Auteur : Ariani Lee
Série : Les Chevaliers du Zodiaque
Genre : Angst, Comfort, Slash.
Pairing : Hyoga/Shun Shaka/Shun
Chapitre 4
Pénibles souvenirs
Tous ces combats… qui brisent insouciance
Mordent l'existence. J'ai la mélancholia
Qui rend l'âme à nu, qui me constitue
Tous ces combats… Alors que la rage
Que tout fait naufrage, j'ai dans mon autre "Moi"
Un désir d'aimer, comme un bouclier
(Tous ces combats, Mylène Farmer)
Le soleil était écrasant. Assis sur les gradins de pierre de la plus petite des arènes du Sanctuaire, Shun observait l'entraînement des novices. Il avait adopté leur tenue, tunique et pantalon de tissu, chaussures lacées jusqu'au genou et ceinture de cuir. Il se fondait plus facilement dans la masse habillé comme ça - ses habits de tous les jours et son armure qui le faisaient beaucoup trop remarquer.
Au Sanctuaire, lui et les autres faisaient un peu figure de héros vedettes, parce que tout le monde connaissait évidemment le rôle qu'ils avaient joué durant la bataille contre Hadès et les 108 Spectres, ainsi que leurs faits d'armes des années précédentes. Il avait appris que lors de son passage par la Maison du Bélier, Shiryu s'était fait alpaguer par une bande d'aspirants et qu'il avait été contraint bon gré mal gré de participer à leur entraînement. Il n'avait pas envie de se retrouver obligé d'affronter une vingtaine d'apprentis super enthousiasmés par ses « prouesses ». Il eut une pensée compatissante pour eux. Lui, il n'était pas obligé de s'entraîner. Il faisait une de ces chaleurs... il releva ses cheveux à l'arrière de sa tête et, de sa main libre, s'éventa la nuque.
- Andromède ? Dit une voix familière derrière lui.
Il se retourna en espérant que personne n'avait entendu. La haute stature du chevalier du Taureau jetait sur lui une ombre immense.
- Bonjour, Aldébaran, répondit-il.
- Je me disais bien que c'était toi, répondit le chevalier d'or en le rejoignant. Il s'assit un gradin plus bas que lui pour être à sa hauteur. Pas évident de te reconnaître dans cette tenue de novice.
Lui non plus ne portait pas son armure, et ça le rendait moins imposant, moins impressionnant. Comme il était loin d'être l'unique colosse du Sanctuaire, il pouvait lui aussi passer plus ou moins inaperçu. Ils reportèrent leur attention sur l'entraînement qui se déroulait quelques mètres plus bas.
- Ils travaillent dur, dit Shun, content d'avoir de la compagnie.
- Oui. Ce sont les futurs gardes qui s'entraînent, là.
- Ah bon ? Ils ont du mérite. Il fait si chaud !
Il pensa à Hyoga. Ça faisait une semaine qu'il lui avait dit qu'il allait venir mais il n'avait pas de nouvelles. Ce n'était pas plus mal, par des températures pareilles. Lui qui supportait si mal la chaleur…
- J'ai entendu dire que tu étais devenu l'apprenti de Shaka ?
Shun se tourna vers son aîné, surpris, sans trouver quoi répondre.
- Ce n'est pas vrai ? Demanda le chevalier du Taureau en voyant son air interloqué.
- Je ne sais pas. Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- On ne vit pas très vieux dans le métier, tu dois le savoir, répondit le Taureau en croisant les bras. Nous autres, chevaliers d'or, sommes pour la plupart en âge de nous choisir un disciple. Un successeur. Shaka ne fait pas exception.
Shun ouvrit la bouche, étonné. Il n'avait jamais pensé à ça.
- On n'a pas parlé de ça, dit-il. Je suis venu le voir pour lui demander de m'apprendre certaines choses... S'il est mon maître en ce sens, je ne sais pas si je suis son apprenti. Il n'a jamais été question que je prenne sa succession.
De toute façon, il n'aurait pas voulu. Il avait déjà porté l'armure de la Vierge - suite à quoi elle avait été réduite à l'état de poussière et Mû avait mis un temps fou à la réparer. Il avait probablement les qualifications pour devenir chevalier d'or en termes de puissance, d'expérience, et il était né sous le bon signe, ce qui était crucial pour porter une des douze armures d'or. Mais il n'y avait qu'une chose dans sa condition de chevalier à laquelle il n'était pas prêt à renoncer (en dehors évidemment de la compagnie et de l'amitié des autres), et c'était l'armure d'Andromède. Elle faisait partie intégrante de son corps, à présent, et il l'aimait - au moins autant qu'il pouvait la détester pour ce qu'elle représentait. Sans ses chaînes, il se sentait toujours un peu... amputé. Jamais il ne changerait d'armure. Devenir chevalier d'or représentait aussi d'autres responsabilités dont il ne voulait pas. Connaissant la raison de sa venue au Sanctuaire, Shaka ne pouvait certainement pas attendre ça de lui. Mais il ferait mieux de lui en parler, peut-être que pour lui, ça allait de soi.
Je devrais avoir honte de moi. Combien de centaines de personne ici donneraient tout pour être à ma place ? Pour être pressenti pour succéder à Shaka ? Je devrais être fier, et pourtant...
- Tu n'as pas l'air d'aller bien, dit tout à coup Aldébaran qu'il avait presque oublié.
Shun se tourna vers lui en essayant de sourire. Il aimait bien le chevalier du Taureau. C'était un roc, d'une indéfectible loyauté envers Athéna, franc et toujours calme. Il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il aurait mieux fait de prendre exemple sur lui.
- Non, tout va bien. J'étais juste en train de me dire que tu as peut-être raison, peut-être que Shaka voudrait que je devienne son disciple. Je devrais en parler avec lui.
Il se levait pour partir - autant s'occuper de ça tout de suite - lorsqu'Aldébaran lui demanda :
- Ça te plairait ? De devenir le chevalier de la Vierge ?
Shun se tourna vers lui, et pendant un instant, il eut l'impression que le chevalier du Taureau savait exactement ce qu'il pensait. Ses yeux reflétaient une espèce de compréhension totale. Alors il répondit franchement.
- Non. Vraiment pas.
Aldébaran le gratifia d'un sourire qui contrastait avec son regard - triste. Shun se détourna.
- J'y vais. Merci !
Et il s'éloigna.
En réalité, vivre au Sanctuaire - en tout cas en habitant une des douze Maisons du zodiaque – constituait au quotidien une véritable épreuve. Il avait la chance de loger dans la Maison de la Vierge qui se trouvait à mi-chemin, mais pour ceux d'en bas, Aphrodite, Shura et Camus étaient des légendes. On ne les y voyait jamais, contrairement à Mü où Aldébaran. Même lui, il avait besoin de se sentir motivé pour descendre en « ville ». Ce matin, il avait vraiment eu envie d'aller assister à l'entraînement, alors il était descendu. Il s'était déplacé pour voir tous ces volontaires qui avaient ce feu sacré que Shaka avait tout d'abord pensé qu'il avait perdu.
Je ne l'ai jamais eue, cette vocation. Je suis loyal envers Athéna, je veux la protéger, je veux protéger cette Terre sur laquelle vivent les gens que j'aime. Mais ça n'a jamais été une vocation, pour moi. Si j'avais eu le choix... Ma vie aurait été très différente.
Ils avaient beaucoup parlé, avec Shaka – enfin, surtout lui. Shaka avait écouté, les paupières closes comme toujours, et ça rendait les choses plus faciles à dire que s'il avait dû le regarder dans les yeux. Plus faciles aussi, parce qu'il les avait déjà dites, à Hyoga et à Mü, et qu'ils ne l'avaient pas jugé. Il voulait qu'on le comprenne, et pour l'instant, ça se passait plutôt bien. Shaka, qui était la pondération et l'objectivité faites homme, se révélait être de loin le mieux placé pour lui donner un avis neutre. Il lui avait dit que pour lui, la voie vers la « guérison » passait par deux étapes essentielles : petit un, la compréhension, petit deux, l'acceptation. Shun doutait d'arriver un jour à se pardonner (car c'était là la véritable signification du mot acceptation, en l'occurrence) ce qu'il avait fait, et il se demandait comment Shaka allait bien pouvoir s'y prendre pour l'y amener. Depuis une semaine, ils n'avaient rien « fait » de concret, juste parlé. Comme chez un psy. Sauf que, bien sûr, un psy aurait probablement déjà averti les « gentils messieurs en blouse blanche » et l'aurait fait interner pour schizophrénie délirante. Ou appelé les flics qui l'auraient envoyé en prison pour meurtre.
Il entra dans le Temple en silence. Le chevalier de la Vierge était là, en pleine méditation. Il ne le dérangea pas, se contentant de lui signaler sa présence avant d'aller vers l'appartement. Il forma avec ses doigts le signe cabalistique que Shaka lui avait appris pour dévoiler la porte, et esquissa le mouvement qui l'ouvrait.
Etant donné que, contrairement à Mû, il ne vivait pas en compagnie d'un apprenti de treize ans qui le forçait à avoir un logement habitable par quelque chose d'autre qu'un ermite en pleine extase mystique, l'appartement de Shaka était plus que chichement meublé. Les murs étaient blancs, le salon comportait une table et deux chaises, point. La chambre que Shun occupait contenait des meubles assortis en bois clair qui avaient l'air de sortir d'un catalogue Ikéa. Quand il y était entré la première fois, elle sentait à la fois le renfermé ET le neuf, ce qui constituait une association si bizarre et improbable qu'il était resté debout, immobile, l'urne de son armure sur le dos, le nez en l'air, à respirer pendant cinq minutes pour tenter d'identifier l'odeur. Il n'avait pas vu la chambre de Shaka, mais il y avait fort à parier qu'il n'allait pas souvent se coucher, qu'il passait plus probablement la nuit dans la position du lotus dans le Temple, comme pendant la journée. Quelle drôle de vie...
Il entra dans « sa » chambre et regarda l'urne posée en évidence au milieu de la table, à côté de la fenêtre. Il en avait vu, pour cette armure. Elle était à la fois la cause et la conséquence de toutes ces souffrances... Il tendit la main et tira la chaîne. La boîte s'ouvrit et l'armure apparut, superbe, nimbée d'une lumière dorée qui éclipsait un peu la brillance de sa couleur rose. Il effleura du bout des doigts l'extrémité circulaire qui pendait du poignet d'Andromède, et la chaîne s'anima, se tendit vers lui. S'enroula autour de son poignet, comme un chat qui aurait donné des coups de tête pour quémander des caresses et de l'attention. Plus que tout autre, il l'avait compris en voyant Shiryu, Seiya, et bientôt Hyoga, renoncer si facilement aux leurs, son armure - et surtout sa chaîne - était une créature vivante, douée de volonté et d'affection. Elle était différente des autres. Il sentait qu'elle le réclamait.
« Portes-moi » semblait-elle dire, alors qu'il entrelaçait ses doigts aux maillons de la chaîne de bronze. Ça faisait longtemps qu'il ne l'avait plus mise et ça lui manquait. Cette seconde peau qui faisait partie intégrante de son corps.
Il leva une main presque tendre vers le masque qui supportait le diadème. Était-ce une simple impression, la force de l'habitude où y avait-il vraiment quelque chose ? Ce visage avait-il toujours eut cet aspect-là ?
Elle me ressemble... C'est du délire. Il s'empressa de refermer la boîte et de ressortir. Shaka avait dû émerger de sa transe à présent, il pouvait aller le rejoindre sans le déranger. Et effectivement, il se tenait debout au milieu de la pièce comme s'il l'attendait. Il le salua.
- Comment ça va ? Demanda-t-il, bien que cette question lui parût idiote à chaque fois qu'il la posait.
- Bien. Et toi ?
Shun haussa les épaules.
- Je suis descendu au Colisée assister à l'entraînement. J'ai vu Aldébaran.
Il marqua une pause. Shaka, qui d'une manière ou d'une autre arrivait toujours à sentir s'il avait fini de parler ou non, ne dit rien, attendant qu'il poursuive.
- Dis, est-ce que tu voudrais que je prenne ta succession ? Finit-il par demander.
- Pourquoi cette question ? Répondit le chevalier de la Vierge.
C'était son habitude de toujours répondre par des interrogations.
- Parce qu'Aldébaran m'a dit que tu avais besoin d'un disciple. Il croyait que c'était ce que je faisais ici.
Shaka secoua la tête.
- Il est vrai qu'il est temps pour moi d'y penser et que tu possèdes toutes les qualifications requises. Il se trouve également que ce que je vais t'apprendre relève de la formation que je donnerais à mon apprenti, mais je ne pensais pas à ça. Tu le voudrais ?
- Non.
- Alors dans ce cas, le chapitre est clos. On va se mettre au travail. Aujourd'hui, on va commencer à chercher sérieusement.
Shun sentit son estomac se contracter. Il n'aimait pas la façon qu'il avait eue de dire ça. Il ne craignait ni la douleur ni la mort, mais il n'était quand même pas rassuré.
- D'accord, dit-il. Qu'est-ce qu'on fait ?
- On s'assied.
Ils s'exécutèrent et s'assirent face à face, en tailleur.
- Nous allons entrer dans ta mémoire. C'est une forme d'hypnose qui va nous permettre de visiter tes souvenirs d'une façon claire et extérieure. En spectateurs. Bien sûr, tu n'es pas obligé. Il y a des choses personnelles que tu ne veux peut-être pas que je voie.
- Non, il n'y a rien de gênant dans mon passé. Rien qui ne concerne pas directement mon problème en tout cas.
- D'accord. Alors ferme les yeux et essaye de te détendre.
Shun s'exécuta, les mains posées sur ses genoux, les épaules lâches. Shaka posa sa paume sur ses paupières closes, à plat. Sa peau était fraîche, ce qui était surprenant et agréable par cette chaleur.
- Très bien... Maintenant...
Il murmura des mots que Shun ne comprit pas, puis celui-ci eut brusquement l'impression qu'il s'enfonçait à l'intérieur de son propre corps, comme s'il était tombé dans un arbre creux dont les parois se resserraient peu à peu. Il s'efforça de rester calme, conscient que c'était sans doute provoqué par l' « hypnose » de Shaka. La sensation empira encore, puis disparut aussi soudainement qu'elle était apparue. Il rouvrit les yeux et laissa échapper un petit cri en reconnaissant l'endroit dans lequel il se trouvait.
- Mais c'est... la cour de l'orphelinat ?
- A partir de maintenant, c'est toi qui sais, dit la voix tranquille de Shaka à côté de lui, le faisant sursauter à nouveau. Nous sommes dans un de tes souvenirs.
Shun regarda autour de lui. Un groupe d'enfants se trouvait non loin d'eux.
- Ils nous voient ? Demanda-t-il.
- Non, et ils ne nous entendent pas non plus. Nous sommes dans ton souvenir, nous n'avons pas remonté le temps.
- Je vois.
- Si nous sommes là, tu n'es pas loin. Si on allait te chercher, histoire de savoir pourquoi ta mémoire a choisi ce souvenir ?
- Choisi ? Demanda Shun en se dirigeant vers les enfants.
- Nous n'allons pas passer en revue toute ta vie, ça prendrait des années. Nous n'allons voir que les évènements qui t'ont marqué le plus.
- D'accord.
- Alors, où es-tu ?
- Là.
Il montra du doigt un petit garçon aux cheveux châtain clair et aux yeux noisette. Pas difficile à repérer, c'était le seul à être collé à - caché derrière - un garçon plus grand que lui. Ce dernier avec des cheveux noirs et un air méfiant. Ikki. Shiryu, Seiya et Jabu se détachaient eux aussi du reste du groupe. Les autres, il ne s'en rappelait guère.
- Quel âge as-tu, là ?
- Quatre ou cinq ans. Ils ont tous l'air d'attendre quelque chose, non ?
- Oui, probablement ce qui fait l'objet de notre présence. On ne va pas tarder à savoir.
Et effectivement, un instant plus tard, une voiture pénétra dans la cour de l'orphelinat. Les enfants s'avancèrent prudemment dans sa direction, et Shun et Shaka les suivirent. Le conducteur sortit et contourna la voiture pour ouvrir la portière du côté passager.
- C'est Hyoga ! Souffla Shun.
Effectivement, le petit garçon qui descendait de la voiture avait d'épais cheveux blonds et des yeux bleu clair. Il paraissait emprunté et regarda les enfants qui l'observaient avec appréhension. Son accompagnateur commença à parler au petit groupe, à le présenter.
Comme il était petit ! Il n'avait que cinq ans quand il est arrivé. Donc Ikki a six ans et moi quatre.
- Pourquoi tu pleures ? Demanda Shaka.
- Quoi ? Je ne pleure pas.
- Pas maintenant. Mais tu pleurais, regarde.
Il se pencha pour se regarder, et de fait, le petit Shun se tenait encore plus serré contre Ikki, le visage enfoui dans son épaule, secoué de sanglots. Son frère le serrait dans ses bras, son regard toujours fixé sur le « nouveau ». Il réfléchit. Pourquoi diable, pour commencer, le jour de l'arrivée de Hyoga était-il si important ? Puis il se souvint de quelque chose.
- Hyoga est le premier enfant qui est arrivé à l'orphelinat après que Ikki et moi nous nous y sommes installés. Et l'éducateur nous a dit... quel manque de délicatesse de parler de ça devant lui ! Il nous a dit que sa maman était morte... Nous n'étions là que depuis quelques semaines, je n'avais pas encore bien réalisé... Je crois que c'est à ce moment là, quand j'ai vu arriver un nouvel orphelin et qu'on nous a si clairement dit que personne n'allait venir le chercher... que j'ai vraiment compris. Pour nous aussi, c'était fini. Nos parents ne reviendraient pas nous chercher, Ikki et moi. C'est pour ça que je pleurais.
Il reporta son attention sur Hyoga. L'éducateur avait fini son petit discours et s'en allait vers l'établissement, le laissant avec eux. Il y eut un moment de silence pendant lequel il se vit arrêter de pleurer et fixer sur Hyoga ses yeux d'enfant fasciné, et il savait pourquoi. Ils étaient au Japon, et lui-même avait les cheveux et les yeux exceptionnellement clairs compte tenu de ses origines. Mais Hyoga, lui, était blond comme les blés et ses yeux étaient bleus. À part à la télévision - qu'il n'avait plus regardée depuis la mort de leur mère des semaines auparavant, et quelques semaines sont une éternité pour un enfant de cet âge - il n'avait jamais vu une personne présentant un tel aspect. Même sa peau avait une couleur un peu plus claire que la leur.
- Si vous voulez qu'un enfant arrête de pleurer, occupez-lui l'esprit avec autre chose, dit Shaka, qui semblait avoir remarqué, lui aussi.
Quelques-uns des enfants - dont Seiya bien sûr, toujours gentil et amical - s'étaient avancés vers le nouvel orphelin et lui parlaient. Shun voulut s'avancer pour écouter ce qu'ils se disaient mais soudain, le décor sembla se dissoudre autour de lui.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-il à Shaka qui ne bougeait pas, les bras croisés comme s'il ne se passait rien. Mais il n'y voyait pas, se rendait-il seulement compte ? Toujours cette sempiternelle question.
- On change de souvenir, ça va se stabiliser. Attends une minute.
Shun attendit. Au bout de quelques instants, l'espèce de poussière grise mouvante qui les entourait se mit à bouger différemment, pour former un nouveau décor...
