Hola ! Ca faisait longtemps :) Je reviens comme une fleur avec -encore- un soukoku que j'ai rapidement écrit en ayant eu l'idée cette nuit, il y a surement des fautes mais honnêtement j'ai pas le courage de tout relire (je le ferai forcement un jour mais là j'ai juste hâte de le poster sksksks sinon ça va finir par se perdre dans mon Google Docs)
Enfin bref j'espère que ceux qui ont eu des exams ça s'est bien passé, et que vous allez passer de bonnes vacances et de bonnes fêtes.
PS : certains passages peuvent être dur à lire, donnez priorité à votre propre santé, si vous pensez que ça va être trop dur à lire
Love you 3
Tender is the Night for a messed up heart
Après quatre ans d'ignorance, Dazai et Chuuya tentent de construire une nouvelle relation basée sur la confiance mutuelle. Ce soir, Dazai a invité Chuuya chez lui pour prouver qu'il lui fait suffisamment confiance au point de l'inviter dans le dortoir de l'Agence et son nouveau chez lui.
Quand il avait commencé à travailler à l'Agence, la première chose qui lui avait plu mais également surpris, c'était de voir que le dortoir de l'Agence était composé de différents appartements dans un même immeuble. Savoir que s'il avait besoin de quoi que ce soit ou de qui que ce soit à embêter il aurait juste à prendre la peine de s'infiltrer dans l'appartement voisin le rendait heureux. Ici, il savait qu'il ne serait pas seul.
Et ses collègues, il les appréciait énormément. Ils étaient tous différents mais s'aimaient tous les uns et les autres, prêt à se battre pour se protéger réciproquement jusqu'à la mort s'il le fallait.
Mais aujourd'hui, cette grande famille qu'était l'agence contraignait ses plans de la soirée. Car si l'Agence était très unie au travail, elle était aussi très commère au dortoir. Et il était sûr que demain il serait l'objet des moindres rumeurs du quartier général.
"AAAARGH !" Il se prit la tête entre les mains, quelque peu paniqué, ne sachant que faire pour éviter qu'on l'embête demain. Mais il n'y avait rien à faire, il ne pouvait pas faire venir son invité à quatre heures du matin, il ne pouvait pas non plus sortir car il lui avait promis qu'il pourrait venir dans son appartement -en gage de confiance-, et Dazai voulait tenir sa promesse.
Peut-être qu'il devrait trouver une excuse pour faire évacuer le dortoir toute la soirée ? Le faire rentrer par les ventilations ?
Rien à faire aucune idée potable et capable de tenir la route ne lui venait en tête. Et avec Ranpo dans les parages, rien n'était possible, car il le savait capable de déceler n'importe quel mensonge, à tel point que même lui le roi des mensonges en avait peur.
Et le temps lui, pendant qu'il continuait de réfléchir, ne s'était pas arrêté et continuait de s'écouler. Si Dazai semblait être quelqu'un de très extravagant, ce n'était pas pour autant qu'il aimait étaler sa vie privée au travail, à tel point qu'il ne savait pas si qui que ce soit du travail connaissait un réel détail sur lui ? Enfin, mis à part le fait qu'il était un mafieux et qu'il a des tendances suicidaires, il était presque sûr que personne ne savait rien d'autre.
L'heure tournait, et Dazai avec. Faisant les cent pas dans son appartement depuis dix heures ce matin, Kunikida devait gueuler, se demander pourquoi il faisait un tel raffut qui l'empêchait de travailler tranquillement.
"Putain… Comment je peux faire ?" Il se creusait les méninges à cause d'un problème si stupide. Il était tombé bien bas. Il devrait plutôt réfléchir à ranger son appartement, c'est ce qui devrait le préoccuper à l'heure actuelle. Mais à la place il s'inquiétait de ce que diraient ses collègues. "Stupide Dazai, stupide !"
Et son portable finit par vibrer, il se jeta presque dessus
Kuni-ni
Arrêter de courir
C'est bruyant
Dazai
Pffffft
Oui maman !
Ce n'était pas le message qu'il attendait, il était un peu déçu. Il notifia le numéro de téléphone de Kunikida en silencieux, car il savait qu'il recevrait d'autres messages de ce genre, mais il n'arrêta pas pour autant de tourner comme un lion en cage dans son propre appartement.
Il ne savait pas à quelle heure il allait venir. Et dans le fond, ça le stressait un peu, même s'il ne l'avouera pas.
Finalement, en trébuchant sur une bouteille de bière qui trainait au sol, il finit par décider qu'il devrait peut-être essayer de ranger un peu l'endroit. Ou du moins de planquer les choses les plus indésirables. Il n'avait pas vraiment l'envie ou le courage de la faire, mais il se disait que se concentrer sur cette tâche l'aiderait peut-être à oublier ses soucis le temps qu'il lui faudrait pour la réaliser.
Son appartement était en effet un bordel monstrueux. Mais est ce qu'on pouvait lui en vouloir ? Ce n'était pas sa faute s'il n'avait pas le temps de jeter tout ça à la poubelle, ni s'il n'arrivait pas à mettre ses vêtements dans la machine à laver. Du moins, il savait qu'il n'y ferait pas attention, qu'il n'en tiendrait pas compte.
Et peut-être que c'était une des raisons pour lesquelles il l'aimait bien.
Car il l'acceptait comme il était. Chose que peu de personne avait réussi à faire jusqu'à présent.
Il attrapa un sac poubelle vide qui semblait être là depuis le siècle dernier et il commença à le remplir. Mettant le plus de bouteille vide dedans, ouvrant par la suite ses fenêtres faisant pénétrer l'air frais et pur dans l'appartement qui selon ses dires et ceux de Kunikida "puait le putois et le renfermé", et enfin il finit par balancer en boule, les quelques vêtements qui trainaient sur le sol autour de son lit, dans le bac à lessive qu'il n'avait jamais utilisé.
Rien que faire ça, l'avait occupé bien une bonne heure, son téléphone durant ce laps de temps n'avait pas sonné une nouvelle fois, seuls les messages rendus silencieux de Kunikida continuaient d'affluer sur l'écran d'accueil.
"Aish… je veux plus faire ça… Il soupira en regardant la pile de désordre qu'il n'avait plus le courage de ranger et de nettoyer. Ça sert à rien plus."
Peut-être devrait-il demander à Atsushi de le faire ?
Ça lui paraissait être une bonne idée. Mais le jeune homme était trop curieux, il finirait pas savoir que quelque chose se tramait, et c'est exactement ce qu'il voulait éviter, les questions et remarques stupides du style "Vous ne comptez pas partir Dazai-san ?" ou "Bah alors Dazai, t'as enfin décidé de te prendre en main." Comme s'il y pouvait quelque chose lui ? Que ça lui plaisait réellement de ne trouver aucun sens dans la vie alors que pour le reste de l'espèce humaine ça semblait plutôt chose simple. Il les enviait dans un sens.
Après avoir balancé un énième sac plein de bouteilles vides et de sparadraps usagés dans le container de la petite cour du dortoir, il retourna dans son appartement, veillant à éviter le moindre de ses collègues, et s'y enferma à double tours.
Il attendit alors une demi-heure face à son miroir, à se dévisager avant que son téléphone ne vibre de nouveau.
Limace
Oi
Je sors du taf.
Dazai
Kay' Chuu-chuu : *
Simple, rapide et efficace. Typique de Chuuya. Un sourire regagna le visage de Dazai, même s'il ne savait toujours pas comment il allait pouvoir faire pour éviter les ragots à son encontre quand il retournerait au boulot dans trois jours.
Il retourna donc à son miroir tentant d'éviter de penser à ce que Kunikida penserait bien de lui.
Il était vachement maigre quand même. L'os de ses poignets ressortaient tellement à travers ses bandages, ses joues étaient creusées aussi. Il avait l'impression de ressembler à un cadavre. Il se regardait de nouveau avec dégoût, il se demandait bien comment on pouvait apprécier rester à ses côtés. Son teint était presque gris, disgracieux, il avait encore plus l'air malade, un putain de cadavre. Tu m'étonnes qu'on ne l'empêchait pas de se suicider. Qui aurait envie de le sauver même ? Personne. Et ses cheveux. Parlons de ses cheveux aussi, tellement gras, et emmêlé. Eurk il se dégoûtait tellement.
Il n'aimait pas se regarder dans le miroir. Il détestait ça. Et pourtant ce soir. Avant que Chuuya arrive il avait ressenti le besoin de le faire. Il ne savait pas vraiment pourquoi, il voulait juste voir ce que les autres avaient en face d'eux tous les jours.
Et la vérité, c'est qu'il se trouvait affreux. Il se demandait même comment Akutagawa pouvait même le considérer comme un modèle. C'était un bien pitre modèle qu'il avait choisi. Le pire qui soit. Il ne savait pas non plus comment on pouvait le tolérer à l'Agence, il devait dégouter tous les clients.
Il déposa sa main sur la vitre réfléchissante, et instantanément il la retira, comme si toucher son propre reflet l'avait brûlé. Putain. Il ne comprenait pas comment les gens pouvaient le regarder en face alors que lui-même n'était pas capable de le faire.
Sa poitrine se serra, et sa vision s'embruma. Dans la pièce plus rien n'existait, seul lui, le miroir, et ses pensées. Elles lui hurlaient tellement de choses désagréables à entendre. Il aurait tellement aimé disparaître avec le reste de la pièce.
Putain… Pourquoi maintenant ? C'était une si mauvaise idée de confronter son reflet, il le savait pertinemment et pourtant il l'avait fait.
Mais…
Mais il voulait voir ce que Chuuya trouvait de si bien en lui pour rester à ses côtés malgré tout.
Et ce qui éclatait à sa figure, c'est qu'il n'y avait rien de bien en lui. Il ressemblait à un cadavre ambulant. Chuuya n'avait vraiment aucune raison de venir, de l'apprécier. Il ne savait même pas ce qu'il pouvait tirer de leur relation. Il ne servait à rien. A part être horrible et affreux à voir, il ne servait à rien.
Ou alors Chuuya était peut-être aveugle. C'était pas possible autrement.
Et si ça se trouve il … Il n'allait même pas venir ce soir.
Peut-être qu'il se foutait de sa gueule lui aussi. Peut-être que tout le monde se foutait de lui, si ça se trouve, les gens restent à ses côtés juste pour son pouvoir.
Sa respiration se fit de plus en plus rapide malgré lui. Il regardait autour de lui mais tout était noir, il n'y avait que lui.
Il devrait peut-être mourir ? Alors il serait enfin ce à quoi il ressemble. Un cadavre. Une momie ambulante.
Mais s'il mourait, Odasaku ne serait pas fier de lui. Il imaginait déjà son regard glacial et déçu se poser sur lui, sur ce corps décharné et gris, "Putain, je savais que je pouvais pas te faire confiance. T'es pourri jusqu'à la moelle. Tu me dégoûtes." et bordel, c'était effrayant.
"Non !" Il cria. J'ai changé … Oda s'il te plait, ne me regarde pas comme ça.
Ses pensées semblaient tourner autour de lui, comme des vautours affamés de son désespoir.
Les bandages autour de son corps le compressaient tellement. Il avait l'impression d'être prisonnier. Et sa peau le démangeait terriblement.
Il fallait qu'il les enlève, il devait soulager ses démangeaisons, il devait gratter ses bras.
Jusqu'au sang s'il le fallait.
C'était une question de vie ou de mort.
Alors précipitamment il tira sur les bandelettes trop serrées. Chuuya ne viendrait pas de toute façon, donc il ne le verrait pas être si dégoûtant ce soir.
C'était pas grave.
C'est pas grave, tout allait bien.
Il avait juste besoin de griffer ses bras, avec ses ongles. De toute façon rien n'existait. Pas même lui.
Alors s'il n'existait pas, cette action n'entraînerait aucune conséquence n'est-ce pas ? Les hommes vivaient sur un caillou minuscule en lévitation au milieu de nulle part et partout à la fois. Alors qu'il attente à sa propre vie n'aurait aucune conséquence sur le bon fonctionnement de l'univers. Ahaha c'est ça. Il ne servait à rien dans le fonctionnement du monde et de l'histoire du monde
En plus, personne ne se préoccupait de lui. Donc s'il disparaissait, se blesser, où même cesser d'exister, il n'y aurait aucun impact sur le monde de personne.
"Dazai ?"
Il ne l'avait pas entendu. Une heure était passée depuis qu'il avait reçu ce message de Chuuya, et la porte s'était ouverte sans même qu'il n'y prête attention.
Je ne suis pas humain Pensait-il en boucle, enfermé dans ses propres pensées Je ne peux pas être humain ! Aucun humain ne ressemble à ça !
Non. Non, personne ne ressemble à ça. Dazai était le seul être sur cette Terre qui ne méritait pas l'appellation d'humain. Car un humain était différent de lui.
"Oi Dazai ?"
Il ne sentait pas le rouquin qui s'approchait de lui doucement. Tout ce que Chuuya voyait c'était le corps tremblant et ailleurs de Dazai. Et Dazai ne voyait que son reflet monstrueux.
La Terre semblait s'échapper d'en dessous ses pieds. Et l'envie de se laisser tomber dans ce gouffre tentait le cerveau de Dazai de plus en plus. Ses démons l'appelaient, envahissant alors son crâne et l'empêchait de penser clairement et sa respiration se faisait saccader et bruyante. L'air lui manquait, et au fur et à mesure qu'il avait l'impression de tomber, il avait l'impression qu'on remplissait ses poumons d'eau.
Il griffait ses bras, encore et encore, autant qu'il le pouvait.
Le sang coulait, s'échappait, tombait au sol et venait de ses bras. Mais ça ne suffisait pas.
Il lui en fallait plus. Il devait y avoir plus de sang. Plus … Plus plus. Toujours plus… Cette douleur, ces impuretés qui le constituaient, elles devaient partir. A travers son sang. Ses blessures. Il n'y avait que comme ça qu'il se sentait mieux. Haf…haf…haf il n'arrivait plus à respirer. Il voulait partir, loin, très loin de ses pensées, de tout, de lui-même. Je veux partir… Je vous en prie… La mort… Mourir… Vite !
Une voix distante toutefois finit par arriver jusqu'à ses oreilles, une voix qu'il connaissait et qu'il savait rassurante.
"-zai ? Oi Dazai ? Tu m'entends ? Il s'agenouilla entre le détective et son reflet coupant alors de force la parfaite hypnotisation qu'ils entretenaient. Je suis là, ok, regarde-moi." Il ordonna presque en déposant sa main sur l'épaule de Dazai pour obtenir son attention.
Dazai semblait pour sa part regagner quelque conscience de ce qu'il se passait autour de lui. Il releva rapidement le regard vers Chuuya mais n'arrivant pas à maintenir le contact il le baissa aussitôt.
Qu'est-ce qu'il faisait là même ? Depuis quand il était là ? Mais surtout comment était-il rentré ici ?
Son cœur s'affola de nouveau, la pensée que qui que ce soit l'avait vu entrer l'effrayait. Ils allaient parler. Putain de merde, ils allaient le détester. C'était foutu il allait devoir repartir. On ne voudrait plus de lui à l'agence.
"Eh, regarde-moi tête de mule."
Le corps tremblant, il s'efforça de nouveau de remonter ses yeux vers ceux de Chuuya et de maintenir le contact visuel, la main de Chuuya avait quitté son épaule et un sourire léger habitait son visage. Évidemment il avait l'habitude. Dazai avait du mal à rester concentrer sur son ancien partenaire, mais il continua de le faire, même si Chuuya était un peu flou.
"Tu fais une crise de panique."
Il hocha la tête silencieusement. Perspicace mon cher Watson
"Pose tes mains et tes pieds à plat sur le sol okay. Je vais avoir besoin que tu respires."
Pourquoi Chuuya savait toujours comment gérer ça ? Après quatre ans ?
"Ça va passer d'accord ? Je sais que c'est douloureux, tu le sais aussi, bref on le sait tous les deux. Mais on va réussir à traverser ça, ensemble."
Ensemble ? Depuis quand on fait les choses ensemble ?
Chuuya leva la paume de sa main vers le plafond pendant qu'il inspirait profondément "Essaie de caler ta respiration sur la mienne okay ? Si ça va pas tu me fais un signe d'accord" Dazai hocha de la tête. Puis il fit redescendre sa main vers le sol en même temps qu'il expirait. "Si c'est trop lent tu me le dis et on ralentira le rythme au fur et à mesure."
Et Chuuya répéta ce même mouvement encore et encore, pendant que Dazai, les yeux brillants de larmes qui refusaient de sortir, essayait de contrôler sa propre respiration tout en fixant le visage de son ancien partenaire.
Le mafioso continua ainsi pendant plusieurs dizaines de minutes, Dazai peinait à reprendre un rythme normal, même si son corps lui tremblait de moins en moins. Chuuya lui parlait pour le distraire de ses pensées.
"...et du coup c'est comme ça que je me suis retrouvée avec deux couettes ridicules sur le haut du crâne et du rouge à lèvres partout sur le visage. Il rigola légèrement en continuant ses mouvements avec sa main gauche. Je te jure que le duo Elise et Q est insupportable. Et attends tu sais pas le pire… Ils m'ont forcé à mettre une robe et à défiler dans la chambre de Q. Plus jamais je ferai ça. J'étais suuuuper énervé et je pouvais rien faire…"
Et honnêtement, ça faisait du bien d'avoir quelqu'un avec soi dans ce genre de moment. Surtout quelqu'un qui savait y faire.
Après dix nouvelles minutes supplémentaires, Dazai finit par plus ou moins réussir à récupérer un rythme respiratoire régulier, il sourit légèrement alors à Chuuya. Et finalement il réussit à faire sortir sa voix et à aligner plus de deux mots correctement.
"Um, merci Chuuya."
Chuuya se coupa dans sa narration, et répondit au sourire que Dazai lui adressait "Je peux ?" Il demanda en montrant la tempe de Dazai encore suintante. Ce à quoi il hocha la tête.
Alors le rouquin se repositionna plus agréablement face au jeune détective, et essuya de son pouce, le plus tendrement qu'il le pouvait, les gouttes de sueurs qui perlaient sur son front "Elles sont toujours aussi intenses ?"
Il hocha de nouveau la tête, c'était la première fois depuis quatre ans qu'il était aussi honnête avec quelqu'un.
"Je suppose que je vais devoir m'installer ici du coup ?"
Quand il reposa ses yeux sur Dazai et qu'il vit l'expression qui habitait son visage il ajouta "Je rigole Dazai. Je sais très bien que t'as pas besoin de moi pour ça."
Non… C'était pas ça…
"Je… Kunikida et les autres…" Il n'arriva à prononcer que cela de sa voix encore trop faible et enrouée par la précédente crise. Chuuya semblait cependant avoir compris puisqu'il répondit en souriant.
"Je sais, Dazai, que c'est pas pour ça. Et je comprends. Tes collègues n'ont pas trop l'air d'apprécier les mafiosos."
Comment est-ce qu'il peut tout comprendre comme ça ?
Dazai soupira et hocha encore la tête, et il laissa Chuuya lui essuyer le visage, même s'il ne voyait plus trop ce qu'il y avait à essuyer maintenant. Chuuya était le seul que Dazai a autorisé à le toucher. Car il avait confiance en lui, il savait qu'il ne lui ferait pas de mal. Jamais.
"Désolé pour le bazar…" il finit par dire en constatant que son appartement était toujours sens dessus dessous. Cependant Chuuya ne semblait pas en tenir compte. Peut-être que finalement, quelqu'un était capable de l'apprécier et de passer outre ce que sa dépression faisait de lui.
La main de Chuuya finit par se déposer sur sa joue, et il continuait de lui sourire en le fixant droit dans les yeux.
"Je suis content que tu me fasses encore confiance" Finit-il par chuchoter au brun. Dazai se sentait à l'heure actuelle extrêmement précieux aux yeux de quelqu'un, d'avoir de l'importance, de compter.
Ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas ressenti ce sentiment. Et voir Chuuya le regarder comme s'il était l'être le plus digne de toutes affections, lui faisait tellement de bien.
Ses bras continuaient cependant de le démanger, un peu moins qu'avant, mais la sensation persistait, bien que quasiment effacée par la chaleur qui s'installait dans son estomac.
Quand Chuuya remarqua que Dazai grattait légèrement ses bras nus de tout bandage et que le sang s'écoulait encore un peu, il demanda s'il voulait qu'il lui refasse ses bandages. Sa voix ne témoignait d'aucun jugement, il était juste là, présent, et il s'occupait de lui comme si quatre ans de remords et de rancunes ne l'avaient jamais habité.
Il intima à Dazai d'aller s'asseoir sur son lit pendant qu'il partait chercher de quoi s'occuper de ses blessures dans la salle de bain. Et même s'il n'était pas chez lui et que c'était la première fois qu'il venait, Dazai l'observa se déplacer avec aisance dans son appartement. Même s'il avait l'air un peu perdu et qu'il pesta quand le bazar dans le placard de la salle de bain lui tomba sur le crâne, Dazai se surprit à penser que Chuuya lui avait plus manqué que ce qu'il avait prévu quand il était parti de la Mafia.
Quand le rouquin revient dans la pièce principale de l'appartement, il s'assoit à côté de Dazai sur le matelas, les bras chargés de bandages et de désinfectant.
"Putain… Ça fait super longtemps que j'ai pas fait ça." Il remarqua en voyant à quel point il était maladroit dans ses mouvements même s'il y mettait toute sa concentration dans ce qu'il faisait. "Tu me dis si je te fais mal." Fit-il en tamponnant le coton imbibé d'alcool sur les plaies.
Il se concentrait tellement sur la tâche que ses sourcils se fronçaient, Dazai commençait à oublier les raisons pour lesquelles il avait paniqué plus tôt dans la soirée.
L'air chaud d'août entrait par la fenêtre encore grande ouverte, et Dazai trouvait qu'il était chanceux, d'avoir un homme comme Chuuya à ses côtés. Du moins pour ce soir.
Il se sentait pas complet, mais compris. Et ça faisait tellement de bien au jeune détective qui se sentait comme un extraterrestre chaque jour depuis qu'il avait commencé à travailler à l'agence.
"Merci." Il lâcha soudainement alors que Chuuya était en train de bander son premier bras le plus consciencieusement possible.
"De rien." répondit simplement Chuuya qui essayait de ne pas faire n'importe quoi avec la bandelette de tissu antiseptique.
Maintenant, Dazai se demandait pourquoi des gens comme ses collègues pouvaient détester des personnes aussi délicates que Chuuya. Ça lui paraissait étrange. Il se demandait aussi comment Chuuya avait pu entrer ici, car il était persuadé d'avoir fermé sa porte à double-tour, ou alors il avait oublié de la fermer en espérant qu'on vienne l'assassiner, c'était une possibilité. Ou alors il s'était infiltré par la fenêtre.
Enfin il espérait surtout que personne ne l'avait vu. Mais comme le soleil n'était toujours pas couché, il en doutait fortement.
Quand Chuuya eu terminé d'entourer ses bras de bandages et de faire de lui une momie neuve, un silence plutôt apaisant s'installa dans l'appartement. Dazai fixait le visage de Chuuya, l'analysant alors scrupuleusement, tandis que Chuuya rangeait dans une petite caisse les produits qu'il venait d'utiliser.
"Tu veux bien arrêter de me dévisager comme ça ?" Fit-il soudainement, lançant un regard un peu agacé à Dazai.
"Oh… Désolé." Dazai était toujours perturbé par ce qu'il avait vécu et agissait un peu différemment de ce qu'il avait l'habitude de faire quand Chuuya était énervé. Il se laissa par la suite tomber sur son matelas. Chuuya fit de même.
Ils restèrent allongés, le visage face au plafond un long instant sans dire un mot. La présence de Chuuya à ses côtés apaisait quelque peu les pensées de Dazai, et jamais il n'aurait cru que ce soit un jour le cas. Il était si différent de lui. En tout point. Mais Dazai aimait passer du temps avec lui. Même si pendant de longues années, il avait cru le contraire. Et peut-être qu'au fond, il aimait Chuuya plus qu'il ne voulait le faire croire.
Ça faisait presque six mois depuis qu'ils avaient commencé à se revoir régulièrement en dehors de leur job respectif. Ils avaient tous les deux réapprit à se connaître, à se reconnaître, à se redécouvrir maintenant que quatre ans avaient coulé entre les ponts. Et peut-être que Chuuya lui avait tenu énormément de rancœur à l'écart de Dazai, mais maintenant, le détective aimait croire que c'était derrière eux. Et qu'un jour peut-être son départ de la mafia et ses conséquences, deviendrait une blague dont seuls eux auraient le secret. Il aimait aussi penser que Chuuya ne l'abandonnerait pas comme lui avait pu le faire. Car Chuuya lui apparaissait si parfait. C'était comme si on avait placé un voile rose bonbon devant ses yeux et qui ne s'activait que quand Chuuya apparaissait dans son champ de vision.
Il espérait que Chuuya ne l'abandonne jamais. Qu'il reste à ses côtés pour toujours.
"Dazai ?" Questionna soudainement Chuuya rompant alors le silence qui s'était installé entre eux. Dazai surpris pivota alors sur son flanc gauche pour faire face au mafioso. Il avait les yeux qui brillaient de mille feux. Ces yeux bleus qu'il aimait tant, dans lesquels il pouvait voir l'humanité entière qui pouvait habiter un être, et qui habitait Chuuya, ce soir, sur son lit, il semblait briller d'espoir, de joie, ou plutôt de tendresse.
C'était la première fois qu'il voyait Chuuya comme ça.
Il est beau bordel…
Il répondit en dodelinant de la tête. Chuuya ouvrit la bouche, puis la referma, semblant hésiter un instant. Puis de nouveau il rouvrit la bouche.
Il fixait ses lèvres, et il évitait son regard. Et peut-être que si Dazai était plus perspicace quand il s'agissait de Chuuya et si sa précédente crise n'avait pas totalement anesthésié son cerveau, alors il aurait directement compris.
Mais il laissa Chuuya faire et aller jusqu'au bout de sa question. Et alors qu'il ne s'y attendait pas, qu'il pensait que Chuuya pouvait le détester encore, il l'entendit prononcer ces trois mots, trois petits mots tout simples qui auraient pu le faire tomber à la renverse.
"Je peux t'embrasser ?"
Badoum !
L'effet de ces trois mots étaient tels que Dazai avait cru entendre son propre cœur louper un battement.
Comme hypnotisé et la bouche entrouverte, Dazai hocha la tête "Hum-hum".
Et alors Chuuya se pencha délicatement vers le corps de Dazai, plaça une main tendrement sur la joue droite du détective et caressa tendrement cette partie de son visage, en lui souriant, les yeux pétillants et posa, comme si Dazai était fait de verre, ses lèvres sur celle de son voisin.
Badoum…
Chuuya l'embrassait comme personne ne l'avait jamais embrassé, ses mains encadraient son visage comme s'il valait tout l'or du monde et qu'à chaque instant il pouvait disparaître et pourtant c'était si timide, timide mais putain d'agréable ! La distance qui restait encore entre eux avait soudainement explosé. Les rapprochant plus que jamais.
Dazai laissa courir alors ses longs doigts dans la chevelure flamboyante de Chuuya, et répondit tout aussi doucement au baiser. Un baiser tendre, doux, timide, et pourtant empli de tant de passion.
Il sentait entre deux échanges de baisers le souffle chaud de son partenaire venir lui chatouiller les lèvres. Et il fondait, sous la fusion de leurs lèvres maladroites, Dazai se laissait aller dans le baiser, il devenait si rouge. Il avait chaud et en même temps froid, il ne savait plus vraiment ce qu'il ressentait. Mais ça lui plaisait
Ses pensées s'étaient soudainement tues, comme anesthésié par la sensation si agréable que provoqua ce baiser, il ne les entendait plus l'espace d'un instant, il savait que ça ne durerait pas mais le plaisir et la joie si intense qui parcourait toute l'échine de son corps était suffisant pour lui faire oublier le temps d'un instant.
Et Chuuya souriait, oh il souriait tellement que soudainement quelque chose chatouillait, brûlait l'intérieur du ventre de Dazai. Était-ce ça avoir des papillons dans le ventre ? Il se sentait si vivant. Putain. C'était si agréable. Il l'aimait. Oh bordel qu'est-ce qu'il l'aimait.
Quand il lâcha Chuuya, il rouvrit lentement ses yeux, comme ne voulant pas sortir de ce rêve éveillé.
Ils venaient d'échanger un baiser, un baiser d'enfant, innocent. De ceux qui sont encore hésitants. Et qui arrive à transmettre tant d'émotion et de sentiment, l'espace d'un instant Il s'était pourtant senti flotter sur un nuage. Un petit bout de paradis. Il s'était senti si léger qu'il aurait cru flotter.
Peut-être que le pouvoir de Chuuya avait finalement agi sur lui, détournant alors sa déchéance.
Cet instant si court et si agréable semblait l'avoir transporté sur une autre planète. Venus les avaient finalement accueillis, elle semblait enfin avoir décidé que ces deux êtres méritaient de s'aimer, avec passion, une passion si forte qu'elle pourrait un jour peut-être, les consumer entièrement.
La main de Chuuya continuait de se déplacer lentement sur sa joue, et Dazai, friand de ce geste, posa sa propre main par-dessus celle de Chuuya et sourit tendrement en le regardant.
L'océan rencontra la terre. Dazai totalement hypnotisé par le regard de Chuuya glissa un "Comment Chuuya fait pour m'embrasser ? Aurait-il perdu la tête ? »
Un sourcil relevé, il le regarda « Eh ? Celui qui perd la boule c'est toi. »
Ce qui fit rire le détective légèrement. Il en profita pour se rapprocher de lui, se blottissant presque dans les bras musclés du mafieux.
Il n'y avait alors plus aucun bruit dans la salle, juste Chuuya qui acceptait l'embrassade de Dazai sans dire un mot. Il l'entoura alors de ses bras, sachant pertinemment qu'il en avait besoin autant que l'autre.
Peut-être qu'il fallut dix minutes, enlacés dans les bras l'un de l'autre, à ne rien dire, pour que Dazai ne rouvre sa bouche et souffle contre l'épaule du mafioso « Merci.
-Tu l'as déjà dit cinq fois ce soir, qui es-tu ? Qu'as-tu fait de Dazai ?
- Hmmm je sais pas … Mais je pourrais dire la même chose, depuis quand t'es gentil comme ça ?
- UH ? Depuis toujours ? Il recula le corps de Dazai en l'attrapant par les épaules. Pas ma faute si tu me pousses à bout à chaque putain de fois.
- Mais tu m'aimes quand même.
- C'est une question ?
- Non un fait. »
Chuuya ricana « - Tu prends un peu trop la confiance maquereau
- Mais j'ai raison » Il tapota de son index le bout du nez du rouquin
« - Alors là, certainement pas ! Qui pourrait t'aimer même ? » Il joua, rentrant dans ce train-train quotidien qu'ils avaient instaurés des années auparavant. Répondre par la provocation, le sarcasme, cet 'humour' salé et piquant, celui qu'il fallait savoir prendre avec des pincettes.
Chuuya espérait une réponse de Dazai aussi rapide et cinglante que la sienne, mais il n'obtint que le silence pour réponse. Dazai le regardait mais ne semblait plus réellement là, un peu comme s'il était sur une autre planète.
Les pensées du détective commençaient à lui tourner de nouveau autour comme des vautours, prêt à le dévorer. Et les derniers mots de Chuuya résonnaient dans son esprit, comme une spirale infernale.
Les mains toujours sur les épaules de Dazai, il le secoua un peu pour le faire revenir, Chuuya savait très bien ce qui avait perturbé Dazai, il n'était pas stupide. Il était plutôt intelligent et perspicace finalement, mais à côté de Dazai, il avait juste l'air bête, tout le monde avait l'air stupide à ses côtés d'ailleurs.
« - Dazai, il l'appela doucement, je rigole tête de pioche.
- Je sais.
- Alors interdiction de croire que t'es pas aimé.
- Oui maman
- Roh merde, t'es chiant
- Mais tu m'aimes quand même
- Tu veux vraiment me l'arracher de la gueule ? »
Le détective hocha la tête souriant à son ancien partenaire. Bien sûr qu'il voulait entendre Chuuya le dire. Il avait besoin actuellement de l'entendre le dire, peut-être pour se rassurer, mais il ne l'avouerait pas pour autant de vive voix.
« -Aish, t'es vraiment un gamin. Je le dirai pas.
- Allez Chuu-chuu ! Il papillonna de ses yeux noisette, faisant les yeux doux à Chuuya.
- Et pourquoi je dirais ça ? Depuis quand le grand dragueur Dazai Osamu a besoin de concret venant de ma part ? Aurait-il peur que je m'en ailles sans prévenir ? C'est pas mon genre personnellement.
- Outch c'était petit mais bien pensé… Un peu comme toi d'ailleurs eh eh !
- Hé ! On avait dit quoi pas la taille »
Dazai rigola de nouveau et continua de le supplier de dire ce qu'il voulait entendre tout en se nichant dans les bras de Chuuya « Aller ! » répétait-il continuellement comme un enfant qui n'avait pas ce qu'il voulait.
« Tu m'soûle légèrement Dazai.
- Je sais, mais tu as l'habitude.
- Si je te dis que je t'aime tu ferras quoi ? »
Humm, c'était une bonne question ? Qu'est-ce qu'il ferait une fois qu'il aurait satisfaction ? Il jaugea le mafioso du regard et haussa les épaules.
Chuuya semblait s'en contenter et laissa son regard fuir soudainement celui du détective. Dazai remarqua les rougeurs qui s'installèrent sur les joues de son vis-à-vis mais ne dit rien. Car s'il disait quoi que ce soit alors qu'il allait obtenir ce qu'il voulait, il savait que Chuuya lui dirait d'aller se faire foutre. Chose qu'il n'avait évidemment pas envie d'entendre. Alors il resta silencieux.
« - T'es vraiment un emmerdeur tu sais. Mais… Il lança un coup d'œil à Dazai se demandant s'il avait toute l'attention de celui-ci. Ouais, c'est possible que je t'aime bien ? Putain c'est bizarre ?! »
Le détective ne répondit rien, prenant juste un air suffisant et content. « - Putain tu pourrais répondre au moins ! »
« - Ooh, Chuuya est aussi rouge que sa chevelure. »
« Roh tais-toi à la fin si c'est pour dire n'importe quoi ! »
Dazai ria une nouvelle fois, et balaya une mèche de cheveux qui tombait sur le nez du mafioso. Rendant alors Chuuya encore plus rouge qu'à l'origine. « -Tu me fais chier Mr le tombeur »
« -Je t'aime bien aussi Chuu-chuu. » Souri Dazai alors que à peine sa phrase terminée, Chuuya l'attrapa par le col de son vieux t-shirt blanc et l'attira dans un baiser passionné et plein de fougue.
Pris de court, il laissa échapper de ses lèvres un petit hoquet de surprise, alors que Chuuya serrait si fort son maillot, comme si sa vie en dépendait. Dans le cerveau de Dazai tout se mélangea à nouveau, comme une explosion euphorique qui emplissait tout son être. Il avait honnêtement l'impression que les lèvres de Chuuya pouvait le ramener à la vie. Elles le faisaient se sentir si vivant, alors il se jeta lui aussi avec une fougue qu'il ne s'était jamais connu avant. Il aimait cet homme, il l'aimait bordel.
Ils se dévoraient littéralement la bouche, comme si leur vie en dépendait. Il n'y avait aujourd'hui plus un seul domaine dans lequel ils ne s'étaient pas battus, l'un cherchait à prendre le dessus sur l'autre et vice versa. Dazai aimait la manière dont Chuuya l'embrassait.
Chuuya lui faisait passer toutes ses émotions à travers cet échange. Et il tira d'un coup sur le t-shirt du détective, rapprochant alors leur deux corps.
Dazai soupire une dernière fois contre la bouche de Chuuya, alors que celui-ci se reculait pour le fixer.
« -Stupide »
Complétement rouge et éméché, Dazai laissa ses lèvres s'étirer en un léger sourire.
« - Tu me le dis souvent.
-Parce que tu l'es… Il soupira avant d'ancrer son regard de nouveau dans les yeux noisette de Dazai. Mais c'est le type de personne que j'aime. Les personnes stupides. »
Le détective rigola, alors comme ça Chuuya reconnaissait vraiment que Dazai lui plaisait ? Qu'il était son type ? Il se sentait bien dans ses bras, après un moment comme ça il avait l'impression d'être à l'abri, que même si ses démons continueraient toujours de le tourmenter, il ne serait plus seul, qu'on le soutiendrait. Et ça allait être dur, il le savait. Mais avec Chuuya il se sentait sauf et à l'abri. Alors il entoura de ses bras la taille du mafioso et enfonça sa propre tête dans le creux du cou de celui-ci.
« -Chuuya est ma maison maintenant. »
Le rouquin ne répondit rien, mais pour autant laissa Dazai faire et commença à caresser son dos délicatement.
Les heures passèrent et les jeunes hommes restèrent dans le silence et dans la même position, jusqu'à finalement s'endormir, se sentant en sécurité l'un avec l'autre.
Ils s'aimaient.
LA FIN
