Titre : La prophétie des Fondateurs

Rating : T (peut-être plus pour très longtemps --')

Pairing : Au moins un HP/DM, débrouillez-vous pour deviner les autres. ;)

Note de l'auteur : Désolé pour mon retard de deux semaines, mais j'ai comme qui dirait eu un manque de temps. --' J'ai essayé de vous donner celui-là en temps et en heure, mais vous remarquerez qu'il est plus court. Enfin bref, j'espère pouvoir me rattraper la prochaine fois.

Bonne lecture !


Chapitre 20 : Lupin et Rogue

Non mais . . . Non mais . . . Mais . . .

- C'est quoi cette arnaque ? Répété-je, en me tournant vers le groupe d'adolescents présent dans mon dos. Vous avez vu la même chose que moi n'est-ce pas ?

Vu leur tête, oui. Ils n'en reviennent pas. Moi non plus

. Je regarde autour de moi pour vérifier que ce n'est pas une vieille blague pas drôle, mais le fait est que les Fondateurs ont bel et bien disparus. Sans prévenir. Et sans laisser de trace. Pfut, comme ça, plus rien. L'instant d'avant ils étaient là et l'instant d'après, plus personne. Je n'ai même pas eu le temps de finir ma jolie phrase et de leur dire que je les délivrais de leur malédiction. Ils sont partis tout seuls. J'ai un peu l'impression de m'être fait avoir sur ce coup-là. Et surtout de passer pour une grosse quiche.

Je soupire. Je viens de passer les trois pires journées de toute ma vie, collée à des sorciers morts dont deux vraiment casse-pieds (inutile de préciser lesquels) et alors que mon quart d'heure de gloire - petite, la gloire - arrive, on me l'enlève, sans préavis.

- Dites, j'espère qu'il n'y a pas que moi qui trouve que c'était du grand n'importe quoi cette histoire ? Fais-je, les poing sur les hanches, révoltée. Vous avez vu ça ? Ce n'est même pas moi qui les ais délivrés ! Ils sont partis tout seuls !

Quelqu'un se racle la gorge, attirant mon attention. C'est Hermione, qui semble vouloir dire quelque chose. Je me tais et la laisse parler.

- Je crois, en fait, que tu les as délivrés.

Ah bon ?

- Tu as constaté, et as prononcé à voix haute, que l'origine de leur malédiction, leur mésentente, n'existait plus. Je suppose que ça a suffit pour les libérer.

J'en reste coite. Les autres, partagés en deux groupes, semblent trouver le raisonnement de la Gryffondor soit crédible, soit tiré par les cheveux. Certains affichent l'air de celui qui a compris, tandis que les autres font une moue dubitative.

- De toute façon, fait Blaise, je ne pense pas qu'un jour on saura ce qui s'est réellement passé. Ils sont partis et tant mieux pour eux, ils n'aspiraient qu'à ça après tout, non ?

C'est vrai, ils souhaitaient mourir plus que tout. Je me demande si Godric et Salazar, où qu'ils soient à présent, continuent à filer le parfait amour ou s'ils ont recommencés à se taper dessus. Un mystère qui restera à jamais non élucider.

- Et maintenant ? Demande alors Théo. Qu'est-ce qu'on fait ? On doit aller voir Dumbledore pour lui dire que les Fondateurs sont partis ?

En parlant de Dumbledore, Théodore me fait immédiatement penser à …

- Benjamin ! M'exclamé-je avant de foncer comme une fusée dans les escaliers.

oOo

Je la regarde partir comme si elle s'était subitement découvert un crabe de feu attaché aux fesses. Elle fonce dans les escaliers et disparait rapidement de notre vue, sans que personne n'ait pu comprendre. Tout du moins, sans que moi, j'ai pu comprendre.

- Blaise ? Fais-je en me tournant vers mon ami. Qu'est-ce qu'il lui arrive à McGregor ?

- C'est qui Benjamin ? Renchérit Harry, tout aussi perdu que moi.

Les autres soupirent. Apparemment, il n'y a que nous deux qui ne savons pas.

- On vous expliquera plus tard, fait Hermione, on a cours maintenant.

- Et pour Adel ? S'enquiert Blaise, elle est censée les suivre avec nous.

Nous prenons tous la direction de la classe de Métamorphose, sauf Théodore et Neville qui ont Botanique si je me souviens bien. Le Gryffondor fait un signe de main joyeux à Pansy, qui lui répond. J'en reste comme deux ronds de flan. Qu'est-ce que … ?

Soucieux de découvrir si je dois rapidement me prendre une réservation à St Mangouste pour hallucinations, je me tourne vers Harry. Il se frotte les yeux, avec l'air de celui qui ne croit pas ce qu'il vient de voir. J'en déduis que je ne suis pas encore fou.

- Toi aussi tu viens de voir Pansy et Neville se dire au revoir comme deux vieux copains ? Chuchoté-je à l'adresse du Gryffondor, en dardant un œil sur Théo et Seamus qui se séparent à grands renforts de baiser.

Etonnement, ça ne me choque toujours pas.

- Euh ouais … je crois bien, fait Harry.

Je soupire. Devant nous, Blaise et Hermione bavassent tranquillement alors que Ron et Pansy tentent une approche amicale.

- Je crois qu'on va devoir se supporter encore quelques temps, dis-je en lui montrant nos quatre amis discuter paisiblement alors qu'ils s'arrêtent en face de la salle de cours du professeur McGonagall.

Je m'adosse au mur, sors mon sac miniaturisé de ma poche et lui redonne sa taille originelle. Harry, qui s'est posté face à moi, juste à côté de Blaise, fait de même.

- Pourquoi « se supporter » ? Cherche à savoir le Gryffondor. Il me semblait pourtant que nous avions fait la paix et que nous avions décidés de repartir sur de nouvelles bases.

J'hausse des épaules.

- Ca m'était un peu sorti de la tête, avoué-je. Et je n'ai pas encore l'habitude de ne plus te considérer comme un ennemi ou un adversaire.

Il sourit, amusé. Mon cœur s'emballe de nouveau, comme tout à l'heure. Je commence vraiment à m'inquiéter pour ma santé. Je pose une main sur ma poitrine, le sourcils froncés. Il serait peut-être de bon ton que j'aille faire un tour à l'infirmerie, histoire de vérifier que tout va bien pour moi. On ne sait jamais après tout.

Je saisis alors un regard étonné de la part de Blaise. Qu'a-t-il ?

- Drago, est-ce que ça va ? S'inquiète-t-il.

Je comprends alors que mon geste ne lui ait pas passé inaperçu.

- Je ne sais pas trop, lui confié-je, gêné que les autres entendent.

Mais je sais aussi que mon ami ne me lâcherait pas si je ne disais rien.

- Comment ça ? Me demande-t-il.

J'hausse des épaules en fronçant des sourcils.

- J'ai mal au cœur. Il fait des trucs bizarres, il s'emballe et tout. J'irai voir Pomfresh après le cours.

Blaise a une drôle de réaction suite à mes mots. Il fronces des sourcils - jusque là, tout va bien - puis il sourit - ça va nettement moins bien - il jette un coup d'œil en direction d'Harry - mais pourquoi il fait ça ? - et enfin, il éclate de rire. Tout le monde le regarde bizarrement, moi le premier. Et il n'en finit pas de rire. Qu'y a-t-il de si comique dans ce que je viens de dire ?

- Blaise ? L'interpelle Pansy. Qu'est-ce qu'il te prend ?

Blaise rigole encore un peu et essuie ses yeux emplies de larmes.

- Oh Merlin, j'avais pratiquement oublié ça ! s'exclame-t-il.

- Faut qu'on m'explique là, marmonne Ron. Depuis quand ça fait rire quelqu'un quand un ami a des problèmes de santé ?

- Il n'est pas malade, fait Blaise en levant les yeux au ciel, il est seulement stupide et borné.

- Hey ! M'insurgé-je.

Il veut ma baguette entre les deux yeux lui ? Non parce que là c'est bien parti pour.

Blaise secoue la tête en signe de négation, pointe du doigt l'arrivée de McGonagall et déclare :

- Je t'expliquerai plus tard, Drago.

Je pince des lèvres, pas sûr de vouloir connaître ce qu'il veut me dire. Pourquoi le fait que je sois malade l'a-t-il fait rire ? Et pourquoi donc dit-il que je ne suis pas malade ? Depuis quand il est médicomage lui, hein ?

Grommelant, je suis les autres à l'intérieur de la classe, et m'installe. Vivement la fin du cours, que je sache exactement de quoi il en retourne.

oOo

La gargouille se remet en place dans notre dos. Benjamin la regarde bouger avec fascination.

- Wouah, ! S'exclame-t-il, c'est trop géant !

Je lève les yeux au ciel. Pour lui, ça l'est peut-être, mais pas pour moi. Il faut dire que les conditions dans lesquelles j'ai découvert la magie n'était pas des meilleures, sans compter que l'on ma prise pour une tarée pendant toute mon enfance. Merci les Fondateurs.

- Benjamin, calme-toi, lui intimé-je en m'éloignant du bureau du directeur. De toute façon, on ne reste pas ici.

- Quoi ? Mais pourquoi ? S'insurge-t-il en me rattrapant. C'est trop cool ce qu'il se passe ici. La magie et tout ça.

- Ouais, et je te rappelle qu'en attendant, papa et maman ne se souviennent absolument pas d'avoir deux enfants. Tu comptes faire durer ça pendant longtemps ?

Shackelbot nous a expliqué à Dumbledore et moi que, quand il a découvert que Benjamin était totalement insensible aux sorts, il l'a aussi fait disparaître de la mémoire de nos parents, avant de le ramener ici pour demander conseil au directeur sur ce qu'il convenait de faire. Dumbledore a alors compris que mon insensibilisation à la magie était sans doute génétique et que Benjamin et moi étions certainement les tout premiers représentants d'une nouvelle génération de moldus. Il a expliqué en détail à son ami ce qu'il s'était passé sur moi. Le pauvre bougre a dû prendre vingt ans de plus en une demi-seconde vu sa tête à ce moment-là.

- Ils ne craignent rien, répond Benjamin avec un haussement d'épaules désinvolte. Kingsley m'a fait comprendre qu'une fois le sort levé, tout redeviendra comme avant.

Je fais la moue en reniflant dédaigneusement. Je ne suis pas aussi sûre que lui de ce que le grand noir a avancé.

- Nous verrons bien, éludé-je.

Nous sommes à présent dans les escaliers amovibles. Benjamin s'émerveille de tout ce qui l'entoure, tableaux vivants y compris. Je l'emmène dans le parc, nous allons y passer le reste de l'après-midi, comme nous l'a demandé Dumbledore, en attendant la fin des cours. Dommage que je ne puisse pas assister à celui de Métamorphose, j'aurais pu bien m'y amuser.

Nous passons dans le hall, vide cette fois-ci, puis allons dans le parc. Il fait toujours aussi beau et les températures sont douces. Benjamin propose de nous installer près du lac. Je fais la grimace.

- Merci, mais non. La dernière fois, j'ai failli me faire croquer par le calmar géant.

Les yeux de mon frère brillent à cette précision. Puis il file comme une fusée vers le lac.

- Benjamin ! Reviens ici ! Crié-je.

Trop tard, il s'est arrêté au bord du lac et y lance des cailloux qu'il a ramassé sur le bord. Je le rejoins en maugréant. Sale gosse ! Je m'arrête dix pas derrière lui et enfonce les mains dans les poches de mon jean. Je surveille l'eau. Si une seule ride y apparait, qui ne soit pas la conséquence des ricochets de Benjamin, je l'attrape par le peau du cou et on s'enferme dans le château !

- Calmar ! Petit, petit, petit.

Je ricane.

- C'est pas un canard que tu peux attirer avec un quignon de pain, espèce de débile.

- Oh, toi, la ferme, réplique mon frère.

Discussion typique d'un frère et d'une sœur, non ? Je passe près d'une dizaine de minutes à surveiller le lac et Benjamin. Ce dernier ne désespère pas d'attirer le calmar avec ses cailloux. A mon avis, il le fait fuir plutôt qu'autre chose. Tant mieux.

Dans mon dos, j'entends soudainement le bruit sourd d'une discussion. Deux hommes d'après les timbres de voix. Je me tourne légèrement et reconnais les profils des professeurs Lupin et Rogue. Qu'est-ce qu'ils fichent là ? Tous les deux, ensemble ? D'après ce que j'ai compris avec Harry, ils ne sont pas spécialement amis. Encore qu'après le spectacle dans le couloir de la dernière fois, je me permets d'avoir des doutes sur la véracité de ces propos.

Je tends l'oreille pour tenter de capter le sujet de leur discussion.

- Arrête de te voiler la face, Severus, fait le professeur Lupin. Je te rappelle que c'est toi qui a fait le premier pas.

- Je n'ai absolument rien fait, maugréé Rogue.

- Mais bien sûr, qui est-ce qui m'a embrassé samedi alors ? Le fantôme de Sirius ?

C'est qui ce Sirius ?

- Pourquoi, il y a eu quelque chose entre vous ? Réplique hargneusement le professeur de potion.

C'est moi où il lui fait une petite crise de jalousie ?

- Pas le moins du monde, soupire Lupin, et cesse donc d'essayer de faire dévier le sujet, tu n'y arrives pas !

Gros silence. Benjamin continue à jeter ses cailloux avec toujours autant d'ardeur. Les deux hommes ne disent plus rien. Je leur jette un coup d'œil. Ils regardent tout deux le lac, mais ne nous voient pas. Nous sommes protégés par les feuilles tombantes d'un saule pleureur. Et, trop plongés dans leur pensées qu'ils doivent être, ils n'entendent pas les bruits que fait mon frère.

- Bon, lâche soudain Lupin, j'en ai assez de tourner en rond avec cette histoire. Severus, je . . .

Il s'arrête de parler. Je les regarde à nouveau. L'air déterminé et les joues rouges, Lupin s'approche d'un Rogue légèrement perdu - et peut-être aussi un peu effrayé - l'attrape fermement par le col de sa robe de sorcier et lui plaque un baiser sur les lèvres. Ca pourrait être violent. Mais c'est étonnement doux. Surtout quand Rogue y répond. Ils s'enlacent avec fermeté et tendresse. Et disparaissent de ma vue quand Rogue entraîne Lupin au sol.

Heu . . .

Je jette un regard hésitant à mon frère. Qu'est-ce que je fais là maintenant ? Parce que bon, si les deux hommes s'en tiennent à des baisers, je pense que nous pouvons rester là. Par contre, s'ils pensent à aller plus loin . . . Disons que je crains pour ma santé mentale, ainsi que pour celle de Benjamin.

Un gémissement. J'ouvre des yeux grands comme des soucoupes. Non, décidément, j'ai pas envie d'entendre ça ! Je cours jusqu'à Benjamin, l'attrapa par le bras en lui plaquant une main sur la bouche et lui glisse à l'oreille :

- Il y a deux professeurs très occupés à côté. S'ils savent que nous sommes là en même temps qu'eux, ils peuvent nous écorcher vif, et sans sorts, alors on s'en va, et en silence.

Mon frère hoche de la tête. J'en lève ma main et nous quittons le bord du lac en courant. Et ben, la réconciliation entre Godric et Salazar a visiblement créé de drôles de choses. J'ai hâte de voir la tête des autres quand je vais leur raconter ce qu'il s'est passé entre Lupin et Rogue !


Terminé.

J'espère vraiment pouvoir vous offrir quelque chose de mieux la prochaine fois, surtout que la fin approche. J'aime pas bâcler mes trucs ! _

Enfin ... prochain chapitre, si tout se passe bien, beaucoup plus d'avancement entre Harry et Drago. :)

A dans deux semaines (croisons les doigts pour ça)