Titre : La prophétie des Fondateurs

Rating : T, avec possibilité de changement en cours de route

Pairing : Pleins :p

Disclaimer : Voir chapitre 1

Résumé : Si vous êtes là, c'est que vous n'avez plus besoin de le savoir :p

Petit mot de l'auteur : J'ai oublié de préciser la dernière fois, que je ne respecte pas trop les années du bouquin. Parce que bon, un i-pod en 1997, hein . . . ^^' M'enfin, vous m'en voudrez pas. Et pis, de toute façon, c'est moi l'auteuse, na !

Allez, pour ce second chapitre, on fait un tour vers Poudlard, où je met l'histoire de la sorcellerie en place. Histoire de bien vous reperez pour la suite ^^

Bonne lecture !


Chapitre 2 : A cause des mots

- Sale véracrasse puant !

- Fiente de Scroutt à pétard !

- Débile psychopathe et névrosé !

Seamus me tape dans le dos.

- Hey, je t'avais dit que la fille était une moldue ! J'aurais du parier sur ce coup-là.

Je lève les yeux au ciel, avant de focaliser à nouveau mon regard sur les deux adolescents qui se font face.

Le premier est un garçon de quinze ans, plutôt beau gosse, avec une fossette au menton. Ses cheveux bruns, aussi courts que les miens sont longs à présent, sont aussi disciplinés qu'une classe de première année après la tombée des premières neiges. Ses yeux bleus rencontrent ceux verts de la jeune fille qui lui fait courageusement face, les poings sur les hanches. Elle porte des cheveux blonds coiffés en demi-queue de cheval qui se balancent aussi vite que ses insultes sortent. L'un porte un uniforme vert et argent, l'autre un rouge et or.

Et étonnamment, c'est la fille qui porte le blason des Serpentards.

- Seamus, ce n'est pas parce qu'elle utilise des termes issus de la psychologie moldue qu'elle en est forcément une, dit Hermione.

Seamus fusille mon amie du regard. Il déteste quand elle a raison. Et notre Préfète en Chef a toujours raison.

- Bon, ce n'est pas tout mais moi j'ai faim. On ne va tout de même pas rester les regarder se disputer ? Je vous rappelle qu'on aura droit à la notre personnelle d'ici quelques minutes si on se débrouille bien.

Je jette un œil à ma montre. Ron a raison. D'ici trois minutes piles, les Serpentards de septième année seront à la porte de la Grande Salle pour aller dîner. C'est maintenant ou jamais.

Nous contournons la rixe qui a accueilli quelques curieux de plus, et reprenons notre chemin.

Nous sortons d'un cours de Sortilège intensif, où nous avons abandonné un Neville près à subir les remontrances du professeur Flitwick. Notre camarade a quelque peu raté son sort et notre aimable enseignant s'est retrouvé à ronfler sur son bureau. Neville s'était trompé de cible. Dommage pour lui.

Je jette un œil derrière moi. Les adversaires en sont venus aux mains. Je les regarde avec une certaine excitation. Ce sera bientôt mon tour.

Un reniflement de dédain retentit à ma gauche et je tourne mon regard vers l'émetteur du bruit.

- Un problème, Hermione ? Je demande aimablement à la brunette qui tient son sac bourré à bloc, tout contre sa poitrine.

- Je n'ai pas besoin d'être légilimen pour savoir à quoi tu penses, Harry. Et je te serais gré d'éviter toute confrontation avec Malefoy. Il y en a assez à la fin !

Je lève les yeux au ciel discrètement.

- Je t'ai vu, gronde-t-elle.

Je souris, amusé. Elle me passe devant, vexée.

Nous arrivons devant les portes de la Grande Salle et, ô surprise !, nous y croisons les dernières années de Serpentard.

Automatiquement, mon regard se porte sur leur chef, leur tête de groupe, mon rival de toujours : Malefoy. Il fait de même, et ses yeux gris plongent dans mes prunelles émeraudes. Commence alors la joute. Celle que nous attendons tous les jours avec délice et excitation. Même si parfois elle se termine mal.

- Alors, Potty, les médicomages ne sont toujours pas venus te chercher ? Pourtant, avec ton crétinisme congénital, ils devraient être là depuis longtemps.

Il commence bas, très bas. Je ne lui ferais pas cette fleur.

- Ils doivent d'abord venir pour toi, Malefoy. Il parait que ces derniers temps la consanguinité fait des ravages. Cela explique ta face de fouine.

Un article récent parut dans la Gazette a révélé un fait réel qui est que le mariage entre cousins provoque des malformations sur les enfants. Les Sang-Pur ont vivement répliqué.

Je peux presque entendre Malefoy grincer des dents.

Il rage, je jubile.

Un à zéro. Balle au centre.

Rapidement, je jette un œil autour de moi. Ron et Parkinson se regardent en chiens de faïence. Nott regarde dédaigneusement Seamus qui lui répond par un formidable levé de doigt. Hermione et Zabini se sont chacun adossés à un mur, un bouquin ouvert, attendant que l'orage passe, avec l'aisance de l'habitude. Les deux seuls à ne jamais se battre.

Mon regard se porte à nouveau sur Malefoy. Son sourire narquois signifie qu'il va lâcher une bombe, un truc qui ne va certainement pas me plaire. Je l'attends.

- Comme c'est étrange Potter, vous n'êtes que quatre. Je sais par expérience que Londubat est retenu avec le prof, encore et toujours à cause de son absence d'intelligence mais . . . Il manque encore une personne.

Mes yeux se rétrécissent, mes pupilles se font dangereuses. Il n'a pas intérêt à oser. Pas alors que tout est encore trop proche. Ces souvenirs sont particulièrement douloureux. Et pas qu'à moi.

- Il manque bien quelqu'un, poursuit-il avec un sourire en coin ravi.

Il a compris qu'il m'a eu, il m'a ferré. S'il le dit, j'ouvrirai les hostilités. S'il le dit, je le mets en charpie.

- Draco, fait la voix prudente de Zabini. Fais très attention à ce que tu vas dire.

Le noir pose son regard doux et apaisant sur le blond. Ce dernier l'ignore, comme à son habitude. Zabini referme son bouquin avec un claquement sec. Les autres qui nous entourent, ceux qui ne participent pas à la bagarre, s'éloignent de quelques pas. Ils savent que nos altercations peuvent être dangereuses pour les spectateurs.

- Harry, ne relève pas, souffle Hermione dans mon dos.

Malefoy fait une pause, savourant ce qui va suivre. Mon poing se tend près de ma poche, prêt à dégainer. Celui de Malefoy fait de même.

- Dis-moi Potter, as-tu eu des nouvelles de Dean Thomas dernièrement ?

Je ne réagis pas. Je n'en ai pas le droit bien que l'envie soit là : il me faut d'abord retenir Seamus qui vient de sauter à la gorge de Malefoy. Ron et moi arrivons tout juste à le ceinturer, ce n'est pas facile tellement il bouge, tellement il se débat pour pouvoir défouler sa colère et son chagrin sur Malefoy. Mais nous ne pouvons pas le laisser faire. La maison Gryffondor a déjà perdu beaucoup trop de points à cause de nos rixes incessantes.

- Laissez-moi, je vais le tuer, grogne-t-il tout en se défendant.

Ron et moi avons de plus en plus de mal à le retenir. Devant nous, les Serpentard se sont rapprochés de leur chef qui sourit victorieusement. Tous sont fiers de lui et le félicitent. Tous sauf Zabini, qui après l'avoir fusillé du regard, a pénétré dans la Grande Salle, seul.

Seamus se débat de plus en plus, il nous échappe. Heureusement Hermione lui lance un sort de Sang-Froid qui le calme instantanément, bien que le laissant légèrement hébété. Nous le relâchons, sûrs qu'il ne tentera plus rien. Hermione le prend alors par le bras et lui parle doucement, tout en le menant jusqu'à la grande Salle, Ron sur leurs talons. A leur tour, les amis de Malefoy commencent à rejoindre la salle.

Je me tourne vers lui. Il fait une moue déçue. Il aurait voulu que nous laissions Seamus agir. Ca lui aurait fait plaisir que nous perdions encore des points.

- Que se passe-t-il ici ? Retentit soudain la voix fluette du professeur Flitwick.

Il fend la foule jusqu'à nous, Neville sur ses talons. Ils viennent certainement de terminer leur entretien.

- Potter et Malefoy, encore en train de vous battre.

Nous ne réfutons pas. De toute façon, même si ce n'était pas le cas, on nous collerait. Pour toutes les fois où ils ne nous auraient pas pris sur le fait.

- Comme vous ne savez décidément pas gérer votre trop plein d'énergie, poursuit le minuscule professeur en nous regardant sévèrement, vous irez en retenue ce soir avec Hagrid. Il aura besoin d'aide pour préparer les citrouilles d'Halloween. Cela devrait certainement vous calmer.

Il passe devant nous et rejoint la Grande Salle. Les spectateurs comprennent que le spectacle est terminé et s'éparpillent. Malefoy et moi ne bougeons pas. Je continue à le regarder.

- Pff, je fais dédaigneusement à son encontre. Honnêtement Malefoy, jamais je n'aurais pensé que tu oserais. Mais maintenant que c'est fait, ce sera coups pour coups. Attends-toi à avoir très mal.

Je n'attends pas sa réponse. Je n'ai pas envie d'une seconde retenue. Je pénètre dans la Grande Salle et m'installe à côté de mes amis. A ma tête, ils comprennent ce qu'il vient de se passer.

- Avec qui ? demande Hermione.

- Hagrid, je réponds.

Elle hoche la tête et me sert une généreuse part de pommes de terre sautées.

Je jette un coup d'œil à la table des Serpentard. Curieusement, le groupe de Malefoy est silencieux. Aurait-il des regrets ? Même si c'est le cas, je tiendrai ma promesse. Œil pour œil, dents pour dents. Aborder le sujet de Dean était suicidaire, surtout en présence de Seamus. Malefoy n'avait-il donc aucun respect ? S'en prendre à Dean, ce cher Dean . . .

Je centre mon regard sur notre irlandais qui se remet peu à peu du sortilège d'Hermione. Son regard brille et cri vengeance. Ses patates devenues purée dans son assiette en témoignent.

S'en prendre aux morts était une très mauvaise idée, Malefoy . . .

oOo

- Drago, je n'aurais jamais pensé que tu puisses aller jusque là. Tu sais que c'est trop récent, que c'était bas et en dessous de tout ce que tu as pu faire jusqu'à aujourd'hui. Même t'en prendre à ses parents aurait été plus glorieux. Mais Dean Thomas. Tu aurais pensé quoi si Harry t'avait parlé de . . .

Mon cerveau bloque instantanément les paroles de Blaise. Je n'ai pas besoin de remontrances. Ma conscience le fait à sa place, et le fait très bien. D'ailleurs, elle semble raconter la même chose que lui à peu de choses près. Que c'était vil et mesquin. Si peu moi. Mais ça avait été plus fort que moi. C'est comme ça à chaque fois que je croise Potter, je cherche toujours un moyen de lui faire du mal, plus que la fois précédente.

- Drago, gronde Blaise, se rendant compte que je ne l'écoute plus.

A contrecœur, je lève les yeux de mon assiette à moitié entamée et plonge mon regard gris dans celui brun et chaud de mon meilleur ami.

- Quoi ? Fais-je, lassé.

- Tu es en retenue ce soir ?

Je lève un sourcil. Comme s'il ne le savait pas.

- Bien. J'aimerais que tu présentes tes excuses à Harry.

Je ne le montre pas, mais je suis outré. Je pourrais presque pousser un cri d'incrédulité devant la bêtise de la proposition.

- Tu aimerais que je fasse quoi ? Demandai-je en détachant les syllabes.

Autour de moi, je vois Théodore et Pansy rentrer la tête dans les épaules, se préparant à la catastrophe imminente.

- Ok, oublie. Je me demande même pourquoi je t'ai proposé ça, marmonne-t-il dans sa barbe inexistante.

Il se concentre sur sa purée de pois (beurk !) et je dévie mon regard vers la table des rouges et or, de loin la plus bruyante de la salle. Nous sommes vendredi soir et la perspective du week-end qui approche les excite au plus haut point. Pathétique. Ils ne sont pas les seuls à apprécier ces deux jours de repos, mais est-ce que nous, les Serpentards, faisons autant de bruit ? Non, car cela ne confère aucune classe, alors autant se faire discret.

- A quelle heure a lieu ta retenue ? Me demande Théodore.

- Huit heures, je suppose. Comme à chaque fois qu'elle a lieu le soir.

J'y suis tellement habitué que les professeurs ne me précisent même plus l'heure. Ce serait une perte de temps pour eux de toute manière. Potter et moi sommes des habitués des retenues. D'ailleurs, c'est bien la première fois qu'ils nous en donnent une en commun. Généralement, ils préfèrent nous séparer, de peur que ça ne dégénère. Ce qui risque bien d'arriver ce soir.

Je jette un œil à ma montre. Il est huit heures moins le quart. En partant maintenant et en marchant tranquillement, je serais chez Hagrid à temps.

- J'y vais, dis-je en me levant. Je vous retrouve à la salle commune.

Je sais qu'ils m'y attendront, comme à chaque fois. Surtout qu'aujourd'hui, ils voudront en plus savoir si nous n'avons pas fini par nous entretuer Potter et moi.

Mes amis m'adressent divers signes d'encouragements et de saluts, et je me dirige d'un pas digne et calme vers le hall. Arrivé à la porte, je jette un œil sur la table des Gryffondors et aperçois Potter qui discute toujours avec ses amis. Comme à son habitude, il courra pour être à l'heure. A côté de lui, Finnigan me regarde, l'air de vouloir faire à ma tête ce qu'il fait endurer à ses pommes de terres sautées qui ont l'air d'une purée. Je lui souris sardoniquement. Ses yeux se plissent. Je continue ma route, l'air de rien.

Je sais que c'était vraiment très bas de m'en prendre à Dean Thomas. Ça l'est toujours quand on s'en prend aux « morts pour la patrie » comme a si bien dit la Gazette.

Mort pour la patrie, quelle connerie.

Si on lui avait demandé son avis à Thomas, il n'aurait pas fait cet honneur au monde de la magie. Il aurait préféré vivre et voir ses demi-frères et demi-sœurs grandir, pouvoir continuer à réconforter sa mère qui ne se remettait pas du décès de son beau-père. Je sais tout ça car je les ai vus une fois, au Q.G. Celui de l'Ordre du Phœnix. Sa mère et la plus jeune de ses sœurs, la petite dernière âgée de trois ans, étaient venues le chercher une fois, au square Grimmaurd, un soir où il n'avait que trop tardé auprès de ses amis. Je n'avais eu qu'un bref aperçu des membres de la famille de Thomas, mais je l'avais vu en train de jouer avec sa sœur, un grand sourire aux lèvres. A ce moment-là, la tristesse et la colère qu'il avait ressenties quelques minutes plus tôt à cause d'une attaque récente qui avait blessé Finnigan, avaient totalement disparu, chassées par la vue de sa petite sœur. Il avait ensuite pris sa mère dans ses bras, cette femme qui avait fondu en larmes quand elle avait été rassurée sur l'état de son fils. C'est là que j'ai compris que dans ma propre famille, il y avait toujours eu un truc qui clochait. Jamais mes parents ne m'avaient, ni ne m'auraient montré autant de sentiments. Aujourd'hui le problème ne se pose plus : ils sont morts. J'ai été étonné, quand on me l'a annoncé, de ne ressentir qu'une toute petite pointe de peine, sans plus. Pas de débordements de larmes, ni de cris affolants, de dénis de la réalité. Pas comme Blaise, quand il a su que sa mère avait été assassinée à cause de son refus d'adhérer à Voldemort. Il s'en était voulu pendant de longues semaines d'avoir refusé d'être un Mangemort. Jusqu'à ce que je le rejoigne au Q.G. de l'Ordre du Phoenix.

Je continue mon chemin, traversant le parc.

Je sais pertinemment que s'en prendre à la mémoire de Dean Thomas était une chose que je n'aurais pas du faire, mais la tentation de faire réellement mal à Potter avait été au dessus de tout. La vengeance serait terrible, je n'en doutais pas un seul instant, il me faudrait donc être sur mes gardes.

J'arrive à la cabane en bois qui sert de maison au demi-géant. Il en sort et se dirige vers moi.

- Encore en retenue, soupire-t-il.

- Comme vous le voyez.

Avec Hagrid, les choses ont changé. A force de nous côtoyer lors des retenues, des liens se sont forgés. Un jour, il s'est mis à me raconter sa vie, comme ça, sans que je ne lui aie rien demandé. Il m'a dit pour son père mort, son renvoi, sa mère qu'il n'a jamais connue. Puis l'offre de Dumbledore pour le poste de garde-chasse, la rencontre avec Potter, les liens qu'ils avaient noués, la guerre. Les morts trop nombreux qu'il avait vus. Que nous avions tous vus. La dernière bataille, si violente. Si rouge.

Et quelques jours plus tard, c'est moi qui me suis mis à lui raconter ce qu'avait été ma vie, sans que je ne comprenne réellement pourquoi je faisais ça. Peut-être dans un souci d'égalité. Bien que ce terme soit quelque chose qui m'était totalement inconnu encore quelques mois auparavant. Toujours est-il que je lui ai dit tout ce que les autres ne savaient pas. Même Blaise. Et Hagrid m'avait rassuré, moi, alors que je n'avais rien fait pour ça. A croire qu'il avait oublié toutes les crasses, les insultes, les bassesses que je lui avais faites. Quand je lui avais demandé la raison de cette amabilité, il m'avait répondu que la guerre était terminée, qu'on avait vu assez de soi-disant amis se déchirer au nom d'idéaux puérils et dépassés. Que les vieilles rancunes étaient pour lui, oubliées. Que tout le monde un jour, avait le droit à une seconde chance, pour un peu qu'on en voulait.

Alors, je l'avais saisi au vol, cette seconde chance.

- Je suppose qu'une fois encore, tu t'es battu avec Harry, devine Hagrid avec un air accablé.

Que répondre à ça ?

J'hoche la tête.

- Même si on n'en est pas venu aux mains ! J'ajoute, dans un souci de vérité. Ce n'était que des mots, mais Flitwick est arrivé à ce moment-là et il nous a vus. La suite, vous la connaissez. Sauf que cette fois-ci, nous sommes en retenue ensemble.

Ma dernière phrase est maugréée. Que Potter me rejoigne pour la retenue signifie que je ne pourrais pas agir envers Hagrid comme à mon habitude, et que je devrais faire croire à l'autre balafré que je dédaigne toujours notre garde-chasse et professeur de Soins aux Créatures Magiques. Reprendre les vieilles et mauvaises habitudes en somme.

- Bonsoir Hagrid !

Je me retourne et vois arriver le Gryffondor, l'air tranquille et le pas lent. Pas pressé pour deux noises.

- Bonsoir Harry ! Le salut Hagrid en retour.

Potter me rejoint et se poste à trois mètres de moi. Tant mieux, ainsi il n'y aura aucun risque d'attraper la débilité congénitale qui caractérise les membres de cette maison.

- Bien. Vu que l'on ne m'a averti de votre retenue qu'il n'y a que quelques minutes, je vais devoir réfléchir quelques instants sur ce que je vais vous donner . . .

Hagrid regarde autour de lui, les sourcils froncés. Je le regarde faire, impassible. Plus vite il trouvera, plus vite on le fera, et plus vite je serais de retour dans mon dortoir. Le week-end m'attend avec impatience, et le contraire est aussi valable.

Soudain, son regard s'arrête sur son potager et s'illumine.

- Ah oui ! S'exclame-t-il en claquant des doigts. Il faut aller ajouter de l'engrais aux citrouilles pour Halloween. C'est-ce que vous ferez.

Il nous fait signe de le suivre, et je laisse Potter passer devant moi avant de me mettre en route. Hagrid nous fait pénétrer dans l'immense potager où déjà les citrouilles ont dépassé la taille maximale autorisée. Il nous colle ensuite entre les mains des bidons de produits non-identifiés et nous laisse seuls avec pour simple explication qu'il est attendu ailleurs.

Je n'essaie même pas de comprendre et m'attelle à ma tâche sans un mot.

Résonne alors dans mon esprit les mots de Blaise.

J'aimerais que tu présentes tes excuses à Harry.

Abruti de couillon ! Comment Blaise peut-il ne serait-ce qu'imaginer qu'un jour j'adresse des excuses à St Potter ? Il faudrait pour ça qu'un violent sort non indentifiable s'abatte sur moi. Et encore, je ne suis pas sûr que ça marche !

J'inonde les racines des plantes de l'engrais jaunâtre d'où s'élève une puanteur sans nom. Un autre que moi aurait déjà rendu son dîner . . .

A côté de moi, je remarque du coin de l'œil que Potter s'est aussi mis à la tâche.

Le potager est gigantesque et les citrouilles ont un diamètre tellement grand qu'il faut plusieurs minutes pour en arroser tout le tour. Le soleil se couche peu à peu derrière les montagnes, et il reste encore une bonne moitié du potager à faire. A cette allure-là, on sera encore là à minuit !

Je me redresse, fait craquer le bas de mon dos vermoulu. Je sens la sueur dégouliner sur mes tempes et sur mes reins, mais je me remets aussitôt à la tâche. Plus vite ce sera terminé, plus vite je m'en irai. Et surtout, je ne ferais pas l'honneur de montrer mon corps à Potter . . . Bien que l'idée d'enlever cette chemise me démange ! C'est absolument inconfortable d'avoir le tissu rêche de l'uniforme qui frotte conte ma peau douce. Je n'ai jamais aimé transpirer . . . Malheureusement, j'ai dû m'y habituer.

Soudain, Potter - qui se trouve dans mon champ de vision - grogne, se redresse et pose son bidon à terre.

Eh oh, il se croit où, lui ? Il pense peut-être que je vais faire le boulot tout seul ?!

Mais non, en fait, il s'arrête juste le temps d'enlever sa chemise, l'impudique. En deux secondes, montre en main, il m'offre la vue de son dos musclé et hâlé . . . Et parcouru de quelques vilaines cicatrices. Je m'efforce de ne pas penser que les mêmes balafres marquent aussi mon corps.

Je me remets à la tâche, et c'est toujours dans le même silence que nous la terminons d'un même ensemble. Hagrid n'est pas revenu mais ce n'est pas bien grave, il verra que l'on a fait notre boulot. Sans se battre et sans échanger un mot. C'est bien la première fois.

Je remonte le parc jusqu'au château, Potter juste derrière moi. J'entends le son de ses pas sur l'herbe. Je monte les escaliers, dépasse les portes d'entrée, traverse le hall, grimpe les marches de marbre et me dirige vers les cachots.

Au moment où Potter se sépare de ma route, juste dans mon dos, il fait un truc bizarre et incompréhensible.

Il me souhaite bonne nuit.

Je me tourne vers lui, et le regarde prendre le chemin de droite, le regard perdu. Il a prononcé ces deux mots d'une voix absente, presque comme s'il ne s'en était pas rendu compte.

Alors pourquoi mon cœur s'est-il brutalement serré à leur entente ?


Voili, voilou. Je pense que certain d'entre vous ont déjà une idée du couple phare :p

Au prochain chapitre, on retrouvera Adélaïde et les Fondateurs ;)

A bientôt !

Kissous :x