Ma VieAprès l'Enfer
Coucou ,
On s'excuse du fond du cœur parce que cette semaine a été plutôt chamboulée pour nous et nous n'avons pas pu répondre à toutes les reviews que ce soit celles des inscrites ou celles des non-inscrites. On a préféré malgré tout ne pas attendre d'avoir répondu pour vous poster le chapitre… On espère que vous ne nous en voudrez pas car vos reviews sont vraiment une motivation pour nous et on vous remercie toutes énormément encore une fois.
Encore un énorme merci à Joey et Ninie pour leurs corrections, leur patience et leur soutien !!!
Chapitre 6 :Un nouveau départ
Playlist : R. Charles, Hit the Road Jack
Hana Pestle, Starting to like this
V. Morrisson, Summer in the City
POV BELLA
Je n'avais pas écrit mon discours de fin d'année, les mots m'étaient venus devant le micro. Je pensais ne pas y arriver mais j'avais décrit ce que je ressentais et ce que je voulais pour mon avenir. Paul et les autres étaient venus et cela m'avait énormément touchée. Malgré que ma famille m'ait abandonnée, j'avais trouvé des gens qui pouvaient la remplacer. Et j'étais bien avec eux. Ma rencontre avec les parents d'Alice m'avait retournée. Quand Esmée m'avait prise dans ses bras, j'avais senti tout l'amour d'une mère dans cette étreinte. Cela m'avait bouleversé. En à peine quelques minutes les parents Cullen avaient atteint mon cœur. A n'en pas douter, Alice était bien leur fille.
Nous étions maintenant tous attablés pour le déjeuner chez Emilie et Sam et je me sentais chez moi, avec ma famille. Je m'étais sentie mal à l'aise avec les questions des Cullen, mais Esmée m'intrigua encore plus quand elle nous dit qu'ils avaient une proposition à nous faire.
« Maman, s'il te plait, ne me fais pas attendre. Dis-nous. »S'impatienta Alice.
Les parents Cullen se regardèrent tout sourire et Esmée reprit la parole.
« Bella, je suis sûre qu'Alice t'a parlé de mon travail ? » J'opinai de la tête. « Il m'arrive aussi en tant que décoratrice d'acheter, de remettre à neuf et de revendre. » Je ne voyais pas où elle voulait en venir. « Quand Alice nous a écrit que vous feriez vos études toutes les deux à Seattle, ça a fait tilt. Je venais de rénover le dernier étage d'un immeuble de Seattle quand je me suis dit qu'un des appartements serait parfait pour vous. Qu'est-ce que vous en pensez ? »
Alice tapait déjà ses mains d'excitation et moi j'étais bouche bée, incapable de réaliser l'opportunité qui s'offrait à moi.
« Bella ! Bella ! On va vivre ensemble. Tu te rends compte. Ca va être génial ! » S'écria Alice en me prenant dans ses bras.
Je n'avais toujours pas repris mes esprits. Je m'étais dit qu'avec ma bourse, je me prendrais une chambre sur le campus. Même si cette idée m'attristait un peu car j'aurais été seule sans Alice. Cet appartement c'était une aubaine mais le loyer devait être beaucoup plus cher qu'une simple chambre et je ne pouvais pas me le permettre. J'allais devoir refuser.
« Ca va ma chérie ? » S'inquiéta Esmée ne me voyant pas réagir.
« Oui, oui ça va Esmée. C'est que … je … je ne peux pas accepter. Je suis désolée. »
« Tu ne veux pas vivre avec moi c'est ça ? » Alice avait pris sa mine de cocker et malgré beaucoup d'entrainement je ne savais toujours pas y résister.
« C'est pas ça Alice. Mais un appartement c'est en dehors de mon budget. Je peux à peine me permettre une chambre étudiante et il faudra quand même que j'aie un travail à côté pour subvenir à mes besoins. » Expliquais-je en essayant de montrer à Alice que ce n'était pas contre elle.
« C'est uniquement parce que tu as peur de ne pas pouvoir payer le loyer que tu refuses Bella? » M'interrogea Carlisle.
« Oui Carlisle. Je n'aurai pas les moyens. »
« Ce que ma femme a oublié de préciser, c'est que cet appartement, c'est un cadeau pour Alice. Pour son diplôme et l'obtention de sa bourse. Il n'y a donc pas de loyer, vous aurez uniquement les charges et vos dépenses courantes à payer. » M'informa-t-il.
Alice retapait déjà dans ses mains devant cette bonne nouvelle. Elle se leva et alla remercier ses parents chacun leur tour.
Même en n'ayant pas de loyer à payer je ne pouvais pas accepter. Pas que je ne veuille pas, mais ces gens en faisaient trop pour moi alors qu'ils ne me connaissaient pas. Je n'avais toujours pas donné ma réponse et Alice recommençait avec son regard qui me perdait à chaque fois.
Paul se pencha vers moi pour me parler.
« Ecoute Bella, je comprends que cela fasse trop pour toi. Mais n'oublie pas, ici nous t'avons tous aidé à notre manière et tu l'as accepté. Esmée et Carlisle font la même chose que nous, mais à plus grande échelle. »
Je méditais ses paroles quelques instants et pris ma décision.
« Carlisle, Esmée, je vous remercie pour cette proposition qui me touche énormément. J'accepte à une seule condition. » Alice avait commencé à sautiller sur sa chaise mais elle se calma et attendit.
« Bella j'espère que tu as bien réfléchi à ce que tu vas dire ! » Dit-elle d'un ton menaçant. Elle ne me faisait pas peur.
« J'irais habiter avec Alice uniquement si vous acceptez que je vous verse un loyer. » Esmée voulut protester mais je l'en empêchai. « C'est important pour moi, vous me connaissez à peine et vous faites déjà tellement pour m'aider. Je ne veux pas être une de ces filles qui profitent de l'argent des autres. »
Esmée et Carlisle échangèrent un regard et ce dernier se tourna vers moi.
« Nous acceptons ta proposition. Mais nous avons nous aussi une condition : le montant du loyer que tu nous donneras devra être égal à celui que tu aurais donné pour une chambre à la fac. »
« Merci Carlisle. Merci Esmée. Marché conclu. » Répondis-je.
« L'appartement est disponible dès maintenant, si tu veux venir t'installer. Tu peux rentrer avec nous aujourd'hui. Mais je suis bête, tu souhaites peut être passer l'été avec tes parents ? » Demanda Esmée.
Je ne verrais pas mes parents cet été. Comment pouvais-je expliquer ça sans leur raconter ma vie.
« Je sais que Phil doit faire une tournée promotionnelle avec son équipe dans tout le pays cet été donc mes parents ne seront que peu disponibles pour moi. En allant à Seattle le plus tôt possible, je pourrais certainement trouver un job pour l'été et pour l'année scolaire. » Expliquais-je.
« Je ne sais pas si ce sera possible mais pour ton job d'été, j'ai peut être la solution. » Je regardais Esmée interrogative. « Ma sœur, Carmen, est la propriétaire de la plus grosse librairie de Seattle. Alice m'a dit que tu adorais lire et que tu te destinais à des études littéraires. Je sais qu'elle recrute pour l'été et pour la rentrée scolaire. Veux tu que je lui en parle ? »
J'étais tellement gênée de tout ce que ces gens faisaient pour moi que je ne savais pas quoi répondre. Je savais ou j'allais passer l'été, j'avais mon logement pour la rentrée avec Alice en plus. Et maintenant j'avais peut être du travail. Trop d'émotions me submergeaient.
« Je veux bien Esmée. Ce serait parfait. Vous m'excusez quelques minutes, je vais demander à Sam si je peux lui emprunter son téléphone pour en parler avec mes parents. Je reviens. »
Je me dirigeai vers le bar où Sam servait des clients et lui demandai la permission d'utiliser le téléphone. Il accepta et me montra où il se trouvait. Heureusement, il était dans un recoin discret du restaurant. Je n'aimais pas mentir mais je n'avais pas le choix. Je n'appellerais pas mes parents mais Alice et les autres devaient le croire. Je patientais quelques minutes et revint m'installer à table.
« Alors tes parents sont d'accord ? » Demanda Alice.
« Oui j'ai réussi à les avoir. Et ils sont d'accord. Ils trouvent que c'est une bonne idée de m'acclimater à Seattle le plus tôt possible. Donc je repars avec vous. »
« Papa tu réserves un billet d'avion en plus ? » Alice pense à tout, j'avais oublié ce détail.
« Je ne peux pas le payer. » Chuchotais-je discrètement à Alice.
Elle me regarda comme si j'avais dit la pire horreur du monde.
« Mademoiselle, je-ne-veux-rien-devoir-à-personne, tu le rembourseras avec ton premier salaire. Pendant que tu étais au téléphone avec tes parents, ma mère a appelé sa sœur et elle veut te rencontrer lundi. »
Je restais estomaquée et remerciai chaleureusement Esmée et Carlisle.
Les discussions s'enchainèrent. J'appris qu'Alice allait passer une partie de l'été à voyager avec ses parents. Ces derniers voulaient profiter d'elle avant qu'elle ne rentre à l'université. Alice regretta un peu de ne pas pouvoir passer l'été avec moi mais quand sa mère l'informa qu'elles allaient visiter Paris et Milan, je crus qu'elle allait s'évanouir. Tout à coup, voyager à travers l'Europe devint plus intéressant que passer l'été à Seattle. J'étais contente pour elle. Ses parents lui avaient tellement manqué. Elle me rejoindrait une semaine avant la reprise des cours afin que l'on s'y prépare toutes les deux.
Seth et Jared expliquèrent leur projet aux parents d'Alice et Paul les informait qu'il commençait à travailler pour l'hôpital de Seattle dans une semaine. Il ajouta pour rassurer Alice qu'il prendrait soin de moi pendant tout l'été.
Les au revoir furent émouvants avec Sam, Emilie, Seth et Jared. Nous nous promîmes de garder le contact et de se revoir un jour. Alice donna le numéro de téléphone de ses parents à tout le monde et prit leurs adresses mails. Elle leur enverrait notre adresse et notre numéro dès que nous les aurions. Je devais appeler Paul la semaine suivante pour que l'on se retrouve sur Seattle.
Nous étions à l'aéroport de Seattle, devant le tapis roulant des bagages à attendre la montagne de valises d'Alice. Nous en avions déjà récupéré deux chacune mais il en restait quatre à récupérer pour Alice. Nous primes place dans la confortable Mercedes des parents Cullen et ils prirent la direction de notre futur appartement. Nous arrivâmes devant un immeuble de quatre étages. Esmée nous fit prendre l'ascenseur vers le dernier étage. Arrivés sur le palier, elle nous amena vers la porte de droite, l'étage n'avait que deux appartements.
Elle nous informa que celui d'à côté n'était pas encore occupé et qu'il était destiné à son fils pour la rentrée prochaine. Alice sauta de joie à cette nouvelle, heureuse d'habiter près de chez son frère. Ce dernier arriverait à la fin de l'été, après son stage. Elle ouvrit la porte et nous laissa entrer. Je fus subjuguée par cet endroit. Il était simple mais décoré avec beaucoup de goût. A gauche de l'entrée, se trouvait une cuisine américaine toute équipée qui était ouverte sur le salon. Celui ci donnait sur une terrasse de la longueur de la pièce. On pouvait y accéder par de grandes baies vitrées. Elle continua la visite en nous montrant nos deux chambres qui communiquaient par une salle de bain commune. Cette dernière était d'une taille importante avec deux lavabos, une grande baignoire d'angle. On peut facilement y loger à deux ! Et une douche italienne. Splendide !
Au bout du couloir se trouvait une autre chambre que l'on pouvait utiliser comme bureau. Il y avait une autre salle de bain, plus petite à côté avec une grande douche et un lavabo. Esmée nous informa que nous pourrions louer cette dernière chambre si on le souhaitait.
C'était la première fois que je mettais les pieds dans cet endroit mais je m'y sentais déjà chez moi. Alice m'informa qu'elle prenait la chambre avec le plus grand dressing. Comme si je ne m'en doutais pas ! Esmée s'y attendait, elle avait donc décoré cette chambre à l'image de sa fille. Même si elle ne m'avait jamais rencontré, j'avais l'impression qu'Esmée me connaissait. Ma chambre me ressemblait : simple et sans prétention. Ce bleu utilisé pour la peinture des murs était ma couleur préférée. Comment avait-elle fait pour le savoir ? Je ne l'avais jamais dit à Alice.
Il était temps pour eux de retourner à Forks, ils devaient préparer leur voyage. Ils partaient dans deux jours. Esmée me donna l'adresse de la librairie de sa sœur pour mon rendez vous de lundi matin. Ils me serrèrent chacun leur tour dans leur bras. Alice faillit me briser les côtes. Je paniquais un peu à l'idée de me retrouver seule dans cette ville, dans cet appartement mais je me motivais en me disant que c'était une nouvelle aventure.
Une fois seule, je décidais de me détendre en profitant de la superbe baignoire de la salle de bain. Je ne savais plus depuis quand je n'avais pas pris de bain. Depuis ces deux dernières années je n'avais eu droit qu'aux douches communes du pensionnat. Le temps que la baignoire se remplisse, je défis mes valises et commençai à ranger mes affaires dans le dressing. Cela me prit peu de temps vu le peu d'affaires que je possédais. M'allonger dans cette grande baignoire fut un délice. Je sentais mes muscles se détendre au fur et à mesure des minutes. J'y restais jusqu'à ce que l'eau refroidisse. J'enfilais un vieux jogging et un débardeur en guise de pyjama et me dirigeais vers la cuisine pour me préparer mon repas. Esmée m'avait dit qu'elle avait mis quelques plats surgelés au congélateur en prévision. Une fois le hachis Parmentier sorti du micro onde, je m'installais au comptoir de la cuisine pour manger.
Nous étions lundi matin et je me rendais à mon rendez vous avec Carmen Denali. J'espérai sincèrement obtenir ce poste, j'en avais besoin et les livres étaient ma passion. J'avais passé le reste du weekend à bouquiner et surfer sur internet. Esmée et Carlisle avaient fait installer un ordinateur avec une ligne internet.
J'arrivais enfin devant le Elliot Bay Book Company, la boutique se trouvait dans un vieux bâtiment de la ville. Il faisait l'angle de la rue avec de grandes fenêtres tout le long. Je poussai la porte de l'établissement et entrait dans un temple des livres à l'atmosphère cosy et chaleureuse. La librairie faisait aussi café. Des tables étaient disposées de façon à pouvoir déguster un bon café et lire en toute tranquillité. Je me sentais à mon aise entourée de tous ces livres.
Une femme d'une quarantaine d'année s'avança vers moi, elle me rappelait Esmée. Elle avait cette même douceur dans le regard.
« Tu dois être Bella ? » Me dit-elle en me tendant la main.
« Oui Madame. » Répondis-je en lui serrant la main.
« L'endroit te plait ? »
« Énormément. »
« Esmée m'a dit que tu commençais des études de littérature à la rentrée prochaine. Et que tu cherchais un emploi pour l'été et peut être pour l'année scolaire ? »
« C'est exact. »
« Ma fille Irina devait m'aider cet été mais elle a reçu une proposition d'emploi plus intéressante. De plus cela lui permettait de ne pas travailler avec sa mère. Donc si tu le souhaites, une place est disponible. » Proposa-t-elle.
« Ça me plairait beaucoup mais je n'ai aucune expérience. »
« Je te propose une semaine d'essai pour voir comment tu t'en sors et nous envisagerons la suite passé ce délai ? Tu devras ranger les nouveaux arrivages de livres dans les rayons correspondants, conseiller les clients, servir le café et tenir la caisse. Cela te convient-il ? »
« Oui. Très bien. Quand dois-je commencer ? » Demandais-je.
« Maintenant. » La surprise se lisait sur mon visage et Carmen éclata de rire. Elle continua. « Ou demain si tu préfères ? »
« Non, non. Ça me va. » Répondis-je nerveuse.
C'était mon premier travail. J'étais heureuse mais anxieuse. Est-ce que je vais y arriver ? En suis-je capable ? Toutes ces questions se bousculaient dans ma tête alors que Carmen me faisait faire le tour de la boutique en m'expliquant le thème correspondant à chaque rayon. Elle me donna aussi mes horaires, je travaillais du lundi au vendredi. J'avais tous mes weekends mais il pourrait arriver que je vienne si la personne qui travaillait ici uniquement les weekends était absente. Une semaine je faisais l'ouverture et la suivante la fermeture à 21 heures.
La journée avait défilé à une vitesse hallucinante. Entre les clients à renseigner, les cafés à servir, les achats à encaisser. Je n'avais renversé qu'un café et j'étais fière de moi.
Le lendemain avant de commencer à travailler je m'étais rendue à la banque avec mon livret. Celui que ma mère m'avait remis avant notre adieu. Elle m'avait dit que c'était un compte qu'ils avaient ouvert avec mon père quand j'étais enfant et que je pourrais toucher à cet argent à mes 18 ans. A Colorado Springs, je n'avais jamais pu me rendre à la banque, c'était donc la première fois que j'y mettais les pieds. Je pus récupérer les 500 $ qu'il y avait sur le compte et fermai celui-ci. Je préférais ouvrir un compte dans une autre banque. Puis je me rendis à mon travail.
Le weekend arriva à toute vitesse et Paul me téléphona pour m'informer qu'il était arrivé à Seattle. Je lui donnai mon adresse et il vint passer la soirée avec moi. J'étais allée faire des courses et je nous avais cuisiné des lasagnes avec une salade. Le repas se passa dans la bonne humeur. Il m'expliqua qu'il avait déjà trouvé un appartement et qu'il avait fini de s'installer dans la journée. Il commençait le travail lundi. Nous passâmes une très bonne soirée et décidions de passer le weekend ensemble à visiter Seattle.
Je montrais à Paul où je travaillais, nous déambulâmes dans la ville une bonne partie de la journée. Nous avions pu visiter le Seattle Art Museum. A la fin de la journée, Paul proposa de nous arrêter dans un petit restaurant. J'acceptais en lui disant que cette fois c'était moi qui l'invitais. Il refusa au début prétextant que c'était les hommes qui devaient inviter les femmes et non l'inverse. Je lui rappelais ce que nous avions convenu et il accepta. Nous trouvâmes un endroit simple pas très loin de mon appartement, le repas fut excellent.
Paul me raccompagna jusqu'à chez moi et m'informa qu'il viendrait avec le petit déjeuner le lendemain matin.
Le dimanche, profitant des quelques beaux jours annuels de Seattle, nous prîmes de quoi pique niquer et passâmes la journée au Golden Gardens Park. Nous étions entourés de familles heureuses d'être ensemble, quelle ironie, moi aussi j'avais cru à l'amour inconditionnel de mes parents, de jeunes couples qui s'embrassaient sur des bancs ou regardaient la mer. C'est à ce moment là que Paul sembla avoir une révélation.
« Bella, tu es enfin sortie de ton couvent et moi je ne suis plus dans l'armée, nous n'avons plus à nous cacher pour sortir !!! Je décrète que dorénavant tous les weekends, nous écumerons les bars de Seattle jusqu'à ce que nous ne soyons plus les deux seuls célibataires pathétiques de cet endroit. »
« Mais… » l'interrompais je.
« Non, je n'accepterai aucune objection, nous sommes jeunes, libres, plutôt pas mal et on en a suffisamment bavé jusqu'ici pour avoir droit maintenant à un peu de réconfort, Miss Swan. Tous tes samedis soirs sont à moi, cet été. »
C'est ainsi que la semaine suivante, nous partîmes à la découverte de la vie nocturne de Seattle. J'avais l'impression d'avoir quitté Ste Catherine depuis des siècles, Paul arriva à me convaincre de porter une jupe bien plus courte que ce à quoi je m'étais habituée et je me maquillai légèrement comme Alice me l'avait appris.
Cette première soirée fût une catastrophe en soi mais la partager avec Paul en avait fait un merveilleux souvenir. Le premier endroit où nous arrivâmes était tellement douteux que nous ne fîmes que trois pas à l'intérieur avant de repartir vers la sortie. Dans le suivant, je me trouvais être la seule femme, et je priai Paul de repartir pas par crainte, au contraire, mais plus par gêne. Hélas en sortant, je cassai le talon de ma chaussure et en me raccrochant à Paul, je nous déséquilibrai. Nous nous retrouvâmes tous les deux sur les fesses, dans les rues de Seattle à plus d'une heure du matin. Ma chaussure était fichue et le jeans ultra moulant de Paul n'avait pas résisté à la chute. Mais cette soirée nous avait valu d'immanquables fous rires.
La semaine suivante, nous fûmes plus chanceux, nous découvrîmes quelques endroits plutôt agréables mais nous nous regardâmes ébahis en entrant dans le Jillian's Billiards Club. Nous avions tous les deux ressenti cette ambiance qui nous était si familière au Cleats Grill&Bar. L'endroit était plus grand et il nous manquait bien sûr Sam et Emilie, mais les gens, la musique, l'odeur, tout y était tellement semblable. Nous décidâmes donc d'un commun accord de passer nos soirées entre célibataires ici comme « au bon vieux temps ».
Ainsi, chaque semaine, nous revenions, je me perfectionnai tant au billard que je gagnai même plusieurs parties contre Paul, il n'en revenait pas lui-même et mettait cela sur le compte des bières. J'avais pu me rendre compte de certains regards masculins sur moi, et sous l'œil bienveillant de Paul, j'osai me laisser aborder. Il m'arrivait même de flirter avec certains d'entre eux quand Paul avalisait l'individu au préalable. Je savais qu'il avait eu quelques numéros de téléphone mais l'un comme l'autre ne donnions pas suite par manque de conviction.
Les semaines s'enchainèrent. Mon travail la semaine et mes weekends avec Paul sauf quand il travaillait. Carmen était vraiment une femme adorable et j'aimais travailler dans sa librairie. Je ne renversais plus de café et j'avais sympathisé avec quelques habitués. Carmen était contente de mon travail et m'avait informé qu'une fois que j'aurai mes horaires de fac on pourrait mettre en place mes nouveaux horaires pour l'année scolaire.
L'été était vite passé et je n'avais pas vu le temps filer. Alice était arrivée dans la journée et elle devait certainement être en train de s'installer dans notre appartement. Son frère s'installait aussi aujourd'hui avec son colocataire et je devais les rencontrer ce soir. Edward avait proposé à son meilleur ami de venir partager son appartement. Elle m'avait prévenu au téléphone hier qu'elle ferait livrer à manger et que nous passerions la soirée tous les quatre. Je stressais un peu mais connaissant Alice et ses parents je me disais qu'Edward devait être aussi gentil qu'eux.
POV ALICE
Me voilà dans l'avion pour Paris et je suis … excitée ? Heureuse ? Joyeuse ? Euphorique ? Je ne sais pas quel mot pourrait décrire mon état. J'avais enfin quitté ce pensionnat, mes parents m'avaient offert un appartement pour mes études que je pourrais partager avec Bella et mon frère habiterait en face de chez moi. Je pourrais peut être le présenter à Bella ? Ils iraient bien ensemble ! En plus sa poupée Barbie sans cervelle était repartie à New York faire ses études ! Bon débarras !
L'été était passé à une vitesse fulgurante. J'avais envoyé une carte postale de chaque ville que j'avais visité en Europe à Bella. Je l'avais eu la veille au téléphone pour la prévenir de mon arrivée à l'appartement et que mon frère et son meilleur ami seraient là aussi. Et oui ! Mon frère a aussi décidé de faire de la colocation ! Mais il ne nous l'avait appris qu'hier. Apparemment, cela s'était décidé pendant l'été.
Mes parents m'avaient offert une voiture, une Volvo C30 rouge, je pouvais maintenant faire concurrence à mon frère qui avait la même en noire. Nous avions donc pris la route tous les deux, en nous suivant, se doublant jusqu'à notre immeuble. Une partie de mes valises se trouvait dans la voiture de mon frère car elles ne rentraient pas toutes dans la mienne. Je n'ai même pas emmené toute ma garde robe !
Edward était parti s'installer dans son appartement et Emmett devait le rejoindre. Nous avions convenu qu'il vienne me rejoindre en fin de journée avant que Bella n'arrive. Je venais de ranger toutes mes valises quand on sonna à la porte.
POV EMMETT
Moi, Emmett Swan, 21 ans, je suis l'homme le plus heureux au monde ou presque. J'ai fini ma troisième année d'université et il ne me reste que deux années à faire avant d'être professeur des écoles. J'ai rencontré la femme de ma vie cet été. Je n'ai jamais été amoureux jusqu'à ce que je la rencontre, ma Rosie. Elle est la plus belle femme au monde. Grande, blonde, un corps magnifique, intelligente et gentille. Je n'ai jamais vraiment voulu me caser, ayant perdu confiance en les femmes à cause de ma mère.
Elle avait quitté mon père quand j'avais 12 ans en emmenant ma petite sœur à des milliers de kilomètres avec elle. L'année de mes 16 ans, je suis allé passer l'été avec elle, son mari et ma sœur à Phoenix et ce fut la dernière fois que je leur rendais visite. Nous nous étions fortement disputés à cause de Phil. Un enfoiré de première ce mec et je n'avais pas hésité à le dire à ma mère. Elle n'avait pas du tout apprécié. Je trouvais que ce mec la traitait mal. Je ne parle pas physiquement mais il la rabaissait continuellement et je n'acceptai pas de voir ma mère ainsi soumise.
Un soir il avait fait une réflexion de trop à Renée et je n'avais pas pu me retenir. Je lui avais mis mon poing dans la figure. Nous nous étions battus et ce furent les hurlements de ma petite sœur qui nous avaient arrêtés. J'avais supplié ma mère de le quitter mais elle m'avait demandé de ne plus me mêler de sa vie privée. Et c'est ce que j'ai fait. Je ne reconnaissais plus celle qui m'avait mis au monde, celle qui me prenait dans ses bras quand je faisais un cauchemar petit ou quand je tombais de mon vélo. Non, elle n'était plus cette femme, aimante, gentille et à l'écoute de ses enfants. A l'époque, j'étais donc reparti par le premier avion pour Forks. Depuis ce jour, je ne lui ai plus jamais adressé la parole. Mon père ne savait plus quoi penser mais il ne pouvait pas me forcer. Il m'a donc laissé faire mes propres choix et je ne suis plus jamais retourné à Phoenix.
L'été suivant, Bella était venue à Forks passer l'été. Elle avait toujours été une petite fille discrète et timide, mais je l'avais trouvé encore plus renfermée que jamais. Avant qu'elle ne reparte, elle était beaucoup plus vivante qu'à son arrivée. Nous nous appelions de temps en temps au téléphone mais c'était rare. Nous nous écrivions aussi. Cela a duré un an.
Puis un jour plus rien, aucune nouvelle. Je lui avais écrit des dizaines de lettres mais elle n'avait répondu à aucune. La veille de sa venue à Forks, pour l'été, l'année suivante, mon père m'avait informé qu'il avait eu Phil au téléphone. Bella ne viendrait pas, elle ne viendrait plus. Je m'étais effondré à cette nouvelle.
Cet homme m'avait pris ma mère et maintenant ma sœur. Mon père ne comprenait rien non plus. Je lui avais dit qu'il fallait qu'on aille à Phoenix pour lui parler, pour la voir, la faire réagir. Mon père est un homme gentil, flic mais gentil. Lui aussi s'était fait embobiner par Phil. Il avait cru ce que ce salaud lui avait dit, à savoir que Bella ne voulait plus jamais nous voir. Je savais au fond de moi que ça n'était pas vrai mais mon père avait raison. Si c'était ce que je pensais, un jour Bella reviendrait et j'attendais ce jour. Elle me manquait ma petite sœur, ma Belly. Je ne pouvais pas forcer la raison d'une personne. Je ne pouvais pas faire ma brute épaisse comme d'habitude. Je devais lui laisser du temps. J'avais quand même flanché à plusieurs reprises et je l'avais appelée mais à chaque fois c'était Phil qui répondait. Et à chaque fois, il me répondait la même chose : « Elle ne veut plus entendre parler de toi ! Ne rappelle plus ! »
Quatre ans plus tard, je ne l'avais toujours pas retrouvée mais j'avais continué à vivre.
A la rentrée suivante, j'avais fait la connaissance du nouveau : Edward Cullen et nous étions devenus les meilleurs amis du Monde. On s'était très vite découvert beaucoup de points communs et ce fut le début d'une grande amitié. Les sorties, les filles … Jamais rien de sérieux sauf peut être pour Edward l'année dernière quand il était sorti avec la blondasse. Heureusement il l'avait quitté. Il m'avait expliqué que sortie de la chambre, elle ne valait plus rien ! Je n'avais jamais parlé de Bella à Edward, c'était trop dur et en parler me faisait mal. Un jour peut être …
Après notre diplôme, nous sommes venus poursuivre nos études à Seattle. Nous avions chacun notre chambre à la fac. Je commençais sérieusement à me lasser de cette chambre et je me demandais si je n'allais pas essayer de me trouver un studio en dehors de la fac. Quand Edward m'avait téléphoné début août pour me parler de l'appartement que ses parents lui avaient offert, je n'ai pas hésité un seul instant. Il m'avait expliqué qu'il se trouvait au dernier étage d'un immeuble et que le seul autre appartement à cet étage était celui de sa sœur et de sa colocataire. Si on le souhaitait on pourrait avoir un colocataire de plus car il y avait une troisième chambre. Nous avions décidé d'un commun accord, que nous verrions ça à la rentrée. Mon Minipouce adoré allait être ma voisine !!! Sacrée Alice. Elle en avait fait voir à ses parents cette demoiselle !
Ma rencontre avec Rose avait eu lieu cet été. J'étais parti dans un camp de vacances en tant que moniteur pour adolescents. Je le faisais déjà depuis quelques années en prévision de mon futur métier et j'aimais vraiment ça. Le contact avec des enfants provenant de différents milieux et cultures était enrichissant. J'avais l'apparence d'un ours et j'impressionnais souvent les petits rebelles.
Il y avait eu une cession de recrutement d'éducateurs à Seattle pour un nouveau camp à Helena dans le Montana. J'avais envie de passer mon été en dehors de l'état de Washington et j'avais trouvé que le Montana était une bonne idée. Je faisais partie des six personnes à avoir été retenues. J'en connaissais cinq car j'avais déjà travaillé avec eux dans des centres aérés de Seattle. La dernière était une nouvelle. Nous devions tous nous rendre directement sur place. J'arrivais le premier et commençais à m'installer. Nous avions une réunion.
Quand elle passa la porte et que je la vis, ma bouche s'ouvrit tellement grande que Aaron et Mitch s'y mirent à deux pour la fermer. C'était la première fois qu'une femme me mettait dans cet état. Je la voulais. Mais son regard bleu glacé me refroidit rapidement. Elle semblait inaccessible. Le directeur nous demanda de nous présenter et donna la répartition des groupes. Je me retrouvais dans le même que Rosalie, les 10 – 12 ans. Elle ne m'adressait que rarement la parole sauf pour le travail. Elle était froide et distante avec les autres moniteurs mais adorable et à l'écoute pour les enfants. Ceux-ci le lui rendaient bien et l'adoraient.
Au bout d'une semaine, je me décidais à faire vraiment connaissance avec elle. Un soir pendant une soirée entre moniteurs, je m'installais près d'elle au coin du feu. Je ne savais pas comment engager la conversation. Je n'avais jamais été déstabilisé face à une nana, mais avec Rosalie c'était différent, j'avais vraiment envie de lui plaire.
« Rosalie ? » Pour la première fois de ma vie, j'étais timide. Elle tourna son regard vers moi et je crus mourir tellement il était meurtrier.
« Oui. » Sa voix était cassante. Toute personne saine d'esprit serait partie en courant tellement elle faisait peur à cet instant mais pas moi.
« Tu fais quoi dans la vie ? » Si vous avez une meilleure idée pour engager une conversation, je suis preneur.
« Je suis à l'école de commerce de Seattle. » Et toi ? Ca lui écorcherait sa si jolie bouche ?
« Moi je fais des études pour devenir instituteur à Seattle aussi. Le monde est petit ? » Je tentais l'humour.
« Oui, le monde est petit. » Elle se leva. « Bonne nuit. » Et elle partit.
Aaron et Mitch étaient morts de rire à côté de moi.
« Ça c'est ce qui s'appelle se prendre un râteau. » S'esclaffa Aaron.
Cet épisode m'avait quelque peu refroidi mais je n'avais pas baissé les bras. Tous les jours de la semaine suivante j'essayais de lui parler, d'en savoir un peu plus sur elle. Mais juste quelques minutes. Je ne voulais pas qu'elle me prenne pour le gros lourdaud de base. Je voulais qu''elle m'apprécie et qu'elle ait envie de me connaître.
Un jour alors que les enfants avaient quartier libre dans le camp, Christie, une petite brunette de 10 ans aux yeux marron se précipita vers moi en pleurant. J'avais une petite préférence pour cette petite, car elle me rappelait souvent Bella petite. Je la pris dans mes bras et lui demandait ce qui n'allait pas. Je la berçais tout doucement jusqu'à ce que ses larmes se tarissent. Elle releva doucement ses jolis yeux vers moi et me demanda pour quoi Dylan était si méchant avec elle.
« Tu veux que j'aille lui faire comprendre qu'il ne faut pas t'embêter ? » Lui demandais-je pour la rassurer.
« Nan Emmett. Moi, je l'aime bien Dylan. Mais il m'embête tout le temps. Il me tire les cheveux, il vient me prendre le ballon quand je joue avec mes copines. Y'a que moi qu'il embête. » Pleurnicha-t-elle.
« Et il embête les autres filles comme ça ? Parce que Dylan est un garçon gentil pourtant. » Je venais de comprendre le comportement de ce petit garçon.
« Non, y'a qu'avec moi. Les autres, il leur parle pas et il les embête pas. » S'énerva-t-elle. Elle a du caractère cette petite.
« Ecoute mon ange. Tu l'aimes bien Dylan ? » Elle opina de la tête. « Et bien, je vais t'expliquer quelque chose. Les petits garçons comme Dylan quand ils aiment bien une petite fille, ils ne savent pas le lui montrer. Alors au lieu de dire à la petite fille qu'il l'aime bien, il préfère l'embêter. Est-ce que tu me comprends ? »
« Alors quand il me tire les cheveux, c'est pour me dire qu'il m'aime bien ? » Demanda-t-elle. Je ne puis empêcher un sourire de se dessiner sur mon visage. Perspicace la petite !
« C'est ça ma puce. »
« Qu'est-ce que je dois faire pour qu'il soit plus sympa et qu'il devienne mon amoureux sans me faire mal ? » Me questionna-t-elle.
« Vas le voir. Tu lui fais un bisou sur la joue et tu lui dis que tu l'aimes bien. » Elle avait ouvert de grands yeux.
« T'es sûr ? »
« Promis. Et s'il continue à t'embêter, tu lui dis que l'ours Emmett viendra le voir. »
« Merci Emmett. » Elle se leva de mes genoux et se précipita sur Dylan. Elle lui fit un énorme baiser sur la joue et se pencha à son oreille pour lui murmurer quelque chose. Dylan la regarda, étonné et lui fit aussi un bisou sur la joue.
« Je vois que je peux me tromper. Tu n'es pas le sale ours mal léché que j'imaginais ! » Je me retournais pour me retrouver face à Rosalie. Elle me fit un petit sourire et partit. Je restais immobile, impossible de faire un seul mouvement. Il était peut être possible de percer la carapace de Rosalie.
Les jours qui suivirent cet épisode, je n'allais plus la voir. J'avais décidé que c'était à elle de venir vers moi. Et au bout de quatre jours elle le fit. Je sautais de joie intérieurement. Imaginez-moi sautillant en tapant des mains comme une gonzesse avec les petits couinements qui vont avec !
Elle engagea la conversation et nous en apprîmes plus l'un sur l'autre. Elle avait 20 ans. J'appris qu'à la rentrée elle devrait se chercher un appartement car ses parents déménageaient pour Los Angeles prochainement et qu'elle vivait chez eux. Elle adorait les voitures et la mécanique. Une de mes passions. Elle avait un frère jumeau mais il était du même niveau scolaire que moi car il avait sauté une classe en primaire. Ce dernier était parti après le lycée faire ses études à New York pour suivre sa petite amie. Mais il s'était séparé d'elle et comptait venir finir ses études à Seattle. Il se destinait à devenir psychologue. A chaque fois qu'elle me parlait de lui, ses yeux pétillaient de bonheur. Sans qu'elle ait besoin de me le dire, je devinais qu'il lui manquait. On disait souvent que les jumeaux possédaient un lien fort et invisible qui les reliait entre eux et que lorsqu'ils étaient séparés, chacun avait un manque de l'autre. Lorsqu'elle me parlait de son frère, je percevais ce manque. Il était presque semblable à celui que j'éprouvais envers ma sœur.
Début août, nous échangeâmes notre premier baiser. Et c'est elle qui en avait eu l'initiative. Je voulais qu'elle soit prête. Elle m'avait expliqué qu'elle avait vécu une histoire difficile et qu'elle avait besoin de temps. Pour elle, j'étais prêt à attendre toute ma vie s'il le fallait. Ce fut un baiser magique. Il était à la fois doux et sensuel. Et je crus ressentir des petits papillons dans mon ventre : je suis en train de devenir une gonzesse ! J'avais rêvé de ses lèvres chaudes et pulpeuses un milliard de fois et lorsqu'elle m'avait embrassé, je m'étais rendu compte que mes songes ne lui avaient pas rendus justice.
A la fin de l'été, j'étais heureux. Edward venait de me faire la proposition pour l'appartement. J'avais rencontré la femme de ma vie et en plus j'allais habiter avec mon meilleur pote. J'avais hâte de la présenter à Edward. J'avais une totale confiance en lui. Quand on avait commencé à sortir pour draguer on s'était mis d'accord pour que celui qui était intéressé par une nana ne la pique pas à l'autre. Ca avait toujours fonctionné comme ça.
Nous voilà donc, en cette fin août, de retour avec Rosalie à Seattle. J'avais vidé ma chambre d'étudiant en juin et j'avais mis toutes mes affaires chez mon père en prévision de me trouver un logement à la rentrée. Je passais donc chercher mes affaires à Forks et prendre Rosalie chez ses parents. Nous devions nous rendre ensemble à mon nouvel appartement. Je voulais que Rosalie sache tout de moi. Edward m'avait donné l'adresse et nous y arrivâmes en fin d'après midi. Nous mîmes toutes mes affaires dans l'ascenseur et destination le dernier étage.
Je frappais à notre porte et y entrai avant qu'Edward ne me dise de le faire.
« Hé mec ! Ça va ? » Edward était dans la cuisine en train de ranger les courses qu'il avait dû aller faire.
« Em. Je range comme tu vois. Alors ces vacances ? » Il avait le regard à ce qu'il faisait et il n'avait pas encore remarqué Rosalie à mes côtés.
« Edward, j'ai quelqu'un à te présenter. » Il stoppa son geste et tourna enfin le regard dans notre direction. Je ne compris pas ce qui se déroula devant mes yeux, dans les secondes qui suivirent. Edward lâcha la boite de céréales qu'il avait dans les mains et fit le tour du comptoir de la cuisine pour se retrouver face à nous. Il avait les yeux qui sortaient de la tête. Pas touche mec ! Ou je te démonte, meilleur pote ou pas !
« Rose ? » Souffla-t-il. Je me tournais vers Rose et m'aperçut qu'elle avait la même tête ahurie que mon ami.
« Edward, c'est toi ? » Elle avait à peine fini cette phrase qu'ils se précipitaient déjà l'un vers l'autre.
C'est quoi ce bordel ?
Ils se connaissent ?
Ils ont couchés ensemble ?
Continue à la serrer dans tes bras Cullen et je te défonce ta belle petite gueule !
« Mais comment ? » Demanda Edward.
« Après Chicago, on a déménagé à Atlanta et depuis 4 ans on est ici à Seattle. Et toi ? » Répondit Rose.
« Mon père a obtenu un poste plus intéressant à Forks et on a déménagé il y a 4 ans aussi. »
« On pourrait m'expliquer maintenant ? » Intervins-je légèrement énervé.
« Du calme, mon cœur. » Dit Rosalie en prenant ma main. « Edward, Jasper, Alice et moi on s'est connus quand nous étions petits et il y a environ 10 ans, nous avons perdu contact. Et voilà qu'on se retrouve. Mon frère était le meilleur ami d'Edward. Et moi celle d'Alice. On est simplement heureux de se retrouver. »M'expliqua-t-elle en me caressant la joue.
« Désolé j'ai eu peur pendant un moment ! » Répliquais-je soulagé.
« Rassure toi Emmett, tu es mon seul amour et Rose est comme ma petite sœur. » Ricana Edward en me caressant l'autre joue.
« Te frottes pas trop à moi Cullen ou je t'en colle une. » Répliquais-je en repoussant sa main.
Nous éclatâmes de rire. Edward nous proposa de visiter l'appartement et me montra ma chambre. Je connaissais assez Esmée pour reconnaître son travail. Cet appartement était vraiment superbe et je remerciais Edward de m'avoir proposé de le partager avec lui. Nous nous installâmes au salon afin que Rose et lui puissent continuer leur discussion.
« Et Alice ? Comment va-t-elle ? » S'enquit ma chérie.
« On a juste à traverser le palier et on est chez elle si tu veux tout savoir. » Répondit Edward.
« C'est pas vrai. On peut y aller. J'ai tellement hâte de la voir. » Demanda-t-elle toute excitée.
« On doit la retrouver dans une petite heure. Laissons-la terminer de s'installer. Tu sais comment elle est ? » Rose opina de la tête. « Et Jasper ? »
« Jasper a décidé de venir finir ses études ici, à Seattle. Il avait suivi sa copine de lycée à New York mais ça s'est très mal terminé avec elle. Et comme tu le sais nous sommes très proches donc... »
« Vous avez décidé de vous retrouver ? Il est déjà à Seattle ? » L'interrogea-t-il.
« Il doit être arrivé chez mes parents. Tu veux que je l'appelle ? » Proposa-t-elle.
« C'est Alice qui va être contente. Quand vous êtes partis elle a été tellement malheureuse. »
« Jasper n'était pas mieux. Mais on était jeunes et on n'a pas su garder le contact. Je vais lui téléphoner et lui dire de venir nous rejoindre dans la soirée sans lui dire que vous serez là. »
« C'est une super idée. Et j'ai vraiment hâte de revoir ce vieux Jazz. » S'exclama Edward.
Rose partît dans ma chambre ou nous avions déposé mes affaires plus tôt pour appeler son frère. Nous continuâmes à discuter avec Edward en l'attendant, nous racontant notre été. Il voulait savoir comment je l'avais rencontrée et je lui narrais toute l'histoire.
Rose avait terminé sa conversation quand Edward nous informa qu'on devait aller dans l'appartement d'en face. La colocataire d'Alice n'allait pas tarder. Edward ne la connaissait pas. Ce fût Rose qui frappa à la porte, Edward et moi nous étions mis derrière elle. La porte s'ouvrit et mon lutin préféré apparut.
« Rose ! » Cria-t-elle en sautant dans les bras de ma petite amie.
« Alice ! » s'écria cette dernière en la serrant dans ses bras. Ca faisait quelques secondes pour ne pas dire minutes qu'elles étaient dans les bras l'une de l'autre quand je m'éclaircissais la gorge pour rappeler notre présence à Edward et moi.
« Emmett. Je suis si contente de te revoir. » S'exclama Alice en me prenant dans ses petits bras.
Elle me relâcha très vite et entraina ma Rose vers le canapé afin de lui poser tout un tas de questions. Edward me proposa d'aller les rejoindre en nous servant un verre. Je remarquais que cet appartement ressemblait beaucoup au nôtre.
Nous continuâmes à parler entre mecs mais nous écoutions la discussion des filles discrètement. A aucun moment Alice ne questionna Rose sur son frère. J'en fis part discrètement à Edward et il me chuchota qu'Alice avait besoin de temps, elle était folle amoureuse de Jasper quand elle était petite et que quand ils ne se sont plus vus, elle n'a plus jamais parlé de lui. Elle avait dit à Edward que ça lui faisait trop de mal. Mais malgré son jeune âge, elle savait que c'était l'homme de sa vie.
Nous discutions toujours quand on entendit la porte s'ouvrir et que quelqu'un entrait dans l'appartement. Alice n'avait rien remarqué, trop absorbée par sa conversation avec Rose. Nous nous retournâmes Edward et moi quand celle que je supposai être la colocataire d'Alice l'interpella.
« Alice, tu es là ? »
Elle entra dans le salon et je crus avoir une hallucination. Je me levai pour m'approcher d'elle. Elle s'était arrêtée net et n'avait plus fait un pas lorsqu'elle m'avait aperçu. L'expression de son visage s'était figée et je décelai dans son regard un mélange de surprise, d'incompréhension et de colère. Je n'avais fait qu'un pas dans sa direction quand je lui demandais.
« Bella ? »
On entendait plus un son, plus personne ne parlait. Je fis un deuxième pas vers elle. Elle recula.
« NON ! » S'écria-t-elle. Elle se retourna et partit en courant sans un regard pour nous.
Je restais là, les bras le long du corps, incapable de bouger, tellement le choc avait été rude. Je repris mes esprits quand je sentis des petits poings me frapper le torse.
« EMMETT ! Tu vas m'expliquer ce qu'il se passe et pourquoi Bella est partie. » Me demanda Alice rouge de colère.
Si vous voulez la suite, il ne faut pas nous tuer…
Cette fois, on va faire en sorte de répondre aux reviews alors dites nous ce que vous en avez pensé.
Gros bisous.
Hélène et Vanessa
