Ce chapitre est dédié à faithless_star pour la secouer un peu. Je veux la suite de ta fic. On ne laisse pas les gens comme ca!
Dys, Sheo l
La pièce était faiblement éclairée de quelques chandelles. L'air était vicié et empreint d'une odeur constante de souffre et de fumée. Le bruit de ses pas résonnait sur la pierre alors qu'il arpentait la pièce de long en large, fixant la pierre sombre des murs avec un regard impatient. Dans un coin, assis en silence sur une large chaise, un jeune garçon qui le connaissait que trop bien pour oser faire ou dire quoi que ce soit l'observait, immobile.
Morael avait connu Elenor bien avant qu'il devienne roi. Avant, lorsqu'il était un soldat, et que lui, vivait dans un bordel au sud de la ville. Le commandant qu'il était alors avait tout de suite été séduit par lui et réciproquement, sans trop que tout deux ne sachent pourquoi et lorsque la guerre avait éclaté et que de commandant, il était devenu roi, Elenor avait libéré Morael et l'avait amené au palais. Mais la défaite et les responsabilités avaient beaucoup changées l'homme qu'il avait jadis connu. D'un soldat vif, brute et fêtard qu'il avait connu il ne restait plus maintenant qu'un homme désabusé et constamment furieux contre les culs-de-sac que la politique du monde d'en haut lui faisait subir. De roi il n'avait de titre et encore, si au moins il l'avait désiré. Si bien que souvent, Morael se contentait de rester près de son amant en silence, lui apportant son soutien muet, mais se gardait bien de tenter de tempérer ses colères ou son impatience.
Elenor s'arrêta et regarda vers le fond de la pièce ou se trouvait un large bureau, les rideaux de ce qui semblait être une immense baie vitrée avaient été tirés. Un homme était assis là, on le distinguait à peine dans la pénombre.
- Et si elle avait raison? S'exclama soudainement Elenor. Il s'approcha du bureau et se pencha envers son interlocuteur qui n'avait pas bougé. Ses longs cheveux noirs tombaient devant son visage, il les repoussa et continua. Nous devons faire quelque chose, père. C'est mieux que de rester ici à ne rien faire.
Morael leva les yeux au ciel. Ils n'allaient pas encore se quereller là-dessus!
- Elenor, tu dois protéger ton peuple c'est ton devoir. Tu n'es plus un soldat, tu as des responsabilités qui vont au delà du règlement de compte.
- Pfff! Dans un nouveau mouvement d'impatience, il se redressa, tourna le dos à l'homme, et s'appuya contre le large bureau les bras croisés, le regard perdu au loin.
Xcizor ne releva pas. Il ne leva même pas les yeux sur son fils. Il avait espéré, depuis le temps, qu'il changerait un peu. Que le poids des responsabilités le ferait changer, que le désir de sauver un partie du royaume, de préserver ce qui leur restait le ferait grandir et épanouir. Mais il ne s'était rien passé. En fait, ce qu'il avait vraiment souhaité, c'était qu'en tant que fils naturel de Lucifer, quelques qualités de celui-ci existent en sont fils mais Elenor avait été élevé comme un guerrier et il n'était rien d'autre que cela, malheureusement en cet instant. Il n'avait aucune aptitude pour être souverain. Il s'était querellé systématiquement avec tous ceux qui avait essayé de négocier avec lui, ami comme ennemi. Belial avait même fait des efforts même si Elenor n'avait rien de Lucifer, pour tenter de l'aider dans sa tâche mais le Satan avait finalement fini par laisser le jeune homme prendre ses décisions seul car Elenor finissait toujours par perdre patience. L e seul qui pouvait l'affronter sans crainte c'était lui car il avait toujours eu sur Elenor la double autorité de père et de général. Mais cela ne voulait pas dire qu'ils n'en n'étaient jamais venus aux coups parfois certains soirs…
- Oh puis j'en ai assez, s'écria Elenor, se dirigeant du même coup vers la porte sans se retourner. Je vais voir par moi-même.
Xcizor, jusque là parfaitement immobile, se leva vivement de sa chaise.
- Tu n'iras nulle part tu m'entends! Ordonna le général d'une voix qui laissait guère de place à la réplique.
Mais Elenor avait déjà ouvert la grande porte et sans répondre, il quitta la pièce.
Au sud de la ville de Dys, capitale du Sheol, se trouvait une cité plus petite nommée Asylum, nommée ainsi juste après la Chute car la cité n'était au début qu'un camp pour soigner les blessés et ceux qui – plus particulièrement avaient moins bien survécu psychologiquement à la chute. Le nom était resté par la suite bien que les dirigeants aient essayé de se débarrasser de cette image. L'augmentation avec les années de démons peu fréquentables et de chefs de bandes surpuissants avaient rendu à la ville un caractère peu reluisant qui n'avait pas amélioré son image et ses habitants n'osaient pas errer dans les rues trop longtemps. Là bas, aucune autorité n'avait de place, ni d'armée, ni de roi, c'était le plus fort qui gagnait, ou celui qui payait le plus cher.
Depuis la conquête par le peuple d'en haut, peu d'anges avaient osé mettre le nez en Asylum. Ils avaient laissé la cité telle quelle puisqu'elle ne possédait en fait rien à exploiter. Inutile de penser à faire affaire avec des mercenaires qui trahiraient le jour d'après.
C'est donc ici qu'elle s'était réfugiée. C'était le meilleur endroit pour ne pas être vue. Une fois qu'elle leur avait montré à qui ils avaient affaire, ils avaient arrêté de l'embêter. Il avait évidemment fallu que quelques têtes tombent pour cela mais certains ne comprenaient que par les leçons du sang.
Depuis quelques semaines, elle avait loué une chambre dans une auberge moyennement propre de l'est de la ville. Là se tenaient d'anciens soldats mais aussi quelques mercenaires et des chasseurs de primes auquel elle pourrait accorder sa confiance. Déjà, elle leur avait parlé de son plan, ils étaient emballés, car ils s'ennuyaient beaucoup et avaient besoin d'action. Ils la suivraient, elle le savait.
Assise à la salle à manger, les pieds croisés sur la table, elle occupait sa soirée à aiguiser la lame de son nouveau poignard, silencieuse, perdue dans ses pensées. Autour d'elle, des hommes parlaient bruyamment et buvaient, comme à tous les soirs. C'était ainsi à tous les soirs. Elle serait patiente, elle savait que maintenant, partout dans la ville, on parlait d'elle et plusieurs joingnaient ses rangs. Elle attendrait le bon moment.
Soudainement, elle releva les yeux, un homme se tenait devant elle. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres. Elle observa longuement l'homme devant elle, portant un long manteau de laine, son visage caché par un large capuchon, quelques mèches de cheveux blonds étaient visibles devant son visage calme.
- Alexiel, dit-il
- Bonjour, je t'en prie, assied-toi. Dit-elle en retirant ses pieds de la table
- Je suis pressé, dit-il en s'asseyant, je n'aime pas trop trainer ici. Si on savait que j'y suis, ce pourrait être très grave.
- Ne t'inquiète pas, personne ne s'intéresse à toi ici, Raphael, dit Alexiel en déposant son poignard sur la table. Alors, tu m'avais promis de me donner des nouvelles.
Raphael soupira.
- Les nouvelles sont mauvaises, Alexiel. Tu devrais peut-être renoncer à tes plans.
- Pas question, la situation dans laquelle sont plongés les démons est inconcevable. Ils se sont battus pour leur liberté et maintenant ils sont des esclaves.
- C'est la conséquence d'une guerre perdue, Alexiel.
- Effectivement, mais rien n'empêche d'essayer de reprendre ce qui nous appartient.
- Nous? Raphael semblait perplexe. Je croyais que tu désirais rester neutre.
- J'ai pris parti temporairement. Maintenant dis-moi ce que je veux savoir.
Consternée, elle écouta Raphael raconter ce qui était arrivé à Luciferé Elle demeura muette, incapable de dire quoique ce soit. Elle ne s'était évidemment pas attendu à ce que son emprisonnement se passe bien mais elle n'osait pas croire qu'il ait pu à nouveau défier Dieu de cette manière. Évidemment, Raphael tenut à la rassurer sur son état maintenant stabilisé mais elle frissonnait encore quand il termina son histoire juste à penser à ce qu'il avait pu vivre.
- J'ignore ce qui va se passer ensuite. Je reçois les ordres au compte-goutte.
- C'est affreux, mur mura Alexiel, perdue dans ses pensées
Raphael se releva ensuite.
- Je dois partir. Veux-tu que je lui transmette un message?
Alexiel secoua la tête.
- Non, je ne veux pas qu'il ait de mes nouvelles. Laisse-le récupérer et je t'en prie, prend soin de lui.
-C'est mon travail, répondit-il, au revoir Alexiel
- Au revoir, Raphael.
