Base : I'll generation basket

Painring : ho, ça va... et la surprise alors ?

Genre : humour, romance, petits bouts de vie (!)

Rating : ha bon, c'est pas tout public ? Ben si, tant que vous êtes majeur.

Disclaimer : ils sont tous à Hiroyuki Asada qui pourrait partager un peu quand même ! (rien qu'un petit bout !)


Comment les autres s'en sont mêlés.... Takuya

Il s'était réveillé un peu courbaturé. On n'a pourtant rien fait hier, songea-t-il avec un serrement au cœur. Mais il devait s'y habituer. L'abstinence allait devenir sa règle de vie... enfin, jusqu'au jour où il coincerait Akane sans que celui-ci ne puisse se défendre. Ce qui en devrait pas trop tarder, vu comme il l'avait tripoté la veille, Hiiragi pourrait jurer que Tachibana commençait lui aussi à sentir les premiers effets la frustration. Tachibana avait intrinsèquement l'âme d'un pervers en puissance, il ne tenait qu'à lui de réaliser cette potentialité.

En attendant, il s'était habillé rapidement pour aller faire des courses. C'est que ça bouffait cette bête là, même sans rien faire, Akane Tachibana mangeait comme s'il avait été abandonné pendant très longtemps dans un cachot, sans nourriture et sans eau. Il hésita une petite seconde dans le rayon : curry ou pas. Le récompenser pour avoir fait preuve de tant d'audace la veille, ou le punir pour lui avoir refusé le reste ? Cruel dilemme. Il opta finalement pour un joli assortiment au curry (qu'est-ce que ça rend con d'être amoureux, se morigéna-t-il au passage) mais pour compenser, il fourra également dans son sac deux boîtes de préservatifs. Pour peu que Tachibana se jette sur les sacs de bouffe (ce qui semblait inévitable), il verrait forcément les boîtes en question, et comprendrait peut-être le message sous-jacent. Peut-être.

Nouilles au curry et préservatifs. La caissière lui avait jeté un drôle de regard, elle devait s'interroger sur cette nouvelle tendance gastro-sexuelle et l'usage du curry là-dedans. Hiiragi s'empêcha de lui répondre que la bouffe constituait l'appât. Elle aurait peut-être appelé les flics.

Il se passait volontiers des flics. En revanche, sa famille, il ne pouvait pas faire grand chose contre. D'où son rictus de fausse joie en voyant un membre de la dite famille tourner au coin de sa rue.

- Qu'est-ce que tu fous là ?

- Sympa l'accueil ? Je vais bien je te signales, et maman espère que tu te portes bien.

- Ben ouais, marmonna le cadet, en évitant le regard de son frère.

- De plus en plus chaleureux, toi. Bon, je venais aux nouvelles, vu que tu as finit la semaine d'examen. Comment ça c'est passé ?

- De toute façon, je serais pris, alors...

- Quel raisonnement sain.

- T'es venu pour te foutre de ma gueule ?

- Non, mais tu as l'air dans un état d'esprit parfait pour ça, alors autant en profiter. En fait, y'a un des profs du jury qui est tombé malade, accident vasculaire-cérébral, donc pour tous les candidats qui sont justes, le rattrapage est repoussé. Fin janvier. Mais bon, vu que t'es pas concerné, je pensais surtout à Tachibana. Tous les candidats vont recevoir une notification par courrier mais comme je devais passer dans le coin. Et aussi, tiens, fit Takuya en lui tendant un sac de sport qu'il tenait à l'épaule. C'est ta lessive et des trucs. Maman a toujours peur que tu manques.

- Rassures-la, tout va bien pour moi.

- Je vois ça. Tu fais tes courses ?

- Faut bien manger.

- Manger et autre chose, hein ? Dis donc, toi, je croyais que t'avais toujours pas de petite amie ?

- Ouais, et alors ?

Takuya baissa un regard suspicieux sur son frère.

- Et alors, ce que t'as dans ton sac, c'est pour quoi ?

Hiiragi (junior) piqua un fard monstrueux et maudit la caissière qui lui avait filé un sac transparent avant de tourner la tête en se justifiant vaguement.

- On sait jamais.

- Ha oui ?

Le ton plus que dubitatif de son frère le poussa à continuer.

- Le moment venu, j'ai pas envie de devoir m'arrêter au heu....

- Au moment venu, termina Takuya, d'un air narquois.

- Pas comme toi, compléta Hitonari d'un air sardonique.

Ce fut au tour de Takuya de rougir, dévisageant son frère d'un air scandalisé.

- Je croyais que tu dormais !

- Ben nan. Faut dire que vous étiez pas discrets, à chercher des capotes partout dans la maison.

Takuya, qui avait, quelques années auparavant, soigneusement choisi la nuit où ses parents étaient de sortie pour passer à l'acte, commença à se dire qu'il aurait aussi dû se méfier de son frère.

- Tu l'as dit aux parents ?

- Pour qui tu me prends ! Je suis pas comme ça, et puis, ça m'avait bien fait rigoler.

Takuya prit l'air désapprobateur pour faire semblant de ne pas être vexé.

- Ouais, en tout cas... ben, tu me dis si il y a du neuf, de ton côté.

- Compte sur moi, répondit Hitonari, tout en pensant exactement le contraire.

D'une, le jour où Tachibana consentirait n'était pas pour demain (ni pour après demain, d'ailleurs), de deux, lorsque ce sera fait, Takuya serait le dernier au courant (ou l'avant dernier : papa Hiiragi passerait à la fin).

Arrivé à la porte d'entrée, Hitonari se retourna, dans l'attitude sans équivoque du « bon, ben, salut... quoi, tu croyais que j'allais t'inviter à entrer ? ».

- Je vois que t'as toujours un sens de l'accueil chaleureux bien à toi, constata Takuya.

Hitonari rosit, moins sous l'ironie de la remarque que les idées saugrenues que sa formulation suscitait dans son esprit, surtout en sachant quel invité occupait actuellement son lit et quel accueil chaleureux il lui avait réservé. Une idée assez horrible prit forme dans son esprit et il pria très fort pour qu'elle reste immatérielle jusqu'au départ de son frère. La pensée que Tachibana occupait son lit pendant qu'il discutait gentiment avec Takuya sur le pas de la porte était en soi, déjà assez dérangeante. Alors si en plus il commençait à s'imaginer que son petit ami choisisse exactement ce moment pour se réveiller, se demander où il était passé, entendre des voix connues au dehors et aller voir qui c'était.

- C'est que... c'est pas vraiment rangé, marmonna-t-il avant de s'apercevoir qu'il venait de faire une bourde monumentale.

- Pas rangé, chez toi ? Il va pleuvoir des poules, ricana son frère.

- J'ai eu des exam toute la dernière semaine, je te rappelle, fit Hitonari, cherchant mentalement une autre excuse pour ne pas laisser son frère entrer.

Takuya sourit jusqu'aux oreilles, ce qui fit un effet bizarre à Hitonari.

- Ça te fait rire ?

- Nan, c'est juste qu'on va se retrouver dans la même fac. J'imagine bien le genre de situations... bon, bref, ça ne doit amuser que moi.

Hitonari se détendit un peu.

- Tu rigoles pour rien, tu sais ?

- Mais si, protesta l'aîné, imagine à chaque fois qu'on appelle « Hiiragi » sur le terrain !

Hitonari soupira intérieurement, comment un type aussi chiant et rasoir que son frère pouvait s'amuser d'un rien comme ça ? Il se colla imperceptiblement à la porte, pour parer à toute réalisation de son idée horrible de tout à l'heure.

- A moins qu'ils ne te trouve un petit nom, continua Takuya, un grand sourire collé sur les lèvres. « Hito-kun ».

L'évocation de ce surnom gamin qu'il avait presque oublié lui enflamma les oreilles.

- Dis plus jamais ça, okay !

Surtout avec Tachibana à proximité. Mais ça, Takuya n'était pas censé le savoir.

Takuya reprit son sérieux et observa son frère d'un œil circonspect.

- Bon, n'oublies pas pour les résultats et le rattrapage. Et tu pourrais faire passer l'info à Tachibana.

Hitonari se tendit comme une corde de violon, ils entraient en plein terrain miné, là !

- Mais... il doit recevoir une notification lui aussi, nan ?

Takuya haussa les épaules.

- Bien sûr, mais il doit aussi retourner à Nagasaki pour ses cours. Tachibana ne va pas...

Hitonari ne sut jamais ce que Tachibana n'allait pas faire, puisqu'à ce moment précis, ce dernier décida de réaliser matériellement l'idée proprement horrible qui hantait l'esprit d'Hiiragi Jr. depuis quelques minutes. En l'occurrence, il poussa la porte sans aucune délicatesse (c'est Tachibana aussi), ce qui fit trébucher Hitonari qui atterrit dans les bras de son frère, lui évitant de se prendre la barrière à la place. D'un autre côté, Hiiragi Jr. aurait bien voulu passer par dessus la barrière, tomber au sol, finir à l'hôpital pour échapper à la honte de voir la gueule effarée de Takuya face à un Tachibana en caleçon, à moitié dans le coaltar, criant à tue-tête qu'il avait entendu son nom et qu'il voulait tout savoir ce qu'on disait de lui (dixit).

Le premier instant de de surprise passé, Takuya remit son petit frère sur ses pieds, et son regard passa de l'un à l'autre, cherchant une réponse sensée et conforme à l'idée qu'il se faisait de son frère à tout un tas de questions subites et dérangeantes qui venaient de faire leur entrée en grandes pompes dans son esprit.

Alors que Tachibana attendait toujours, dans un brouillard joyeusement innocent, de savoir pourquoi on parlait de lui, Hiiragi cadet se prit à espérer le décès prochain par divers supplices de son petit ami.

- Tachibana ? Fit Takuya, d'un ton aussi étonné que suspicieux.

- Hé, salut, le grand frère ! Ta fac a perdu son match de sélection la semaine dernière !

Ses intentions pacifiques mises à mal par la dernière remarque rien moins qu'indélicate d'Akane, Takuya reprit, sans se démonter.

- Qu'est-ce que tu fabriques ici, toi ?

- Ben... Avant que Tachibana ait eu le temps d'articuler un mot de plus, Hiiragi cadet lui fila un coup de coude tout sauf discret et répondit pour lui.

- Il squatte pour la durée des épreuves.

- T'as pas de maison ?

- C'est plus sympa comme ça, trancha le petit frère,

L'air plus que dubitatif de son grand frère lui assura que la prochaine question serait la bonne, ou plutôt la mauvaise, et qu'il devait penser à mettre un terme à cette discussion au plus vite.

- Bon, salut, Takuya, à un de ces quatre.

Sur ces bonnes paroles, il attrapa Tachibana par le bras et le poussa sans douceur à l'intérieur avant de refermer la porte sur eux.

- Ben qu'est-ce qui te prend ?

- T'es malade !

- Ben quoi ?

- J'ai déjà été foutu à la porte de chez moi, je te signale ! Si mon frère l'apprend, j'suis déshérité, moi ! D'abord mon père me renie et puis bousille ma carrière si ça se sait !

- Et il engage pas deux maousse pour te péter les deux jambes aussi, comme ça tu joueras plus jamais ? Rétorqua ironiquement Tachibana pas le moins du monde ébranlé par les diverses menaces planant sur son petit ami.

Hiiragi se tut un bref instant, réalisant ce qu'il venait de dire et jusqu'à quel point il pouvait dire des conneries quand il voulait, et même quand il ne voulait pas, d'ailleurs.

- Nan, ça il le fait pas, parce que ça ferait pleurer ma mère, finit-il par admettre avec un demi sourire. N'empêche, pas question que mon frère soit au courant comme ça. Qu'est-ce qui t'a prit de sortir en calbute ?

Les explications plus ou moins vaseuses de Tachibana se perdirent dans le bruit de la ville, alors que Takuya décollait son oreille de la porte, laissant là son frère et son ami, l'air plus concentré que jamais.

A SUIVRE....