Auteur : Ariani Lee

Série : Les Chevaliers du Zodiaque

Genre : Angst, Comfort, Slash.

Pairing : Hyoga/Shun Shaka/Shun

Chapitre 8

Le Sacrifice d'Andromède

There's no regrets
Why's love and hate
Always a step ahead
What's left
Caught in betrayal
We failed
Je ne regrette rien
We failed, we failed, we failed
Je ne regrette rien

(Je ne regrette rien, Cinéma Bizarre)

Camus laissa Shun sur le pas de la Maison du Pope. Il n'avait pas dit un mot au sujet de ce qu'il avait entendu. S'il avait entendu. Rien ne laissait deviner ce qu'il pensait, comme toujours. Après tout, c'était l'homme qui avait enseigné à Hyoga l'art de se comporter comme une statue de glace... Debout devant la porte fermée de la salle d'audience, le jeune homme essuya la larme qui s'était échappée à la pensée du chevalier du Cygne et de tout ce qu'il lui avait dit... Il secoua la tête, brusquement. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Il frappa à la porte et entra sans attendre de réponse.

Dans le siège à dossier haut du représentant de la déesse était assise Saori, et Sion se tenait debout à côté d'elle. Tous deux arboraient un air si grave qu'Andromède oublia un instant ses sombres préoccupations. Il s'avança jusqu'au trône et s'agenouilla, la main gauche posée sur son genou replié, le poing droit sur le cœur, la nuque courbée. Il se retenait de trembler. Il avait, soudain, un très mauvais pressentiment. Mais une main blanche entra dans son champ de vision, une main fine, aux ongles longs et soignés. Il releva la tête et croisa le regard d'Athéna qui s'était levée et penchée vers lui. Les grands yeux noirs (1) de la jeune femme exprimaient la plus profonde tristesse. Le regret aussi, et la résignation. Il accepta la main tendue et se releva, mais elle ne lâcha pas ses doigts et les serra entre les siens. Jamais encore elle ne l'avait touché d'une telle façon. Cette main douce sur la sienne, ce regard si triste…

Par tous les Dieux, de quelle épouvantable catastrophe... ?

Saori le lâcha et se détourna.

- Je ne peux pas, dit-elle subitement, d'une voix trop aigue. Sion, fais-le, je t'en prie.

Elle se rassit.

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda le chevalier, s'adressant au pope. Est-ce vraiment si grave ?

Sion hocha la tête. Il prit une inspiration et entreprit d'expliquer la situation au jeune homme.

- Sais-tu ce qu'est le Vatican ? Demanda-t-il.

Surpris par la question, Shun essaya de rassembler ses connaissances sur le sujet.

- Le Vatican est un minuscule état situé au cœur de l'Italie. Un haut-lieu de la religion catholique. C'est là que vit le Pape.

Le grand pope acquiesça.

- C'est bien ça. Mais ce n'est pas tout. Dans cet endroit sont conservées beaucoup de choses dont l'humanité ignore jusqu'à l'existence, des reliques, des forces sacrées ou maudites qui feraient des ravages si elles n'étaient pas enfermées. Il existe une tour, appelée la Tour d'Apoina. Dans la plus haute salle de cette tour se dresse une immense porte, et derrière cette porte scellée se trouve quelque chose - une énergie, un pouvoir, c'est assez difficile à définir - que l'on nomme « Malice ».

- Malice ?

- La Malice est comme une concentration de méchanceté, de cruauté, de lâcheté - de tous les plus mauvais sentiments qui peuvent naître dans le cœur de l'homme. Ce n'est pas une entité consciente, mais si la porte devait s'ouvrir un jour, et que cette accumulation de Malice devait être libérée, elle se répandrait sur le monde et s'insinuerait dans le cœur des gens, parce que c'est là sa source et que sa nature profonde est de pousser l'être humain au Mal. Ce sont deux millénaires de Malice qui sont actuellement emprisonnés dans la Tour. Si elle est libérée, cela provoquera des guerres, des explosions de violence à plus petite échelle. Cela causera tant d'horreurs que rien ne pourra jamais réparer les dégâts.

Shun déglutit. Un ennemi impalpable. Comment combattre le mal que les hommes se faisaient entre eux ? Il laissa l'idée l'imprégner. Et il sut. On ne pouvait pas, c'était aussi simple que ça.

- D'accord, dit-il. D'accord, et on empêche ça comment ?

- Le sceau qui est posé sur cette porte a une durée de vie d'un millier d'années. Au terme de cette période, ou avant la fin, il faut le renouveler. Depuis le jour où cette porte à été fermée, ça n'a été fait que trois fois. Le fait est que plus on attend, plus il est dur de créer un sceau, et que cela réclame la présence d'Athéna, des douze chevaliers d'or et du plus grand nombre de combattants possible. Athéna et les douze, qui créent le sceau, se retrouvent pendant un long moment totalement vulnérables et tous les autres doivent se trouver auprès d'eux pour les protéger en cas d'attaque. Que l'ordre de la chevalerie soit au complet est rare, et en ajoutant à cela le fait qu'Athéna ne se réincarne que tous les un ou deux siècles, tu vois que l'occasion ne se présente pas souvent. Le sceau a huit cent treize ans, mais nous devons profiter de la situation actuelle pour le remplacer. Je pense, à voir l'expression de ton visage, que tu as compris qu'il y a un problème.

- Emmener Athéna, les douze chevaliers d'or et tous les hommes valides hors du Sanctuaire, c'est un peu imprudent, dit Shun.

- C'est bien plus qu' « un peu imprudent ». Il y a des choses, dans l'enceinte du Sanctuaire, qui doivent être protégées à tout prix. Des choses dont, normalement, personne en dehors des Dieux et du grand pope n'a connaissance de l'existence. Tout comme de la Malice.

- Moi-même je l'ignorais, intervint Saori. Je l'ai appris il n'y a que quelques semaines.

- Pourquoi m'avoir convoqué ? Pourquoi moi en particulier ?

- Parce que c'est toi qui devras protéger le Sanctuaire pendant qu'il sera vulnérable.

Shun s'étonnait lui-même de rester aussi serein. Mais il avait été mis à si rude épreuve depuis ce matin qu'il avait l'impression d'avoir dépassé sa capacité émotionnelle. Il avait la vague impression que ce serait un peu plus tard que tout lui tomberait dessus. Peut-être trop tard. Il pressentait qu'il ne s'agissait pas de se battre, cette fois.

- Comment pourrais-je faire ça tout seul ?

Le grand pope et la déesse échangèrent un regard, puis ce fut Saori qui prit la parole.

- Tu connais l'histoire d'Andromède, tu es le mieux placé pour ça. Parce que tu as toujours évolué, pensé et combattu avec un esprit de sacrifice qui en est indissociable. Le fait est que la raison d'être première de l'armure du chevalier Andromède lui-même parmi les autres chevaliers du Sanctuaire - c'est ça.

- Quoi donc ?

Il voyait bien qu'elle était mal à l'aise, elle cherchait ses mots et tournait visiblement autour du pot.

- Le sacrifice, finit-elle par répondre. C'est une chose dont seul le grand pope et les dieux connaissent l'existence. Si Sion n'avait pas pu revenir, ce savoir se serait perdu, Saga ignorant tout à ce sujet. Moi-même, jusqu'à quelques semaines...

Elle s'interrompit.

- Le Sacrifice d'Andromède est un rituel, poursuivit Sion, qui assure une sécurité totale au Sanctuaire quand il est vide. Aucun ennemi ne peut y pénétrer tant que la protection est active. Elle s'annule quand des chevaliers pénètrent à nouveau dans le Sanctuaire et que la sécurité originelle est rétablie.

- Le Sacrifice d'Andromède, répéta Shun pour lui-même.

En cet instant précis, il avait l'impression de comprendre des tas de choses, que tout se mettait en place. Il demanda :

- Combien de temps dure-t-elle ?

- On ne sait pas exactement. En réalité, la chose qui est limitée dans le temps est le Sacrifice en lui-même. Une fois le rituel accompli, la protection se maintient pour une durée indéterminée. De mémoire d'homme, il n'est jamais arrivé qu'Athéna regagne le Sanctuaire et que celui-ci soit à nouveau vulnérable. Le bouclier est maintenu, et ce même si le chevalier Andromède...

- Meurt.

Tout était blanc dans sa tête.

- Combien de temps ?

- Douze heures.

Douze heures, ou il mourrait. Serait-ce un mal ? Il préférait de loin ça à se battre. Il préférait protéger les autres ainsi. De toute façon, l'avenir ne lui souriait guère... Après ce qui s'était passé, après s'être rendu compte qu'il aimait Hyoga depuis toutes ces années... Il le détestait, maintenant. Il aurait préféré ne rien en savoir, qu'avoir cette épine plantée dans son cœur, qui s'enfonçait un peu plus à chaque fois qu'il respirait. Plutôt donner sa vie pour protéger les autres que vivre avec cette douleur chevillée à son corps. Ça, c'était dans ses cordes.

- Qu'est-ce qu'il faut que je fasse ?

- Suis-moi.

L'ancien chevalier d'or du Bélier tourna les talons et se dirigea vers le fond de la pièce, Athéna à ses côtés. Il leur emboîta le pas et les suivit, jusqu'au pied de la grande statue qui dominait les douze Maisons. Il continua d'avancer et s'arrêta à côté d'un pilier de deux mètres de haut, qui se trouvait devant elle, un peu sur la gauche. Sa pierre était d'une couleur nettement plus foncée que celle des autres.

- Elle a été taillée dans le rocher d'Andromède il y a longtemps, et amenée ici. Il faut s'y attacher avec les chaînes de l'armure, et la protection s'initie.

Il n'y avait aucune émotion particulière sur le visage du pope, mais Saori éclata en sanglots.

- Je n'ai pas mon armure, dit Shun, un peu mal à l'aise.

- Je m'en occupe, dit Sion qui s'éloigna un peu.

Le chevalier s'approcha un peu de la jeune femme et lui prit les mains. Elle secoua la tête.

- Je regrette, je suis si désolée... C'est affreux, je ne voulais pas te demander ça ! On reviendra à temps, je te le promets...

Shun sourit et secoua la tête.

- C'est mon destin, princesse*. Je ne tiens pas spécialement à aller contre ce que les dieux ont décidé pour moi.

- Pourquoi es-tu si résigné ?

A nouveau Shun secoua la tête.

- ... Je crois qu'il n'y a rien pour moi ici. Rien qui... vaille réellement la peine. Tout le monde suit sa voie autour de moi, je suis le seul à ne pas savoir quoi faire de moi-même. Ça, c'est sans doute ce pour quoi je suis fait.

- Et Ikki, et Hyoga ?

Pourquoi elle me parle de Hyoga ?

- Ikki n'est jamais là, je me fais souvent l'impression d'être un fardeau pour lui. Il aime sa liberté plus que tout au monde. Plus que moi.

- Tu n'es même pas amer.

Elle avait arrêté de pleurer. Il lâcha ses mains.

- Deux autres chevaliers veilleront sur toi, pendant que nous serons partis. Qui souhaiterais-tu voir rester ?

- Ikki viendra. Il vient toujours, vous savez. Toujours.

- Et Hyoga ?

Mais pourquoi elle me parle de lui ?

Il fit « non » de la tête.

- Non. Demandez à un volontaire, ou à personne... Hyoga... Il ne viendra pas.

Il ne viendra plus.

Une flèche de lumière irisée s'écrasa sur le sol non loin de là, et l'armure d'Andromède apparut. Sion revint.

- Il est temps, mademoiselle, dit-il.

Saori acquiesça et se détourna.

- Nous descendons. La plupart des chevaliers s'est rassemblée, ceux qui ont dû revenir pour l'occasion repartent demain. Quand nous partirons, tu verras décoller l'avion. À ce moment là, il sera temps.

Le jeune homme hocha la tête, Sion l'imita, puis s'en alla, suivi de la déesse qui semblait préoccupée. Il les regarda partir, jusqu'à ce qu'ils entrent dans le Temple d'Athéna et qu'il les perde de vue. Puis il alla effleurer le pilier.

Je vais mourir. Je n'ai vraiment pas eu l'impression, à les entendre, que quelqu'un avait déjà survécu à ça.

Il ouvrit l'urne et se mit à genoux devant l'armure.

- Toi et moi, quelle histoire tout de même, murmura-t-il.

Il enleva les protections de cuir de ses bras, lentement. Puis il détacha les poignets de l'armure et les mit. Aussitôt, les chaînes s'animèrent. Elles se déroulèrent, glissèrent sur son corps, caressantes et câlines, entourant ses bras, son cou.

- Tu es vraiment différente des autres, toi... dit-il tout bas.

Il s'assit. Il ne lui restait plus qu'à attendre.

oooooooooo

Pendant que Shun écoutait les explications du pope et d'Athéna, dans la Maison de la Vierge, la température était passée de 32 °C à 17 °C. Hyoga marchait, déterminé. Déterminé à quoi, il ne savait pas trop, mais il était sûr d'une chose : quitte à se faire laminer par plus fort que lui, il allait dire au chevalier de la Vierge ses quatre vérités et lui mettre sur la gueule tout ce qu'il pourrait. Ça n'arrangerait rien, mais peut-être que ça le soulagerait. Peut-être qu'il se sentirait mieux, que ça le débarrasserait de ce qu'il éprouvait. Peut-être qu'après ça, il arriverait enfin à pleurer. Il y avait trop longtemps, lui semblait-il, que ça ne lui était pas arrivé. Depuis le jour où ils étaient descendus dans les Enfers, il lui semblait qu'il avait oublié comment faire. Pourtant, ça lui aurait fait tellement de bien…

Shaka ne se leva pas, ne se retourna même pas dans sa direction quand il entra dans la pièce. Il était assis dans son lotus. Hyoga se précipita sur lui.

- Tu sais très bien que je suis là ! Cria-t-il.

Effectivement, son poing frappa dans le vide. Shaka réapparut à quelques pas de là.

- Désolé, mais l'époque où j'aurais pu te laisser me frapper pour que tu te sentes mieux après est révolue.

- Ah ouais ? Dommage !

- Je ne veux pas me battre avec toi.

- J'en ai rien à foutre. Va mettre ton armure et défends-toi !

- Je refuse.

- Alors crève !

Encore plus hors de lui qu'à son arrivée, il se jeta sur le chevalier d'or qui esquiva son attaque.

- BATS-TOI !

- Je refuse. Je n'ai pas tous les torts dans cette histoire.

- Parce que c'est de ma faute, c'est ça ?!

En prononçant ces mots, Hyoga ressentit une pointe de douleur dans sa poitrine. Shaka secoua la tête.

- Pas seulement. Moi aussi, j'ai commis une erreur.

- « Une erreur » ? Le bel euphémisme !

- Tu ne sais rien de Shun.

Hyoga vit rouge. Comment osait-il dire ça ?

- Parce que toi, tu le connais si bien ? Tu n'étais pas là pour le voir souffrir, pour essuyer ses larmes, pour soigner ses blessures ! Tu n'étais pas là, à regarder son âme se flétrir sans pouvoir rien faire pour lui ! Tu ne sais pas... Tu ne sais rien ! Que pourrais-tu savoir de lui que je ne sache pas ?!

Shaka secoua la tête.

- Je le connais, et je te connais aussi. Si tu voulais bien m'écouter...

- Je ne vois vraiment pas ce que tu pourrais savoir de nous.

- Je sais... Pourquoi il a refoulé ses sentiments pour toi, si profondément qu'il ne les avait jamais réalisés avant aujourd'hui. Je sais aussi quelque chose qu'il ne sait même pas.

- Comment pourrais-tu savoir ça ?

Une partie de lui n'avait qu'une envie : attaquer à nouveau, de toutes ses forces. Mais une petite voix dans sa tête lui chuchotait d'écouter

- J'ai visité sa mémoire avec lui, Répondit le chevalier d'or. Le jour où il est parti pour l'île d'Andromède, tu n'es pas venu lui dire au revoir.

Hyoga s'attendait à tout sauf à ça. Il se souvenait parfaitement bien de ce jour-là, en fait. Comme si c'était hier.

- Et alors ? Dit-il en détournant le regard pour la première fois.

- Alors il s'est attaché à toi le jour même de ton arrivée. Il t'adorait. Et tu n'es pas venu lui dire au revoir. Il s'est convaincu que tu ne te souciais pas de lui, qu'il ne représentait absolument rien du tout à tes yeux. Et il a eu des années pour s'en persuader totalement. Au point que quand vous vous êtes revus, il avait rejeté tout ce qu'il avait éprouvé pour toi, il avait même oublié qui n'était pas venu, ce jour-là. Il n'arrivait pas à s'en souvenir et il en est toujours incapable. Et évidemment, il n'a jamais su que si tu n'étais pas venu, c'était parce que tu étais déjà fier, que tu ne voulais qu'il te voie pleurer.

Hyoga eut un mouvement de recul, comme s'il l'avait frappé.

- Comment peux-tu le savoir, si lui l'ignorait ?

- Je l'ai deviné. Je te l'ai dit, je te connais. Aussi bien que lui. Peut-être mieux que lui, parce que je suis objectif. C'était évident.

- Ce n'est pas vrai !

Il ne pouvait pas admettre avoir été à ce point aveugle.

- Bien sûr que si. Tu es celui qu'il protège toujours en premier. Face à Poséidon, c'est devant toi qu'il s'est mis, pas devant Seiya ou Shiryu. Tu es celui qu'il rattrape, celui pour qui il a voulu donner sa vie. Il aurait préféré mourir que de te voir mourir dans ses bras, il me l'a dit.

- Alors tu savais ? Et ça ne t'a pas empêché ?! Tu n'as pas pensé qu'un jour, ce que tu... ce que vous avez... Si tu savais qu'il m'aimait, tu n'aurais jamais dû faire ça ! Ça a cassé quelque chose entre nous. Quelque chose d'important !

- Ça n'a fait que changer l'image que tu avais de lui et de sa prétendue innocence. Andromède n'est plus un enfant, ce n'est pas non plus un moins et rien ne lui interdisait de faire ce qu'il avait envie de faire... De plus, je t'ai dit que j'avais commis une erreur, je le reconnais. En te voyant à travers ses yeux, je n'ai pas compris. Je pensais qu'il avait raison, que tu n'éprouvais pas plus d'affection pour lui que pour les autres. Mais je n'ai vu avec lui que les pires moments de sa vie, pas le reste. Et tu t'étais si bien caché tes sentiments à toi-même, toi aussi, que je n'ai rien vu. Si j'avais su, je n'aurais pas fait ça. Je cherchais seulement à l'aider.

- A l'aider !

Il n'arrivait pas à le croire. C'était lui qui se sentait mal maintenant. Tout était trop compliqué. Ils s'étaient voilé la face tous les deux pendant tout ce temps... Il avait rejeté tout le blâme sur Shun, alors qu'il était fautif, trois fois fautif.

Tout est de ma faute...Et je lui ai dit des choses... J'ai été tellement dur avec lui... J'ai été odieux.

Du bruit s'éleva soudain dans le temple, interrompant sa réflexion. Sion et Athéna entrèrent, accompagnés par Aphrodite, Shura, Camus, Shiryu, Seiya et Milo, tous dans leurs armures.

- On dérange ? Demanda le chevalier du Sagittaire en les regardant.

- Qu'est-ce qui se passe ? Dit Shaka sans répondre.

Hyoga paraissait assommé. Le grand pope entreprit d'expliquer ce qui se passait. Shaka alla chercher son armure, et Saori s'approcha du chevalier du Cygne.

- Ecoute, commença-t-elle. Je suis désolée, pour Shun.

Hyoga se tourna vers elle. Il n'avait rien écouté.

- Quoi ? Pourquoi ?

Elle le regarda d'un drôle d'air.

- Tu n'as pas entendu ?

Il secoua la tête, un peu penaud. Elle soupira et lui réexpliqua en quelques mots ce que Sion venait de dire. Ce qui se passait, ce qu'il allait falloir faire... ce que le chevalier Andromède était sur le point de faire. Il pâlit. Lorsqu'elle eut fini, elle ajouta :

- Il a besoin de toi, tu devrais y aller et rester auprès de lui. Je sais bien que vous vous êtes disputés, mais votre histoire est plus importante que quoi que ce soit d'autre, surtout maintenant.

- Princesse, dit le blond. Shun et moi on... enfin, il n'y avait rien entre nous. On n'est pas… ensemble.

La déesse plaqua une main sur ses lèvres.

- Oh ! S'exclama-t-il. Pardon, je croyais... Il se comporte toujours différemment quand il s'agit de toi, je croyais que...

- Ça ne fait rien.

Il quitta la Maison de la Vierge en courant à toutes jambes, laissant derrière lui une Saori un peu perplexe.

ooooooooo

Le regard levé vers le ciel, Shun entendit un grondement lointain. Il se leva et vit, de très loin, décoller un gros avion. Il soupira. C'était le moment.

Il alla vers le pilier, comme au ralenti. Il n'avait pas peur. Quelque part, honnêtement, il espérait un peu qu'il y resterait. Il pensait tout ce qu'il avait dit à Athéna. Pourquoi continuer ? Il était un poids pour son frère, tous ses amis suivaient leur route de leur côté, il allait se retrouver tout seul, et il avait le cœur brisé. S'il pouvait mourir en protégeant le Sanctuaire, en permettant aux autres d'accomplir leur tâche en toute sérénité, il y était prêt. Il ne regretterait rien.

Il s'adossa au pilier et leva les bras au-dessus de sa tête. Le regard fixé sur l'avion, il croisa les poignets et ses chaînes se mirent à bouger, glissant sur la pierre et son corps, l'attachant fermement, des mains aux chevilles.

- Hyoga, dit-il à voix haute. Je suis vraiment désolé.

Soudain, tout devint blanc.

ooooooooo

Hyoga, qui sortait de la maison du pope, ressentit la déflagration d'énergie. Elle l'ébranla jusqu'à l'os, comme s'il avait été traversé pour une puissante onde de choc. Son sang se glaça quand il tourna la tête vers la grande horloge.

J'arrive trop tard...

Les douze flammes du Zodiaque s'étaient rallumées.

ooooooooo

(1) La couleur des yeux de Saori varie d'un chapitre à l'autre de la série et d'une série à l'autre. J'ai gardé la couleur qu'elle a au début, durant la bataille du Sanctuaire.

(*) Dans la version originale, ils l'appellent « ôjo-sama » qui signifie de façon très respectueuse « mademoiselle ». Dans la VF, c'est devenu « princesse ». Même si je ne suis pas d'accord là-dessus car c'est une déesse, elle n'est princesse de rien du tout (même si elle est pétée de thunes), étant donné que ma fic se base sur l'animé je tâche de rester fidèle.

Ensuite, l'histoire de la Tour d'Apoina et de la Malice m'a été inspirée par le jeu Shadow Hearts II Covenant sur Playstation 2. Merci Yuri !