Base : I'll generation basket
Painring : ho, ça va... et la surprise alors ?
Genre : humour, romance, petits bouts de vie (!)
Rating : ha bon, c'est pas tout public ? Ben si, tant que vous êtes majeur.
Disclaimer : ils sont tous à Hiroyuki Asada qui pourrait partager un peu quand même ! (rien qu'un petit bout !)
Explications : de quoi expliquer pourquoi on a quitté Tachibana dans le train pour Nagasaki et on le retrouve en train de léchouiller son mec.
Comment il s'est décidé....
ou qu'est ce qui s'est passé entre les chapitre VI et VII
Tachibana avait longuement réfléchi, durant les quelques mois qu'il avait passé seul à Nagasaki, à la tournure que pourrait prendre leur relation. Du côté de Hiiragi, il n'avait aucun doute, il voulait que ça aille jusqu'au bout. Tout au bout, sans mauvais jeu de mot. Et ça le faisait flipper d'une force...mais pas question de l'avouer à qui que ce soit, pas question d'avouer à qui que ce soit qu'il sortait avec Hiiragi tout simplement. En fait, savoir que Hiiragi était prêt à aller jusqu'au bout alors que lui flippait comme un malade était un peu humiliant dans le fond. Et pas que dans le fond, c'était une insulte à son esprit rebelle et téméraire, lui qui n'avait peur de rien, même pas de sa connerie, ne pouvait pas trembler à la seule idée de se faire passer dessus par un gars. En fait si, quitte à n'avoir peur que d'une chose dans sa vie, autant que ce soit un truc bien gratiné. Mais il devait se battre : il ne pouvait pas être plus trouillard que Hiiragi, question d'honneur.
C'est pourquoi, il avait prit connement la ferme résolution de se faire une idée très précise de ce qui l'attendait s'il cédait au blond, ce qui devrait bien arriver tôt ou tard, pensait-il, parce que se balancer des vannes et jouer au basket, ça pouvait les occuper toute la journée et une partie de la soirée, mais pas toute une nuit.
C'est après la première lettre de l'autre abruti (une carte représentant le bord de mer de Kouzu, avec juste six mots : « oublie pas que t'es un con ») qu'il passa aux choses sérieuses et décida de se documenter sur ce qu'il pouvait s'attendre de la part d'un gars.
Parce que il était inconcevable d'entreprendre ces recherches sur un des postes du lycée (manquait plus qu'on le surprenne !), il avait élu domicile dans un cyber café du centre ville, assez loin pour éviter les mauvaises rencontres. Et là, il entreprit patiemment de chercher exactement ce à quoi il voulait échapper. Sa première erreur fut de sélectionner une recherche dans google image, et non dans toutes les pages web. Il faut le comprendre, le Tachibana, déjà en basket, il comprenait mieux les dessins que les explications à n'en plus finir de son entraîneur. Généralement, une image valait mieux qu'un long discours. Sauf quand on tape « sexe entre hommes » dans « google image ». Imaginez le choc émotionnel et esthétique que subit le pauvre garçon. Jetant prudemment un coup d'œil à droite, un coup d'œil à gauche, il passa en revue les photos, dessins et autres descriptions détaillées résumant l'essentiel du sujet. Jusqu'à un certain point, puisqu'il passa sur certains éléments avec une rapidité qui faisait sa réputation de basketteur de génie. Finalement, un doute terrible s'empara de lui : est-ce que Hiiragi s'attendait réellement à ce qu'ils fassent tous ces trucs ? Nan, il est pas comme ça, Hiiragi, c'est pas un pervers. Quoique... il avait pas l'air de rigoler. La pensée que Hiiragi pourrait exiger certains des exemplaires passés en revue lui nouait douloureusement les entrailles. Une fois cette première expérience malheureuse et traumatisante passée, Tachibana abandonna l'examen de scènes interdites aux mineurs pour modifier un peu sa recherche. « Sexe SOFT entre hommes ». Nan, j'en ai déjà eu assez comme ça ! Après de trois heures de recherche dans les méandres interlopes des meilleur sites de porno gay, il avait besoin de changer de perspective. Il passa encore une petite heure à passer de chat en forum, le laissant les joues en feu et indignant la paisible mamie venue occuper le poste à côté du sien qui s'empressa de le dénoncer au gérant, comme quoi un jeune homme (sûrement mineur) consultait des sites justement interdits à ce genre de public.
Il en ressorti persuadé de trois choses : il faudrait vraiment être très fort pour lui faire faire le truc à l'envers, où il se retrouvait le nez dans le cul d'un mec (faut pas exagérer non plus), il était donc possible d'avoir aussi chaud aux joues sans faire d'effort et on devrait interdire les mamies dans les cyber cafés, ça empêche de consulter des sites éducatifs en toute tranquillité !
Ce fut rouge comme une tomate et pensif comme jamais qu'il rentra au lycée.
Devant le lycée en question, un groupe de fille courait dans tous les sens. Ouais, y'avait un gars du bahut qui avait posé pour un catalogue de mode, se rappela-t-il après une seconde de panique. Une espèce de blondinet efféminé, sûrement décoloré, qui depuis, se prenait pour la huitième merveille du monde. Tachibana, bien que n'ayant aucune idée de ce que pouvaient être les sept autres merveilles en question, trouvait que la prétention du gars était injustifiable. Surtout qu'à chacune de ses sorties, un groupe de fan en furie faisait une procession devant le portail du lycée.
- Trop mignon ! Il est trop classe ! Minaudait une groupie qui était dans la même classe que lui.
- Tu rigoles ?
- Nan, je te jure !
- Il a la peau super claire, trop craquant ! Enchaîna une autre.
A cet instant précis, un déclic se fit en lui. Ce fut comme si un détail lui revenait subitement en mémoire, quelque chose qu'il aurait dû savoir depuis longtemps, qu'il aurait dû ne jamais oublier, qu'il avait bêtement oublié et qu'il ne pourrait jamais se rappeler et qu'il devait se rappeler sans quoi sa vie s'en trouverait considérablement détériorée. Ça lui chatouillait la mémoire, ça l'énervait de ne pas se souvenir de ce qu'il devait se rappeler. Il le devait ! Merde ça vient d'où cette obligation.
Ça avait rapport avec le basket ? Inévitablement. Avec Kouzu ? Sûtement. Pourquoi avait-il l'image déprimante d'un Harumoto en pose « Dieu du basket » à ce moment-là ? Il ne pouvait pas avoir été titillé par un souvenir de Harumoto, ou alors son cas était désespéré. Mais il y avait la plage, l'été et le vent, le bord de mer avec son parfum de large si particulier. Et puis le détail lui revint : « tu es une fleur blanche au milieu de ces fleur jaunes », la réplique ringarde de Harumoto lui revint en mémoire. C'était l'été et il faisait semblant de dormir.
Hiiragi avait la peau très claire, lui aussi.
C'était ça qu'il avait oublié, l'image de Hiiragi. Et c'était ça qu'une ridicule petite remarque de groupie avait ramené à la surface. Comment il avait pu oublier ce truc-là, l'image d'Hiiragi. Parce qu'il s'était rincé l'œil tout l'après-midi sur des images de cul ? Il ferma les yeux et fit un effort mental intense pour retrouver l'image de son ami. C'est le truc le plus sympa que je vois depuis ce matin. C'est normal, c'est mon... meilleur ami, mon seul ami. Ouais, mon petit ami aussi, z'ètes obligés de ma le rappeler, c'est déjà assez la honte de sortir avec un mec.
Tout doucement et tout en rejoignant le gymnase, chassant toute vision traumatisante pour un hétéro tout ce qu'il y a d'honorable, Akane se repassa en boucle toutes les images qu'il avait en stock. Hiiragi qui dribble, Hiiragi qui dort sur le toit du lycée, Hiiragi qui coure dans la forêt. Hiiragi qui tire à trois point, Hiiragi qui lui cogne dessus, Hiiragi qui le cherche du regard sur le terrain, Hiiragi une petite larme au coin des yeux, Hiiragi qui lui fait une passe, qui lui désinfecte l'arcade sourcilière, Hiiragi tout proche de lui.
- Ho ! Tachibana, tu te réveilles !
- Nan !
Un flying elbow vint accueillir la suggestion de Nakajo (première B, shooting guard), lui apprenant par là même que, non, il n'avait pas l'intention de rejoindre le monde des éveillés dans les dix prochaines minutes. Il rêvassait formidablement bien de Hiiragi-à-la-ville-à-la-mer-à-l'école et n'avait pas envie que ça s'arrête.
- Hé, tu rêves crétin ?
Cette fois-ci, le dieu catch ne put rien pour Tachibana qui fut, bien malgré lui, entraîné par ses coéquipiers pour faire suer les petits nouveaux du club de basket. Sans le moindre remord, il se vengea consciencieusement sur les nouvelles recrues d'avoir été tiré d'une rêverie si agréable.
Ce que personne ne manquât de remarquer, sans lui en faire la remarque avant qu'il soit lui-même trop fatigué pour cogner au premier reproche.
- T'exagère un peu, là même moi je pouvais pas te suivre, souffla Yosuke, la respiration sifflante.
- Ben tiens... y'à que lui qui peut, grommela Tachibana dans sa barbe.
Il avait passé les deux heure d'entraînement à passer le petit film de sa vie depuis ce dernier match de troisième, depuis le coup de coude dans la gueule, jusqu'à la collision buccale qui avait marqué leur dernière rencontre, en passant par des images de vestiaire qui ne figurent pas dans le manga édité par Tonkam.
Il ne comprenait pas bien ce qui lui arrivait, le seul mot dans le dictionnaire-Tachibana pour décrire cet état d'esprit c'était « défaite contre Hayamazatruc », de tous ses souvenirs, c'était la sensation qui s'en approchait le plus. Le suppléant avait dit un mot comme ça... après... pour lui expliquer la colère et la tristesse, le plaisir d'avoir joué, l'envie de continuer...
- FURSTATION !
- Heu... oui, si tu veux Tachibana, mais là on a finit l'entraînement. Et puis on dit « frustration ».
Il se tourna vers son unique interlocuteur (les autres n'étant ni téméraires, ni suicidaires). La chance devait être sur lui, puisqu'il s'agissait de Seiji (terminale A, small forward remplaçant), l'intello à lunette de la bande, sauf qu'il ne portait pas de lunettes mais des lentilles de contact, bien plus pratique au sport.
- Et comment on fait pour que ça s'arrête ? Beugla Tachibana, à la recherche d'une recette contre la prise de tête.
Seiji lui jeta un regard partagé entre la franche surprise et l'amusement incrédule. Le sourire un peu inquiétant qui ourla ses lèvres aurait dû alerter l'instinct de Tachibana, lorsqu'il déclara de l'air le plus savant possible.
- Fantasme.
- Quoi ?
Son coéquipier eut un nouveau sourire faussement apaisant avant de continuer.
- Fais-toi un trip. Transforme l'objet de ta frustration en objet de fantasme, ça te calmera un peu pour un temps.
- Et après ?
- Après, soit tu réalises ton fantasme et réalises ta frustration, qui du coup, n'en sera plus une. Soit tu ne réalises rien du tout, et ça ne peut pas être pire que maintenant.
- Fantasmer ?
- Tu fais comme tu veux.
La suite de la journée fut un transport immédiat et collectif de tous pour la quatrième dimension. Vous savez, celle dans laquelle Hitonari Hiiragi saute de joie, Harumoto dit un truc intelligent, Hayamazaki perd la finale du tournois départemental et Tachibana se ravage la tronche à réfléchir, plantant là tous ses potes qui ne pouvaient que contempler en râlant.
- Merde, Seiji, tu lui as dit quoi ?
- Juste un conseil. Il se prenait trop la tête depuis quelques temps.
- Parce que maintenant il va mieux peut-être ?
- Je fais pas de miracles, moi.
- Il a quoi ?
Seiji soupira, se refusant à faire part à tous du trouble profond et métaphysique de Tachibana. Sinon, ce dernier était mal barré pour finir sa scolarité dans la tranquillité. Et puis qu'est-ce qui lui avait prit de suivre son conseil à la lettre ? Il n'avait pas vu le sourire inquiétant, le sourire faussement apaisant ? Ou bien il était trop pris dans son trouble intense et intérieur pour voir un conseil-piège quand il en voyait un ?
De son côté, Akane était tout à fait conscient de l'étonnement qu'il suscitait chez ses amis, mais il ne pouvait rien y faire, parce que toutes ses capacités cognitives étaient mobilisées ailleurs. Et de toute façon, il n'était pas question d'annoncer que son cerveau était occupé au trois-quart par le mot SEXE en grosses lettres avec la photo Hiiragi dans les vestiaires en fond d'écran.
Ça devait cesser. Pour son bien à lui, puisqu'il ne bouffait plus depuis trois jours et cela inquiétait tout le monde. Pour le bien de son colocataire, qui avait l'impression de vivre avec un géranium humain depuis trois jours. Pour le bien de l'équipe de basket de Negotura qui commençait à envisager sérieusement de faire interner son capitaine. Pour le bien de papy le coach qui finirait chauve à force de s'arracher les cheveux.
Ce qui explique plus ou moins qu'un beau soir grisâtre et pluvieux, un solide gaillard (Hikaru, première B, 2m07, centre remplaçant), vint attraper son capitaine par les épaules et le déposa pile devant le téléphone du dortoir dans une alcôve entre le couloir et les chiottes communes.
- Quoi ? Y'a quelqu'un qui m'appelle ?
Le joueur secoua la tête et expliqua.
- Yosuke m'a dit de le faire. Toute l'équipe a approuvé.
- Quelle bande de traîtres, cracha Akane, laissant entendre que le simple fait de décider quelque chose dans son dos était un crime de haute trahison en soi.
- Il faut que tu appelles quelqu'un, Tachibana-sempaï, fit le joueur, complètement hermétique à la hargne de son capitaine, raison pour laquelle il avait été pressenti pour cette mission.
- Ha oui, et qui ça ?
- Seiji-sempaï dit que c'est la source de tes soucis, faut que tu l'appelles ou que tu lâches l'affaire. C'est la survie de l'équipe qui est en jeu. Il le faut.
Plutôt désorienté par tant de conviction, Tachibana n'avait retenu que deux choses : « tu appelles ou tu lâches l'affaire ». Pas con. Pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt ? Parce qu'il était con peut-être.
- Ouais, marmonna-t-il. Je vais y penser. Lâche-moi, faut que je retrouve son numéro.
Le jeune joueur relâcha respectueusement son capitaine, une lueur de satisfaction et le sourire sans joie de ceux que provoque le sentiment du devoir accompli sur son visage.
Tachibana avait réfléchi longuement, ployant sous les regards insistants de tous les joueurs qui restaient dans la salle commune du dortoir. Et puis il était allé chercher un bout de papier dans sa chambre, sur lequel il y avait un numéro griffonné à la hâte. Il eut la désagréable impression de franchir les quelques mètres qui le séparaient du téléphone sous une haie d'honneur de regard avides de savoir et en même temps habités par une crainte respectueuse pour ce qui causait l'absence mentale temporaire de leur capitaine.
Et puis, une fois devant l'appareil, Tachibana se pétrifia.
Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui dire ? Qu'il pensait à sa peau pâle depuis trois jours et qu'il en avait arrêté de manger, tellement il lui manquait ? Plutôt crever mille fois !
Il hésita ainsi pendant une bonne heure, de telle sorte qu'il faisait nuit depuis belle lurette lorsqu'il composa le numéro d'Hiiragi, tout en ignorant toujours royalement ce qu'il allait lui dire.
Une voix endormie lui répondit au bout de six sonneries.
- M'ouallo ?
- Heuu.. Hiiragi ?
- Ouais, c'est qui ?
- Hiiragi ? Insista-t-il. Comment ce débile pouvait ne pas le reconnaître à la voix ?
- Tachibana ! Qu'est-ce que tu veux ?
- Heu ben, rien de spécial. Juste, ben prendre des nouvelles, comment vous allez tous, quoi.
- Sumire t'écrit toutes les semaines.
- Ouais mais c'est pas la même chose, quoi. Contra Tachibana tout en se demandant si Sumire faisait un rapport hebdomadaire à Hiiragi de toutes les nouvelles qu'elle recevait de lui. De vive voix c'est plus sympa.
- Tachibana.
- Ouais ?
- Qu'est-ce que t'as ?
- Rien du tout, ça va super bien. Et à Kouzu, tout se passe bien ?
- Tout va pour le mieux. Pourquoi est-ce que tu appelles subitement ? À onze heures passées.
- Mais comme ça, j'ai pas le droit d'appeler un ami ?
Hiiragi préféra ne rien répondre, espérant qu'au fil de la conversation, il en apprendrait un peu plus sur les soudaines velléités téléphoniques de son ami et le laissa continuer.
- Si tout va bien, c'est cool. Et toi, tu... tu vas bien ?
- Impec. Rassuré ?
- J'm'en faisait pas spécialement, c'est juste pour avoir des nouvelles, parler un peu. Avant qu'Hiiragi ait pu répliquer quoique ce soit, il enchaîna, d'un ton faussement détaché. Et ça te dirait pas de venir faire un tour à Nagasaki un de ces quatre ?
Hiiragi en resta comme deux ronds de flanc. Un silence ahuri suivit, s'étirant tellement que Tachibana cru un instant que son interlocuteur s'était simplement tiré, le laissant seul au bout du fil.
- Héé Hiiragi ! T'es toujours là ?
- Ouais, ouais. Qu'est-ce que tu me chantes là ? Je peux pas venir à Nagasaki, j'ai encore des cours et des examens pour l'université... Je sais pas comment tu fais mais moi je bosse sept jours sur sept.
- Ha, émit simplement Tachibana d'un petit ton triste. Hiiragi soupira, un peu gêné par la déception qu'il sentait chez son ami.
- Écoute, c'est pas la mort... Je pourrais toujours passer à la fin de l'année, quand les exams seront finis.
- D'tout'façon on se reverra avant, je rentre pour les vacances du nouvel an.
L'idée fit son petit bonhomme de chemin dans le cerveau de Hitonari avant qu'il comprenne le pourquoi de comment de la demande de son ami. Lorsqu'il réalisa enfin, il se fendit d'un un sourire un peu ému et empêcha sa voix de trembler lorsqu'il rétorqua.
- En fait, tu veux juste qu'on se voit avant les prochaines vacances ?
Un grommellement indistinct lui répondit, provoquant un sourire de triomphe chez Hiiragi. Tachibana râla intérieurement de sentir une certaine jubilation chez son ami. Après tout, il avait lourdement insisté sur le fait qu'il n'était pas vraiment près à une relation... plus poussée et voilà que c'était lui qui réclamait de le voir en premier.
- Je te manque ?
Un nouveau grognement, digne d'un homme de cro-magnon nota Hiiragi sans s'émouvoir (il commençait à le connaître, le primitif en question), lui parvint, en guise de confirmation.
- Tu m'as manqué pendant deux ans, Akane, et ça t'arracherait les ongles de patienter quelques mois ? De toute façon, on se reverra pour les exams, si tu veux toujours aller à Tezuka, les épreuves écrites sont en décembre.
- Mais... c'est long.
Hitonari se fendit d'un sourire en tranche de courge. Il aurait dû enregistrer cette conversation, c'était un truc à garder en cas de chantage. Akane Tachibana qui se languit d'amour (même s'il ne l'avait pas dit de cette manière, l'idée était là), c'était une pièce de musée !
- Ouais ben les deux ans sans nouvelles de toi, c'était long aussi.
- T'avais qu'à téléphoner.
- Crétin du siècle.
- Débile.
- Triple idiot.
- Connard fini.
- Salaud.
- 'Spèce de tordu.
Etc etc... la suite se perd dans l'anthologie des insultes à la mode du Crazy Kouzu.
A la base, et en se disant que le téléphone était une bonne chose, Tachibana avait été inspiré par l'idée très originale et excitante à son goût de ce qu'on nommera pudiquement la relation à distance. Il avait en effet, lors de ses pérégrinations informatiques, vu quelques exemple de sexe par téléphone interposé qui lui plaisaient bien : terminée la frustration, sans pour autant passer entre les draps d'un gars (chose encore inconcevable à ses chastes yeux). Il put constater que se lancer des chapelets d'injures avait exactement le même effet apaisant. Et il s'endormit peu après, l'esprit tranquille et l'âme sereine, à l'idée qu'un garçon, à trois cent kilomètres de là devait faire de même en pensant à lui.
La méthode frustration/fantasme faisant son petit bonhomme de chemin dans la tête de Tachibana, vous imaginez dans quel état de nervosité il rejoignit Kouzu quelques mois plus tard, pour passer les épreuves d'entrée à l'université Tezuka.
Maintenant, vous pouvez vous reporter au chapitre sept en toute logique et continuer, pour voir où et comment tout cela va se finir.
A SUIVRE....
