Voilà le second chapitre, j'ai déjà en tête une ou deux des scènes suivantes et normalement je sais comment cela va se terminer. Puisque cela ne sera pas long, voire très court, j'ose espérer que je vais réussir à finir cette histoire (j'ai une sorte de malédiction à déjouer).

Petite précision : Je me rends compte que l'endroit où se situent toutes les scènes n'est pas très facile à imaginer donc je vais essayer de vous faire une petite description. En réalité ce n'est pas vraiment le haut d'une tour. En fait, dans ma tête, on y accède par une salle désaffectée grâce à un escalier accroché au plafond et qui se tire comme pour certains greniers. Il y a une trappe qui donne sur une petite pièce. De cette pièce, une porte donne sur une sorte de terrasse. Le mur qui la soutient est bien le mur d'une des tours de Poudlard mais la terrasse ne recouvre pas le haut de la tour, elle est a mi-chemin (c'est tout de même assez haut). La moitié de la terrasse est recouverte par un petit toit, comme un porche.

Bon, après explication, je ne suis pas sûre que cela vous aide beaucoup m'enfin...

Cadeau de Novembre

Chapitre Deux

- Je suis étonné que les déchets qui te servent d'amis te laissent sortir.

- Tu es obligé de les insulter à chaque fois que tu parles d'eux Malfoy ? Souffla Harry.

- Oui.

- Je ne vois pas pourquoi ils m'empêcheraient de sortir.

- Peut-être parce que tu as failli abréger ta misérable vie il y a à peine trois jours ? Demanda ironiquement le blond.

- Non sérieusement, tu es obligé d'être si désagréable ?

- Oui.

Harry secoua lentement la tête en fermant les yeux.

- C'est puéril.

- Sans doute. Sa majesté Potter compte répondre à ma question un de ces jours ?

- Ils savent où je suis-

- Comme c'est rassurant ! Justement l'endroit où tu as voulu te tuer !

- Et avec qui je suis.

- Comme c'est rassurant ! Justement avec une personne qui paierait pour te voir te faire tuer !

Le brun rigola un instant, amusé.

- Je suis sûr que c'est faux.

Draco haussa un sourcil interrogateur.

- Tu n'aimerais pas que je meure, expliqua-il.

- Tiens donc, et je ne m'en serais pas aperçu ?

- Voyons Malfoy, si je mourrais, qui est-ce qui donnerait un sens à ton existence ?

Le serpentard lâcha un rire narquois devant tant de suffisance, répandant un nuage de tabac dans les airs.

- On peut savoir d'où tu sors cette idée ?

- Un soir que je pensais à toi, pas la peine de faire de commentaires, je me suis dis que tu devais surement être né dans le seul but de me pourrir la vie.

Ils échangèrent un sourire. Le premier.


Malfoy ouvrit doucement la porte qui menait sur l'extérieur et ne fut pas surpris de trouver une silhouette assise sur le parapet, les pieds dans le vide. Il traversa la terrasse en jouant avec son briquet d'argent puis s'adossa aux remparts. Harry le regarda du coin de l'œil tandis qu'il allumait sa première cigarette. Il en fumerait quatre, puis il partirait. Entre temps ils auraient échangé quelques mots, Harry se serait énervé de l'entendre insulter ses amis, puis il en aurait rit. Il y aurait des moments de silence agréables et reposants. Et des moments où ils s'échangeraient des piques. Harry parlerait un peu mais pas trop, sinon ça énerverait le blond et le ferait partir. Malfoy laisserait échapper quelques mots, mais rien de très personnel. Il se plaindrait de la présence du Griffondor, mais pas trop méchamment. Enfin le blond écraserait sa dernière cigarette, mettant fin à ce que l'on appellerait difficilement une discussion et partirait, sans un au revoir. Harry se retournerait pour le voir s'éloigner, sourirait doucement en le voyant remonter le col de sa cape. Puis il resterait seul quelques minutes supplémentaires avant de descendre de la tour en faisant bien attention au troisième barreau de l'échelle qui glisse un peu. Et enfin la vie reprendrait son cour.


Ce soir-là, quand Draco ouvrit la trappe de la petite salle qui permettait d'accéder à la terrasse de la tour, il eu la surprise de découvrir des tapis sur le sol, un canapé à l'aspect confortable contre le mur et des amoncellements de coussins ici et là. Il se figea au centre de la pièce. Harry ouvrit la porte qui donnait sur l'extérieur et lui lança un grand sourire en l'apercevant.

- Tu tombes bien ! Qu'est-ce que tu en penses ? Demanda-t-il en balayant la salle d'un geste circulaire.

Le blond ferma les yeux et soupira longuement.

- Pourquoi as-tu fait ça au juste Potter ?

- Et bien c'est beaucoup mieux non ? Il commence à faire froid, nous serons mieux dedans que dehors !

Draco se pinça un instant l'arête du nez avant de se diriger vers la terrasse, bousculant le brun au passage. Harry perdit son sourire et fronça les sourcils avant de sortir à son tour. Le blond avait déjà allumé une cigarette et prenait de fortes bouffées, essayant de se calmer.

- Malfoy ? Tu n'es pas content ? Demanda Harry d'une petite voix. Je… Je pensais que ça te ferait plaisir que je nous fasse un petit coin sympa je ne voulais pas-

Le blond se retourna d'un coup, l'air effroyablement furieux.

- Tu ne voulais pas quoi Potter ? T'incruster dans ma vie ? Trop tard ! Bouffer mon espace vital ? Trop tard ! Venir me faire chier tous les soirs depuis deux semaines ? Trop tard ! T'approprier le seul endroit où je me sens bien ici ? Trop tard ! Encore et toujours trop tard !

Malfoy criait désormais, le visage déformé par la haine, sur le brun qui sentait des larmes lui monter aux yeux.

- Je suis désolé…

- Tu es désolé ?! C'est bien la peine d'être désolé ! Tu ne comprends pas Potter, je ne suis pas ton ami d'accord ? Alors par pitié, ne nous fais pas de « petit coin sympa » ! Bordel mais à quoi tu pensais ?!

- Je suis-

- Dégage Potter.

- Mais-

- Dégage. Et ne revient plus.

Le blond lui tourna le dos et posa ses deux mains sur le muret de pierre qu'il serra au point de se faire blanchir les jointures. Harry esquissa un geste vers lui mais se ravisa. Baissant la tête, il fit demi-tour, ferma délicatement la porte, ouvrit la trappe et disparut dans l'ouverture.