Ma vie après l'Enfer

Playlist : The Sweet Escape : Gwen Stefani/ Akon

Hello tout le monde,

On tenait vraiment toutes les deux à vous remercier du fond du cœur pour votre soutien, vos reviews, vos mises en alerte et en favorites. On ne s'attendait pas à tout ça et vos encouragements sont vraiment très motivants pour nous.

On embrasse fort nos chéries du Fofo et mes Tpas d'amours qui nous soutiennent énormément.

Réponses aux non-inscrites :

Alicia : Pour la vengeance d'Alice, patience …

Lovecullenn : Sacrée Jane, le monde n'est pas fait que de gens gentils malheureusement. Nous aussi on adore Alice !

Sahema : Maman, MERCI de nous lire et d'aimer.

Gégé : Ravie que tu aimes notre humour ! Quand à vous faire languir … Oui ! On aime bien faire des petits clins d'oeil.

Cynthia : Alice restera toujours Alice. On l'aime comme ça.

Flow : Merci pour tous ces compliments. Tu nous fais rougir ! Si on connait Supernatural ? Mais oui miss et on adore ! Alistair c'est un rappel du personnage de S.M. Dans le dernier tome de la saga, le vampire solitaire. On a pas pensé au démon de la série. Des pensionnats avec des règles très stricte ça existe mais comme le notre, pas sur !

Marion : On espère que ce chapitre te plaira autant que le début.

Anaïs : Un nouveau chapitre chaque samedi.

Chapitre 2 : Avant goût de liberté

POV ALICE

Je n'avais pas décoléré depuis tout à l'heure. Cette … Jane, en m'arrachant mon carnet de dessin avait officiellement déterré la hache de guerre. Je n'avais rien à faire et je m'occupais dans le silence. Tu vas payer ma vieille !!!

« Alice ! La Terre appelle Alice ! »

« Désolée Bella, j'étais dans mes pensées. »

« J'ai bien vu. A ta tête on dirait que tu veux tuer quelqu'un ! »

« T'en es pas loin. Je ne vais pas me laisser faire par cette … Elle m'énerve ! » M'indignais-je.

Nous entrions dans le réfectoire et nous devions garder le silence jusqu'à la fin de notre repas.

« On en reparle plus tard. » Chuchotais-je.

Bella acquiesça et nous nous installâmes à notre table. Nous mangeâmes rapidement afin de pouvoir profiter des quelques minutes de répit que nous avions avant une nouvelle heure d'étude.

« Alice, le seul conseil que je peux te donner c'est de te tenir tranquille pendant les heures d'études. Les punitions ici ne sont pas des plus agréables. Si tu veux vraiment la faire payer, il va falloir le faire avec beaucoup de … discrétion. » Elle avait lu dans mes pensées et j'adorais cette fille.

« J'y avais pensé Bella. Je vais me tenir à carreau le temps de récupérer mon cahier mais je te jure qu'ensuite ma vengeance sera terrible !!! »

« Tiens prends ça. » Elle me tendit un livre qu'elle venait de sortir de son sac. Devant mon expression perplexe, elle enchaina. « Il vaut mieux que tu fasses semblant de lire plutôt que de ne rien faire. » C'était un livre de Jane Austen. Quelle coïncidence ! Encore une Jane. Je n'allais jamais m'en sortir !

« Merci. Tu es un amour. Je vais être très sage ! » Dis-je.

« Je t'aiderai à te venger. Je ne la sens pas non plus. Elle me donne la chair de poule dès que je la vois. »

« Avec un peu de chance, on va tellement lui en faire baver qu'elle regrettera d'être venue ici ! » Ricanais-je

L'heure d'étude passa et je finis par être intéressée par le bouquin. En tout cas, ça m'avait occupé. Nous nous étions ensuite rendues dans notre chambre et avions passé le reste de la soirée à parler. J'en appris un peu plus sur Bella. C'était une bonne élève et elle faisait tout pour obtenir une bourse pour pouvoir continuer ses études après le diplôme. Elle m'avait dit que ses parents n'avaient pas les moyens de payer ses études et qu'elle souhaitait se débrouiller toute seule. Elle voulait être professeur de littérature. Elle me confia qu'elle était quelqu'un de timide mais qu'avec moi c'était différent, qu'elle s'était tout de suite sentie en confiance.

Sa maladresse lui avait joué quelques tours dans sa vie. Comme la fois où sa mère lui avait offert des rollers à son anniversaire et qu'elle s'était cassée le bras en voulant en faire. Elle n'avait jamais porté de talons haut, se sentant plus à l'aise avec des baskets. Une fille qui ne porte pas de talons n'est pas une vraie fille ! J'allais lui apprendre. Et s'il fallait qu'elle s'entraine avec un livre sur la tête pour garder son équilibre je ne m'en priverais pas ! Quand je lui avais dit, elle était devenue livide. Je crus lui avoir demandé la lune. Mais elle me dit qu'elle essaierait et qu'avec BEAUCOUP d'entrainement, elle en serait peut être capable. Je m'endormis avec le sourire, me disant que j'avais de la chance de l'avoir rencontrée.

La semaine passa. Bella et moi étions de plus en plus proches. Nous ne nous mêlions pas aux autres pensionnaires. Je ne sais pas pourquoi mais je ne les sentais pas vraiment. J'avais toujours eu cette intuition avec les gens. Sauf bien sûr avec Jessica et Lauren qui m'avaient entraînée dans les pires conneries. Je pense que malgré tout j'en étais consciente, j'avais juste fait ma crise d'adolescence de la mauvaise manière. Puis de toute manière, il fallait bien occuper le temps à Forks. Petite ville avec pas grand chose. Il y avait plus d'arbres que d'habitants !

Je fus convoquée vendredi en fin de journée par la Mère Supérieure. Je m'y rendis légèrement angoissée. Je ne pensais pas devoir être punie. Je n'avais fait aucune bêtise. Je frappais à la porte de son bureau.

« Entrez Miss Cullen. »

« Ma Mère, vous souhaitiez me voir ? »

« En effet. Asseyez-vous je vous prie. Jane m'a rapporté votre altercation du jour de la rentrée concernant votre cahier. » Elle avait sorti mon cahier d'un des tiroirs de son bureau et l'avait posé sur celui-ci en parlant. « Vous êtes nouvelle ici et vous ne pouviez pas savoir que cela était interdit pendant les heures d'études de travailler sur des projets non-scolaires. Je vais donc être indulgente et vous le rendre. » M'informa-t-elle.

« Merci ma Mère et je vous promets de ne plus l'emmener en étude, il restera dans ma chambre. » Dis-je reconnaissante d'avoir retrouvé mon précieux cahier. Elle me le tendit et je le pris la remerciant une nouvelle fois. Je m'apprêtais à quitter son bureau lorsqu'elle m'interpella.

« Miss Cullen. J'ai eu l'occasion de le feuilleter et je trouve que vous avez beaucoup de talent. Mais ne vous avisez pas de porter des vêtements aussi courts ou échancrés que ceux qui sont sur ce cahier. »

« Ne vous inquiétez pas ma Mère. »

Je courrais presque pour rejoindre ma chambre et y rentrais en trombe tellement j'étais heureuse.

POV BELLA

Je n'eus même pas le temps de réagir quand j'entendis la porte s'ouvrir. Une tornade brune pleine d'énergie m'avait déjà sauté dessus et me serrait tellement fort que je ne pouvais plus respirer. Comment une si petite chose pouvait avoir autant de force ?

« Alice … Je peux plus respirer ! » Suppliais-je

Elle me lâcha et se redressa en s'asseyant sur mon lit.

« Excuse moi Bella, je suis si contente ! J'ai récupéré mon cahier d'esquisses ! Une semaine de plus sans lui et j'aurai fini dépressive ! Tu te rends compte que je viens de récupérer ma vie ?! » Euh … Elle respire à quel moment ?

Elle me raconta sa discussion avec la Mère Supérieure. Cette femme avait un bon fond mais elle devait faire respecter la discipline. Donc elle pouvait être très dure par moment.

« Maintenant que je l'ai récupéré, nous allons pouvoir nous occuper du « cas Jane ». Pas tout de suite mais je vais pouvoir réfléchir à quelques … soucis qui pourraient lui arriver ! » M'informa-t-elle.

Elle ne perdait décidemment pas le nord. Quelques instants auparavant je la voyais débordante d'excitation et maintenant j'avais devant moi une stratège machiavélique. Note à moi même : ne jamais la mettre en colère !

Nous avions décidé d'attendre demain après-midi pour préparer notre plan « d'évasion » pour la soirée. Pour la première fois depuis un an, j'allais enfin mettre un pied hors de cet établissement ! J'avais hâte et appréhendais en même temps. Victoria ne s'était jamais fait prendre et les sœurs étaient tellement certaines de vivre loin de tout qu'elles ne faisaient pas de rondes de nuit. Victoria sortait tous les weekends et même parfois en semaine. Elle n'avait jamais eu aucun problème. Alors pourquoi pas nous ? Est-ce que j'allais vraiment faire ça ? Moi qui avais toujours été timide, réservée et respectueuse des règles. J'allais me rendre dans ce bar ou je savais que j'allais rencontrer des hommes. Je n'avais jamais eu de petits amis. Je ne connaissais pas ces choses là. Mais après cette année d'enfermement j'avais bien l'intention d'en profiter.

Après encore une longue discussion avec Alice, je finis par m'endormir.

Le samedi se déroula entre la salle d'étude, le réfectoire et la bibliothèque. Nous avions un devoir de Biologie à rendre pour la semaine prochaine. C'était un travail à faire en groupe. Alice et moi fîmes nos recherches à la bibliothèque. Bien sûr,les Sœurs ne connaissent ni les ordinateurs, ni internet donc toutes les recherches se font avec les encyclopédies.

Je crois que le fait de ne pas avoir internet avait désespéré Alice au début. C'était le moyen le plus moderne qu'elle connaissait pour rester en contact avec sa famille et se tenir au courant des dernières tendances de la mode Elle n'avait pas eu le droit de venir avec son téléphone portable ici, cela étant interdit. Le seul moyen de communication était les lettres. Donc elle écrivait à sa famille une fois par semaine. Tout ça ne me dérangeait pas et de toute manière je n'avais personne à qui écrire. Je n'avais ma place dans la vie de personne.

Lorsque nous rentrâmes dans notre chambre, nous commençâmes à mettre en place notre sortie pour la soirée! Il fallait que j'explique à Alice tout ce que Vicky m'avait appris. Nous étions installées sur mon lit et Alice m'expliquait comment nous allions nous habiller et nous coiffer. J'en avais la tête qui tournait et je me demandais sérieusement si elle ne me prenait pas pour une poupée plutôt que pour une personne ! Je commence à avoir peur ! Nous n'allions pouvoir nous préparer qu'après le repas. Et il fallait surtout le faire dans la discrétion la plus totale.

« Il faut qu'on prévoit un sac à dos pour y mettre nos affaires. On ne va pas faire plus d'un kilomètre avec des chaussures à talons hauts quand même ! On pourrait les salir. Je vais te prêter des ballerines pour notre première sortie, tu ne vas pas tenter les talons dès ce soir. Si tu te cassais la figure, ce serait la cata et je m'en voudrais terriblement. Mais avant la fin de l'année tu marcheras avec des talons et tu seras même à l'aise ! Mes parents m'ont donné 200 $ quand je suis partie et nous devons tenir avec jusqu'à Noël. Il faudra qu'on se fasse payer à boire et à manger pendant qu'on y est ! Parce qu'avec ce qu'on mange ici, on ne tiendra pas longtemps ! Le mode lapin commence à me gonfler sérieusement. Tu m'as bien dit que les militaires de la base trainaient là-bas ? Bon ça facilitera la tâche... »

« Alice, respire ! Est-ce que tu peux me laisser le temps de répondre aux questions que tu me poses? »

J'ai cru qu'elle n'allait jamais pouvoir s'arrêter. Elle est vraiment humaine ?

« Oui tu as raison. En plus c'est l'heure d'aller manger donc on continuera tout à l'heure. »

M'informa-t-elle.

Une fois remontées dans nos chambres, Alice prépara les affaires dont nous avions besoin et les mit sous son lit. L'extinction des feux n'allait pas tarder et il fallait que j'explique à Alice comment nous allions procéder.

« Avant de partir Victoria m'a remis la clef d'une des portes qui donne sur l'extérieur. Elle m'a expliqué que plusieurs de ces clefs existaient et que les élèves de terminale en fin d'année les transmettaient à celles qui le méritaient. Je n'ai jamais compris pourquoi elle me l'avait donné ! »

« Bella, elle avait certainement confiance en toi et a dû penser que tu la méritais. Elle savait certainement ce qu'elle faisait et je pense au fond de toi que tu le sais très bien. » Dît Alice

Je pense que Vicky m'avait bien cernée, rien que le CD qu'elle m'avait offert avant de partir en était la preuve. Je lui devais beaucoup. Sans être vraiment proches, elle m'a comprise et aidé à sa manière.

J'avais cette clé depuis la fin juin mais je n'avais jamais osé l'utiliser. Avec Alice je me sentais plus forte et désireuse de me surpasser.

« Elle ouvre une petite porte discrète qui se trouve entre le hall de l'école et le dortoir. Les sœurs ne l'utilisent que rarement. Il faudra juste faire attention en descendant les escaliers et en allant jusqu'au hall. Une fois dehors, nous serons couvertes par les arbres. » Expliquais-je doucement.

Elle acquiesça. Je repris mon explication.

« Nous devrons marcher le long de la route en restant au couvert des arbres. Il vaut mieux éviter de se faire repérer par la Police ou autres. Le Cleats Bar&Grill est situé à la sortie de la ville, un peu en retrait avec la forêt derrière. Il est tenu pas Sam et sa femme Emilie. Victoria s'entendait assez bien avec eux. Il parait que ce sont des gens adorables. Ca fait 3 ans qu'ils ont repris cet endroit. Mais tu verras tout ça là-bas. »

Les lumières venaient de s'éteindre, nous pouvions commencer à nous préparer discrètement. On avait convenu d'attendre une demi-heure avant de partir. Une fois habillées, Alice me maquilla légèrement à la lueur de ma lampe de poche que j'utilisais pour lire normalement. Nous n'avions pas le droit de nous maquiller dans l'enceinte de l'école mais Alice avait pu apporter ce qu'elle considérait comme le strict minimum. Elle était vraiment incroyable cette fille. Elle me coiffa en laissant mes cheveux libres. Nous n'avions qu'un petit miroir de poche pour nous regarder mais je faisais confiance à Alice. Elle m'avait prêté un jean slim noir avec un débardeur rouge en col-v. Ma poitrine n'était ni trop forte ni trop petite mais je n'avais pas l'habitude de porter ce genre de choses qui dévoilaient la naissance de mes seins. Le tout surmonté d'une veste légère noire. J'avais mes baskets aux pieds tout comme Alice, nous mettrions nos autres chaussures juste avant d'entrer dans le bar. Alice portait un jean bleu stretch un top de couleur noire et une veste en jean. Nous étions bien habillées tout en restant simples.

« Il est l'heure ma Belle ! » Chuchota-t-elle.

« Je prends le sac, suis moi. »

Nous sortîmes discrètement de la chambre. Le couloir menant jusqu'aux escaliers était juste éclairé par la lune qui filtrait par les fenêtres. Nous avions atteint l'escalier quand nous entendîmes du bruit venant du bas. Je reconnus les voix comme étant celles de Jane et de la Mère Supérieure.

« Jane, vous vous destinez à rentrer dans les ordres. Je sais que cela est difficile. Le Seigneur vous met à l'épreuve. Gardez la foi. Et si vous le désirez ma porte vous sera toujours ouverte. Allez-vous coucher. La nuit porte conseil. Bonne nuit mon enfant. »

« Merci ma Mère. Bonne nuit. »

Nous avions eu chaud ! Nous attendîmes encore quelques minutes en silence avant d'amorcer notre descente. Arrivée à la porte, je pris une grande inspiration avant de mettre la clef dans la serrure. Tout à coup je perdais toute mon assurance. Et si nous nous faisions prendre ? Et si les Sœurs décidaient de me virer ? Ou irais-je ? Je n'ai plus personne. Je n'aurai pas terminé mes études, je n'aurai pas mon diplôme, donc pas de bourse …

Alice dut comprendre mes doutes car elle posa sa main sur la mienne et déverrouilla la porte. Après deux tours de clefs, elle put ouvrir la porte. Elle me tira par le bras, referma la porte à clef et m'emmena à sa suite au couvert des arbres. Une fois à bonne distance du pensionnat, nous nous arrêtâmes, essoufflées d'avoir couru si vite.

« Bella, mais qu'est-ce qu'il t'a pris ? » S'écria Alice.

« Je suis désolée Alice. J'ai eu peur, j'ai été prise de panique. »

« Tu réfléchis trop Bella. Il faut vivre pleinement. Et c'est toi même qui l'a dit : nous ne craignions rien. Les sœurs croient tellement qu'il n'y a aucune possibilité de sortir de cette prison qu'elles relâchent leur surveillance la nuit ! »

Mon cœur qui tambourinait très fort dans ma poitrine commença à se calmer à ses dires. Elle avait raison. Mais la panique s'était emparée de moi et j'avais perdu mes moyens. Ressaisis-toi Bella ! Tu as décidé de vivre, alors fais-le !

« Tu as raison. Allons-y » Dis-je

Nous reprîmes la route tranquillement, longeant la chaussée sans être vues des automobilistes. Malgré qu'il fasse nuit et que nous nous trouvions quasiment en forêt nous n'avions pas trop peur car on pouvait voir au loin les premières lumières de la ville. Nous parlâmes de tout et de rien jusqu'à ce que nous arrivions à l'orée du bois avec le bar juste devant nous. Voilà nous y étions.

« Donne moi le sac Bella, s'il te plait. » Demanda Alice.

Elle sortit nos chaussures « présentables » comme elle disait. Les baskets se retrouvèrent dans le sac à dos. Nous le laissâmes près d'un gros arbre et le reprendrions à notre retour. Nos premiers pas en direction du bar furent hésitants pour toutes les deux. Mais plus nous approchions plus la curiosité nous gagnait.

Alice ouvrit la porte et nous pénétrâmes à l'intérieur. Il y avait déjà pas mal de clients et pour la plupart des jeunes. Il y avait beaucoup de jeunes hommes. Ca doit être les militaires de la base. Je les reconnaissais à leurs coupes de cheveux réglementaires. Ils étaient par petits groupes de trois ou quatre. Je reconnus Heïdi, Renata et Chelsea au fond du bar. Elles devaient aussi avoir une clef comme la nôtre. Elles nous firent un signe discret de la tête, auquel nous répondîmes. Il y avait trois autres filles de terminales que je reconnus mais dont je ne connaissais pas les prénoms car nous n'étions pas dans la même classe. Je suivis Alice jusqu'au comptoir.

« Bonsoir Mesdemoiselles, que puis-je vous servir ? » Nous demanda un homme d'une petite trentaine d'année, le teint mat, assez grand et musclé avec un sourire amical.

« Pourrait-on avoir la carte ? Nous avons un peu faim. » Dit Alice.

« Oh, vous, vous êtes de Saint Catherine ! » Rigola-t-il. « Désolé, je ne me suis pas présenté, je suis Sam, le propriétaire de cet endroit et derrière moi vous pouvez voir ma magnifique femme, Emilie. »

Nous pouvions voir depuis notre place une partie des cuisines. Une femme d'à peu près le même âge que Sam nous fit un petit signe, que nous lui renvoyâmes. J'avais eu le temps de voir qu'elle avait une cicatrice sur tout le côté droit du visage.

« Ca se voit tant que ça ? » Demanda Alice intriguée.

« Oui. Cela fait 3 ans que nous sommes ici. Tous les ans nous voyons de nouvelles têtes et la première chose qu'elles demandent en arrivant ici, c'est la carte ! J'ai appris avec le temps que la nourriture de votre école était … disons peu nutritive ! » Rigola-t-il.

Nous hochâmes la tête pour approuver ce qu'il disait et il nous tendit une carte du menu. Oh My God ! Je n'avais pas mangé de pizza, hamburger ou frites depuis ce qui me semblait des lustres ! Depuis que j'étais au pensionnat ! Je n'étais même plus sure de savoir à quoi ça ressemblait ! Je ne savais pas quoi choisir !

Nous commandâmes chacune un hamburger avec des frites. Nous pouvions nous le permettre vu la semaine de diète qui nous attendait ! Emilie nous amena nos plats et Sam nous servit nos sodas. Alice et moi nous jetâmes sur la nourriture. Nous entendîmes Sam et Emilie rire, nous relevâmes la tête pour les voir tout les deux en face de nous en train de nous regarder.

« Excusez nous mais vous avez toutes la même réaction en mangeant pour la première fois ici. On dirait que vous n'avez pas mangés depuis des jours ! » Nous expliqua Emilie.

C'est vrai qu'Alice et moi devions ressembler à deux sauvageonnes se jetant leur proie.

« Ché cro bon ! » Dit Alice la bouche pleine. Je n'avais jamais imaginé voir Alice, un jour, parler la bouche pleine. Quelle image !

J'éclatais de rire. Ils me regardèrent comme si j'étais une demeurée.

« Désolé. Mais je ne pensais pas voir un jour Alice parler comme ça ! » Dis-je.

Nous terminâmes toutes deux notre repas, Sam et Emilie ayant d'autres clients à servir.

Sam vint débarrasser nos assiettes et nous resservit un soda chacune.

« On en a pas commandé Sam. »Dit Alice.

« Je sais les filles ! Mais c'est votre cadeau de bienvenue dans mon bar. Et si je ne me trompe pas ... » Dit il en me désignant. « Tu dois êtres Bella. »

Je le regardais très étonnée. « Comment le savez-vous ? » L'interrogeais-je suspicieuse.

« Vicky. » Répondit-il simplement. « Elle m'a parlé de sa camarade de chambre et elle m'a confié que cette année, tu viendrais certainement ici. Elle m'a expliqué l'histoire des clefs de sorties qui se transmettent d'année en année. Et elle nous a demandé à Emilie et moi de prendre soin de toi. Elle t'estimait beaucoup et espérait beaucoup que tu profiterais de cet endroit. Ce verre c'est de sa part, elle l'avait payé d'avance avant de partir. »

Les larmes me montaient aux yeux. Victoria m'appréciait vraiment et elle voulait que je m'en sorte. Je me ressaisis et fit un sourire à Sam pour le remercier.

« Et moi, c'est aussi Victoria qui me l'offre ? » Demanda Alice.

« Non, ça c'est Emilie et moi. Nous n'allions pas laisser une jolie jeune fille mourir de soif quand même ?! »

« Merci beaucoup Sam. » Répondit-elle avec un grand sourire.

Je me retournais pour observer l'endroit ou nous nous trouvions. Alice en fit de même.

« Je crois que nous allons passer de très bonnes soirées dans cet endroit ! » Dit Alice en sautillant sur son tabouret.

« Tu as raison, tu as vu tout ce qu'on peut faire ? » Dis-je émerveillée. J'avais vraiment envie de profiter de tout ce que cet endroit pourrait m'apporter.

« On va pouvoir danser, faire du karaoké, des fléchettes, des jeux vidéos, du billard. »

Alice me donnait l'impression d'être une gosse ouvrant ses cadeaux au pied du sapin à Noël. Elle tapait des mains d'excitation. Je ne me moquais pas d'elle car j'étais dans le même état d'esprit. J'étais simplement plus introvertie.

« Je ne chanterai pas Alice et danserai encore moins ! Avec ma maladresse, ce serait une magistrale catastrophe et de toute manière je ne sais pas danser! » M'exclamais-je.

« Mais tu vas apprendre ma chérie ! Tu n'as pas le choix ! » M'ordonna-t-elle.

Quand elle vit que j'allais répliquer, elle me fit son regard « j'obtiens tout ce que je veux, ne perds pas ton temps à lutter» et je me résignai. Il faut vraiment que j'arrive à m'immuniser contre ce regard ! Il va me perdre sinon.

« Je te rappelle que je suis maladroite au cas où tu aurais oublié. Je n'atteindrai jamais la cible avec les fléchettes, je risque de tuer quelqu'un à la place et pour le billard je risque plus d'assommer les clients avec la boule au lieu de la rentrer dans le trou. » Dis-je

« Ok ! Ce soir nous allons rester tranquilles. Mais à partir de lundi, je vais t'aider à prendre de l'assurance et à avoir plus confiance en toi. Pour ce qui est des fléchettes et du billard je suis sûre que certains de ces charmants jeunes hommes ici présents seront ravis de nous apprendre à jouer ! »

Elle avait réponse à tout c'est pas possible ça ! Je crois que batailler avec elle ne servirait à rien.

Nous continuâmes à discuter de tout et de rien, au bar, toutes les deux. Quand nous fûmes interrompues par trois mecs.

« Bonsoir Mesdemoiselles. » Nous accosta un jeune blond aux cheveux ras, yeux bleus, accompagné de deux de ses amis légèrement en retrait.

« Bonsoir. » Répondîmes toutes les deux.

« Je suis Mike et voici Tyler et Eric. Vous attendiez quelqu'un ? » Nous questionna-t-il. Tyler était afro-américain et plutôt grand, tandis qu'Eric était juste un peu plus grand que moi, de type asiatique, brun.

« Non. Je suis Alice et mon amie c'est Bella. » Répondît Alice, pleine d'assurance en me désignant.

« On peut vous offrir quelque chose ? » Demanda Tyler en se rapprochant de moi.

Je commençais à être légèrement mal à l'aise et sentais mes joues s'empourprer. Malheureusement, il sembla interpréter ce rougissement comme un encouragement. Alice posa sa main sur mon bras pour me rassurer.

« Pourquoi pas ? Deux sodas s'il vous plait. » Rétorqua Alice. Mais comment fait-elle pour être si sûre d'elle ? J'aimerais beaucoup être aussi à l'aise !

Elle se pencha vers moi et me chuchota discrètement pour que personne n'entende :

« Ne t'inquiète pas Bella. Sam veille sur nous. » Je suivis son regard et vis ce dernier nous faire un clin d'œil. Mon angoisse s'évapora quelque peu.

« Eh ! On pourrait avoir deux sodas et trois bières ! » Exigea Mike. La politesse, il connait ce mec !

Sam nous apporta nos boissons. « Et voilà. » Dit-il aimablement sans sourire. On pouvait sentir qu'il ne les appréciait pas plus que ça. Mais il devait être poli car ils étaient des clients malgré tout.

Nous trinquâmes à notre rencontre et commençâmes à faire connaissance. Ils étaient militaires à la base US Air de Colorado Springs. Ils avaient 21 ans chacun et se connaissaient depuis leur entrée à l'armée.

« Alors les filles, vous êtes de l'école de bonnes sœurs ? » Demanda Eric. Ah, il sait parler ! C'est la première fois que j'entendais le son de sa voix. Il avait l'air un peu plus timide que les deux autres.

« Yep ! » Répondit Alice.

« Et vous êtes venues vous divertir ici ? » S'intéressa Mike.

« Oui, c'est le seul endroit de cette ville qui a l'air sympa donc autant en profiter ! » Répliqua Alice.

« Et on y mange très bien ! » Rajoutais-je.

« On pourrait vous inviter la prochaine fois ?! » Proposa Tyler en posant un regard insistant sur moi. Regarde ailleurs bouffon !

« Je peux vous servir autre chose ? » Oh Sam, mon sauveur ! Alice et moi étions sur la même banquette et les garçons en face de nous. Ils ne remarquèrent pas le clin d'œil que Sam nous adressa.

« Oui, la même chose. N'est-ce pas les filles ? » Répondit Tyler en continuant de me regarder.

« Très bien. » Sam repartit avec nos verres vides et nous rapporta la nouvelle tournée. Les garçons payèrent de nouveau la commande.

« Merci les gars. » Dit Alice.

« Mais de rien Alice. C'est un réel plaisir d'offrir des verres à de si jolies jeunes filles. » Répliqua Mike. Voici le parfait mec en rut ! A la recherche de chair fraiche ! C'est écœurant !

Les garçons continuèrent à parler entre eux. Alice se tourna vers moi et me chuchota :

« Ils sont lourds, je sais. Mais pour l'instant ils nous paient à boire et ils ne demandent rien d'autre. On va bientôt rentrer, t'inquiètes pas ! Et la prochaine fois on les évite ! »

Je fis « oui » de la tête.

Nous continuâmes à discuter avec eux. Ils n'avaient pas beaucoup de conversation … intéressante tout du moins ! Ça tournait autour de leur boulot, le sport et les voitures. Nous commencions à trouver le temps long avec Alice. Leurs regards pervers commençaient à me taper sur le système. Je regardais ma montre et me rendis compte qu'il était 1h50 du matin. Le bar fermait dans 10 minutes et il était largement temps de rentrer au pensionnat. J'en fis discrètement la remarque à Alice.

« On va vous laisser les gars. On doit rentrer. » Les informa Alice alors que nous nous levions.

« On peut vous ramener si vous le voulez. Notre voiture est devant. » Proposa Eric.

Je regardais Alice brièvement en faisant la grimace, lui faisant comprendre que je ne voulais pas.

« Non merci. On doit rentrer avec des amies. » Dit elle en désignant Heïdi et les autres. Les garçons se retournèrent pour voir qui elle montrait.

Mike siffla de contentement en les voyant.

« On doit partir en mission quelques semaines mais quand on revient vous pourriez nous présenter vos copines ? » Demanda Eric. Zut. Je pensais qu'il était moins pervers que Tyler et Mike celui-là!

« Pourquoi pas ! » Répondis nonchalamment Alice. « Au revoir et bonne fin de soirée » Dit elle en m'entraînant avec elle vers la sortie.

« Bye et à bientôt les miss ! » Nous dit Tyler.

Alors lui, je ne le supporte pas du tout !!!

« Salut les filles ! A la semaine prochaine. »

« Bonne nuit Sam. » Répondîmes-nous en cœur. Emilie nous fit un coucou par le passe plat.

Nous sortîmes du bar et nous retrouvâmes avec Renata, Heïdi et Chelsea. Cette dernière s'adressa à nous.

« Ça vous dit qu'on rentre ensemble ? Ce serait plus prudent. » Elle donnait l'impression d'être gênée de nous le proposer.

« C'est une bonne idée. » Affirmais-je. Nous partîmes en direction de l'école et récupérâmes notre sac pour changer de chaussures. Les filles firent de même avec un sac qu'elles avaient mis à quelques mètres du nôtre. C'est quand même plus pratique les baskets !

« Les filles vous avez vus les mecs avec qui nous étions ce soir ? » Demanda Alice.

« Oui. » Répondit Renata.

« Alors évitez-les comme la peste ! » S'exclama-t-elle.

« Dans le genre lourd et pervers, je crois qu'on peut leur décerner une médaille. » Ajoutais-je.

« Merci du conseil ! » Nous remercia Heïdi. « On peut juste en profiter pour qu'ils nous paient un verre de temps en temps ! »

« C'est ça ! Mais pour la conversation c'est pas la peine ! » Ricana Alice.

Nous fîmes le reste du chemin en continuant de discuter. Une fois arrivées à la porte, ce fut Heïdi qui l'ouvrit. Nous rentrâmes et elle referma derrière nous. Monter jusqu'au premier étage se fît sans aucun problème. Nous nous souhaitâmes bonne nuit discrètement sur le palier et rentrions chacune dans nos chambres. Les filles avaient la seule chambre pour trois de l'internat. L'argent amène des privilèges même dans la maison du Seigneur ! Elles étaient sympas et nous avions convenu de faire la route aller et retour chaque samedi soir ensemble pour plus de sécurité.

Nous nous démaquillâmes rapidement et je me glissais rapidement dans mon lit. Les bras de Morphée m'accueillirentaussitôt.

Le réveil fut extrêmement difficile en ce dimanche matin. La confession n'étant pas obligatoire nous pûmes nous lever un peu plus tard. Et le dimanche le petit déjeuner était servi à neuf heures. Nous étions toutes les deux au radar mais nous devions quand même rester alertes car les sœurs ne devaient pas se rendre compte de notre état de fatigue. A Dix heures, nous nous rendîmes à la chapelle. La messe commença à l'heure. Et ce fût comme d'habitude un véritable ennui. Je regardais autour de moi et m'aperçus que la plupart des élèves somnolaient sur leurs bancs. C'était assez comique. Il y avait quand même quelques « lèches-cul » au premier rang qui récitaient les prières avec le père Alistair. En passant du « Notre Père » à « Je vous salue Marie » et aussi quelques psaumes. Très peu d'entre communièrent car la majorité d'entre nous n'avaient pas dépassé le stade du baptême. Après deux heures à vanter les louanges du Seigneur, nous fûmes enfin libérées pour le déjeuner. Une fois installées à notre table, je regardais mon assiette et regrettais déjà amèrement la cuisine d'Emilie. Vivement samedi soir prochain. Que nous puissions manger un VRAI repas. Je pense qu'Alice pensait à la même chose que moi vu la tête qu'elle faisait !

Nous étions dans nos chambres et nous reposions dans nos lits depuis environ une heure quand Alice décida qu'il était tant de parfaire mon « côté féminin » comme elle aimait dire. Quelle diablesse cette fille!

« Bella, tu restes pieds nus et tu vas t'entrainer à marcher dans la chambre avec ce livre sur la tête. » M'ordonna-t-elle en me tendant mon livre d'espagnol.

« Tu es sûre que je dois faire ça aujourd'hui ! » L'implorais-je. Je tentais ma tête de chien battue version Alice Cullen. Mais ça n'eut aucun effet. De toute évidence, elle avait bien plus de maîtrise que moi !

Et voilà comment depuis plus d'une heure je me promenais avec un livre sur la tête. Pour être franche ça devait être le troisième aller-retour que je faisais sans que ce bouquin ne tombe de ma tête ! Je vais te tuer Alice ! Je m'étais explosé le gros orteil contre le pied de mon lit plus d'une fois. Comment voulez vous que ça ne m'arrive pas ? J'avais toujours marché en regardant mes pieds !!! Et là je dois avoir la tête droite et fixer un point devant moi. Avec en plus un livre sur la tête. Alice, je vais vraiment te tuer mais pas avant de t'avoir torturée!!!

Au bout d'une nouvelle heure, d'un orteil en moins et d'une cuisse douloureuse (je m'étais cogné contre ma chaise de bureau !), Alice me laissa tranquille en me disant qu'avec du temps et beaucoup d'entrainement je m'améliorerais ! Alice était devenue mon Enfer personnel !

« Tu me remerciera un jour Bella ! » Dit-elle avec un sourire.

« A ta place je n'y compterais pas ! Un jour, je me vengerai !!! » Rétorquais-je fatiguée de cet exercice.

Le sourire qu'Alice affichait s'effaça. Malgré tout, j'étais heureuse qu'elle m'aide et prenne soin de moi à sa manière. Il fallait que je m'habitue. Dans le fond, elle n'avait pas tord, m'aider à devenir femme serait un atout avantageux pour mon avenir. Est-ce que ma maladresse pouvait disparaître ? Alice y croyait, alors pourquoi pas moi ? Je décidais de m'excuser auprès d'Alice pour le ton que j'avais employé.

« Alice, merci pour tout ce que tu fais pour moi. Pour ton aide. Je suis désolée de t'avoir répondu comme ça. Mais je n'ai plus l'habitude qu'on se préoccupe de moi comme tu le fais. Tu me pardonnes? »

Elle sauta hors de son lit et vint m'enlacer.

« C'est oublié ma Belle. Mais nous recommencerons jusqu'à ce que tu sois capable de marcher avec un livre sur la tête et des talons hauts Mademoiselle ! »

Elle ne perdait pas le nord !

Je lui rendis son sourire et acquiesçais.

Nous passâmes le reste de l'après midi pour moi à lire et Alice dessiner sur son cahier. J'avais mis en route le CD de Vicky dans la petite chaine hifi que j'avais. C'était la seule chose à part mes vêtements que j'avais pu garder de mon ancienne vie. Cette chaîne m'avait été offerte à mes 12 ans par mon père et mon frère. Malgré qu'ils ne souhaitent pas que je fasse partie de leurs vies, j'avais voulu garder un souvenir d'eux. Je pensais à eux de temps en temps et ils me manquaient. J'aurais bien voulu les revoir, m'expliquer avec eux. Peut être en aurais-je l'occasion un jour !

Nous avions vaqué à nos occupations le reste la journée et le silence n'avait en aucune façon était déplaisant. J'appréciais cette amitié qui se renforçait de jour en jour entre nous. J'avais quand même peur au fond de moi, qu'un jour elle aussi ne me désire plus dans sa vie. J'allais tout faire pour éviter cela et être digne d'en faire partie. Elle était la seule personne en qui je puisse avoir confiance, mon instinct me le disait.

Le reste de la soirée se déroula tranquillement. Alice voulut m'expliquer qui de tel ou tel couturier avait le plus de talent. Quelle couleur allait avec telle couleur. Quelles marques de chaussures italiennes étaient les plus agréables à porter ! J'essayais franchement d'y comprendre quelque chose mais il m'arrivait souvent de perdre le fil. Elle me jura qu'un jour j'en saurai presque autant qu'elle sur la mode ! Ne parle pas trop vite Alice ! Je suis Bella Swan, timide et maladroite et s'habillant comme un sac à patate. Je ne vais pas me transformer en superwoman de la mode du jour au lendemain.

La semaine passa relativement vite. Nous prenions nos petites habitudes avec Alice et c'était plaisant d'avoir un repère comme elle dans cet Enfer. Les seuls moments où je la maudissais, c'était pendant mes « exercices » d'équilibre. Je m'améliorais mais il y avait encore du travail. Et elle s'en réjouissait d'avance ! Cruella !

Nous étions déjà samedi soir et étions en train de nous préparer pour sortir. Heïdi, Chelsea et Renata nous attendaient dans le couloir. Cette fois, il n'y eu aucune sœur pour ralentir notre sortie. Le chemin se fit dans la bonne humeur et nous arrivâmes très vite au Cleats Bar&Grill. Sam nous accueillit avec le sourire. Alice et moi nous installâmes au bar et les filles à une table un peu plus loin. Nous n'eûmes rien à dire qu'Emilie nous tendait déjà la carte.

« Salut Emilie ! On a l'air si affamées que ça ! » S'exclama Alice.

« C'est rien de le dire mes chéries ! Et j'ai bien l'intention de vous nourrir convenablement ! » Répondit-elle avec un large sourire.

Le cheeseburger, les frites, le milkshake et le brownie furent un vrai régal ! Je revivais !

Alice et moi avions un grand sourire à la fin du repas et nous remerciâmes chaleureusement Emilie pour ce festin.

Il n'y avait pas grand monde ce soir au bar et Sam nous expliqua qu'une partie de l'effectif de la base était partie en expédition pour une durée de quelques semaines. C'est vrai ! L'autre bouffon nous l'avait dit !

Alice se tourna vers moi avec un grand sourire. « Nous n'aurons pas à supporter nos boulets ce soir! »

Je ris à sa remarque et nous passâmes la soirée au bar à discuter avec Sam et Emilie dès qu'ils avaient quelques minutes à nous accorder. Il fut l'heure de rentrer et les filles vinrent nous prévenir. Le retour fut calme et rapide.

Le sommeil me fuyait. Je m'endormis très tard cette nuit là.

Le jour se leva et j'avais très peu dormi. Ma nuit avait été remplie de cauchemars et je crois même que j'avais dû parler pendant mon sommeil. J'espère qu'Alice ne m'a pas entendue. Aujourd'hui, dimanche 13 septembre j'ai 18 ans. Je ne veux pas qu'Alice le sache. Pas qu'elle ne mérite pas de le savoir mais je n'ai pas envie de le fêter. Telle que je commençais à la connaître elle aurait trouvé un moyen pour marquer ce jour. Et c'est la dernière chose dont j'avais envie. Mon anniversaire n'avait jamais été mon jour préféré et il ne s'était jamais bien passé. Plus de mauvais souvenirs que de bons. L'année dernière je ne l'ai pas fêté et il ne s'était donc rien passé, il en serait de même cette année. Il y a certaines choses que je préférais garder pour moi et combattre seule. J'avais encore du mal à me livrer même avec Alice qui pourtant m'inspirait toute confiance. Un jour viendra et elle saura.

Le petit-déjeuner, la messe, le déjeuner et enfin dans nos chambres pour le reste de la journée. Alice dessinait et moi je lisais. Malgré que je relise un de mes livres préférés, je ne parvenais pas à fixer mon attention et Alice s'en aperçut.

« Ca va Bella ? » M'interrogea-t-elle

« Oui. Je suis juste un peu fatiguée. » Répondis-je

« Tu me semblais ailleurs. »

« T'inquiète, j'étais avec Mr Darcy et je rêvassais. » J'espérais sincèrement qu'elle me croirait. Elle rigola à ma remarque et se concentra sur son cahier.

Ouf ! Je l'avais échappé belle ! Ça ira mieux demain.

Le dimanche touchait à sa fin et nous étions chacune dans nos lits. Le sommeil m'accueillerait certainement mieux ce soir. Et j'avais eu raison, personne ne savait ce que représentait cette journée pour moi et rien ne s'était passé. Conclusion, j'avais bien fait de garder le silence sur mon anniversaire. Enfin, je sombrais dans un sommeil réparateur.

POV ALICE

Je commençais à m'habituer à ma nouvelle vie. J'appréciais vraiment Bella. Je travaillais à mes esquisses en pensant à elle. Je voulais lui créer des vêtements qui lui ressemblent. J'aurai la possibilité d'utiliser ma machine à coudre pendant les vacances de Noël et je lui offrirai mes créations à la rentrée. Je voyais vraiment qu'elle faisait des efforts pour écouter mes conseils, pour contrôler sa maladresse. J'avais besoin d'elle et je sentais qu'elle avait également besoin de moi.

Cette nuit, je l'avais entendu s'agiter et marmonner en dormant même si je n'étais parvenue à comprendre que deux mots : « place » et « pourquoi ». C'était la première fois que je pouvais toucher du doigt la profondeur de sa détresse qu'elle masquait au quotidien.

Et aujourd'hui, je l'avais sentie ailleurs toute la journée. J'avais essayé de savoir ce qu'elle cachait mais j'avais bien vu qu'elle n'était pas prête à en parler. Elle a besoin de temps et je le comprends.

Allez au dodo ! Un mouton … Deux moutons … Trois moutons … Je déteste vraiment le dimanche soir !!! J'ai toujours du mal à m'endormir et le seul moyen que j'ai trouvé c'est les moutons. Heureusement que personne ne le sait !!!


Voilà, on espère que vous aimez toujours.

Bon week end et gros bisous.

Hélène et Vanessa