Tout d'abord, merci à mes revieweurs, parce qu'il n'y en a pas beaucoup ! Mais je lance un appel aux Frodo/Sam lovers français : qu'ils ne se cachent plus ! Moi au début j'écrivais en anglais, de peur d'être reconnue, et il existe trop peu de fics en français ! N'ayez plus peur mes amis ! (Bon, ça fait un peu discours révolutionnaire, mais c'est presque ça !) Alors bonne lecture, et répandez la bonne parole autour de vous ! Merci encore de me lire, ça m'encourage !

Le lendemain, Rosie déposa les enfants chez la veuve Chubb et elle et Sam prirent la matinée pour nettoyer la chambre de Frodo. Avant cela, Sam était passé au Buisson de Lierre pour s'occuper de Frodo. Il l'avait réveillé, l'avait fait mangé un peu, mais finalement il s'était recouché.

Sam s'était résolu à ranger la chambre de Frodo, après tout, il allait bientôt l'occuper à nouveau, il méritait qu'elle soit présentable. Ainsi, après avoir jeté les déchets qui jonchaient le sol, fait la poussière et tout nettoyé, il classèrent la paperasse et rangèrent les manuscrits qui traînaient en désordre.

Puis, Sam retourna à l'auberge pour voir Frodo, demandant à Rosie de le rejoindre plus tard. Celle-ci resta donc seule à Cul-de-Sac, s'occupant aux tâches quotidiennes qu'elle aurait du faire le matin. Frodo arrivait à peine qu'il bouleversait déjà son quotidien. Mais elle ne pouvait pas lui en vouloir, elle l'avait vu de ses propres yeux, il avait sûrement déjà beaucoup souffert. Prise de remord d'avoir pensé du mal de cette pauvre âme, Rosie alla arranger sa chambre afin qu'elle soit la plus parfaite possible. Elle dépoussiéra à nouveau, s'assura d'avoir bien nettoyer les carreaux de la fenêtre, balaya encore le plancher. C'était le mieux qu'elle puisse faire pour lui. Mais alors qu'elle reculait en balayant, elle donna accidentellement un coup de coude dans la bibliothèque derrière elle et un carnet en tomba, ouvert à une page où étaient griffonnés quelques phrases à l'encre noire. Saisie de curiosité et ne pensant pas à mal, elle ramassa le carnet et commença à lire avec difficulté (elle avait appris ses lettres, mais ne se débrouillait pas aussi bien que son mari).

'Avril 3018, la Comté.

Sam et moi allons partir pour une mission très dangereuse, et je suis soulagé de savoir que Pippin nous accompagnera jusqu'à Creux-de-Crique, car la perspective de me retrouver seul avec Sam m'effraie. Déjà ici, lorsqu'il nous arrive d'être seuls, c'est une torture d'avoir à cacher mes sentiments pour lui, alors loin de chez nous, je n'ose pas imaginer… Je n'y arriverai sûrement pas.'

Rosie bondit, elle en avait assez lu pour comprendre ce qu'il se passait. Monsieur Frodo était amoureux de son Sam. Mais l'aimait-il encore ? Rosie n'en était pas sûr. Mais elle se méfiait tout de même. Et puis, comment était-ce possible ? Comment un garçon pouvait-il en aimer un autre ? C'était quelque chose qui bouleversait tous ce qu'elle avait appris depuis toujours ! Il fallait qu'elle éloigne Sam de la mauvaise influence de Frodo et de ses pensées contre-nature.

Et c'est ainsi qu'elle se rendit en toute hâte au Buisson de Lierre, où elle demanda dans quelle chambre elle pouvait trouver son mari. Elle monta et frappa à la porte. N'entendant pas de réponse, elle poussa doucement le battant. Le spectacle qui s'offrit alors à ses yeux la saisit de stupeur. Il y avait là Frodo, allongé sur le lit, vêtu d'un simple pantalon, la tête soutenu par Sam qui était penché sur lui.

- Sam !dit Rosie hors d'elle, qu'est-ce que…

- Ah ! Rosie ! Tu arrive à point, il… il a fait un malaise ! l'interrompit Sam dont la voix tremblait.

- Un malaise ? Sam…

- Peux-tu rester avec lui pendant que je vais chercher quelqu'un ?

- B… bien sur, je…

Et à peine eut-elle fini sa phrase que Sam descendit chercher de l'aide, laissant Rosie seule avec Frodo.

Elle observa celui-ci, qui semblait dormir paisiblement. Il avait les cheveux étonnamment longs, et qui n'ondulaient que très légèrement comparés aux boucles brunes qu'on lui avait connues. Il était vraiment très maigre, et cela se voyait mieux maintenant qu'il portait un pantalon normal. Elle remarqua que ses cheveux avaient été coiffés avec soins et supposa que c'était là l'œuvre de Sam. Elle ferma les yeux à cette pensée, Frodo avait du apprécier le contact de Sam.

Elle se demandait même comment il pouvait toucher Frodo, voyant ce qu'il était devenu, sachant ce que le toucher de Sam devait provoquer en lui. Non, Sam ne savait pas, du moins l'espérait-elle. Et puis s'il savait, il n'y avait aucune raison qu'il ressente la même chose, surtout pas maintenant. Sam était un Hobbit tout ce qu'il y avait de plus respectable et normal.

Rosie remarqua alors que Frodo bougeait, elle s'approcha avec précaution. Il ouvrit les yeux et appela :

- Sam ? Sam ?

- Il n'est pas là, répondit Rosie. Il est parti chercher quelqu'un pour vous soigner.

- Sam… répéta Frodo.

- Il va revenir Monsieur Frodo… Ne vous fatiguez pas plus que de raison.

Frodo observa attentivement la jeune Hobbit au dessus de lui, elle avait l'air si froide avec lui. Ca n'avait rien d'étonnant, il était repoussant. Mais… il y avait autre chose, Frodo le sentait. Elle le regardait d'une façon…

- Vous savez, dit-il soudain.

- Pardon ?

- Vous savez, non ? répéta-t-il, sa voix rauque et pleine de larmes.

- Savoir quoi ? demanda-t-elle en essayant de paraître gentille. Allons, restez tranquille, ajouta-t-elle en rajustant les oreillers derrière la tête de Frodo.

Celui-ci lui saisit le poignet avec une force surprenante pour sa petite silhouette fragile.

- Ne lui dites pas… Je vous en prie.

Ses yeux étaient à la fois féroce et suppliants, Rosie en fut effrayée.

- Ne dites rien, répéta-t-il.

Rosie fit signe qu'elle ne dirait rien et Frodo lâcha son poignet en murmurant un faible « Merci ». Puis, Sam entra, accompagné d'un médecin.

Celui-ci examina Frodo et conclut qu'il manquait simplement de nourriture et de repos. Il préféra ne pas faire de diagnostique plus détaillé, étant donné la particularité du patient.

Une fois qu'il fut parti, Sam demanda à Rosie :

- Tout va bien ? Monsieur Frodo s'est réveillé longtemps après mon départ ?

- Euh… Non, quelques minutes après, répondit-elle mal à l'aise.

Sam s'assis sur le lit, près de Frodo et le fit s'asseoir dos contre la tête de lit, bien calé avec une pile d'oreillers. Il remonta les couvertures sur lui et lui donna un morceau de pain ainsi qu'un verre d'eau.

- …pas faim Sam, dit Frodo.

- Mais vous avez entendu le médecin, non ? Il faut que vous mangiez régulièrement, et que vous buviez aussi. Pas énormément, mais juste un peu. Allons, vous devez manger.

- Sam…

- S'il vous plaît Monsieur, forcez-vous un peu.

- D'accord Sam.

Frodo prit le morceau de pain et mordit dedans puis mâcha longuement avant de l'avaler avec difficulté. Ensuite, il prit une gorgée d'eau et but doucement.

- Voilà, sourit Sam, vous pourrez finir ce morceau en entier ?

- Je crois…

- Très bien. Monsieur, je n'ai pas encore eu le temps de vous présenter Rosie. Vous la connaissez déjà ? La petite Cotton.

Rosie rougit à ces mots, cela lui rappelait son enfance et le temps où ses parents lui avaient présenté Sam.

Frodo, lui, hocha simplement de la tête et sourit faiblement.

- C'est ma femme aujourd'hui, ça fait longtemps n'est-ce pas ?

- Oui, dit Frodo avant de reprendre une gorgée d'eau.

Rosie ne dit rien, mais elle sentit la peine dans la réponse de Frodo. Elle ne savait que penser de tout cela.

Sam se dirigea vers la table de chevet où était posé un petit panier, il le posa sur les genoux de Frodo. Il était rempli de fraise du jardin que Sam avait ramassé le matin même.

Frodo regarda avec curiosité le panier, puis demanda d'une voix faible :

- J'ai le droit ?

- Bien sûr ! s'exclama Sam avec un sourire tendre, mais n'en abusez pas trop, je ne voudrais pas que vous soyez malade.

Frodo avait les larmes aux yeux, Sam se montrait tellement gentil ! Il devait se sentir terriblement coupable, pauvre cher Sam. Il prit une fraise entre ses doigts tremblants et y goûta : la sensation était douce et sucrée, elle envahit tous son corps et il se sentit très bien. Mais il savait que dans son état, trop de fruits pouvaient le rendre malade. Il releva la tête et sourit, du jus de fraise colorant légèrement ses lèvres.

En le voyant à cet instant, les yeux doux et les lèvres si tentantes, Sam eu envie de l'embrasser, mais il se gronda intérieurement. Ce n'était vraiment pas le moment d'avoir de telles pensées, surtout quand Rosie se trouvait juste à côté.

Ils restèrent ainsi, tous les trois, mangeant quelques fraises et discutant à peine. Puis, Rosie partit récupérer les enfants et laissa Sam et Frodo à nouveau seuls.

Ceux-ci se regardèrent un moment sans rien dire. De toute façon Frodo n'avait pas très envie de parler, il préférait regarder Sam, il était aussi beau que dans son souvenir, mais il semblait plus triste. C'était normal, après tout ce chagrin qu'il avait du avoir en croyant Frodo mort. Mais Frodo ne pensait pas que le chagrin de Sam avait été celui de quelqu'un qui perd l'amour de sa vie, il était loin de s'en douter en fait.

- Vous n'êtes pas trop fatigué ? demanda finalement Sam.

- Non, ça va.

- J'ai pensé que… enfin, vous avez du beaucoup marché et… J'ai remarqué que vos pieds étaient blessés.

Frodo ne sembla pas comprendre. Il vit alors Sam prendre quelque chose sur la table de chevet puis retirer les couvertures de sur Frodo et s'asseoir au pied du lit.

Dans sa main, il tenait un petit flacon de lotion apaisante. Frodo le regarda faire sans protester. Il voyait Sam assis en tailleur prendre un de ses pieds et le poser sur ses genoux. Il versa un peu de lotion dans ses mains et commença à masser doucement. Au contact du liquide froid, Frodo tressaillit.

- Je vous fais mal ? demanda Sam d'une voix douce.

- Non, souffla Frodo.

Celui-ci se carra plus confortablement dans ses oreillers et ferma les yeux. Les mains de Sam étaient abîmées mais douces malgré tout. Frodo se détendit et soupira. Il oublia pendant un instant qu'il avait désormais cet aspect repoussant, seul Sam pouvait le lui faire oublier. Il se sentait si bien près de lui, et à la fois très mal à l'aise d'être ce qu'il était.

Sam massa ainsi ses deux pieds avec milles précautions, comme s'il craignait que Frodo ne se brise en morceaux.

Lorsqu'il eut fini, il s'essuya les mains et replaça les couvertures sur Frodo, puis rangea la lotion et vint s'asseoir à côté de Frodo. A sa grande surprise, celui-ci ne s'était pas endormi.

- Merci Sam, murmura-t-il.

- Vous devriez dormir un peu, dit Sam.

- …pas sommeil.

- Bien, voulez-vous que je reste un peu avec vous ?

Frodo acquiesça.

Sam l'allongea tout de même confortablement et prit une chaise pour s'asseoir à son chevet. Il lui prit la main et la caressa doucement. Cela lui rappela les longues nuits à Fondcombe, alors qu'il veillait sur son maître blessé. Il remarqua alors que Frodo n'était pas en chemise de nuit. Ca n'avait pas d'importance.

- Monsieur Frodo ? demanda-t-il.

- Oui…

- Est-ce que je peux regarder quelque chose ?

- Bien sûr…

Sam souleva les couvertures et découvrit l'épaule gauche de Frodo. Il avait soigneusement nettoyé la cicatrice du Mont Venteux, mais il se demandait si elle était encore douloureuse.

- Vous… vous souffrez encore de cette blessure ? demanda-t-il.

- Un peu… le 6…

- Oh, vous voulez dire le 6 octobre, n'est-ce pas ?

Frodo acquiesça.

- Avez-vous besoins de quelque chose particulier ? Vous n'avez qu'à le dire et je…

- Toi, dit faiblement Frodo.

- Pardon ?

- Reste…

- Que je reste ? Cette nuit ? Et bien… Oui, bien sûr. Laissez-moi seulement descendre chercher quelque chose à manger, voulez-vous ?

- Merci.

Et Sam sortit, il ne savait pas trop comment il allait faire pour prévenir Rosie. C'est alors qu'il aperçut Tom, son frère, qui discutait avec l'aubergiste.

- Hé, Tom ! appela-t-il.

- Tiens, Sam Gamgee ! Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je m'occupe de Monsieur Frodo. Et d'ailleurs j'ai un service à te demander.

- Je t'écoute.

- Pourrais-tu aller voir ta sœur et lui dire que je ne rentrerai pas ce soir, je ne voudrais pas qu'elle s'inquiète.

- Ah, très bien, j'y vais dans un instant.

- Merci Tom.

Sam remonta, les bras chargés d'un plateau plein de nourriture. Il s'installa sur la chaise près de Frodo et commença à manger, discutant des affaires de la Comté, même si son interlocuteur écoutait plus qu'il ne participait à la conversation. De temps en temps il lui faisait goûter un peu de ce qu'il avait sur son plateau, et Frodo but même une petite gorgée de bière. Cela le fit d'ailleurs tousser et Sam s'inquiéta mais fut immédiatement rassuré lorsqu'il vit un large sourire sur le visage de Frodo.

- … plus l'habitude, murmura-t-il.

Sam brûlait de lui demander ce qu'il s'était passé après l'antre de Shelob, il voulait savoir pourquoi il n'avait pas réussi à le retrouver, et savoir ce qu'il avait fait toutes ces années. Mais Frodo semblait heureux à ce moment, et ce genre de question l'aurait probablement replongé dans de mauvais souvenirs.

Puis, Frodo se sentit enfin fatigué et s'installa pour dormir. Il laissa une place vide à côté de lui et bredouilla :

- Sa… Sam. Viens ?

- Oui, je suis là.

Sam enleva son veston et sa chemise puis se glissa aux côtés de Frodo. C'était une sensation étrange, d'être là, si proches et pourtant un peu étrangers l'un à l'autre. Soudain, Sam sentit sa peau contre celle de Frodo et il frémit. Celui-ci s'écarta et murmura :

- Pardon.

- Quoi ? demanda Sam d'une voix douce.

- … me toucher… répugnant…

Sa voix ressemblait plus à un sanglot, Sam le serra contre lui.

- Non, non vous n'êtes pas répugnant, là, là, vous voyez bien ! Dormez maintenant, j'aimerais que demain vous alliez marcher un peu au soleil, ça vous fera du bien.

Sam sentit Frodo hocher la tête contre son épaule, puis se blottir un peu plus contre lui. Finalement, ils s'endormirent ainsi, tous les deux enlacés dans les bras l'un de l'autre…