Tout d'abord, un grand merci à vous tous qui lisez cette fic, je dis « vous tous », parce que vous êtes pas très nombreux :'-( Mais qu'à cela ne tienne, ça me fais énormément plaisir et me va droit au cœur. Je vous embrasse et vous livre ce nouveau chapitre. Excusez-moi pour le petit temps de délai : j'ai été occupée, et je le suis toujours d'ailleurs !

Bises et bonne lecture !

En route pour retourner à Cul-de-Sac, Sam s'arrêta. Il prit une profonde inspiration et s'assit. Les choses allaient devenir très compliquées… Il fallait qu'il cache la marque sur son épaule, les bleus qu'il avait dans le dos. Sam sourit au souvenir de la nuit passé. Il ne pourrait pas renoncer à Frodo. Il ne savait pas ce qu'il allait faire. Il avait trahi Rose, alors qu'il lui avait dit, juré même, qu'il ne se passerait rien. Mais il était persuadé qu'il n'y avait aucune chance pour que Frodo soit aussi amoureux de lui. Et peut-être qu'il ne l'aimait pas. Après tout, il passait une période difficile, il pouvait avoir eu besoin de réconfort pendant un moment. Ca pouvait être ça, sinon pourquoi l'aurait-il mis à la porte ? Sa poitrine se serra à cette pensée. Oui, pourquoi l'avait-il jeté ainsi ? Sam eu les larmes aux yeux, pourtant Frodo avait dit qu'il aurait voulu une vraie histoire pour eux. Tout était confus.

Sam se releva et reprit le chemin pour Cul-de-Sac.

Lorsqu'il entra dans le smial, il fut salué par les conversations animées de Merry, Pippin et Goldie qui semblait beaucoup apprécier les deux grands Hobbits.

- Bonjour tout le monde, dit-il d'un ton simple.

- Tiens, bonjour Sam ! répondit Merry en venant le saluer.

- Où est Rosie ? demanda-t-il.

- Elle est sortie faire une course, répondit Pippin, du coup on s'occupe des enfants, mais tu arrives, à point on va pouvoir se reposer.

- Sam, souffla Merry, je peux te parler un instant.

- Oui, bien sûr.

Merry entraîna Sam un peu à l'écart.

- Ne joue pas avec le feu Sam, je n'suis pas sûr que ce soit une très bonne idée.

- Merry, je… je ne joue pas avec le feu. Il ne s'est rien passé.

Meriadoc le regarda suspicieusement.

- Vraiment ? Tu sais que tu peux me le dire, je ne dirai rien, pas même à Pip' !

- Je sais mais… Oh, très bien. Vous avez raison, il s'est passé quelque chose, dit-il finalement d'un ton las.

- Ca ne va pas ? Tu as l'air… abattu. Vous vous êtes disputés ?

- Non, pas vraiment. Je ne comprends pas ce qui ne va pas chez lui. Il est tellement lunatique. J'me dis de plus en plus qu'on n'aurait pas du faire ça. Il est encore trop fragile.

- Que s'est-il passé ?

- Ce matin il m'a mis dehors comme si… comme s'il regrettait, ou comme si tout ça n'avait été qu'une vague histoire d'un soir… De toute façon je crains que ça ne le soit.

- A cause de Rose ?

- Oui, de Rose, des enfants… J'ai recommencé une vie en voulant l'oublier, et maintenant qu'il est là je réalise que je ne l'ai jamais oublié, et que jamais je ne pourrai.

- Surtout maintenant, termina Merry. Que comptes-tu faire ?

- Oh, j'en sais rien, je suis perdu. Ce dont je suis sûr c'est que je vais avoir des ennuis, que je vais faire souffrir beaucoup de monde et… Je ne crois pas avoir la force pour tout ça.

Merry ne répondit pas, il se contenta de lui taper maladroitement l'épaule, puis ils retournèrent dans le salon où Pippin jouait avec Goldie et Robin.

Rosie frappa à la porte de la petite chambre du Buisson de Lierre. Elle attendit un moment avant d'obtenir une réponse, puis elle entra.

Elle vit Frodo, assis dans un fauteuil qui lisait un livre. Il avait l'air à la fois préoccupé et serein.

- Tiens, bonjour Rose, dit-il d'une voix surprise.

- Bonjour Monsieur Frodo. Je… je voulais savoir si… enfin, vous avez bien dormi ?

- Oui, très bien.

Rose se disputa intérieurement. Elle n'était pas là pour faire des politesses, mais la présence du hobbit l'impressionnait toujours et elle n'arrivait pas à dire ce qu'elle voulait.

- Je… Je voudrais… Non. Je veux que vous me disiez ce qui se passe, reprit-elle d'une voix tremblante.

- Je vous demande pardon ?

- Que se passe-t-il avec Samwise ? Il a passé la nuit ici et…

- Je crois comprendre ce que vous voulez dire Madame, mais il ne se passe absolument rien entre votre mari et moi. Nous sommes amis depuis bien longtemps…

- Mais vous l'aimez ! coupa-t-elle brusquement. Je sais que vous l'aimez, vous m'avez même demandé de ne rien dire !

- Je ne dis pas le contraire, mais votre mari ne m'aime pas, lui. Ne venez pas m'accabler je vous prie, cette histoire me tourmente déjà assez comme ça.

Rosie était désarmée. Elle était persuadée qu'il s'était passé quelque chose. Peut-être que Frodo mentait. Oui, Frodo devait mentir ! Elle savait ce que Sam ressentait, elle pouvait lui dire et soulager sa peine. Mais à ce moment, elle ne désirait qu'une chose : qu'il s'en aille, le plus rapidement et le plus loin possible. Qu'il retourne de là où il était venu, même si c'était un enfer, il ne méritait que ça pour avoir troublé le bonheur et la tranquillité de son existence !

Mais en y réfléchissant, c'était terriblement injuste pour lui, après tout ce qu'il avait surmonté, il était encore très affaibli, et même s'il regagnait peu à peu son aspect de Hobbit, il ressemblait encore à la créature qui était revenue de Mordor un mois plus tôt.

- Je… Sam vous a dit qu'il ne vous aimait pas ?

- Doutez-vous de la fidélité de votre mari ? demanda Frodo quelque peu surpris.

- Non, seulement… Il tient beaucoup à vous, il vous est entièrement dévoué, et je… je croyais que ça allait plus loin.

- C'est très courageux de votre part, d'imaginer tout ceci et de venir m'en parler. Vous êtes quelqu'un de fort Rosie.

La jeune Hobbit rougit, elle avait toujours le sentiment que Frodo étais le maître de Cul-de-Sac, et de tels compliments la mettaient mal à l'aise.

- Je vous remercie, mais cela n'enlève rien à mes soupçons, répondit-elle pour regagner son aplomb.

- Vous êtes donc persuadée que j'aurais l'audace d'éloigner Samwise du droit chemin, de ruiner son beau mariage, de détruire sa famille ? Il ne mérite pas cela Madame, et vous non plus. C'est pour cette raison que je n'emménagerai jamais à Cul-de-Sac, que je dois partir loin.

- Vous… vous comptez partir ? Où ça ? demanda innocemment Rose.

- Je ne sais pas encore, mais n'en parlez à personne, je vous en prie. Ni à Sam, ni à mes cousins. Personne ne doit savoir.

Rosie acquiesça, elle n'en revenait pas. Il allait partir de son plein gré, comme ça, et abandonner les siens. Mais s'il partait c'est qu'il avait déjà la sensation d'avoir été abandonné lui-même.

- Monsieur Frodo, dit Rosie, vous ne pouvez pas partir comme ça. J'avoue que parfois j'ai eu envie que vous nous quittiez, parce que vous aimez Sam et tout ça, mais si vous partez, il va être très malheureux, et… Vous venez à peine de revenir !

- C'est très gentil de votre part, sourit Frodo, mais vous savez aussi bien que moi que c'est ce qu'il y a de mieux à faire, dans l'intérêt de tous.

- Et vos cousins ?

- Ils comprendront… Vous ne direz rien ?

- D'accord…

Le soir, après l'habituelle promenade avec Merry et Pippin, Frodo rentra seul dans sa chambre. Il fut surpris de trouver Sam, assis dans le fauteuil, qui l'attendait.

Une sueur froide parcourut son dos, il hésita puis dit :

- Sam ? Que… que fais-tu là ?

- Je voulais vous parler, répondit Sam, et on avait aussi convenu qu'aujourd'hui je vous couperais les cheveux.

- Oh, oui c'est vrai.

Frodo s'assit maladroitement sur le lit en évitant de regarder Sam dans les yeux.

- Pourquoi m'avez-vous mis dehors ce matin ? demanda froidement Sam.

- Je ne veux pas qu'on continue tout ça, répondit Frodo d'un ton aussi froid.

- Vous ne m'aimez pas ?

- Sam, ne sois pas ridicule, je n'ai jamais aimé personne plus que toi ! Seulement… on n'a pas le droit, tu comprends ? Tu es marié, tu as une famille ! Tu avais raison, c'est beaucoup plus simple pour moi. Je n'ai qu'à te demander ce que je veux, toi tu es prêt à tout pour moi ! C'est injuste.

- Vous, vous n'êtes pas prêt à tout pour moi ?

- Si Sam, bien sûr que oui, mais il ne faut pas. Nous devons… garder nos distances. Je t'ai mis à la porte pour éviter que… que tu t'attaches.

- Quoi ? Mais c'est trop tard ! Vous le savez bien ! C'est trop tard ! Je suis attaché à vous depuis le jour où vous êtes arrivé à Cul-de-Sac, presque une vie s'est écoulée, et je ne parviens pas à vous oublier !

- Oublions ça, d'accord ? La nuit qu'on a passée, oublions tout.

- Ce n'est pas si simple !

Frodo ne répondit pas, pour lui la conversation était terminée, Sam pouvait argumenter tant qu'il le voulait, il serait inflexible.

Après lui avoir coupé les cheveux, Sam éprouva quelques difficultés à s'en aller. Pour lui c'était incompréhensible : ils s'aimaient, tout les deux, alors pourquoi ne pas… Oui, à cause de sa famille bien sûr. Il tenait à eux, mais pas autant qu'à Frodo, ça il en était certain. Sam jeta un regard sur le lit bien fait et des images de la nuit précédentes défilèrent dans son esprit. N'y tenant plus, il se pencha doucement sur Frodo et l'embrassa. Celui-ci n'eu pas le réflexe de le repousser immédiatement, et Sam intensifia le baiser.

- Non, murmura Frodo, Sam non…

Mais Sam ne l'écouta pas, il l'embrassait encore, et le poussa sur le lit. Frodo essaya de se dégager, il demanda plusieurs fois à Sam de s'arrêter, mais c'était trop difficile pour lui.

- Sam, sanglota Frodo, arrête, ça ne sert à rien ! Arrête !

Sam se releva enfin, et constata avec honte les larmes sur le visage de son maître, il recula. Frodo s'assit sur le bord du lit et soupira.

- Ca ne fait rien Sam, allons, ce n'est pas grave…

Sam s'approcha doucement de Frodo, posa sa tête sur ses genoux et commença à sangloter. Frodo lui caressait les cheveux en silence. Puis, Sam se releva et essuya ses larmes.

- On n'y arrivera pas Monsieur, vous le savez.

- Il y a forcément une solution, dit Frodo dans un souffle.

Sam ne savait pas que la solution Frodo l'avait déjà trouvée, qu'il était prêt à partir, qu'il le ferait bientôt…