Titre : La prophétie des Fondateurs
Rating : T
Pairing : Vous le savez certainement maintenant. ^^
Disclaimer :Vous le connaissez tous, hein, tout ce qui n'est pas à J.K. Rowling ( c'est à dire un dixième de l'histoire --') est à moi.
Résumé : Ils sont quatre et ont débarqués sans prévenir, brisant de ce fait ma petite vie bien ordonnée. Je n'ai jamais demandé à des sorciers d'intégrer mon univers. Et encore moins à des sorciers morts !
Petit mot de l'auteur : Hello tout le monde ! Enfin, ce chapitre est là ! Et enfin, cette fanfic est terminé. xD J'ai bien cru que je n'en verrai jamais la fin (et vous non plus). M'enfin, il est là, et en plus, il est plus long que d'habitude.
Bonne lecture !
Chapitre 23 : Trois petits mots
La classe de Sortilège se termine sans que je n'ai réussi à comprendre un seul mot du cours du professeur Flitwick, l'esprit trop embrouillé par ce qu'il s'est passé un peu plus tôt. Autour de moi, mes amis ont eus l'air tout aussi absents pendant les deux heures. Je crois qu'aucun de nous ne comprend véritablement comment on en est arrivé là. Seul Drago pourrait nous expliquer. Encore que je ne sais pas si j'aurais vraiment envie de savoir. J'en suis encore tout retourné.
Nous rangeons nos affaires, Flitwick sort avant nous. A côté de moi, Ron finit de fourrer sauvagement ses parchemins dans son sac, puis me glisse un coup d'œil discret, comme s'il redoutait ma réaction.
- Euh . . . Harry ? Demande-t-il.
Je le regarde, encore un peu absent. Il affiche un sourire hésitant.
- Oui ?
- Tu compte ranger tes affaires ou tu veux que je le fasse à ta place ?
Cillant, je glisse un regard sur ma plume, mon encrier et ma longue feuille de parchemin blanche, toujours sur ma table. Blaise et Drago dépassent alors notre table, discutant. Je m'empresse de ranger mes affaires, alors que mon meilleur ami suit du regard le mouvement des deux Serpentard.
- Vous êtes prêts ?
Je me retourne pour constater qu'Hermione et Adélaïde se sont rapprochés de nous et attendent pour quitter la salle de cours. Toutes deux m'adressent un sourire gêné. Je le leur rends et attrape mon sac avant de suivre mes trois amis hors de la classe. Nous rejoignons la Grande Salle pour le déjeuner, dans un silence assourdissant. Alors que je prends la direction de la table des Gryffondor, je vois Adélaïde s'orienter vers celle des Serpentard, où je constate d'un simple coup d'œil que Blaise est déjà installé, ainsi que tous ses amis. Mon cœur se serre légèrement d'appréhension quand je prends conscience que Ron et Hermione ont aussi l'intention de déjeuner en leur compagnie.
Je soupire discrètement, puis emboîte le pas à mon meilleur ami. Nous nous installons en silence. Les Serpentard regardent Drago avec méfiance. Les Gryffondor font de même avec moi. Théo et Seamus, assis l'un à côté de l'autre, échangent ensuite des messes basse, qu'il finissent par partager avec Pansy et Neville. Je sens qu'ils parlent de Drago et moi, mais je ne me laisse pas démonter. Je me sers mon déjeuner et commencer à manger. Mes amis décident de faire comme si tout était parfait, et me laissent seuls avec mes pensées.
Je jette un œil à l'autre bout de notre groupe, où Drago mange en silence, le regard obstinément fixé sur son gobelet en or. Il semble aussi à l'aise que moi avec ce qu'il s'est passé dans le couloir. Regrette-t-il son geste ? Ou alors a-t-il pris conscience que l'effet bombe atomique a tendance à déstabiliser les gens pour une longue durée, les rendant limite apathiques ?
Soudain, comme s'il avait senti mon regard sur lui, le Serpentard tourne brusquement la tête dans ma direction. Nos regards se croisent avant que je ne tourne mon visage vers mon assiette, subitement devenue bien plus intéressante. Je ne sais trop quoi penser de cette histoire. Et je ne pourrais pas lui faire face, tant que je n'aurais pas tout mis à plat, c'est un fait.
Le déjeuner suit son cours sans qui que ce soit ne fasse mention de ce qu'il s'est passé dans le couloir de Sortilèges, puis, tous ensemble, nous quittons la Grande Salle. Nos amis ayant décidés de combler les deux heures vides à se promener dans le parc, Drago et moi sommes un peu obligés de les suivre.
Je réfléchis sérieusement à la possibilité de tous les planter là et de me réfugier dans la tour de Gryffondor, quand au milieu du Hall, le professeur McGonagall nous interpelle. Nous nous retournons tous, mais c'est surtout après Adélaïde qu'elle en a.
- Miss McGregor, fait-elle, le directeur vous attend dans son bureau. Votre frère s'y trouve déjà.
Je me tourne vers notre nouvelle amie, à l'instar des autres. Elle fronce des sourcils. Elle ne semble pas comprendre pourquoi le professeur Dumbledore veut les voir, Benjamin et elle. Aucun d'entre nous ne le sait d'ailleurs. Pourtant, elle acquiesce d'un signe de tête et accompagne la directrice adjointe, non sans un signe d'au revoir dans notre direction. Nous la regardons disparaitre au détour d'un couloir puis reprenons notre route vers le parc.
Nous nous arrêtons près du lac, dans une clairière ensoleillée et protéger du vent par les chênes imposants. Nous nous installons par affinités, et je me retrouve bientôt seul, assis à trois pas de Drago, tout aussi seul. Mon petit doigt me dit que nos amis ont fait exprès. Ou alors je vire paranoïaque. Histoire de ne pas passer pour un abruti fini, je cherche une occupation en farfouillant dans mon sac, et finis par en ressortir victorieusement une feuille de parchemin vierge, un encrier à moitié vide, et une plume ébouriffée. Je commence à dessiner des formes, occupant mon esprit, l'empêchant de voguer vers des contrées désagréables.
Mais c'est bien connu, ce que l'on souhaite le moins, c'est ce que l'on a le plus, alors bien entendu, je repense à Drago et à sa déclaration. Agacé de ne pouvoir m'empêcher de penser à lui, j'appuis plus fort ma plume sur le parchemin et finis par le déchirer. Je soupire, exaspéré. Il faut que je me sorte cette histoire de la tête avant le cours de Métamorphose, où je risque de me faire taper sur les doigts par le professeur McGonagall pour avoir été inattentif.
- Je suis désolé pour tout à l'heure.
Surpris, je sursaute. Je ne m'attendais pas à entendre la voix de Drago, et encore moins à des excuses de sa part. Je fais mine de l'ignorer en ramassant mon parchemin hors-service dans mon sac et en sortant un autre.
- J'étais anxieux, c'est sorti tout seul, poursuit le Serpentard, sans que je ne lui ai rien demandé. Je n'ai pas pensé aux conséquences sur ta santé mentale déjà bien entamé.
- Mon cerveau va très bien, merci, riposté-je hargneusement en le regardant.
Il sourit, amusé et un peu triste, le regard fixé sur le lac. J'ai répliqué par habitude comme un débile, alors que je ne voulais pas lui parler. Je me suis fait avoir. Enervé contre moi-même, je remballe mes effets avec brusquerie. Vaut mieux ça, que de me filer des baffes. J'aurais l'air moins con.
Une fois ça fait, je comprends au silence imposé par Drago, qu'il attend une réponse de ma part, une réflexion, une idée, bref quelque chose quoi. Je renifle, agacé, et essaye de formuler une phrase qui ne mettra pas le feu aux poudres.
- Je suppose que tu n'étais pas dans ton état normal, fais-je en repensant à notre rencontre ce matin-là, et à son côté hargneux qui était ressorti. Tu es pardonné, sur la forme, mais pas sur le fond.
De toute façon, sur le fond, il n'y avait pas grand-chose à pardonner. On ne s'excuse pas d'une déclaration. Ou alors c'est qu'il nous manque un grain.
Drago baisse la tête sur ses mains jointes contre ses jambes, semblant réfléchir. Puis, il s'exprime de nouveau.
- De toute manière, je m'excusais de la forme et non pas du fond. Je ne reviendrais pas sur ce que j'ai dit, tout était vrai.
A sa tête, je devine qu'il a été forcé et que, si ça n'avait tenu qu'à lui seul, il aurait fermé sa tronche pour les quatre-vingt dix années à venir. Les Serpentard et leur courage démesuré . . .
J'hausse des épaules en soupirant.
- Tu me laisses le temps de la réflexion ? Demandé-je.
Il m'envoie un regard halluciné.
- Quoi ! M'exclamé-je. Je n'ai même pas droit à ça ?
- Le temps de la réflexion ? Répète-t-il.
- Oui, pourquoi ? Riposté-je, m'impatientant.
- Je m'attendais plutôt à un non catégorique et définitif.
Ah oui, c'est vrai. Mais il n'est pas dans ma tête, ni dans mon corps, il ne peut donc pas savoir pourquoi je prends le temps de réfléchir à tout ça, au lieu de l'envoyer bouler avec un bon sort entre les deux yeux.
J'évite son regard, mordille l'intérieur de ma joue, et dis :
- Tu crois que tes sentiments ne sont pas partagés ? Je comprends tout à fait. Mais moi je n'en suis pas si sûr. J'ai besoin de faire le point. J'ai aussi constaté qu'une amitié entre nous deux ne me suffirait peut-être pas et, contrairement à toi, je suis capable de faire face à ce que je ressens, même si c'est . . . Inattendu.
Pour ne pas dire impossible, et vexer un certain Serpentard.
- J'ai juste besoin d'y penser sérieusement, de comprendre ce que je ressens exactement. Et ne t'inquiète pas, le jour où ce sera fait, tu seras le premier à le savoir. En attendant, tu arriveras à te contenter d'un amitié platonique ? Demandé-je en me tournant finalement vers lui.
Je fais fi de son air encore et toujours halluciné - il doit se demander s'il n'est pas tombé dans la quatrième dimension - et ne prend en compte que son hochement de tête affirmatif.
Voilà une bonne chose de faites.
oOo
La fin des cours sonne, il est dix-sept heures. Alors que la salle de Métamorphose se vide précipitamment, mon esprit se tourne pour la millième fois en deux heures vers Adélaïde. Cela fait un moment à présent qu'elle nous a quitté pour rejoindre le bureau du directeur. Je pensais qu'elle serait revenue à temps pour le cours du professeur McGonagall mais ce n'est pas le cas.
Je quitte ma place, et vois passer Drago et Harry papotant comme deux vieux amis. Je ne sais pas ce qu'il s'est dit entre ces deux là pendant la pause après le déjeuner, mais l'évènement de ce matin semble oublié - ou du moins, mis de côté pour le moment. Tant mieux. J'ai cru mourir d'angoisse quand Drago nous a expliqué ce qu'il s'était passé. Quand je l'avais incité à se confesser, je n'avais pas pensé qu'il le ferait de cette manière. Il y a vraiment des fois où ce gosse mérite des baffes.
Drago et Harry partis, je me précipite vers notre professeur qui attend que je sorte pour verrouiller la classe.
- Professeur, fais-je, est-ce que vous savez où est Adélaïde ?
Elle me jette un regard étonné.
- Certainement au Ministère de la Magie à l'heure qu'il est.
Mon cœur loupe un battement.
- Quoi ? Au Ministère ? Paniqué-je.
Elle acquiesce d'un signe de tête et pose un regard désolé sur moi.
- Il y avait deux Aurors et le Ministre de la magie dans le bureau du professeur Dumbledore tout à l'heure. Il semble qu'ils aient sus pour Miss McGregor et son jeune frère. Ils ont demandés à les ramener au Ministère pour comprendre leur imperméabilité à la magie.
Je remercie brièvement le professeur avant de me précipiter à la suite de mes amis. Ils doivent savoir ce qu'il s'est passé ! Nous nous étions promis de ne pas laisser quelque chose de ce genre arriver à Adélaïde, surtout parce que nous savons que le Ministère n'emploie pas forcément des moyens légaux pour résoudre ses problèmes. Il suffit de voir leurs actions pendant la guerre : ils ne sont pas dignes de confiance.
Le Ministre a tellement peur des moldus qu'il pourrait réagir trop fortement à l'apparition d'une nouvelle sorte, totalement conscient de la magie qui l'entoure. Dans le pire des scénarios, il pourrait ordonner à ses Aurors de mettre fin aux vies d'Adélaïde et Benjamin, afin de s'assurer que jamais aucun autre moldu ne soit comme eux.
Je ne suis pas long à rattraper les autres. Essoufflé par mon sprint, je dérape brusquement à côté d'eux, et tente de leur expliquer ce qu'il se passe. Les élèves qui passent à côté de notre groupe nous regardent avec beaucoup d'étonnement - surtout moi.
- Blaise ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Demande Pansy, inquiète de mon état.
Ayant à peu près retrouvé une respiration normale, je m'empresse de tout leur expliquer.
- C'est Adélaïde. McGonagall vient de m'apprendre que le Ministre est venu les chercher, son frère et elle, tout à l'heure dans le bureau du directeur. D'après elle, ils sont déjà au Ministère maintenant.
Harry et Hermione sont les premiers a réagir comme moi. La jeune fille commence par regarder sa montre, avant d'annoncer :
- Elle nous a quitté il y a quatre heures. Connaissant le directeur et le Ministre, ils sont peut-être encore là, à se battre pour savoir si Adélaïde et Benjamin doivent rentrer chez eux ou pas.
Je frissonne. Si c'est vrai, ce serait idéal. Il suffirait qu'Harry se mette un peu en colère pour que le Ministre fasse dans son froc et nous lâche les bottes. Je regarde le principal intéressé et lui fais part de mon idée. Drago est le premier à réagir et rigole avec cynisme. Lui reviens certainement en tête, le premier tête à tête entre Harry et notre Ministre après la dernière bataille. Une image encore vivace, comme si cela s'était déroulé la veille. Inoubliable, jubilatoire. Mais ce n'est pas le moment pour les souvenirs, tout agréables qu'ils sont.
- Alors, on débarque chez Dumbledore ou pas ? Demande Seamus en faisant craquer les jointures de ses doigts, impatient.
Aux mouvements et à l'attention de mes amis, je comprends que l'atmosphère de la guerre est de retour. Amusé, je les modère quand même un peu.
- On en leur fonce pas dans le lard non plus, essayons déjà la diplomatie. Et puis, si ça ne marche pas . . .
Je laisse exprès ma phrase en suspens. Ils m'auront compris. Nous prenons alors tous la direction du bureau directoriale. Nous marchons en silence. Mes pensées dérivent vers ce que les deux moldus sont peut-être en train de subir en cet instant. J'espère vraiment que Dumbledore aura réussi à dissuader le Ministre de jouer au boucher sur ma petite amie.
Etonnement, nous arrivons assez vite devant la gargouille qui garde l'entrée du domaine du directeur. Sauf que, arrivés là, on se regarde dans le blanc des yeux sans savoir quoi faire.
- Quelqu'un connait le mot de passe ? Demande Théodore.
Un ange passe. J'ai la sensation d'être un vrai blaireau. Je nous ai enflammés un peu pour rien puisque de toute façon, nos espoirs d'aider Adélaïde et Benjamin sont étouffés dans l'œuf.
Je soupire. J'entends alors Harry réciter des noms de confiseries, s'adressant à la gargouille. J'échange un regard avec Drago. Je crois que le Sauveur nous a pété une cacahuète. Je m'apprête à en faire la réflexion à Ron et Hermione quand je constate qu'eux même soufflent des idées à leur ami.
- Mais qu'est-ce que vous foutez ? S'exclame Pansy. Vous êtes complètement barges !
C'est Hermione qui prend la peine de lui répondre.
- Le professeur Dumbledore donne toujours un nom de sucrerie, moldu ou sorcière, comme mot de passe. En les passant tous au peigne fin, on a peut-être une chance d'ouvrir le passage.
Si ça, ce n'est pas une preuve qu'Harry est plus proche qu'il ne le faudrait du taré qui dirige cette école . . . Avant de s'engager plus avant avec lui, faudra que Drago pense à écarter Harry du directeur. On ne sait jamais, des fois que ce serait contagieux . . .
Avant que je ne puisse aller plus avant dans mes pensées, la gargouille se déplace, et délivre l'entrée. Aux regards qu'échangent les trois Gryffondor, ce n'est pas de leur fait.
oOo
J'ai bien cru que cette rencontre allait tourner en bataille rangée. Surtout au bout de deux heures, quand le Ministre a commencé à attaquer le professeur Dumbledore sur sa qualité de direction de Poudlard. Heureusement que Shackelbot a réussi à calmer un peu le jeu. Tout seul, puisque son collègue Auror a juste fermé sa tronche et regarder le tout tourner au pugilat.
Le Ministre, qui a été mis au courant de notre imperméabilité à la magie par le directeur, a débarqué bruyamment dans l'école afin de nous voir en chair et en os. Et pour prouver à cet espèce d'imbécile heureux que, non ce n'est pas une blague, j'ai encore dû me dévouer. Sauf que cette fois-là, j'ai frôlé la crise cardiaque. L'Auror, dont je ne connais pas le nom, n'a rien trouver de mieux que de me jeter l'Avada Kedavra, leur fameux sortilège de la mort. A la tête qu'a tiré Shackelbot à ce moment-là, je crois que celui-là va faire ses cartons en rentrant au bureau. Et bien fait pour sa tronche, non mais oh.
Pendant les quatre heures que nous avons passé dans le bureau du directeur, Benjamin et moi avons insistés à une bataille de bureaucrate. Le Ministre souhaitait nous ramener au Ministère pour faire des expériences sur nous, afin de comprendre pourquoi nous résistons aux sorts. Dumbledore préférait nous renvoyer chez nous à notre petite vie bien rangée. Inutile de préciser que mon frère et moi sommes plutôt pour la seconde option.
Je soupire. Quatre heures pour rien en fait. Je jette un œil à mon frère qui descend l'escalier mobile avec moi. Il se gratte le bout du nez, penseur.
- C'est dommage, fait-il. J'aimais bien cette école. Je serais bien resté un peu plus longtemps.
Je lui frotte tendrement le cuir chevelu.
- On reviendra peut-être un jour, dis-je. Ce n'est pas comme si ils pouvaient nous la cacher.
Benjamin rigole.
- Ouais, ricane-t-il, et d'ailleurs cette idée file des furoncles à leur Ministre.
La gargouille qui protège l'entrée au bureau directoriale s'écarte pour nous laisser passer, et j'ai la surprise de constater la présence d'un comité d'accueil. Mes nouveaux copains sont tous rassemblés là, anxieusement suis-je obligé de préciser. Du moins, c'est-ce que j'en déduis quand Blaise me saute dessus avec la délicatesse d'un pachyderme et manque de m'étouffer dans l'étau de ses bras. Benjamin ne tarde d'ailleurs pas à réagir à cette agression et file un violent coup de pied dans le tibia du jeune homme, qui s'empresse de me lâcher.
- Qu'est-ce que tu fiches, espèce de taré ? T'approches pas de ma sœur !
Il faudra que je précise à Benjamin que si je veux avoir une vie amoureuse épanouie, il devra éviter d'agresser mes petits amis de la sorte. Mais j'apprécie l'intention.
Blaise lance un regard torve à mon petit frère et je décide de désamorcer la situation avant que ça ne tourne comme dans le bureau un peu plus tôt.
- Qu'est-ce que vous faites là ? Demandé-je. Les cours sont terminés non, vous ne devriez pas être dans vos quartiers ?
- On s'inquiétait, fait Neville. McGonagall nous a dit que vous aviez rencontrés le Ministre et que tu devrais être au Ministère maintenant. On s'est dit que tu serais peut-être encore là et qu'on pourrait les empêcher de vous embarquer.
Je rigole.
- C'est sympa de votre part, mais il n'y a pas d'inquiétude à avoir, le Ministère ne peut rien faire. Comme ils ne peuvent pas nous lancer de sorts, ils vont avoir du mal à nous forcer à les suivre. D'ailleurs, votre Ministre l'a un peu en travers de la gorge cette histoire. Ca a failli tourner à la bataille rangée là-haut cette après-midi.
Je sens comme une espèce d'apaisement parmi eux quand je finis de leur expliquer que nous n'allons pas terminer les tripes à l'air. C'est réconfortant que savoir que tous les sorciers ne réagissent pas de la même manière à notre différence par rapport aux autres moldus.
- Alors, qu'est-ce qu'il va se passer ? Demande Ron.
J'échange un regard avec Benjamin qui fait la moue, dépité.
- On rentre chez nous, répondis-je. Les Fondateurs étant partis, nous n'avons plus aucune raisons de rester ici. Et puis, il faut bien que nous reprenions les cours.
Je pense aussi, et surtout, à mes parents. Je ne suis partie que depuis quelques jours, mais ils me manquent déjà énormément. De plus, ils ne savent pas où nous sommes, immergés dans un monde illusoire où ils n'ont pas d'enfants.
- Vous rentrez quand ? Demande Neville.
Je grimace.
- Maintenant. Nous devons récupérer nos affaires dans les dortoirs, et Shackelbot nous ramène à Londres.
La nouvelle en surprend plus d'un, ce qui ne m'étonne que peu. Je me tourne vers Benjamin.
- Va récupérer ta valise, on se rejoint dans le hall dans un quart d'heure, comme convenu.
Il acquiesce d'un signe de tête et s'éloigne. Je souris à tout ceux qui m'entourent puis me tourne vers Blaise. Je m'approche de lui.
- Je vais te donner mon adresse. Je sais que vous utilisez les hiboux pour communiquer, alors tu n'auras qu'à m'écrire quand tu auras le temps. Je te répondrai.
Il acquiesce d'un signe de tête, les yeux bas. Moi aussi je suis triste de rentrer chez moi aussi vite, mais je me console en me disant qu'il y aura toujours les vacances pour le voir, lui, ainsi que ses amis. Je m'avance ensuite vers Hermione et l'attrape par le bras.
- Tu m'accompagnes pur récupérer mes affaires ? J'ai encore oublié le mot de passe.
Ce n'est pas le cas, mais je n'ai pas le cœur à retourner à la tour de Gryffondor toute seule. Hermione accepte et convint avec les autres de tous nous retrouver dans le hall un peu plus tard. Les autres s'éloignent et nous prenons la direction de la tour. Je lui fais part alors d'une chose que j'ai remarqué.
- Drago et Harry ne se font plus la tête ? J'ai manqué quelque chose ?
- Je ne sais pas vraiment, répond-t-elle. Après le déjeuner, ils ont discutés. Je suppose qu'ils ont mis les choses à plats.
J'acquiesce d'un signe de tête. Il y a un léger silence.
- Tu l'as remarqué aussi, hein ? Fait-elle alors en me souriant, comme si nous partagions un secret.
Je rigole, devinant ce à quoi elle fait allusion.
- Qu'Harry a toujours un œil qui s'égare du côté de Drago ? Difficile de passer à côté.
oOo
Nous sommes un peu nombreux dans le hall. Les élèves qui sortent dans le parc ou parcourent simplement les couloirs pour rejoindre leur destinations nous regardent avec beaucoup de curiosité. Difficile de trouver cela bizarre. C'est même tout à fait naturel, bien qu'ils devraient être habitués maintenant à nous voir nous déplacer en bande.
Je jette un œil à Harry, stoïque et silencieux, à côté de moi. Depuis le déjeuner, j'entends sans cesse, passant en boucle, sa presque acceptation de mon aveu. Je n'ose toujours pas y croire. Jamais, y compris dans mes rêves le plus fous, je n'aurais imaginé qu'il puisse peut-être ressentir envers moi un centième de mes sentiments envers lui. Pourquoi, parmi out ceux qu'ils côtoie, choisirait-il le Malefoy que je suis ? Nous avons été ennemis pendant si longtemps, mon père a servit l'homme qui a essayé de le tuer pendant seize ans, ma famille lui a fait les pires crasses qui puisse exister. Alors pourquoi ? Quelles raisons ?
Mes pensées tourbillonnent, envahissent mon esprit, ne me laissant pas un moment de répit. J'ai à peine conscience que nous sommes réunis pour faire nos adieux à Adélaïde et son frère, qu'ils rentrent chez eux, que mon meilleur ami sera triste de voir sa petite amie partir aussi vite. Tout mon être est tendu dans l'attente de la réponse définitive d'Harry. Je sens que lui aussi ne pense qu'à ce qu'il se passe entre nous. Comme tout a été rapide. Tout s'est enchainé avec les Fondateurs.
Je regarde le couloir au dessus de nous, qui sépare les ailes est et ouest du château, où circulent encore de nombreux élèves. Les maisons sont en parfaite osmose à présent. Quiconque nous l'aurait dit une semaine auparavant, aurait été interné d'urgence à St Mangouste. Cela nous aurait été impensable. Et maintenant . . . C'est comme si les mille ans de mésentente n'avaient jamais existés. Presque comme si la guerre n'avait jamais eu lieu. Et tout cela, grâce à la naissance, d'une seule et unique personne. Comme pour Harry. Sans sa naissance, qui sait comment serait le monde de la magie aujourd'hui.
Soudain, m'arrachant à mes pensées, Harry soupire. Je lui lance un regard interrogateur, qu'il ne semble pas remarquer. Les sourcils froncés, il passe une main nerveuse dans ses cheveux, frotte sa tête, comme embêté, mais aussi un peu heureux. Sans vraiment m'en rendre compte, je lève une main et fais légèrement pression sur son bras. Il me regarde, d'abord surpris, puis interrogateur. J'hausse des sourcils, comme pour demander ce qu'il lui arrive. Il attrape alors ma main toujours sur son avant-bras puis la serre tendrement, en me souriant. Et la garde dans la sienne, alors qu'ils les laissent retomber le long de nos corps. Mon cœur bat à cent à l'heure, comprenant, tout en refusant d'y croire. Ce geste a-t-il une signification particulière pour lui ? A-t-il pris sa décision ?
Je n'ai pas le temps de lui poser la question. Adélaïde et Hermione reviennent de la tour de Gryffondor, bras dessus bras dessous. Elles descendent l'escalier, et nous rejoignent. Harry m'entraîne derrière lui quand il se rapproche de sa meilleur amie. Il ignore les quelque regards qui remarquent nos mains liés. Je fais pareil, affichant mon air le plus neutre en réserve.
- Ca y est, je pense qu'on est prêt, fait la moldue en nous souriant.
Puis, elle jette un œil sur le parc, où Kingsley et un de ses collègues Auror attendent de pied ferme depuis autant de temps que nous. Le regarde d'Adélaïde se voile légèrement et une ride de colère apparait sur son front. Je devine que l'un des deux hommes dehors a fait quelque chose qui lui a déplut. Et comme il serait étonnant que ce soit Kingsley . . . Le second homme doit avoir du souci à se faire. Adélaïde n'est peut-être pas une sorcière, mais elle nous a prouvé qu'elle a un sacré caractère. Il suffit de voir comment elle a maté Salazar et Gryffondor.
- Tu reviendras nous voir ? Demande Neville.
Elle sourit en se tournant vers lui.
- Pendant les vacances je pense. J'ai donné mon adresse à Blaise et à Hermione, ils vous tiendront au courant.
Puis, elle s'approche de son jeune frère, qui s'était tenu à l'écart, et pose une main sur son épaule avant de le pousser vers les lourdes portes de chêne. En passant, elle s'arrête devant Blaise, l'embrasse légèrement et lui adresse quelques mots que lui seul peut entendre. Puis, elle reprend sa route et jette un regard dans notre direction, à Harry et moi. Elle nous adresse un clin d'œil, avant de dire :
- Je suis sûre que vous serez très bien ensemble. Vous êtes mignons ensemble.
Je grince des dents. Mignon ? Heureusement pour elle qu'elle est imperméable à la magie parce qu'autrement . . .
- Merci, Adel, fait Harry en souriant, sa main enserrant la mienne faisant pression sur mes doigts.
Je le regarde, étonné. Alors finalement, je ne me fais pas d'idée ? Il veut bien être avec moi ? Déboussolé, je reporte mon regard ensuite vers les deux moldus qui quittent le château. Nous les suivons du regard alors qu'ils rejoignent les Aurors, puis ils disparaissent dans le parc. Nos amis remontent alors l'escalier. Je m'apprête à les suivre, mais Harry m'en empêche. Je comprends qu'il souhaite que nous soyons seuls. Je laisse les autres partir. Puis, je fais face à Harry, attendant la suite.
Il me sourit. Je retrouve son air joyeux, celui qu'il avait à la fin de la guerre, quand il est rentré de l'hôpital en pleine forme, et le Ministre remis à sa place. Je me demande si c'est moi qui le met en joie.
- Drago, commence-t-il, j'ai bien réfléchi. Ca m'a pris une bonne partie de l'après-midi, et je n'ai absolument rien suivi du cours de Métamorphose, mais je sais ce que je veux. Et c'est toi. Je sais qu'une amitié entre nous ne me suffirait pas. Je finirais par finir frappadingue - si ce n'est pas déjà le cas.
Je ricane. Il est vrai qu'il y a des fois où on pourrait se poser la question.
- Alors, en réponse à ce que tu m'as dit tout à l'heure, je n'aurais qu'une petite chose à te dire.
Il se penche vers moi, approche sa bouche de mon oreille et souffle :
- Je t'aime.
Oyez, terminé !
C'est abrupte comme fin, je sais. Peut-être aurais-je le coeur un jour de lui ajouter un épilogue, mais pas pour l'instant. ^^
Je vous dis à la semaine prochaine pour le premier chapitre de ma pochaine fanfic (je me suis longtemps demandé si j'arriverais à vous le mettre un jour vu le temps que ça m'a pris pour terminer La prophétie des fondateurs xD).
Bises à tous :!
