Titre : A priori

Auteur : Digitalle

Rating : T

Résumé : "Abberline. Quoi ? ça ne vous dit rien ? Quelle preuve d'inculture flagrante. Il est vrai que mon nom n'est pas passé à la postérité comme celui, si bénit, des maraudeurs... Pourtant, j'étais aux premières loges pour assiter à la montée en puissance du Lord Noir. Moi, Ellen Abberline, Serpentarde de mon état."

Disclamer : Rien ne m'appartient, tout est à JKR. Même pas l'histoire dont elle a tiré les grandes lignes.

Blabla : Finalement le premier Chapitre c'est pondu assez vite. J'ai par contre l'impression que c'est assez confus. Je n'ai pas voulu trop m'attarder sur la présentation des nouveaux perso et sur l'évolution du caractère d'Ellen, mais il fallait bien. Aussi je m'excuse si ce chapitre est assez trouble. Enfin de mon avis. C'est dur de se montrer objective sur son propre travail. Comme vous allez le voir, ma construction n'a rien d'original. Du premier jour à Poudlard, on passe sans transition à la septième année des maraudeurs. Enfin d'Ellen
Mais bonne lecture tout de même.

J'aimerais juste remercier Angelina johnson4 et I-am-Lady-Voldemort, mes premières revieweuses, dont les compliments m'ont fait très plaisir. J'espères qu'elles ne seront pas déçues pas ce chapitre.


Chapitre 1

Je n'aime pas le lundi. Correction : Je hais le lundi. Surtout celui qui débute la deuxième semaine de cours. L'attrait de la nouveauté (si nouveauté il y a encore, après six années à Poudlard) est définitivement au placard, et les innombrables discours sous lesquels on nous a assommé concernant "l'immense importance des examens de fin d'années" qui vont "être le facteur déterminant de notre entrée dans la vie active", cette chose détestable "qu'il faut à tout pris réussir" pour avoir "la chance de faire partie de l'élite de notre nation sorcière" et d'autres conneries du même genre, concernant la réussite, les études, et la difficulté de ce qui nous attends, me sape complètement le moral. Franchement désolant.

Je crois même qu'une pauvre Serdaigle – cela ne m'étonnerait pas que ce soit cette peste d'Ashley-chose – est à l'infirmerie pour cause de crise de panique aggravée. Si je ne connaissais pas Abigaïl, je crois que je ne supporterais pas les Serdaigles. Enfin, Tante Abbie, n'est pas une véritable Serdaigle. C'est une Serpentard dotée d'un grand talent d'actrice.

Et de toute façon, je n'aime pas les Serdaigles. J'ignore les Poufsoufles. Je méprise les Gryffondors. Je snobe la plupart des Serpentards. Je suis pour le partage équitable comme vous le voyez. En fait, pour faciliter votre compréhension, j'emmerde tout le monde. Sauf bien entendu, Père. Et les sœurs. Cissa. Harper. Et Elizabeth Mitchell de Serdaigle. Mais elle, c'est un cas à part.

Enfaîte, quand on y pense, je suis un modèle de courtoisie et de sociabilité. J'aime mon prochain, je suis respectueuse avec mes professeurs, j'aide mes petits camarades de premières années, je n'envoi pas les pauvres Poufsoufles à l'autre bout du château lorsqu'ils me demandent leur chemin, je ne fais jamais exploser le chaudron de mes condisciples volontairement, et je n'ensorcelle jamais le déjeuner des Gryffondors. Une élève parfaite.

Bien entendu, tout ce que j'ai raconté juste au-dessus est complètement délirant. Je m'excuse d'avoir proféré d'aussi grossiers mensonges, mais il est sept heures du matin et Adamson squatte la salle de bain depuis une bonne demi-heure. Alors, à la place de raconter des idioties, je devrais plutôt me préparer psychologiquement à stupéfixier Narcissa pour qu'elle n'atteigne pas avant moi la porte de ladite salle, lorsque cette abrutie d'Adamson en sortira.

Pas que j'ai vraiment très hâte de me pomponner pour plaire à la gente pseudo masculine de Poudlard (à vrai dire je n'en ai pas vraiment besoin, étant naturellement magnifique, eh eh eh), mais je n'ai pas mangé depuis dimanche midi. Pour vous dire la vérité, je me suis retrouvée enfermée dans une salle du château que je ne connaissais pas, alors que je me promenais (disons plutôt que j'inspectais les corridors proches de la tour des Gryffondors en vue de vérifier les propriétés d'une potion encore en phase de test), et que je n'ai réussit à en sortir qu'à dix heures passées.

Un claquement me tire de mes pensées. J'ouvre brusquement les yeux, et je n'ai que le temps de voir une chevelure platine disparaître dans la pièce tant convoitée. Merde. Il faut dire aussi que je ne suis pas particulièrement bien installée pour réagir rapidement. A moitié somnolente encore, la tête renversée par-dessus le matelas du lit, la nuque douloureuse, ma tignasse aubergine frôlant le plancher glacé, les jambes appuyées contre le mur, je suis particulièrement élégante certes, mais pas franchement en position d'attaque. Mais tant pis. J'en profite pour me rendormir quelques minutes alors que Narcissa ma prise de vitesse.

Enfin je projette d'en profiter pour me rendormir. Et cette sage résolution restera à jamais hypothétique car un effroyable hurlement perce la cloison. Tiens, ça ressemble à la voix de Cissa. C'est étrange ça. Et ça m'empêche de roupiller tranquille.

« Adamson ? T'as oublié de lui dire que quelqu'un avait coupé l'eau chaude… » Commente distraitement Judith Lawrence, qui, nonchalante devant sa glace, coiffe ses parfaits cheveux noirs, vêtue de son uniforme parfaitement ajusté sur son corps au formes tellement parfaites que ça m'en donne la nausée.

Cette fille est un monstre. Tous ce qu'elle fait se révèle excellent. C'est une flèche en Métamorphose (mais pour moi, tout le monde brille en métamorphose, sauf peut-être Pettigrow : l'honneur reste sauf), elle a un physique digne d'une vélane, et j'en passe. Seulement je crois qu'elle est incapable de ressentir de sentiments humains. Je ne l'ai jamais vu sourire, encore moins rire. Pas de relations durables… elle se contente d'être là, sûre d'elle-même et affreusement arrogante, insensible aux mouvements extérieurs à son joli crâne. Dire que nous sommes cousines…

« Oh Merlin ! Ça m'est complètement sortie de l'esprit » s'exclame Adamson, une main aux ongles délicatement peints en rouges sur la bouche.

On pourrait croire, venant de n'importe quel Serpentard, que la remarque est ironique, sarcastique, ou même méchante. Mais non. Adamson est tout ce qu'il y a de plus sérieuse. Cette fille est une dinde. Dans tout les sens du terme malheureusement. Idiote, naïve, affreusement glousseuse… Elle est juste assez orgueilleuse pour se pavaner dans les couloirs au côté d'Agatha Simpson, la fiancée de Wilkes, qui l'attend d'ailleurs un poing sur la hanche devant la porte du dortoir.

Je ne réagis pas, affalée que je suis. Cela ne surprend personne. Il est de notoriété publique chez les Verts et Argents que je ne m'intéresse qu'à ce qui me concerne directement ou qui pique ma curiosité. Mon flegme outrancier et mon je-m'en-foutisme permanent sont une de mes plus grandes fiertés. Avec le souvenir de la fois où j'ai décroché une meilleure note que le fils Prince en Potion. Je me suis toujours cru excellente dans cette matière, et douée d'un talent supérieur. Ce qui s'est en effet avéré juste. J'avais simplement omis que cet enfoiré de Rogue, de son véritable et humiliant nom, possédait un don incontesté. Je me suis donc habituée à la deuxième place.

« Les Maraudeurs sont de sortis… » J'énonce tranquillement, les paupières toujours closes, sentant le sang me monter à la tête. Enfin plutôt y descendre.

Lawrence me jette un regard vaguement surpris – chez elle ce genre de chose est toujours 'vague' – tandis qu'Adamson glousse. Je roule des yeux. Personne évidement ne s'en rend compte. J'ai toujours trouvé particulièrement humiliant pour une Serpentarde qui se respecte de frémir – comme les trois quart des filles du château – à la seule mention du nom, trois fois maudit, d'un de ces idiots de lions. Lions qui passent leur temps libre à humilier notre sainte maison.

Pas que je ne leur trouve aucun atout. Je sais me montrer objective quand il le faut. Potter est très beau, Lupin a du charme, et cet enfoiré de Black suinte de partout la classe et l'élégance. Pettigrow ne compte pas, il est bien trop banal pour cela. Mais je ne trouve pas que ce soit des raisons suffisantes pour les aduler et baiser le sol sur leur passage. Hum. Ne croyez pas que j'exagère. La surface où ils ont l'honneur de poser le pied est aussitôt vernie par une armée de lèvres rose vif.

Les filles quittent le dortoir. Je reste enfin seule. Ah sommeil bien aimé… C'est évidement le moment que choisi ma très chère Narcissa pour quitter la salle de bain avec autant de discrétion qu'un dragon dans un musée de porcelaine. Qui a dit que Miss Black était délicate est raffinée ? Hum… Celui là était soit sourd soit ne maîtrisait pas totalement notre langue..

J'ouvre brusquement les yeux lorsqu'une trombe d'eau – froide – se déverse sur mon visage. Je m'empresse aussitôt de les refermer avant la deuxième salve… Mais apparemment Cissa-chérie a du juger qu'il n'était pas de très bon goût d'essorer ses cheveux sur une de ces colocataires, qui n'est pour rien dans sa désagréable aventure. Ou du moins autant que je m'en souvienne.

Je me redresse, lentement, de peur de brusquer mes pauvres membres encore engourdis. Narcissa est encore en peignoir de bain, apparemment de très mauvaise humeur. Ses joues habituellement si pâles sont rougies par le froid. Mais, sans mauvais jeu de mot, je vois bien qu'elle boue de colère. Mais heureusement, comme je l'ai dit plus haut, je ne suis pour rien dans ce regrettable incident.

« Adamson savait… » Je lui jette, amusée, tenant ma vengeance.

Il ne faut jamais réveiller une Abberline. Même quand elle ne dort pas vraiment. Alors que ma compagne de dortoir hausse un sourcil – apparemment avoir un mouton noir sur lequel décharger sa colère, semble la calmer – je me jette dans la salle de bain. Avant de me souvenir qu'une douche glaciale m'attend, et de me faire violence pour ne pas descendre dans la Grande Salle en chemise de nuit.

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Mon humeur – déjà peu réjouissante – s'est encore aggravée. Je déteste l'eau froide. En réalité, je déteste l'eau tout cour, mais ce détail n'a aucune importance. Agacée, je contemple mon reflet dans le miroir embué. Finalement l'aubergine me va plutôt bien au teint, même si je n'étais pas particulièrement chaude lorsque Narcissa m'a convaincu que ce coloris inédit ferait merveille sur mes cheveux.

D'un coup de baguette magique, je sèche mes cheveux qui bouclent légèrement et je fronce les sourcils, critique. Mes cheveux sont plutôt cours, ils frôlent à peine mes épaules dans un dégradé plutôt étrange. C'est la dernière œuvre d'Amalthée et elle m'a assurée que ça m'allait comme un gant. Je dois bien avouée qu'elle a des doigts de fée et que ma coupe à l'air très sophistiquée. Comme tous ce qu'elle touche d'ailleurs. C'est d'elle que je tiens ma manie de me teindre sans cesse les cheveux. Et cela n'a rien à voir avec une quelconque recherche d'identité comme suppose cet abruti d'Harper.

J'ai hérité de chacune de mes tantes d'une ou deux manies, d'une ou deux habitudes. J'aime énormément apprendre des sortilèges étranges et qui ne servent à rien d'autre qu'à rendre la monnaie de leur pièce aux Maraudeurs, chose que ne renierait pas la délicieuse Abigaïl. J'ai quelques prédispositions pour les potions – Tante April doit y être pour quelque chose – et une tendance à jouer les grandes dames.

Plus j'y pense, plus je me demande à quoi je ressemblerais si j'avais été élevée seulement par Père. A Lawrence peut-être ? Cela me donne des frissons dans le dos.

Je me maquille à peine, d'un coup de crayon noir, et j'enfile un jean lâche – ancienne propriété d'Amalthée – et une chemise légère, sous ma robe d'uniforme que je néglige de boutonner.

Je sors de la salle de bain en refermant les derniers boutons du chemisier – et, avisant que Narcissa a déserté les lieux, je grommelle quelques jurons et chausse mes bottes en velours dans lesquelles je fourre les pans trop longs de mon pantalon. Un coup d'œil à la glace et je quitte le dortoir, attrapant au passage mon sac qui traîne, abandonné sur le sol et une cravate verte qui jure atrocement avec mes cheveux. J'ai l'air d'une cavalière un peu décalée, ce qui était à peu près l'effet recherché. Cissa va encore grogner.

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Je contemple – ce qui devient presque une habitude – le tableau griffonné d'un œil morne et vide de toutes expressions. Je l'ai peut-être déjà précisé, mais la métamorphose, surtout au niveau de celle que l'on commence à étudier en septième année – est une matière très obscure pour moi. Je sais facilement transformer un animal en un autre, pas trop différent, un objet en un autre, d'une taille à peu près semblable… mais concernant les choses qui ont autant en commun qu'une serviette de bain et un chimpanzé, je commence à voir flou.

Et puis expliquez moi l'utilité de métamorphoser une chaise en perroquet, à part peut-être, de provoquer une surdité précoce chez McGonagall. Elle a beau avoir à peine quarante ans, c'est un des enseignants les plus craints de Poudlard. Bien entendu, j'hésite à faire part de mon point de vue, la vieille chouette ayant déjà réservé pour elle mes soirées de Jeudi et Vendredi. J'avais oublié qu'elle ne supportait pas les retards à répétition.

Désespérée, je jette un coup d'œil à ma voisine de table. Je déchante rapidement, me rappelant que Narcissa se débrouille relativement bien dans cette matière et qu'apparemment, elle est très occupée à schématiser à coups de plume énergiques les explications obscures de la prof. Je cherche donc un peu de réconfort de l'autre côté de la pièce : Harper, se balançant nonchalamment sur sa chaise, une plume dans la bouche, accable sa chaise-cobaye de sorts variés et colorés avec l'air de s'amuser énormément. Le bois s'est déjà couvert de petits appendices rassemblant vaguement à un plumage grisâtre. Je soupire, sachant pertinemment que, le soir même, avec un peu de concentration, le jeune homme arbora un oiseau multicolore sur l'épaule.

Comme vous l'avez surement déjà remarqué, je dispose d'un grand nombre de talents. Je suis plutôt – très – douée en enchantement, en potion, et je suis suffisamment combative pour être dans le peloton de tête en DCFM. Je suis également relativement intéressée par la botanique – à condition que l'on ne me demande pas de couvrir de terreau, ce dont le professeur à l'air de tirer grand plaisir – pour surnager facilement.

Je n'ai par contre jamais fait l'ombre d'un effort dans les autres – et inutiles – matières. Histoire de la magie, astronomie… ne sont pas pour moi des sujets d'étude dignes de ce nom. D'ailleurs j'ai abandonné ces matières. En fait, je ne peux qu'admettre, que, malgré tous mes efforts, moi et la métamorphose, nous ne nous entendrons jamais.

Bien entendu, c'est quand je prends la sage résolution de reconnaître ma défaite, que McGo m'interpelle, un air mécontent peint sur le visage. Quoi ? Moi ? Bailler aux corneilles ? Si peu. Ma baguette ? Mais elle est juste là. Oui oui, je m'entraîne cela ne se voit pas ? Quoi ? En retenue ? Mercredi ?! Mais c'est le jour des sélections de Quidditch ! C'est de la partialité visant à remporter la coupe des quatre maisons ! Parfaitement. Mardi ? Non non, je me tais okay…

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Je suis d'une humeur massacrante. Ah ? C'est la troisième fois que je le répète ? Eh bien ça n'a jamais été aussi vrai. Sortie de trois heures d'intenses réflexions en métamorphose, avec la menace de m'interdire à vie de Quidditch si je sèche mes retenus – comment a-t-elle put savoir que je pensais à ça ? – je ne suis pas vraiment complaisante. Pas que je le sois souvent notez-le bien.

J'arpente les couloirs, à grand pas, mes bottes claquant furieusement sur les dalles de pierre. J'ai l'air suffisamment peu avenante pour que l'on s'écarte sur mon passage sans que je n'ai besoin de jouer des coudes. Ma réputation de langue de vipère doit me précéder.

A mes côtés, Narcissa marche tranquillement. Si j'en crois l'air avec lequel Adamson la regardait tout à l'heure, elle a du épancher son surplus d'énervement sur elle. Joie. Mais c'est plus que ça je pense. Cissa est beaucoup plus joyeuse – si l'on peut qualifier une Black de 'joyeuse' – depuis notre arrivée à Poudlard qu'elle ne l'a été depuis bien longtemps. Je suppose que ne plus sentir sans cesse le regard du cousin Malfoy planer sur chacun de ses gestes doit être une agréable libération. Même si elle sait – aussi bien que moi – que tout acte inconsidéré sera aussitôt rapporté à son exécrable fiancé, tout juste sortis de Poudlard ; elle a le droit à une pseudo insouciance avant le mariage qui ne tardera certainement pas.

Heureusement, il n'est pas d'usage chez les Abberline – malgré les habituelles remarques venimeuses et autres agréables proposition des amis de la famille – d'unir ses filles aussi inconsidérément. Il est même conseillé aux demoiselles de ne pas se marier du tout, pour éviter de se retrouver sous la coupe d'une autre maison que la notre. Ce qui, de mon avis est parfait. Voyez mes tantes, à qui ce système réussit parfaitement.

« Nelly, où est Morgan ? » demande distraitement Narcissa, tout en s'intéressant à ses ongles, avec l'habitude d'une question rhétorique.

Harper a l'habitude de disparaître à tout bout de champs, on ne sait où, avec on ne sait qui. Cela ne surprend plus personne, mais Narcissa – quand j'oublie moi-même de le faire – ne se lasse pas de souligner ses égarements réguliers. Bien que je doute qu'il se perde. Je pencherais plutôt pour une petite séance de pelotage amicale dans un des placards du septième étage, en compagnie de sa nouvelle conquête.

« Harper ? Je ne sais pas. »

Réponse traditionnelle. Cissa esquisse un sourire discret et rejette ses cheveux en arrière, très mondaine. L'intermède m'avait à peu près calmée. La foule qui se presse aux portes de la Grande Salle pour le déjeuner ravive mon agacement. Des premières années de Gryffondor nous dépassent au pas de course, en se bousculant. Ma condisciple leur jette un regard polaire et méprisant, que j'accompagne d'une remarque acerbe concernant la meilleure façon d'élever les lionceaux de nos jours. Narcissa rit, dangereusement glaciale.

Une tignasse rousse se retourne vivement et nous jauge du regard. Tiens Evans. Tu n'as pas l'air très souriante dis moi. Ah ? En tant que préfète en chef tu ne peux pas accepter que j'agresse ainsi mes petits camarades ? Tu m'en vois désolée. Mais personne ne t'a demandé d'accepter que ce soit d'après mes souvenirs. Ah une retenue ? Désolée très chère, je suis complète jusqu'à la semaine prochaine.

« Que je ne te revois pas malmener les premières années Abberline ! » me lance-t-elle indignée alors que je lui ai déjà tourné le dos.

Evans ne m'aime pas. Allez savoir pourquoi. Je ne lui ai pourtant rien fait de spéciale. Enfin rien qui ne la vise personnellement. Si on oublie bien entendue la foi où elle s'est retrouvée enfermée une classe vide de la Tour Nord en compagnie de quelques épouvantards. En cinquième année. Mais ce n'est tout de même pas ma faute, je visais son homologue de Serdaigle qui m'avait fait un coup foireux. Mais elle a crut que c'était de la faute à cet abruti de Potter, ce qui a bien arrangé mes affaires. Il ne vaut mieux pas avoir un préfet-en-chef sur le dos, surtout lorsque c'est une préfète, et qu'elle ressemble à une véritable furie.

Harper est déjà installé, en grande discutions avec Rosier. Je roule des yeux. Il finit par nous apercevoir et nous fait un pseudo signe de salut avec son chapeau inexistant, grand seigneur.

« Morgan, chéri, où étais-tu passé ? Je me suis fait tellement de soucis… demande à Nelly ! » S'exclame la fiancée Malfoy en frappant légèrement le sommet du crâne du méchant garçon.

Harper grimace et se frotte la tête, ou plutôt il ébouriffe un peu plus ses long cheveux châtains qui lui tombent devant les yeux, qu'il a très clairs.

« Pardon Tante Narcissa. Je ne le referais plus. » Réplique-t-il, avec un air contrit qui m'arrache un sourire, sourire qui s'agrandit lorsque la mégère récidive d'un coup de coude entre les côtes, tout en prenant place à côté du jeune homme.

« Rosier, bouge. » je claque, indifférente.

Evan Rosier a, je crois, un petit faible pour moi. Ce qui est totalement idiot lorsque on sait qu'il épousera ma très chère cousine Judith dans quelques années. Mais c'est la seule façon qui explique le fait que cet être venimeux soit aussi complaisant devant mes attitudes méprisantes. Chose qui m'arrange.

« Oui Evan, bouge. » ajoute distraitement Harper tout en se servant une large portion de pomme de terre.

Le regard noir que Rosier réserve à l'incontestable gentleman me fait sourire intérieurement, tandis que je me laisse tombée, très élégante, de l'autre côté du beau Serpentard aux cheveux longs, l'autre ayant consentit à se décaler d'une chaise. Je suppose que lui aussi est adepte de la rumeur concernant l'hypothétique attirance qu'Harper entretiendrait à mon égard. Oui, c'est bien farfelu je vous l'accorde. D'ailleurs, la première fois que j'ai entendue pareille idiotie, j'ai éclaté de rire.

Mais, Harper n'ayant rien trouvé de mieux que m'embrasser fougueusement, à la pseudo nouvelle que ses sentiments pour moi seraient partagés, la rumeur s'est immédiatement propagée dans tout Poudlard, Radio-couloirs oblige. Morgan est un idiot finit, mais je dois dire que sa brusque initiative à alimenté nos fous rires pendant de nombreuses semaines. De cet incident – qui s'est déroulé l'année dernière si mais souvenirs sont bons – je n'ai rien appris de particulier : je savais déjà que les commérages se propageaient plus vite qu'un feu de forêt dans le château. Et que Morgan Harper embrassait divinement bien.

« Morgane, dis à Nelly qu'elle est habillée comme une chiffonnière. » ordonne ma chère colocataire, en portant à ses lèvres sa coupe de jus de citrouille.

« Ellen, vraiment classe aujourd'hui la tenue. Ce ne serait pas ma chemise ? »

« Morgane… »

« Désolé Cissa. »

« T'es pas très large d'épaule Harper. »

Je lui tire la langue, pour faire bonne mesure. Je déteste qu'il m'appelle Ellen. Seul Père m'appelle comme cela. Les sœurs ont adopté depuis longtemps le surnom de Nelly, tout comme Narcissa. Pour les autres, c'est Abberline, tout simplement. Aussi, je mets un point d'honneur à ne jamais l'appeler Morgan. Cette sorte de code entre nous est à présent immuable.

Vous l'avez certainement déjà remarqué, mais, tous les membres de ma famille, moi mise à part, on un prénom commençant par la lettre A. J'ai toujours trouvé cette tradition étrange et ridicule, mais ce n'est apparemment pas le cas des mes ancêtres – jusqu'à la dixième génération – qui ont pondus un nombre incalculable d'Alexander, Agnès, et autre Anastasia. Je n'ai jamais compris pour quelle raison. Initiales semblables ? Uniformité ? Déséquilibre mental ? Plausible mais invérifiable.

C'est une des seules choses pour laquelle je remercie ma défunte mère. Demandant sur son lit de mort que l'on me prénomme comme elle, Père a jugé délicat d'accéder à sa demande. Je me prénomme donc Ellen – ce qui n'est pas pire qu'autre chose – et j'évite ainsi l'humiliation de devoir porter le nom d'Ariane IV qui m'était initialement destiné. Viviane en soit louée.

« C'est vrai… J'ai un physique très délicat.» S'extasie le jeune homme en se caressant le visage d'un doigt, avec un expression de grande révélation.

Narcissa le frappe derrière la nuque – ce qui, vous vous en rendrez vite compte, est une de ses habitudes préférées – et j'esquisse un sourire.

Le pire, c'est qu'Harper a raison. Il est tout en délié l'enfoiré. Pas très grand – nous devons avoir la même taille et je dois mesurer à peine un mètre soixante-douze – il est mince, et très nerveux. Les traits de son visage son presque féminin, et sa mâchoire et son nez font des angles parfaits. Damned. Ce mec est une œuvre d'art sur patte. Dommage que nous soyons trop proches pour que je puisse en profiter.

De toutes les façons, je ne m'aventurerais pas à entretenir une relation de cette sorte avec lui, même si nous n'étions pas amis. Harper et bien trop lunatique, et aussi peu fidèle que moi. Et c'est un euphémisme. On pourrait écrire un grimoire sur ses mœurs sexuelles. Enfaîte, il est, avant tout, attiré par la beauté et l'originalité elle-même. Avant de s'enquérir du sexe dudit individu. Et vous imaginez qu'avec son physique de jouvencelle, les candidat(e)s ne manquent pas.

Et puis il est très méchant. Je crois qu'il me fréquente trop.

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Le déjeuner s'est passé sans grand incident notable. Apparemment, les maraudeurs hibernent. Si on daigne oublier la douche – glacée – que j'ai prise ce matin. Moi je n'ai pas oublié. Et eux ne le feront pas non plus. Foi de Abberline.

Pour une raison ou pour une autre, Harper est extrêmement pressé d'aller retrouver Slughorn dans ses cachots, alors que, ce qu'il préfère dans le noble art des potions, c'est de tester mes créations. Je vous accorde que c'est très courageux de sa part, mais je me trompe rarement. Et puis, de peur de vexé mon adorable cobaye, je préciserais que ce n'est en aucun cas du courage. Harper est tête brûlée. Il n'est pas inconscient loin de là, c'est tout de même un Serpentard. Il aime juste le danger. La peur. L'adrénaline. Il n'est pas attrapeur de l'équipe de Quidditch pour rien.

Donc, revenons à ce que je disais, Harper m'entraîne quasiment au pas de course dans les corridors en direction de notre salle de cours. Pourquoi ? Je ne le saurais sans doute jamais. Narcissa – qui n'a plus cette matière – est parti tranquillement en Runes, avec autant de gaîté qu'un condamné à l'échafaud. En se trompant de couloirs bien entendu, mais cela n'a aucune importance. Le sens de l'orientation de Narcissa Black est digne de celui d'un Sombral. La preuve, elle ne s'est encore jamais perdue plus de quelques heures.

Nous ne sommes pas les derniers. Un petit groupe, de sages Gryffondors pour la plupart, attend déjà devant la porte close. Harper s'arrête brusquement et, nonchalamment, semblant oublier ce qui le pressait tant, se laisse tomber sur le sol, jambes croisées, à même la pierre froide. Cela ne me surprend pas. Il ne me surprend plus.

Je m'accoude contre le mur, pour engager la conversation, et nous ergotons pour la énième fois, avec force arguments enflammés, à propos de la nouvelle collection de Tante Amalthée. Je ne vous ai pas dit qu'Harper adorait la mode ? Maintenant vous le savez. Je dois avouer qu'il a un goût certain et une vision agréable de la chose. Très spirituelle, comme il aime à le dire. Et n'allez pas en tirer des conclusions hâtives issues de stéréotypes invérifiés. Il n'est pas aussi facilement cernable.

Il y a peu de septième année qui ont continué à suivre les cours de potion. Ceux qui aspirent à la médecine. A la recherche. Les aurors également. Et ceux qui ne savent pas encore vers où se diriger. Comme moi. Nous sommes donc mélangés aux quatre maisons mais le nombre d'élève est plutôt limité. Quatre Serpentards, six Serdaigles, un Poufsoufle (je me demande s'il ne s'est pas plutôt perdu) et cinq Gryffondors. Qui ? Je vous le donne en mille. Potter, Black, Lupin, Evans-parfaite, et une autre fille dont le nom m'est un mystère. Une catastrophe. Surtout que si les autres ont un certain niveau, Lupin est un vrai danger sur patte. Hé hé… c'est le cas de le dire.

Heureusement les autres relèvent le niveau vraiment mis à mal. Moi. Le fils Prince bien sûr. Lawrence (évidemment) et Morgan Harper chez les Serpentards. Quelques boutonneux, l'autre jumelle Adamson (je ne suis pas sûr qu'elle partage véritablement les même gènes que son double glousseuse), et Mitchell pour les Serdaigles. Ne parlons pas du Poufsoufle – qui ne tient pas la comparaison.

Heureusement, merci Merlin, Ashley-machin est bien trop idiote pour avoir put continuer d'étudier cette matière. Et je n'ai pas à la supporter pendant les trois heures que nous passons dans le cachot de Slughorn. Mais ce n'est qu'une piètre consolation.

« Abberline. »

Je lève la tête. Mitchell, m'observe de ses yeux noisette, le visage inexpressif, ses épais cheveux châtains clairs encadrant son visage discrètement maquillé dans les tons violets. Elle me fait un bref signe de tête, salut auquel je réponds, toute aussi sèche. Ses lèvres fines esquisse l'ombre d'un sourire.

« Mitchell. »

« Elisabeth ! Je suis si heureux de te voir. » S'exclame Harper avec une gaîté exagérée.

La Serdaigle ne fait pas mine de lui adresser ne serait-ce qu'un regard. Considérant qu'elle n'a plus rien à me dire – pour l'instant – elle se détourne. J'ai le temps de lui jeter un dernier regard appuyé, signe que j'ai quelque chose pour elle. Elle hoche imperceptiblement la tête. Les maraudeurs vont morflés. Je les plains presque. Qu'est ce que je dis ? Je ne les plains pas du tout. Ce n'est que ce qu'ils méritent.

Je la suis du regard. Ses jupes colorées sous sa robe d'uniforme tourbillonnent derrière elle. Elle répond joyeusement aux saluts qu'on lui lance, avec une attitude bien différente que celle qu'elle affichait devant moi. Pour les autres – par autre j'entends ceux qui ne sont ni moi, ni elle, ni Harper et Cissa – nous ne sommes que de vagues connaissances, qui éprouvent assez de respect l'une pour l'autre, pour, parfois, étudier ensemble. Bien entendue, seule l'épisode sur le respect mutuel est fondé. La bonne marche de notre collaboration en dépend.

Harper fait la tête. Il est toujours renfrogné lorsque Mitchell le rembarre. Pauvre Morgan. Il aura oublié lorsque la sonnerie annoncera le début du cours. Comme toujours.

Lentement, nous nous dirigeons - enfin je me dirige, Morgan est pendu à mon bras – vers l'entrée du cachot. Quelqu'un me bouscule violement pour entrer avant moi. Puéril. Je me rattrape au chambranle de la porte, en fusillant du regard l'importun qui vient de signer son arrêt de mort.

Tiens ? Pourquoi son identité ne me surprend guère ?

« Black ! Ça t'arrive de regarder devant toi bordel ?! »

« Quelle vulgarité… mais qu'attendre de plus d'un Serpentard ? Hein Sirius ? »

« Je t'interdis de me parler sur ce ton Abberline ! Que dirais-tu de lui apprendre les bonnes manières James ? »

Et ta mère Black ?! Toute la colère étouffée depuis le réveil se rappelle à mon bon souvenir. Je jette un regard, qui hésite entre mépris et provocation, aux deux agaçants Lions. Remettant négligemment une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, je suggère vertement au fils Black d'aller se faire mettre chez les mangemorts.

Je ne savais pas que l'on pouvait dégainer aussi vite. Mais moi aussi, Potter j'ai une bonne technique ! Et non Evans, ce n'est pas la peine de sortir toi aussi ta baguette. Nous sommes des gens civilisés, nous.

Tiens, le sous-entendu ne plaît pas à Potter. Vous ai-je déjà dit que je détestais le Lundi ?


Je ne posterais pas le chapitre 2 aussi rapidement que celui-là. Le prologue servait de mise en bouche et il fallait bien que je poste quelque chose d'un peu plus consistant. Attendez vous donc à avoir la suite pour le samedi 16. Ou, avec un peu de chance, le mercredi 13 décembre. Je ferais ce que je peux.

Merci d'avoir lu jusque là.

Digitalle.