.

- Bien. Endoloris !

Harry et Drago se tordirent de douleur au sol pendant quelques secondes, puis, aussi rapidement que la souffrance était apparue, elle disparue.

Shanen se pencha à côté d'eux et leur dit pendant qu'ils essayaient de reprendre leur souffle :

- Face à un mangemort, vous seriez morts, simplement parce que vous êtes trop bêtes pour vous unir. Debout !

- Shanen, intervint Hermione, ils n'en peuvent plus, ils ne feront rien de bien ce soir. Et je pense que la punition que tu leur as réservée est amplement suffisante. Ne leur fait pas plus de mal. Ils vont finir par te détester !

- Et bien qu'ils me détestent ! Si c'est la seule solution…

- Quoi ? Mais pourquoi ?

- Parce qu'au moins ils seront d'accord là-dessus. S'ils doivent me détester pour s'unir, alors soit.

- Mais tu es prête à les perdre ! Pourquoi ? demanda-t-elle perplexe.

- Parce qu'eux risquent leurs vies. Pas moi. S'ils s'entêtent à ne pas vouloir s'allier, ils risquent d'en mourir ! Je ne le supporterais pas. Je préfère qu'ils me haïssent et que leur haine les rapproche, plutôt que de prendre le risque de les laisser mourir.

- Alors tu leur fais du mal pour leur bien ? demanda Hermione, sidérée par cette révélation.

- C'est paradoxal mais oui, c'est exactement ça. Quoiqu'il en soit, tu as raison. Ils ne sont plus bons à rien ce soir et leur punition attend… Autant les envoyer au lit.

Elle retourna auprès des deux estropiés et soigna d'abord les blessures de Drago, puis celle de Harry.

- Pourquoi tu l'as soigné lui en premier ? demanda Harry en boudant.

- Parce que c'est toi qui as lancé le Sectum Sempra !

- Je suis désolé, dit-il piteusement.

- Je sais. Mais c'est la deuxième fois que tu utilises ce sort face à lui. Je n'ai pas l'intention de te laisser remettre ça une troisième fois, alors bon gré mal gré, vous allez apprendre à vous apprécier. Vous n'avez plus mal nulle part ?

- Non, répondirent-ils à l'unisson.

- Et je ne te hais pas non plus, précisa Drago qui, tout comme Harry, avait entendu la discussion entre Hermione et Shanen. Je suis même presque sûr que ça t'a fait plus de mal qu'à nous tout ça.

Elle grimaça face à cette réplique.

- Tu viens avec moi cette nuit ? demanda-t-il ensuite.

- Non, Harry et toi avez besoin d'une bonne nuit de repos. D'ailleurs, buvez cette potion en vous couchant, ajouta-t-elle en leur envoyant une fiole à chacun. Elle vous aidera à dormir et à refaire vos forces. Bonne nuit les garçons, finit-elle sur un ton mystérieux.

- Bonne nuit Sha', répondirent-ils emplis de doutes.

Les deux jeunes hommes se remirent sur leurs jambes mais vacillèrent. Ginny alla aussitôt soutenir Harry et Shanen se chargea de Drago.

Elle raccompagna Drago à sa chambre après avoir placé la cape d'invisibilité sur les épaules de Ron et de Hermione et après avoir désillusionné Harry et Ginny.

Sur le chemin les ramenant à leur tour, Harry et Ginny mirent les choses à plat et réglèrent leur petite querelle. Harry s'excusa d'avoir sous-entendu que Ginny le trompait et elle lui demanda de la pardonner de s'être mise en colère alors qu'il n'allait pas bien et qu'il avait besoin de son soutient.

Complètement épuisé, Harry s'affala sur son lit, étrangement rasséréné. Il vida d'une traite la potion donnée par sa sœur et sombra dans un sommeil profond, empreint d'une étrange sensation cotonneuse.

Il se réveilla le lendemain, avec un horrible mal de tête…

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Pfiou, fin de chapitre. Il était long celui-là (32 pages word quand même)

A bientôt pout la suite. Attendez-vous à quelques surprises… Qu'a bien pu faire Shanen à Drago et Harry ? Pourquoi la punition qu'elle leur inflige semble l'assurer qu'ils finiront par faire la paix ? Quelles drôles d'aventures attendent encore nos héros ?

Pour le savoir, soyez au rendez-vous au prochain chapitre. Il devrait arriver plus rapidement que celui-là, puisqu'il est déjà commencé. Encore désolée pour l'attente.

BizouxXx, Serp'