Titre : La prophétie des Fondateurs

Rating : T

Pairing : Au moins un HP/DM, débrouillez-vous pour deviner les autres. ;)

Résumé : Prout, vous savez ce que c'est et si vous avez oublié, bah, relisez.

Note de l'auteur : Coucou tout le monde ! Me revoilà avec un nouveau chapitre tout beau, tout chaud, je viens de le récupérer avec ma bêta. :) J'espère qu'il vous plaira mais je vous préviens tout de suite, il n'y aura rien de bien palpitant dans ce chapitre, sauf peut-être à la fin.

Bonne lecture !


Chapitre 8 : La jeune fille bizarre

Théo affiche un sourire entendu. Bizarre. J'échange un regard avec Pansy et Blaise. Ils ont l'air d'être d'accord avec moi.

Evitant discrètement un Poufsouffle de troisième année qui court comme un dératé dans le couloir - et il a bien de la chance de ne pas subir un retrait de points pour ça - je décide de questionner notre ami.

- Théo ? Pourquoi affiches-tu donc ce sourire niais ?

Son sourire s'agrandit avec ma question. De plus en plus bizarre.

- Je crois que la folie de l'autre tarée a déteint sur lui, marmonne Pansy assez haut pour que tout le monde l'entende.

- Eh bien non, chère amie, répond Théo, fier de lui. Cest juste que . . .

Il ne termine pas sa phrase, et nous sommes trois idiots à rester accrochés à ses lèvres. Mais rien ne vient. Va-t-il nous la donner, oui ou non, la fin de sa phrase ?!

- Théo ! S'impatiente Blaise, faisant sursauter un groupe de Serdaigle qui fait le pied de grue devant les portes de la Grande Salle.

- Cest elle, dit alors Théo, dans un souffle.

Blaise me lance un regard paniqué. La folie est-elle contagieuse ?

- Cest elle quoi ? questionne Pansy, aussi perdue que nous et à bout de patience.

Théo sarrête brusquement dans le hall, alors que nous nous apprêtons à reprendre notre promenade là où nous avions été si inélégamment interrompus.

- Cette fille bizarre qu'on a plantée devant le bureau du directeur. Cest elle ! Elle qui était au centre de mon intuition de ce matin ! Le changement que je sentais s'opérer, ça vient delle !

Nous le fixons, yeux grands ouverts et bouche béante.

- Je vois pas le rapport, là ! S'écrie Blaise. Cest quoi le changement et qu'est-ce qu'elle a à voir là-dedans ?

Théo hausse les épaules.

- Je vous rappelle que je n'ai que des intuitions, hein, pas de vraies prémonitions. Pour les détails, faut voir avec Trelawney, je ne suis pas une pythie !

Nous soupirons.

Honnêtement, si Théo a raison, on risque de se coltiner la folle pendant un sacré bout de temps. Des changements qu'elle apporterait ? Mais de quel genre ?

- Franchement les mecs, fait alors Pansy, pensive, je ne sais pas vous, mais je l'ai trouvée plutôt lucide pour quelqu'un qui parlait aux murs.

- Comment ça ? S'étonne Blaise alors que nous reprenons notre route vers le parc.

- Un fou ne sait pas qu'il est fou, explique-t-elle. A ses yeux, ce sont nous les fous, vous me suivez ?

- A peu près, ouais, acquiescé-je.

- Pourtant, continue-t-elle, je l'ai entendu dire à un moment qu'elle était la seule à pouvoir entendre et voir ses . . . Interlocuteurs. Si elle était vraiment folle, elle aurait été certaine que nous pouvions aussi voir ce qu'elle voyait.

- Sans vouloir être vexant, Pansy, tu devrais sérieusement arrêter de lire ces bouquins de psychomagie, ça te ruine la tête.

Notre amie fusille Blaise du regard, les bras croisés.

- T'as une meilleure explication ?

- Mais là, t'es en train de supposer qu'il y avait réellement quelqu'un avec elle qu'on ne pouvait pas voir ! Avoue que c'est tiré par les cheveux !

Pansy grimace.

- Certes, convint-elle, mais . . .

Elle ne trouve rien à ajouter. Et malgré moi, je trouve des accents de vérité dans ce qu'elle a dit. Je repense à ce qu'il sest passé dans le parc, et à ces feuilles qui volaient. J'en fais part à mes amis.

- Tu débloques Drago, fait Blaise en secouant la tête. C'était le vent, c'est tout.

- Il n'y avait pas un souffle d'air à ce moment-là, dit Théo, réfléchissant. Et, quand elle est tombée en arrière, vous vous souvenez ? On aurait dit quelle tirait quelquun par la taille. Un vrai poids. Quelque chose de réellement lourd.

Je soupire. Cette histoire est un vrai casse-tête gobelin et, tout Serpentard que nous sommes, nous naurons de cesse de connaître la vérité.

oOo

Je fais les cent pas devant le feu qui meurt dans la cheminée. Assis dans le canapé qui me fait face, Harry et Ron suivent mes mouvements du regard.

- Elle va finir par me filer la gerbe, murmure alors Ron, le teint pâle.

- Rien ne t'oblige à me regarder, riposté-je alors.

Ses yeux s'éloignent immédiatement de moi et jai le temps de voir son regard blessé avant que ses orbes bleues ne m'évitent.

Soupirant, je cesse mes allers-retours et m'assieds à côté de lui, penaude, en lui caressant le bras.

- Excuse-moi, Ron, je ne voulais pas être désagréable, mais toute cette histoire . . . Ça me perturbe.

- Quelle histoire ? S'intéresse-t-il instantanément.

Je lui souris, rassurée. Il ne m'en veut pas, tant mieux.

- Cette fille, qu'on a emmené voir le professeur Dumbledore. Ca mintrigue.

- Celle qui parle à l'homme invisible ? Demande Harry.

Je lui souris en comprenant sa référence au monde moldu.

- Exactement, réponds-je. Vous navez pas trouvé ça bizarre ?

- Si, un peu trop même, grimace Ron. C'était une moldue, non ? Alors comment elle a fait pour pouvoir pénétrer Poudlard ?

- Qui te dit que c'en était une ? M'offusqué-je de le voir la classer immédiatement dans cette catégorie.

Ron ouvre la bouche pour répondre. Dans mon dos, je devine Harry qui lui fait signe de se taire, histoire de ne pas s'enfoncer. Il ne tient pas compte des conseils de son meilleur ami.

- Bah, ses habits ! Conclut-t-il avec un haussement d'épaules nonchalant.

- Je te rappelle que je m'habille comme une moldue en dehors des cours, et qu'Harry et toi aussi, grondé-je. Cela veut-il dire que nous ne sommes pas des sorciers ?

Ron s'enfonce dans son fauteuil, gêné.

- Euh non non, oublie, je nai rien dit.

Je préfère ça.

Je me relève et recommence mes cents pas.

- A votre avis, qui est-elle et qu'est-ce quelle voulait au professeur Dumbledore ? Demandé-je.

- Et vous avez entendu Rogue ? Renchérit Harry. Quand on partait, il a dit quelle pratiquait l'occlumencie à un niveau assez élevé pour l'arrêter. Comment elle a fait ça ?

Je ne peux qu'être daccord avec lui. Rogue est si bon légilimens et occlumens que même Voldemort ny pouvait rien. Alors qu'a-t-elle de spécial cette fille ?

- Cest possible quelle ait des prédispositions génétiques ? Demandé-je alors à Ron, seul sorcier de Sang-Pur dans la salle commune.

Il me regarde comme si je venais de parler gobelbabil. Ca ne devrait même pas m'étonner.

- Qu'elle soit naturellement occlumens, sans devoir s'entraîner, rajouté-je.

- Ah ! Sexclame-t-il. Je ne sais pas, peut-être. Mais je n'en ai jamais entendu parler.

Zut, tout ça ne nous fait pas avancer. Peut-être trouverai-je quelques livres intéressants à la bibliothèque là-dessus . . .

- Vous pensez qu'il y avait vraiment quelqu'un avec elle ? demande alors Harry, les sourcils froncés, ou seulement quelle est folle à lier ?

Vu la tête de Ron, il opte pour la seconde option.

- Je l'ignore, Harry, réponds-je alors en soupirant, m'asseyant dans un fauteuil. Elle m'avait l'air saine desprit, malgré le fait qu'elle parlait à des gens qu'elle était seule à voir. Mais en même temps, pourquoi elle aurait été la seule à les voir ?

Personne ne répond. Le portrait de la salle commune s'ouvre à cet instant et laisse passer le professeur McGonagall. Son regard se pose immédiatement sur moi.

- Miss Granger, justement je vous cherchais. Le professeur Dumbledore souhaiterait vous voir dans son bureau immédiatement.

J'hausse des sourcils.

- Tout de suite ? M'étonné-je. Il est revenu ?

Le professeur me lance un regard ambigu.

- J'ignore comment vous avez su qu'il avait quitté le château, mais oui, tout de suite.

- Bien, fais-je alors en me levant, rejoignant ma directrice de Maison, non sans un signe de la main à mes deux amis.

Vu leurs têtes, ils sont aussi intrigués que moi. Il est vrai qu'il est étrange que le professeur Dumbledore souhaite me voir alors qu'il devrait être avec la jeune fille. A moins qu'il ne l'ait pas encore vue ?

- Savez-vous pourquoi il veut me voir ? Interrogé-je alors le professeur McGonagall qui me conduit dun pas vif.

- Aucunement, Miss Granger.

Elle n'en dit pas plus jusqu'à ce que l'on arrive devant la gargouille du bureau directorial. Nous croisons alors le professeur Rogue avec Malefoy.

Bien, alors en fait, ce sont les Préfets-en-Chef que le professeur Dumbledore souhaite voir. Pourquoi ça et pourquoi maintenant ?

oOo

Le bureau est empli d'objets hétéroclites et inquiétants. Ils émettent des grincements, de la fumée, des cliquetis, et parfois même, des coups de sifflet. Les murs de la pièce ronde sont tapissés de portraits, plus ou moins anciens. Et tous sont vivants. J'étouffe un frisson.

- Je vous en prie, Miss, asseyez-vous.

Je reporte mon regard sur le vieillard qui s'est installé dans un haut siège derrière un vaste bureau encombré par ce qui ressemble à des feuilles sales enroulées. Ah, ce ne serait pas ça que l'on appellerait "parchemins" par hasard ?

Mon sursaut de connaissance est gâché par Sal, posté dans un coin de la pièce, les bras croisés.

- Il vient de te demander de t'asseoir, quest-ce que tu attends ?

Etrangement, il a prononcé ces mots très poliment. Je m'exécute donc, occasionnant un sourire ravi sur les lèvres du professeur Dumbledore - qui a aimablement corrigé ma stupide confusion dun peu plus tôt. En même temps, je n'imaginais pas le directeur dune grande école de magie ressemblant à Gandalf Le Blanc.

- Bien, fait-il, croisant ses mains aux longs doigts sur son bureau. Tout d'abord, me feriez-vous l'honneur de me dire votre nom ?

- Je mappelle Adélaïde McGregor, réponds-je.

- Et doù venez-vous, Miss McGregor ?

- De Londres.

- Et quel âge avez-vous ?

- Dix-sept ans.

Aujourd'hui, ajouté-je dans mon for intérieur. Et vive l'anniversaire de dingue que je me tape !

- Aujourd'hui ? Demande-t-il ensuite.

- Comment vous le savez ? m'étonné-je alors.

Il ne m'offre qu'un sourire entendu, que j'ai immédiatement envie de lui faire bouffer. J'ai jamais aimé les gens qui pensaient savoir tout mieux que les autres.

- Je vais vous réciter quelques mots, Miss McGregor. Et jaimerais que vous me disiez si vous les avez déjà entendus auparavant.

Je me tourne alors, à l'entente dune seconde voix. Elle provient d'un homme que j'ai déjà vu, grand et noir. Celui que j'ai aperçu sur le Chemin de Traverse. Il est arrivé avec le professeur Dumbledore mais s'était tenu silencieux jusqu'à maintenant.

- Allez-y, l'encouragè-je.

- Désaccords, joutes, oppositions, malgré leur amitié qu'ils ont jurée éternelle, ils ne peuvent s'empêcher de se battre . . .

- Cest bon, le coupé-je, n'allez pas plus loin, je les ai déjà entendus.

- Savez-vous ce que c'est ? Me demande alors le vieil homme.

Je me remets droite pour lui répondre, apercevant du coin de l'oeil Row et Hel qui écoutent religieusement la discussion.

- Oui, une prophétie.

- Et que savez-vous à propos de cette prophétie ?

J'hésite. Je me vois mal lui dire que cest moi la Première dont on y parle.

- Dis-lui, me pousse alors Rick, qui flâne dun air intéressé derrière le bureau directorial, regardant les vitrines. Il te croira.

Je décide de lui faire confiance.

- La prophétie parle dune Première, réponds-je alors, une femme qui regroupe les sangs de quatre personnes. Je suis cette femme. Enfin, jeune femme, rectifié-je.

Le vieil homme me croit, sans rien avoir besoin de plus. Je le constate au sourire doux quil me tend. L'autre homme, lui, nest pas si prompt à me croire aveuglément.

- Il nous faut une preuve de ça, Albus, dit-il de sa voix basse. Nous ne pouvons pas la croire sur parole.

- Hey, mais cest mon épée ! S'exclame alors Rick.

Surprise, je me tourne vers lui. Il est toujours du côté des vitrines, les yeux fixés au dessus de l'une dentre elles. Et effectivement, il y a là la même épée que celle qu'il porte à sa taille.

- Cest bizarre, dis-je.

- Qu'est-ce qui est bizarre, Miss McGregor ?

L'homme de couleur me jette un regard intéressé, tout comme le professeur Dumbledore.

- L'épée, j'explique en tendant ma main vers celle qui se trouve sur la vitrine. C'est celle de Godric mais il l'a déjà sur lui. Cest ça qui est bizarre.

A ces mots, le directeur a les yeux qui pétillent tellement de bonheur que j'ai limpression quil va s'étouffer avec ses paillettes. L'autre, lance un regard interrogateur vers le vieil homme.

- Personne, en dehors de quelques personnes et de moi-même, ne sait que cette épée a appartenu à Godric Gryffondor, explique alors le professeur Dumbledore. Elle est bien la Première dont parle la prophétie, Shackelbot. Ca ne fait aucun doute.

L'homme, Shackelbot donc - drôle de nom soit dit en passant - se redresse et moffre un sourire pour la première fois depuis que nous sommes dans cette pièce.

- Miss, puisque vous voyez les Fondateurs, pouvez-vous nous les décrire ?

Je mets de côté mon envie de l'envoyer bouler - il a visiblement beaucoup de mal à me croire, alors que le directeur lui, me donnerait le bon dieu sans confession - et lui décris mes compagnons.

- Helga est blonde, les cheveux coupés courts, et a les yeux marrons, elle est habillée de bleu et de noir. Un blaireau, d'après ce qu'elle m'a dit, est brodé sur sa cape. Rowena a de longs cheveux bruns et a les yeux bleus clairs. Sa tenue est bleue et argentée, un aigle est brodé sur sa cape. Godric a des cheveux blonds foncés, mi-longs et les yeux bleus. Ses vêtements sont de couleur rouge et or et c'est un lion qui est brodé sur sa cape. Enfin, Salazar est brun, les cheveux attachés dans son dos et a les yeux noirs. Il porte des vêtements vert et argent et c'est un serpent qui est brodé sur sa cape. Ca vous va ?

Les deux hommes échangent un regard.

- Ca correspond aux tableaux que l'on a deux avant leur mort.

- Disparition, corrige immédiatement Sal, les sourcils froncés.

- Ils ne t'entendent pas, crétin, réplique Rick.

- Tu pouvais le faire remarquer avec plus de gentillesse, précise Row en rabrouant son ami. Nul besoin de l'insulter ainsi.

Ni Godric, Ni Salazar ne renchérissent. Ô miracle ! Je décide alors d'être gentille à mon tour.

- Salazar précise "avant leur disparition" et non "leur mort" .

Les deux hommes me lancent un regard abasourdi.

- Comment ça ? Fait le plus jeune.

- J'en sais rien, moi, demandez leur !

Puis, prenant conscience de ma bourde :

- Euh, enfin, je veux dire que je peux leur demander.

Un léger sourire amusé flotte sur les lèvres du professeur Dumbledore depuis mon erreur. Se foutrait-il de ma tronche par hasard ? Enfin bref, je me tourne vers Row pour plus de détails.

- Rappelle toi, dit-elle, on te l'a déjà expliqué. Nos âmes ont été séparées de nos corps à cause de la prophétie, le fait qu'il n'y ait pas eu de réconciliation.

- Ah oui !

Je reporte ces quelques mots aux deux hommes qui me paraissent soudainement dubitatifs. Je leur adresse une grimace d'excuse : même moi j'ai encore du mal à y croire.

Soudain, mon estomac grogne bruyamment, occasionnant une rougeur inhabituelle sur mes joues. Les deux hommes me sourient.

- A quand remonte votre dernier repas, Miss ? Me demande Shackelbot.

- A ce matin, avoué-je à mi-mots. Je n'ai pas pensé à emmener un repas avec moi.

- Bien, fait alors le professeur Dumbledore, je pense quune collation s'impose donc.

Pour la première fois depuis que je suis dans l'école, je vois un sorcier sortir sa baguette et l'utiliser. Grâce à un mouvement souple et ample du poignet, il fait apparaître une assiette garnie de sandwichs au boeuf. Mon estomac gargouille de plus belle.

- Restaurez-vous, m'invite-t-il, pendant ce temps, je vais régler quelques affaires.

Et ni une, ni deux, je me précipite sur les sandwichs comme une affamée.


Bon, le site m'a encore viré mes apostrophes, alors j'espère que cette fois-ci, je les ais tous bien remis. Enfin bref.

Au prochain chapitre, Drago et Hermione feront plus ample connaissance avec Adelaïde. ;)

Bisous à tous !