Base : I'll generation basket

Painring : ho, ça va... et la surprise alors ?

Genre : humour, romance, petits bouts de vie (!)

Rating : ha bon, c'est pas tout public ? Ben si, tant que vous êtes majeur.

Disclaimer : ils sont tous à Hiroyuki Asada qui pourrait partager un peu quand même ! (rien qu'un petit bout !)

Ils vont en baver les bisho mais ils sont là pour ça tout de même !


Comment ça a dégénéré... (suite)

Trouver le sommeil fut difficile. Si on aime les euphémismes. Impossible était plus proche de la réalité. Tachibana réussit à somnoler une bonne petite heure pendant que Hiiragi se concentrait de toutes ses forces sur le plafond pour s'empêcher de sauter littéralement sur son ami. Il aurait certainement un mal de chien à convaincre Tachibana d'aller un peu plus loin que la collision déjà rituelle, alors l'idée de profiter de lui dans son sommeil devenait de moins en moins dérangeante à mesure que son excitation et sa frustration augmentaient.

Et puis Tachibana émergea. Une question venait de le tirer des songes les plus doux où il devenait meilleur joueur de la NBA. Une question bizarre et marrante. En en plus, il y avait fort à parier pour qu'elle emmerde Hiiragi, alors autant la poser.

- Hé, Hiiragi. T'es là ?

- Où tu veux que je sois, crétin ?

- Tu sais...

- Ouais ?

- Après le match, contre Hayamachin ?

- Quand tu chialais ?

- Ta gueule. T'avais dit un truc...style « construisons notre avenir ensemble » ?

- Mouais et alors ? Grogna Hiiragi qui essayait de retrouver comment il avait bien pu dire quelque chose comme ça.

- Ben, ça ressemble à une demande en mariage mais bon... ça m'avait pas frappé sur le coup, c'est juste que maintenant...

Hitonari prit une teinte pivoine de toute beauté, dommage qu'il fasse trop sombre pour que Tachibana le voit.

- Ta gueule ! Marmonna-t-il pour échapper à la honte.

- Moi, pour ce que j'en disais...

- C'est déjà trop.

- Hé hé hé !

- Quoi encore ?

- Tu m'as fait une demande en mariage devant tout un gymnase plein à craquer ! Toute l'équipe, les Hayamazatrucchose... ton frangin et ton père ! Putain !

- Ta gueule !

La menace étant assortie d'un coup de coude dans la gueule en question, Tachibana obtempéra sans se faire prier.

N'empêche, il m'a fait une demande en mariage devant son vieux, ça craint ! Et après, il en a profité pour me peloter en douce, en faisant croire qu'il me consolait !

- Je t'ai pas peloté, c'est toi qui m'accrochais. Et ta gueule, et arrête de penser tout haut !

Tachibana sourit de toutes ses canines, comptant sur l'obscurité pour dissimuler sa satisfaction. Il savait bien que, sur le moment, Hiiragi n'avait rien derrière la tête. Mais pouvoir l'enquiquiner avec ça, et le fait qu'il le prenne autant au sérieux avait quelque chose d'étrangement gratifiant.

Après ça, Hitonari décida qu'il n'était plus la peine de faire semblant de dormir. Il aurait tout intérêt à aller voir ailleurs si l'air était aussi respirable, avec l'avantage majeur que ça le ferait sortir du lit, et donc s'éloigner de la tentation. Bordel ! Penser à Tachibana comme une tentation, j'ai atteint le fond du fond. Il se leva donc, ne fit aucun effort pour enjamber le squatteur, ce qui eut pour effet de le faire tomber dans un grognement de néanderthalien, et se dirigea, sans un regard pour la victime à terre, en direction de sa salle de bain. Loin de lui. Tachibana remonta dans le lit, considérant que Hiiragi pouvait très bien aller aux chiottes tout seul et que ce n'était pas demain la veille qu'il l'accompagnerait sous la douche, même si cette seule perspective lui donnait la chair de poule.

- Qu'est-ce que tu fous ?

Une fois revenu, Htonari ne s'était pas recouché mais avait commencé à s'affairer devant la plaque électrique. Il soupira et expliqua, à la manière dont on parle aux attardés.

- Je fais à bouffer, on est réveillés tous les deux et c'est plus la peine de se recoucher, vu l'heure.

- T'as qu'à sécher.

- Pas l'entraînement.

- Ha.

Tachibana se redressa dans le lit avant de s'étirer.

- Rwwwaaaahh !

Hiiragi jeta un regard proche de celui qu'on ne dédie qu'aux poubelles qui débordent sur son colocataire d'une nuit.

- La discrétion, t'as jamais appris.

- Désolé de pas avoir un père coincé pour m'apprendre à péter la bouche fermée !

Hiiragi stoppa l'impulsion qui allait le mener à écraser son poing sur le crâne de son invité pour le fixer, l'air interdit, une vague de remord passant dans ses yeux clairs. Saisissant son expression peinée, Tachibana secoua la tête.

- Nan, arrête, c'est pas ce que je voulais dire. Tu sais... la mort de mon père, c'est pas drôle mais ça ne me donne pas de cauchemar non plus.

Hiiragi hocha la tête et revint s'assoir sur le lit, à côté d'Akane qui commençait vaguement à sentir le danger se rapprocher.

- Hé, tu vas pas... heu... Il s'emmêla ainsi les pinceaux pendant une poignée de secondes, attendant sous l'œil intrigué de Hiiragi que ce dernier veuille bien réagir à son malaise. Quand il eu enfin comprit où ce dernier voulait en venir, il le dévisagea d'un air atterré.

- Je suis pas une bête. Merde, je vais pas te sauter dessus.

- Ben, moi c'est ce que je ferais.

- Je suis pas comme toi. Mais le jour où tu veux me sauter dessus, te gênes pas.

- T'as plus peur ?

- De toi ? Tu déconnes.

Sur ces bonnes paroles, Hiiragi alla préparer du thé, laissant Tachibana se demander s'il devait se sentir flatté, rassuré ou insulté par le ton désinvolte de son ami.

Ils partagèrent donc leur petit déjeuner de quatre heures du matin dans un silence de mort. Un petit instant de flottement passa, avant que Hiiragi ne se décide à réagir.

- T'as sommeil ?

- Pas trop.

- Ça te dit, un one on one ?

Tachibana ouvrit deux yeux ronds comme des soucoupes.

- Maintenant ?

- Nan, dans six mois ! Oui maintenant, j'ai les clés du gymnase du lycée.

- Hé, comment ça se fait ?

- Je suis capitaine d'une équipe et on s'entraîne tout le temps.

Un soupçon naquit dans l'esprit de Tachibana, il fronça les sourcils, en proie à une lutte intérieur intense avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

- Combien ?

- Quoi ?

- Combien d'heures d'entraînement ? Je veux dire, par rapport à la seconde ?

- Quatre heures par jour : une avant le début des cours, une à midi, deux l'après-midi. Plus le running du dimanche. Cinq kilomètres.

Tachibana écarquilla les yeux à s'en faire exploser les orbites.

- T'es dingue ! Tu m'étonnes que ce soit une équipe de bêtes Kouzu !

- La fin justifie les moyens. Et puis, un entraînement complet est indispensable pour faire une équipe cohérente, rappelle-toi du stage à la montagne.

- J'suis pas près de l'oublier !

- Bon, t'es partant pour un match un contre un ?

- Et tu oses demander ? T'oublies à qui tu parles : Akane Tachibana, le Dieu du basket !

- Arrête ça, on dirait Harumoto.

Ils se levèrent de concert, et Hiiragi attrapa son sac de sport, vérifiant que les clés étaient bien là pour se rendre au lycée Kouzu. D'accord, il n'y avait pas d'heure pour jouer au basket, d'accord, le fait que Tachibana soit revenu en pleine nuit et qu'ils se retrouvent pour jouer pouvait paraître naturel pour quelqu'un qui les connaissait, et d'accord, il n'y avait rien dans le règlement du lycée qui interdise aux équipes de sport d'occuper le gymnase à point d'heure (ils avaient même fait un stage dans le lycée l'année passée). N'empêche que, tout le long du chemin, Hiiragi pria très fort pour que personne de connu ne les voit ensemble et ne se demande ce qui se passait dans leur tête pour aller gaiement faire un mini-match avant l'aube.

Il leur ouvrit le gymnase en écoutant Akane grommeler que c'était vraiment trop injuste, que lui n'avait pas les clés de son gymnase, qu'il irait gueuler contre le coach. En dissimulant un sourire, Hiiragi grogna un « qui aurait envie de te confier un truc important, tête de pioche ? » qui eut pour effet de rendre le joueur un tout petit plus agressif que d'habitude. Mais ce n'était pas plus mal. En fait, c'était beaucoup mieux.

Hiiragi faisait son maximum pour tenir son ami loin du panier. Manquait plus qu'il gueule en dunkant.

Mais il s'est amélioré ce con ! Par contre, il sait toujours pas dribbler correctement, bon, aller, prend-là cette balle, vas-y frime un coup, montre-moi comment tu sautes.

Et Tachibana poursuivait son adversaire d'un bout à l'autre du terrain. Il haletait déjà après deux minutes de jeu.

Mais comment il court ce con ! Il a un moteur dans le cul ou quoi ? Ouais je sais, tu m'attends, pas la peine d'avoir l'air impatient en plus !

Bref, rien d'anormal.

Ils s'écroulèrent de concert après avoir marqué trente points chacun. Crevés mais heureux.

Tachibana rompit le silence après avoir reprit son souffle.

- Faut que je repasse chez moi.

- Hm ?

- Ma mère va me tuer, mais il me faut du fric pour rentrer à Nagasaki. J'aurais dû frauder à l'aller et me planquer dans les chiottes.

Tachibana ricana crânement à son idée de « génie », mais il s'arrêta rapidement, ne voyant aucune réaction chez son ami.

- Hé, Hiiragi ? Tu dors ?

- Crétin.

- Ha, fit Tachibana un peu rassuré et un peu inquiet du mutisme de son ami, pas que ça soit vraiment inhabituel mais tout de même, y'avait des limites.

- Tu vas retourner là-bas.

- Ben ouais... j'ai l'entraînement, les cours... je peux pas me casser comme ça. J'avais pas du tout l'intention de me faire transférer à Kouzu. Et pis vous avez déjà un PF, il a faillit me démonter la tête pour avoir l'entre deux.

Hiiragi soupira un peu plus tristement qu'il ne l'aurait souhaité.

- Hé mais faut pas t'en faire ! Je vais pas te laisser tomber. Je vais revenir.

À nouveau, seul le silence lui répondit.

- Je vais pas t'oublier, j'te jure ! Cria-t-il, en se relevant vivement pour voir Hiiragi en face. Pas cette fois, t'inquiète pas. T'as même le droit de me frapper encore un peu pour que je m'en souvienne !

Un instant, il se demanda si Hiiragi allait se décider à lui répondre ou à lui envoyer sa main dans la gueule lorsqu'il remarqua sa mâchoire serrée et son menton tremblotant.

- Hé, Hiiragi, pleure pas !

- J'pleure pas, crétin, fit-il les yeux débordant de larmes.

Tachibana s'assit pour de bon, face au visage de plus en plus humide de son ami, en faisant de grands gestes nerveux du bras.

- Je vais pas t'oublier, je te le jure. Faut me croire, Hiiragi ! Tiens, écris-moi ! Pendant le reste de l'année, écris-moi et dis-moi que je suis con tous les jours si tu veux, comme ça tu seras sûr que j'oublie rien.

Hiiragi rouvrit les yeux sur la face consternée de Tachibana. Il se faisait vraiment du souci, cet abruti. En un sens, cela lui réchauffa agréablement le cœur de voir son ami (petit ami ?) s'en faire autant pour lui et les solutions qu'il proposait étaient tentantes, après tout, se rappeler au bon souvenir de cet idiot lui plaisait plutôt, sauf qu'il aurait bien voulu ne pas devoir le faire, il aurait voulu pouvoir lui faire pleinement confiance.

- Tachibana.

- Ouais ?

- T'as dit « pendant le reste de l'année ».

- Ouais ?

- Tu vas faire quoi l'année prochaine ?

- Ben, j'sais pas vraiment... Mon entraîneur m'a parlé de Nittaidai mais ça a l'air chiant.

Hiiragi soupira. Effectivement, la notion d'université en soi devait sembler chiante à Tachibana.

- Je vais accepter la proposition de Tezuka.

- Sérieux ?

- Ne serait-ce que pour faire chier Takaiwa.

- Tu seras avec ton frangin.

- Pas grave, on fera comme si de rien n'était.

Tachibana inspira soudainement et se recoucha à côté de Hiiragi.

- Moi aussi alors.

Hitonari ouvrit la bouche bêtement pendant deux secondes avant d'éclater de rire bruyamment. Bien qu'un peu rassuré sur le moral de son ami, Tachibana ne put s'empêcher de remarquer que c'était la deuxième fois qu'il voyait Hiiragi rire comme ça et qu'à chaque fois c'était pour se foutre de sa gueule.

- Tachibana... putain... tu crains quand tu t'y mets.

- Quoi ? Fit ce dernier, un peu vexé.

- C'est une université hyper cotée, faut bosser.

- Je peux bosser et pis de toute façon, je ferais du sport avant tout.

- Si tu veux mais est-ce que tu sais au moins comment y entrer ?

- Ben nan, conclut Akane, se retrouvant tout con.

Ce fut au tour d'Hiiragi de se redresser et de fixer Tachibana dans les yeux, avant de continuer, sur un ton plus sérieux.

- Les dossiers d'inscriptions sont à rendre avant de 17 octobre. Il y a des examens écrits et sportifs en décembre, et selon tes résultats, tu peux bénéficier d'une bourse de mérite.

Tachibana ouvrit de grands yeux.

- T'es sérieux ?

Hiiragi le fixa sans comprendre.

- Nan, t'es d'accord pour qu'on aille dans la même fac ?

Il soupira, franchement désespéré par la connerie ambiante qui entourait tous les actes et les mots de Tachibana et qui allait finir par l'atteindre un jour ou l'autre s'il s'acharnait à aimer ce débile. Comment pouvait-il poser ce genre de questions débiles, sachant qu'Hitonari avait presque admis qu'il ne voulait pas le voir repartir ? Ce dernier laissa toute trace de fierté aux vestiaires et confirma, pour le crétin qu'il aimait.

- T'as rien compris ou quoi ? Bien sûr que je veux qu'on soit dans la même fac. Si tu veux, je m'occuperais de ton dossier.

Hé, je sais remplir des papiers !

- Écrase, je sais que c'est Sumire qui te dictait les procédures d'inscription au collège et au lycée, elle me l'a dit.

Tachibana tourna la tête, vexé. Hiiragi se rapprocha doucement, et continua, enfonçant le clou, puisqu'il le fallait.

- Tachibana, je veux qu'on soit ensemble, qu'on sorte ensemble, qu'on soit dans la même fac et qu'on joue encore au basket ensemble. D'accord ?

Akane reçu cette dernière question comme un électrochoc : comme un consentement, Hiiragi attendait sa réponse.

- Yep ! Mais tu vas devoir me supporter !

Mais qu'est-ce qu'il croit que j'ai fait pendant tout ce temps ?

A SUIVRE....