Auteur : Anouch'

Disclaimer : tout est à Tolkien, sauf l'apparence de Frodo et l'histoire qui s'en suit bien sûr. J'ai inventé Olo Bunce, de toute façon il est pas très important…

Pairing : Frodo/Sam surtout, si vous êtes allergique, passez votre chemin…

Note : si vous avez du mal à vous imaginer la tête de Frodo, allez donc faire un tour à cette adresse : http/ c'est un dessin de moi, une reproduction d'une photo d'Elijah Wood (ben oui, je suis pas aussi douée !). Merci de laisser des reviews !

Lorsque Rosie se réveilla, elle ne fut pas surprise de voir que Sam était déjà debout. Il semblait si distant parfois, mais elle s'était habituée à ses humeurs étranges et savait qu'il pouvait tout aussi bien rire et jouer avec leurs enfants la minute suivant une de ses absences.

Rosie se dirigea dans la chambre de Goldie, leur fille aînée. C'était une enfant de six ans, la plus douce et gentille qu'on puisse trouver. Son petit frère, Robin, était encore endormi dans la chambre d'à côté. Il avait trois ans d'écart avec sa sœur, mais les deux enfants étaient très complices. Rosie réveilla sa fille et l'habilla puis l'installa à la cuisine. Elle embrassa Sam sur la joue en guise de bonjour, celui-ci sourit en réponse. La routine semblait avoir toujours été là, elle ne se souvenait pas d'avoir jamais connu l'exotisme du début d'une relation. En fait, elle avait l'impression qu'ils étaient mariés depuis des siècles. Sam se montrait si froid avec elle, il n'était tendre qu'à de rares occasions. Non pas qu'il la prenait de haut, ni qu'il l'ignorait ; non il semblait simplement être ailleurs.

Ce matin-là, le frère de Rosie, Tom, vint chercher Sam car on avait besoin de lui pour traiter d'une affaire qui semblait importante. Il y a quelques temps on avait voulu que Sam devienne maire, mais celui-ci avait refusé catégoriquement, il ne pensait pas mériter un tel poste après la trahison dont il s'accusait. Ce refus avait beaucoup étonné Rosie qui avait essayé de le convaincre, et on venait tout de même le consulter de temps en temps pour les affaires importantes.

Sam salua sa famille et quitta Cul-de-Sac pour suivre Tom chez le Shirrif.

- On l'a trouvé ce matin, très tôt, près de Lézeau, dit Tom, mais Olo a jugé bon de l'emmener ici, vu que tu t'y connais en bestioles de ce genre et tout…

- Bon, bon, mais où est-il et qu'est-ce que c'est ?

- C'est pour ça qu'on a besoin de toi, on arrive pas trop à dire ce que c'est. Peut-être un gobelin, ou un truc de ce genre. Toi tu sais les reconnaître, non ?

- Oui, à peu près. Mais qu'est-ce que vous comptez en faire une fois que vous saurez ce que c'est ?

- Alors là…

- Laisse-moi devinez, vous comptez encore que je vous dise quoi faire, n'est-ce pas ?

- Ecoute Sam, dit Tom, personne ne comprend pourquoi tu ne veux pas être maire. Tu as toutes les qualités pour en faire un excellent ! Et puis tu as vu tellement de choses, plus que toute la Comté réunie !

- Tu sembles oublier Peregrïn Took et Meriadoc Brandybuck. Ils en ont certainement vu plus que moi. Je ne peux pas, c'est inutile d'insister.

- Mais dis-moi au moins pourquoi ! Tu as forcément une bonne raison !

- Oui, et je n'ai pas envie de m'étendre là-dessus, conduis-moi au prisonnier s'il te plaît.

Tom ouvrit alors la porte d'une petite pièce dans laquelle il y avait une cage qui servait de cellule. La salle était très sombre et Sam demanda qu'on fasse allumer une lampe supplémentaire.

Dans la cage, une forme maigre et à la peau blanche se ratatinait dans un coin. Lorsqu'on alluma la lampe, elle poussa un gémissement et se recroquevilla encore plus. Sam pâlit, ça ne pouvait pas être lui ! Il l'avait tué.

- A-t-il dit quelque chose depuis qu'il est ici ? demanda Sam. A-t-il émit un son que vous ayez reconnu ?

- Non, sauf quand on a allumé la lumière, là il semblait sangloter. Mais c'est tout.

Sam n'était plus sûr. Ce n'était peut-être pas Gollum en fait. Et puis, les lambeaux de vêtements qui recouvraient la peau terne de cette créature étaient plus nombreux que ceux de Gollum. Mais cela ne signifiait rien.

- Tu as une idée de ce que c'est ? demanda Olo Bunce, le Shirrif qui surveillait la créature depuis le matin.

- Non, il faudrait l'interroger, répondit Sam.

- Tu crois qu'il voudra répondre ? demanda Tom.

- On verra bien, soupira Sam.

Le Hobbit s'approcha précautionneusement de la cage, soucieux d'effrayer la chose qui s'y tassait avec frayeur.

- Eh oh, murmura-t-il d'une voix faible.

La créature releva la tête et regarda Sam dans les yeux, elle émit soudain un cri terrifié et se cacha les yeux. C'était lui, il était vivant, elle l'avait immédiatement reconnu. Sam parut surpris de la réaction de ce pauvre être qui se tassait sur lui-même. Il reprit de sa même voix douce.

- Bonjour, n'ai pas peur, je ne vais pas te faire de mal !

- Laisse tomber, Sam, il est complètement fou. Faudrait peut-être l'achever.

Le prisonnier émit un autre cri.

- Apparemment il comprend ce qu'on dit, dit Olo.

- Oui, et il est hors de question qu'on tue cette pauvre créature, dit Sam. Elle ne nous veut pas de mal, et franchement, à qui pourrait-elle en faire ?

- Très bien, mais qu'est-ce qu'on fait de lui ? demanda Tom.

- Il faut d'abord savoir ce qu'il est, répondit Sam.

Et disant cela, il s'approcha de nouveau de la cage et observa attentivement : de longues mèches sombres ondulants à peine tombaient sur les épaules du détenu. Ses mains étaient longues et souples, mais semblaient sèches et usées. Ses membres étaient maigres et si l'on regardait attentivement ses pieds, on voyait qu'ils ressemblaient étonnement à des pieds de Hobbit. Son visage était dissimulé sous ses mèches de cheveux, mais on devinait tout de même un nez droit, des lèvres d'un rouge sanglant et un menton fin. Sur la peau pâle de son visage on discernait quelques fines veines bleues, et Sam suivit du regard le contour de son visage et fut frapper par le bleu électrique de ses yeux. Ce bleu était trop douloureux à regarder, il lui rappelait… Peu importe. La créature bougea et se mit à sangloter de plus belle, Sam avait l'impression qu'elle ne voulait pas qu'il s'approche. Il continua à étudier le prisonnier du regard. Il observa la colonne blanche de son cou, puis descendit le long de son épaule, là sa peau n'était pas cachée par les haillons sales. Et… non, c'était une coïncidence, ça devait être une coïncidence, cette créature ne pouvait être…

Et pourtant, la cicatrice était bien là, à la jointure de l'épaule gauche et de la poitrine. Sam eut le souffle coupé. Il recula d'un bond.

- Sam ? demanda Olo. Alors, qu'est-ce que c'est ?

- C'est… C'est un Hobbit, bafouilla-t-il avant de fondre en larmes.

Tom lui tapota maladroitement l'épaule et attendit qu'il se calme pour demander :

- Sam, c'est impossible, n'est-ce pas ? Comment peut-on devenir ça ? Tu crois qu'il a été torturé ? Sam ?

- Je… je l'ai abandonné, je l'ai trahi, je l'ai abandonné, murmurait Sam.

- Eh, Sam, dit Olo, de quoi tu parles ? Qui est-ce ?

- C'est… c'est… hoqueta Sam. C'est Frodo Baggins.