Auteur : Ariani Lee
Série : Les Chevaliers du Zodiaque
Genre : Angst, Comfort, Slash.
Pairing : Hyoga/Shun Shaka/Shun
Epilogue
Your voice is like music to my ears
Whisper softly and the world just disappears
Take me higher and just wipe away my fears
When you're with me
Oh boy, it's my heartbeat that I hear
(Fillin' me up, Britney Spears)
Hyoga se précipita et rattrapa Shun. Il s'assit par terre et l'allongea contre lui. Il était trop tard.
Ils n'étaient pas revenus à temps, et il était trop tard.
Mais il sut immédiatement ce qu'il devait faire. A l'instinct. Il prit sa main, dont la peau lui parut déjà trop fraîche, et noua ses doigts aux siens. S'installant plus confortablement, il lui envoya de son énergie, la fit passer de sa main à la sienne et dans tout son corps. Assez pour maintenir ses fonctions vitales. Assez pour que son cœur se remette à battre et son sang à circuler. Sa peau se réchauffa. Hyoga soupira de soulagement. En fait, il n'avait pas vraiment eu peur. C'était au-dessus de ça. Était-ce ça, ce que Shun avait ressenti en le découvrant dans le cercueil de glace? Il avait eu l'impression qu'un gouffre s'était ouvert sous son cœur et que celui-ci, paralysé par le vertige, cessait d'exister.
Ikki s'assit à côté de lui et prit l'autre main de son frère.
- Je vais continuer, dit-il.
- Non !
Hyoga se figea, surpris par sa propre virulence.
- Désolé, dit-il. Excuse-moi, mais... Je veux le faire.
- Tu ne pourras pas tenir très longtemps. Passe-moi le relais. Il ne veut pas se réveiller et te trouver mort. Crois-moi.
Le Cygne secoua la tête.
- Je lui dois la vie et je l'aime, pour lui je mourrais !
Ikki retira sa main, réticent.
- Je ne te laisserai pas te tuer, dit-il d'une voix grave. Tu dois être là à son réveil... pour réparer le mal que tu lui as fait.
Hyoga se tourna vers Ikki et soutint son regard. Le chevalier du Cygne savait à quel point il était en tort, il savait que son ami avait raison. Finalement, il acquiesça.
- Laisse-moi le faire aussi longtemps que je le pourrai, s'il te plaît.
À son tour, le chevalier Phénix opina du chef.
L'horloge éteinte, plus rien n'indiquait l'heure qui passait, à part le soleil qui s'était à présent tout à fait levé. Ikki redoutait que, conscients du délai qui était dépassé, les autres ne se pressent pas pour revenir. Combien de temps pourraient-ils le maintenir en vie ? Hyoga était déjà très pâle.
Le chevalier du Cygne enlaçait Shun, le maintenant allongé contre lui, un bras passé autour de lui avec tendresse. Il ne pouvait s'empêcher d'apprécier cette étreinte et ce contact. Il prenait conscience qu'il avait toujours éprouvé le désir de le tenir contre lui comme ça, et ça le réconfortait. Ça l'aidait à ne pas penser à ce qui était en train d'arriver, à ce qui risquait de se produire si les autres ne revenaient pas très vite. Au fait que même s'ils revenaient, il n'y aurait peut-être rien à faire. Il commençait à être épuisé, mais il ne voulait pas passer le relais. Il voulait le sauver. Il voulait faire ça pour lui, payer sa dette.
- Tu es blanc comme un linge, dit Ikki.
- Je vais bien ! Protesta Hyoga. Je te le dirai quand...
Il s'interrompit.
- Ils sont là, annonça Ikki d'une voix altérée.
Hyoga tourna la tête. Il se sentait faiblard. Il les vit arriver de loin, ils couraient.
Athéna et les chevaliers d'or approchaient. Ikki se leva quand ils arrivèrent près d'eux.
Saori les regardait, horrifiée.
- On a fait aussi vite qu'on a pu..., Murmura-t-elle.
Toujours dans le cirage, Hyoga regarda le groupe amassé autour d'eux. Il ne se sentait pas la force de parler, d'expliquer, il laissa faire Ikki.
Les Douze étaient là, Sion aussi. Tous allaient bien, sauf Aiolia apparemment. Le chevalier du Lion était soutenu par Shaka, et Hyoga l'évita du regard.
Il y avait aussi une personne qu'ils ne connaissait pas. Un jeune homme aux cheveux bruns, grand et mince. Il portait des vêtements noirs, un pantalon, un veston et des gants de cuir. Autour de son cou brillait un pendentif qui avait la même couleur que ses yeux, rouge sang. Le chevalier du Cygne se demanda vaguement qui était ce type, mais fut coupé dans ses pensées par une main qui se posait sur son épaule.
- Ça suffit, dit Ikki. Tu es à bout de forces, laisse-moi continuer.
- Non... Je continue... Je m'en fiche de... vivre s'il meurt. Si personne ne peut rien faire je... meurs. Avec lui...
- Il y a un moyen.
La voix était étrangère. Grave et qui contenait quelque chose de difficile à identifier. Quelque chose de triste et de cynique. C'était le jeune inconnu qui avait parlé, et il avait un accent léger, des pays de l'Est. Hyoga le regarda, leurs yeux se croisèrent, et le chevalier du Cygne ressentit quelque chose d'étrange. Comme si lui et cet homme avaient quelque chose de profond en commun. Il n'aurait su dire quoi. Il le regarda s'agenouiller près d'eux.
- Je connais un moyen, dit-il au chevalier du Cygne. Mais ça demande un grand sacrifice.
Hyoga secoua la tête.
- N'importe quoi. Je ferai n'importe quoi.
Le jeune homme acquiesça.
- Je t'explique. Je connais un rituel, une magie qui permet de partager sa vie avec un mourant. Ça veut dire que quelle que soit l'espérance de vie de celui qui veut sauver quelqu'un, il peut en donner la moitié à la personne qui meurt. Si tu as quarante années devant toi, tu lui en donneras vingt, et le jour venu, vous mourrez en même temps.
Hyoga acquiesça. Aucune hésitation.
- Qui êtes-vous ? Demanda-t-il.
- Je m'appelle Yuri Volt Hyuga. Je suis un Harmonixeur, et le gardien de la Malice. Je suis venu pour lui.
Il désigna Shun, avant de se relever. Il porta une main devant son visage et s'en voila les yeux. Il y eut une déflagration de lumière, et Yuri disparut. À sa place se tenait une créature étrange et magnifique.
Elle avait le corps d'un être humain entièrement nu et asexué. Sa peau était bleue, et le pendentif à la pierre rouge que portait le jeune homme était à présent incrusté dans sa poitrine. Tout autour, des tatouages noirs faisaient des volutes qui s'étendaient sur le corps entier, jusqu'à son visage. Deux grands ailes noires jaillissaient de ses épaules, et deux plus petites battaient ses reins. Les traits de son visage étaient les mêmes mais son regard recélait une infinie sagesse. Le Séraphin Noir étendit une main au-dessus des deux garçons et murmura :
- « Pour demain ».
Une lumière blanche tomba sur eux, et Hyoga sentit toute son énergie lui revenir. Surpris, il resserra son étreinte.
- Ça va mieux ? Demanda l'ange.
Hyoga acquiesça. La créature s'agenouilla et posa sa main sur celles, jointes, des deux chevaliers.
- Tu es sûr ? Demanda-t-il.
- Absolument certain.
Le Séraphin Noir ferma les yeux.
La pierre rouge se mit à briller sur sa poitrine, et Hyoga éprouva aussitôt une sensation curieuse. Comme s'il s'enfonçait dans son propre corps. L'obscurité l'engloutit. C'était effrayant. Il ne voyait ni n'entendait plus rien, il était seul dans cette espèce de néant, une obscurité comme du velours.
- Je suis où, là ? Se demanda-t-il à voix haute.
Une étincelle s'alluma soudain à côté de lui. Une étincelle minuscule, qui dégageait malgré tout une énergie familière. Si faible...
- Shun ? Demanda-t-il avec douceur.
Il tendit sa main ouverte pour prendre la petite lumière dans sa paume. A peine l'eut-il touchée qu'il eut l'impression - physique - que des bras passaient autour de son cou, s'y accrochaient, et qu'un corps se pressait contre le sien. Comme si une personne invisible l'avait enlacé, mais c'était plus que ça. Il lui semblait sentir une peau chaude sur la sienne, comme s'il avait été nu. Sans aucune distinction non plus. Elle paraissait se souder à la sienne, et tout le corps collé au sien semblait désirer s'y unir, s'y fondre et ne faire plus qu'un avec lui. Déjà déconcerté et troublé, Hyoga se sentit soudain emporté par une tempête d'émotions qui le submergèrent toutes en même temps. Des émotions qui n'étaient pas les siennes. Peur, joie, culpabilité, horreur, fierté, tristesse, dégoût. Par réflexe, il enlaça à son tour la personne qui l'étreignait et qu'il ne pouvait toujours pas voir. Le corps bougea quand il le serra contre lui, convulsivement.
Bascula.
En lui.
L'instant d'après il était seul dans le noir...
oooooooooo
Lentement, sa conscience lui revenait. La lumière sur ses paupières, le murmure d'un brouhaha de voix qui chuchotaient autour de lui, ainsi que la présence d'un corps allongé sous le sien et de deux bras autour de lui, d'une main dans la sienne.
Shun ouvrit les yeux, et ceux-ci s'emplirent du ciel bleu sans aucun nuage qui le surplombait.
Je suis... mort ?
- Shun ? Appela une voix à côté de lui, qu'il reconnut aussitôt. Il tourna la tête et sourit.
- Ikki...
- Tu reviens de loin, lui dit le chevalier Phénix en passant une main dans les cheveux de son cadet. Tu nous as fait une belle peur à tous.
- Tous ?
Il regarda autour de lui et constata, étonné, la présence d'Athéna et des autres.
- Vous l'avez fait, dit-il d'une voix pâteuse, à Sion et Saori qui le regardaient avec un air incrédule. Vous êtes revenus à temps.
La déesse secoua la tête.
- Non, dit-elle. On était en retard...
- Mais alors comment...
Contre lui, le corps se mit à bouger. Il s'interrompit et se retourna, intrigué, pour voir de qui il s'agissait. Il eut la surprise de trouver derrière lui Hyoga, qui semblait inconscient. Il était en train de se réveiller. Shun se redressa, engourdi et un peu perdu, et s'assit pour le regarder revenir à lui. Qu'est ce qu'il faisait là ? Comment allait-il réagir en le voyant ? Un instant, il pensa qu'il ferait mieux de s'éloigner avant, mais l'œil du chevalier du Cygne qui n'était pas caché sous la frange de ses cheveux blonds s'ouvrit et se posa sur lui. Shun se figea - son regarda allait-il se glacer et se durcir comme la dernière fois ? Mais non. Le visage du jeune homme sembla se détendre quand il le vit.
- Shun, murmura-t-il. Tu vas bien… Je…
Il leva une main et la passa dans ses cheveux, la laissa posée sur son visage. Le chevalier Andromède posa sa propre main dessus, ému au-delà des mots. Le Cygne s'assit avec peine et le regarda dans les yeux.
- Pardonne-moi, dit-il doucement. J'ai été odieux avec toi. Je t'aime.
Shun ferma les yeux sans répondre. Hyoga remua son pouce, caressant sa joue.
- Shun ?
- Dis-le encore..., Dit le garçon dans un souffle.
- Pardonne-moi, je t'en prie.
- Pas ça.
Le Cygne regarda son visage. Il paraissait tendu, angoissé.
- Je t'aime.
- Encore...
- Je t'aime.
- Plus fort !
- Je t'aime.
Il posa la main sur l'autre joue et releva la tête du jeune homme.
- Je t'aime depuis toujours, ajouta-t-il avant de l'embrasser sur les lèvres.
Shun reçut son baiser avec timidité. Il avait du mal à y croire. Qu'est-ce qui avait pu se passer pendant qu'il était inconscient ? Pourquoi l'acceptait-il, maintenant ? Parce qu'il avait eu peur qu'il meure ? Peut-être qu'Ikki lui avait dit quelque chose. Mais les bras qui enlacèrent sa taille lui firent rapidement oublier ses doutes, et à son tour, il embrassa le chevalier qu'il avait toujours aimé sans le savoir.
Ils se séparèrent soudainement quand, les surprenant dans leur étreinte, des applaudissements crépitèrent autour d'eux, leur rappelant qu'ils n'étaient pas seuls.
FIN
Ma première fic sur les chevaliers du Zodiaque ! Je suis contente d'y être arrivée - dix chapitres, c'est honorable, non ? :-) Quoi qu'il en soit, merci de m'avoir suivie et reviewée jusque là, en particulier à Kiranagio et Duncanheart. Concernant le personnage « invité » dans ce chapitre, il s'agit de Yuri Volt Hyuga, le héros de Shadow Hearts 1 et 2. Pour faire court, un Harmonixeur est une personne qui possède le pouvoir de Fusion, et qui est donc capable de se transformer en monstre. Né d'une mère Russe, Anne, et d'un père Japonais, Jinpachiro « Ben » Hyuga, dont il a hérité le pouvoir. Mais alors qu'un Harmonixeur ne peut normalement prendre l'apparence que d'une seule créature, Yuri est capable de se métamorphoser en de nombreuses créatures différentes, ce qui met son équilibre mental et sa vie en danger. Il a refermé la porte sur la Malice dans la tour après qu'elle ait été ouverte. Le Séraphin Noir est la Fusion ultime de Yuri dans Shadow Hearts II. « Pour Demain » est le nom d'une technique qui soigne tous les personnages blessés et booste leurs statistiques.
Il y a une incompatibilité chronologique à sa présence dans cette fic, car Shadow Hearts se déroule pendant la première guerre mondiale, mais j'avais vraiment envie de l'inclure, alors... La grande similarité qui existe entre lui et Hyoga (en dehors de leurs noms, en fait) réside dans leurs origines russo-japonaises, père japonais, mère russe. Sans parler de la mort desdits parents, etcetera.
Un remerciement particulier à Shangreela, bêta-lectrice de ma vie. Merci, merci, merci ! Merci de m'avoir laissée t'exploiter, te surmener et encore plein d'autres choses ! (gros câlin)
EDIT du 22 décembre 2012 : Une suite est désormais prévue.
